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lundi 20 décembre 2004

Commentaires

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Donc, resumons: des entrées, des sorties, des trahisons, des alliances, au milieu:un Figaro et, pourquoi pas, allez pourquoi pas, carrément, comme ça, allez, allons-y, histoire de redonner un petit coup de fouet aux traditions natalistes nationales : des noces.
Bon.
Y'a surement moyen de monter un bon opéra bouffe avec tout ça... et puis en plus, il est un avantage non négligeable sur scène, c'est que quand on se deplace vers la droite, le public lui nous voit glisser vers la gauche.

Bien pratique ça quand même...

Désolé mais je n'ai rien compris à votre commentaire. Je l'ai relu deux fois : mais non, rien à faire.

Les Noces de Figaro?
Beaumarchais?... Mozart?
Non?
Côté cour?... non... Jardin alors?...
Non plus.

Bon.
Je crois que le temps est venu pour moi de continuer à être belle et me taire.
Surtout.
Bien penser à se taire.

On peut être pour ou contre les idées de Dassault, mais je ne comprends pas très bien ce qu'on lui reproche dans cette histoire de la Socpresse: Qu'y a-t-il de mal à racheter ou créer un journal pour diffuser ses idées, quelles qu'elles fussent (de droite de gauche, intelligentes ou stupides...)?

au niveau du progrés de Lyon,il est sur que nombre de gens veulletn se barrer pour les raisons que tu décris et aussi parce que ce canrad est en train de mourir, faute de se renouveller.

Etienne,
Le problème, c'est que la presse est censée être indépendante du pouvoir politique ou commercial. Dassault est un industriel qui vit des commandes publiques (armement), il a donc intérêt à être proche du pouvoir et le pouvoir a intérêt à être proche de lui.

Mais ce n'est pas tout. En France, la presse quotidienne est désormais contrôlée à 70% par les deux principaux groupes d'armement du pays (Hachette et Dassault). Et la principale chaîne de télé (TF1) est contrôlée par un groupe de travaux publics (Bouygues) qui est également dépendant des commandes d'Etat (infrastructures routières, bâtiments publics...). C'est une situation unique au monde.

Romain,
Il est possible que des journalistes quittent Le Progrès pour d'autres raisons que le fric de la clause de cession, mais mon point reste valide : que faisaient-ils sous l'occup... Heu, sous Hersant ?

Ce qui est amusant avec la langue française et la force de l'écriture, c'est que tu auras beau écrire la note la plus brillante et la mieux argumentée, à la fin de la lecture, quand on prend un peu de recul, on retient surtout l'excès de langage. Résultat atteint, pour moi, maintenant, je retiens que tu penses que Serge Dassault est un con. Bien joué...

Heu... Oui, mais il faut aussi retenir qu'un certain nombre de journalistes de la Socpresse sont des tartuffes. Autrement ça marche pas. Vois-tu, petit scarabée, parfois, il faut retenir DEUX idées !

Sans trop vouloir défendre les Tartuffes, Hersant avait un passé pire mais il laissait paraît-il pas mal d'indépendance à ses journaux. Il était plus à droite que Dassault mais aussi moins interventionniste (il a même acheté des journaux socialistes sans trop les transformer), ce qui justifie la méfiance des journalistes.
[Cela dit, je dis cela par ouï-dire, si ça se trouve, Hersant était tout aussi interventionniste, et Raymond Aron n'a pas voulu s'y compromettre].

J'ai justement (partiellement) vécu la prise en main par Hersant de l'un de ces journaux socialistes de province. Dans ce processus, la transformation du journal ne passait pas par la modification du contenu politique mais par la disparition progressive de tout contenu, politique ou autre.

Dans le Nord, la Socpresse de Hersant avait racheté deux titres : Nord Eclair (plutôt de droite) et Nord Matin (clairement socialiste). Petit à petit, les rédactions locales de Nord Matin ont laissé place à celles de Nord Eclair. Les pages "région", "France" et "International" de Nord Matin ont aussi été supprimées au profit de celles de l'autre canard, puis le sport, la culture, etc. Bref, au bout du bout, Nord Matin, "le journal de la démocratie socialiste", n'était plus qu'un logo sur la Une d'une partie du tirage de Nord Eclair. Aujourd'hui, Nord Matin n'existe plus, la Socpresse contrôle aussi La Voix du Nord (l'autre grand quotidien de droite du coin), ainsi que les titres des zones limitrophes et de la Belgique voisine. Pour le pluralisme, on fera mieux.

Mais un genre différent, on peut aussi citer le rachat par Le Provençal (proche du PS), du temps de Gaston Defferre, du Méridional (très à droite). "Gastounet", l'ancien maire de Marseille qui avait pris le contrôle du Provençal à la Libération, était, lui, suffisamment "pluraliste" pour laisser la rédaction en chef du Méridional à un élu du FN condamné pour incitation à la haine raciale après un édito resté célèbre du côté du Vieux-Port (Gabriel Domenech, une crapule aujourd'hui disparue, y dénonçait "les violeurs et syphilitiques algériens" qui venaient s'en prendre aux femmes des Français). Les deux journaux ont ensuite été fusionnés pour devenir La Provence, un journal sans le moindre intérêt et dont le tirage est inférieur au tirage cumulé des deux titres avant fusion (La Provence appartient désormais au groupe Hachette).

En tout état de cause, la PQR en France a été progressivement transformée en une collection de titres sans saveur et sans objet par les efforts conjoints de Hersant, de Hachette et de quelques potentats locaux qui avaient évidemment intérêt à contrôler l'info locale (Defferre hier, mais Jean-Michel Baylet aujourd'hui).

Dassault n'est qu'une nouvelle péripétie dans un processus de longue haleine, d'où mon regard assez peu confraternel sur cette avalanche de clauses de cession. Ouf.

Bien entendu, en cas de rachat, la clause de cession entraîne immédiatement un calcul simple pour tous les journalistes salariés : nombre d'années d'ancienneté x salaire mensuel brut en net. Le chiffre obtenu a souvent de quoi faire réfléchir les cinquantenaires ayant 15, 20 ou 30 ans de maison, ainsi que certains trentenaires et autres quarantenaires ayant quelques années d'ancienneté et plein de projets...

Ceci dit, on pourrait également imaginer, que le projet du repreneur soit suffisamment motivant et ambitieux pour que les journalistes (qui pour beaucoup sont attachés à leut titre et à leur métier) aient envie de rester malgré la perspective d'un gros chèque. Cette situation serait assurément la préférée de la majorité des journalistes (la tienne y compris, je te connais, mon semblable, mon frère). Ce n'est évidemment pas le cas avec Dassault, il a clairement annoncé la couleur.

La question est donc : une autre situation est-elle possible ?

J'ajouterai, et c'est ma deuxième idée, que tu as omis de souligner une originalité pourtant remarquable du personnage : Dassault est aujourd'hui le seul citoyen français à croire qu'avec Chirac à l'Elysée, Raffarin à Matignon, un gouvernement 100% UMP, une majorité UMP à l'Assemblée Nationale et au Sénat, la gauche est encore au pouvoir en France. Il l'a lui-même affirmé sur France Inter. C'est sans doute ce que pense aussi Le Pen...

La clause de cession constitue un privilège censer palier le "faible" niveau de rémunération moyen. C'est exactement la même logique pour l'abattement fiscal...
La "conscience" ne pèse pas bien lourd dans ce savant mécanisme de compensation. Et cela depuis bien longtemps...

Franck,
Bien entendu, il est toujours possible d'imaginer que le rachat d'un journal soit une chose positive et que des journalistes aient envie de rester. Mais le marché du travail étant ce qu'il est chez nous, les journalistes qui ne démissionnent pas lors d'une cession sont souvent des gens qui n'ont pas une ancienneté suffisante pour que le risque de se retrouver en carafe puisse être pris de manière raisonnable.

En France, et ce n'est vraiment pas le cas de tous les pays, il n'y a d'ailleurs pas de "marché du travail" proprement dit pour les journalistes. L'idée de marché sous-tend que l'information puisse circuler entre les parties, pour leur plus grand profit réciproque, comme dans le cadre d'un appel d'offre industriel. Mais les recrutements passent généralement par contact direct, rarement par annonce. Ce qui signifie qu'un jeune journaliste de province, même brillant, n'a à peu près aucune chance d'intégrer une rédaction parisienne.

Les journaux se privent de talents et les nouveaux talents ne se développent pas. D'où la très faible mobilité des journalistes français, qui s'installent dans un poste pour la vie (et y attendent tranquillement d'être racheté par Dassault, à quelques mois de la retraite).

En Angleterre, par contre, le marché est extrêmement fluide et les journalistes qui ne sont pas heureux quelque part n'hésitent pas à changer d'air. Tous les journaux recrutent par annonce, y compris les grands quotidiens nationaux, les radios, les télés (publiques ou privées), les agences, etc. A mon humble avis, l'opacité française n'est pas le terreau idéal d'une presse de qualité.

Et pour finir sur la vision du monde de Dassault. D'accord avec toi : il est effectivement con. Triplement si tu préfères.

RH,
Franchement, la clause de cession n'a rien à voir avec les arguments en faveur des privilèges fiscaux des journalistes -- privilèges sur lesquels j'ai bien l'intention de vaticiner dans un proche avenir...

Contrairement à ce que vous semblez croire, la clause de cession des journalistes n'a rien à voir avec la nature de l'employeur. Elle a été instituée pour éviter que, tels les écuries de gladiateurs, les journalistes soient vendus avec le titre et qu'éventuellement, leur présence en valorise le prix. Dans les années vingt, des financiers achetaient de petits titres pour pas un rond, embauchaient des "grandes signatures" et revendaient le tout en se faisant un bénéfice monstre. La clause de cession a mis fin à ce manège.

Par ailleurs, il ne faut pas être grand financier pour comprendre que les employeurs ont un intérêt énorme à la clause de cession (au point de menacer des journalistes qui ne la prennent pas) car elle leur permet de dégraisser sans mal et surtout sans formalités ni contrôle, pour embaucher à vil prix des jeunes ou ne pas remplacer les partants car, contrairement aux licenciements, il n'y a pas d'obligations en la matière.

Jean Baruch.
Responsable des questions juridiques au Syndicat national des journalistes.

Contrairement à ce que vous semblez croire, et comme je l'ai indiqué plus haut, j'ai une assez bonne expérience du fonctionnement de la clause de cession pour l'avoir moi-même exercée.

En tout état de cause, mon papier n'a pas été rédigé dans le but d'attaquer le principe de la clause de cession mais plutôt l'hypocrisie manifeste de certains journalistes entretenant le flou entre clause de cession et clause de conscience pour justifier leur départ du groupe "Hersant".

Mais je me permets tout de même de relever une petite contradiction dans vos arguments : je vois mal, en effet, comment la clause de cession peut à la fois empêcher les repreneurs de profiter de ces journalistes qui "font la valeur du titre" tout en leur permettant de se débarrasser des mêmes pour les remplacer par des jeunes "à vil prix"...

je cherche une photo de Axel GANZ...Avez-vous une photo à m'envoyer ???

Merci !
F

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