Jumeaux hétérozygotes, la France et les Etats-Unis ont beaucoup en commun. Mais pour notre malheur, nous avons écopé du petit gros en lieu et place du grand costaud. Un nouveau régime s’impose-t-il ?
La France est, au moins sous nos latitudes, la principale terre d’élection de l’antiaméricanisme primaire. Elevée au rang d’art majeur, la critique des comportements yankees est probablement, avant même la vénération du monde paysan (« La terre ne ment pas »), l’un de nos ciments nationaux les plus solides, les plus permanents et les plus fiables.
Qu’un Bové « démonte » un McDo au nom de la défense du roquefort : il sera immédiatement transformé en champion de la France éternelle par des millions de porteurs de bérets – lesquels passent, incidemment, pour les consommateurs de hamburgers les plus enthousiastes d’Europe. Et qu’un Chirac s'en prenne à l’interventionnisme impérialiste des Américains au Moyen-Orient, il sera instantanément métamorphosé en héraut du monde libre – présence de soldats français en Afrique notwithstanding.
L’Hexagone est pourtant, dans le même temps et de façon frappante, le pays le plus susceptible d’errer dans les directions qu’il dénonce inlassablement. Et pour chaque éruption anti-US, chaque poussée d’urticaire américanophobe, un parallèle pourrait être tracé de manière objective avec telle ou telle attitude purement et ontologiquement franchouillarde.
L’affaire du référendum est d’ailleurs assez exemplaire de cette situation, la France ayant délibérément rejeté un traité patiemment et artistement concocté à vingt-cinq. Rassurez-vous, il ne saurait être question de revenir ici sur le contenu du projet constitutionnel, mais juste de rappeler combien il était délicat et complexe d’élaborer un dessein commun à deux douzaines de pays aux culture, Histoire et identité différentes. Ce travail de titan accompli, à l’initiative des Français eux mêmes et sous la houlette de l’un de leurs plus prestigieux représentants, il fut tout simplement décidé de le saborder pour cause de francité insuffisante. Les Gaulois étaient, de toutes façons, plus préoccupés par des règlements de comptes en interne que par la poursuite de l’unification d’un continent bourré d’affreux étrangers...
De la part d’un pays censément convaincu des bienfaits du multilatéralisme, conscient de l’importance du consensus et du compromis à l’échelle de la planète, contempteur zélé de l’étroitesse de perception américaine, un tel mépris pour le point de vue de « l’autre » avait pourtant de quoi surprendre. Quoi, on peut donc se permettre de remettre la marche du monde en question en fonction de ses propres intérêts égoïstes ? On peut donc se permettre de saborder six décennies de construction européenne pour une querelle d’interprétation du concept de service public digne d’une séance d’exégèse talmudique ? Apparemment, oui. On peut. Il s'agirait même d'un devoir si les principes de la Révolution sont attaqués – principes intrinsèquement sous-tendus par la présence d’un bureau de poste ouvert en permanence dans la plus microscopique de nos 36 000 communes.
Mais que l’on n’aille pas comparer cette posture avec le refus de ratification du protocole de Kyoto par ces nigauds d’Américains, dont les idéaux (mercantilisme, pognon, puissance, violence, etc.) n’ont rien, mais alors rien, à voir avec les nôtres ! Que l’on n’aille pas non plus mélanger le panache d’un Non français au TCE avec, disons, l'absence de reconnaissance par les Américains du Tribunal Pénal International… Indignes amalgames : la préservation du statut des agents de la SNCF, combat éminemment universel, ne saurait être comparée à la médiocrité des arguments yankees dans ce refus de jouer le jeu du droit et de la justice !
Bah, en bon hérétique, je me permettrais pourtant de confronter ces attitudes entre elles, Français et Américains se fichant comme d’une guigne de la logique ou du simple bon sens au moment d’arbitrer entre intérêt collectif et intérêt national (si tant est que le Non au TCE serve effectivement les intérêts français, ce qui reste évidemment à prouver).
De fait, résolument unilatéraux dans leur vision respective de la gestion des affaires du monde, Français et Américains se ressemblent aussi dans l’élaboration de leurs dogmes fondateurs. On aime bien, ici, se gausser de la prégnance du créationnisme de l’autre côté de l’eau. On adore commenter avec condescendance le refus, par quelque instituteur illuminé d’Alabama, de troquer la Genèse biblique pour un traité d’évolution darwinienne. Que ces obscurantismes soient, en réalité, largement circonscrits à quelques poches de connerie parfaitement délimitées, voire totalement anecdotiques, n’empêchera pas les héritiers de Descartes de s'interpeller, faussement incrédules, en se poussant du coude : « Quels cons, tout de même, ces Américains ! »
Pour autant, la capacité d’une majorité de Français à croire les balivernes d’une myriade de leaders populistes appelant la France et l’Europe à rompre avec l’économie de marché – cette organisation socio-économique permettant, en gros, aux gens d’échanger les biens et services qu’ils produisent – au profit de fumeux concepts de « coopération non-compétitive » ne nous éloigne-t-elle pas, elle aussi, de nos prétentions au monopole de la raison ?
Assurer qu’un pays comme la France – dont un actif sur quatre appartient à la fonction publique, redistribuant près de 50% de son PIB, soignant et éduquant gratuitement sa population –, s'est progressivement mué en laboratoire utralibéral, n'est-ce pas légèrement tiré par les cheveux ? Clamer qu’une Union européenne au tropisme résolument social-démocrate, dont la principale finalité est d’encadrer et de réguler, au grand dam des amateurs de free trade areas, est désormais le jouet des think tanks libertariennes installées sur les berges du Potomac, n'est-ce pas s'abandonner à une certaine exagération ?
Mais non ! Ne comparons pas l’incomparable... Les Américains sont collectivement aliénés par la bêtise de leurs preachers sudistes, quand notre hauteur de vue et notre puissance de réflexion nous permettent de concevoir un autre monde, une autre dimension encore informulée, certes, mais tellement proche, faite de rapports socio-économiques basés sur l’amour, la justice et le service public à la française...
Allez, un dernier, pour la route. La réélection triomphale de Bush Jr, bien que moins flamboyante en termes de pourcentages que celle de notre Chirac national, a consacré l’idée que le peuple gringo se divisait entre rednecks ignorants et racistes (l'immense majorité) et intellectuels raffinés, souvent francophiles, de la cote est (une minuscule minorité) – l'ami Dabeuliou étant le symbole de cette inculture fièrement revendiquée. Hum, rien à voir, évidemment, avec la logique anti-establishment de nos derniers scrutins. Clairement, les dénonciations de « l’élite », cette France d’en-haut de la politique et des médias que Besancenot et Le Pen conspuent à longueur de meeting sous les applaudissements du « pays réel », ne sauraient absolument pas être comparées à l'anti-intellectualisme crasse des Américains...
Au final, cette étonnante gémellité franco-américaine joue malheureusement plus en faveur de nos ennemis préférés qu’en la nôtre. Le cocktail d’autisme, de calcul d’intérêt et de désir d’universel de ces crapules, adossé à une vraie puissance, à un vrai dynamisme, est parfois le moteur d’initiatives aussi admirables que concrètes, de la libération d’une Europe à feu et à sang à l’exploration spatiale. La même mixture, dans sa version française, conduirait plutôt à l’immobilisme, à la stagnation et à un ministère de la parole sans objet ni substance. L'arrivée de Villepin à Matignon, en tout cas, ne me convaincra pas du contraire.
© Commentaires & vaticinations
Plus je les découvre et plus je nous connais, plus je suis convaincue qu'on les haïrait moins si on ne leur ressemblait pas tellement.
Il n'y a pas tant de nations qui soient à ce point convaincues que leur modèle, directement élaboré par Dieu/le Destin, doit être appliqué à tous les autruis qui passent, de gré ou de force!
Certes, l'échec des guerres napoléoniennes, la décolonisation, et le choc de la redécouverte de Vichy nous ont un peu calmés... mais il nous reste des réserves d'universalisme moyennement bien placé.
Et parfois, dans les deux, cas, il arrive que ça donne des trucs pas si mal. De ce côté-ci de l'Atlantique, ça commence quand même à faire un moment que ce n'est pas arrivé. Et avec le tandem du grand lévrier et du petit roquet qui s'annonce, ça n'a pas l'air d'être pour demain...
Bon, ben finalement, même votre billet n'arrive pas à me remonter le moral.
Rédigé par: passante récurrente | mardi 31 mai 2005 à 20:18
L'allocution du grand Jacques est à cet égard hallucinante: le modèle français, le pacte social à la française, nos valeurs à exporter partout, et surtout pas de recettes "anglo-saxones" en France.
Désolant.
Rédigé par: Philippe[s] | mardi 31 mai 2005 à 20:39
"mais juste de rappeler combien il était délicat et complexe d’élaborer un dessein commun à deux douzaines de pays aux culture, Histoire et identité différentes."
Je me suis tué à le répéter autour de moi. Mais rien n'y fait. Un collègue m'a même dit, convaincu, forcément et férocement, qu'il avait voté non à un texte qu'il n'avait pas lu ; et parce qu'il ne l'avait pas lu il avait voté non. J'imagine que lorsqu'on lui demande son avis sur un ouvrage qu'il n'a pas lu (normal, il ne lit pas me répondra t-on), il en déconseille la lecture.
Le pays de Descartes est décidément le moins cartésien que je connaisse, et j'en connais quelques uns pourtant.
J'espère juste après cette intense peur du libéralisme que personne n'apprendra à mes compatriotes qu'ils vivent dans une démocratie... libérale. Ils seraient capables d'en demander l'abrogation pure et simple. Et n'allons surtout pas leur dire non plus que le constitutionnalisme est dans sa philosophie d'essence libérale. Ils s'en trouvent qui pensent que la Constitution française est tout sauf libérale au contraire de celle américaine...
Il serait grand temps que le niveau d'instruction s'élève. Pardon, je délire.
Tout ça pour dire que c'est une belle note.
Rédigé par: Samuel | mardi 31 mai 2005 à 22:04
[citation :La France est, au moins sous nos latitudes, la principale terre d’élection de l’antiaméricanisme primaire]
Il nous le rendent bien
http://www.fuckfrance.com/hot.html?page=1
http://www.foxnews.com/story/0,2933,155725,00.html
Rédigé par: all | mercredi 01 juin 2005 à 09:18
Je trouve assez osé ce parallèle entre les enseignements de Darwin et la science économique. Je sais que cette dernière se rêve en physique sociale, mais le moins que l'on puisse dire est que nous en sommes loin, et que la connaissance économique est sensiblement moins assurée que celle sortant de nos laboratoires de biologie. Quant à la relativisation des poussées créationnistes aux Etats-Unis (certes ni nouvelles ni massives), elle friserait l'irresponsabilité si elle était le fait d'un yankee (qui, eux, prennent la mesure du phénomène). Les ricains peuvent légitimement s'inquiéter de ces dérives, comme nous pouvons légitimement nous inquiéter des dérives révisionnistes, aussi marginales soient-elles. Une différence cependant : outre-atlantique, les délires fondamentalistes sont nettement plus prégnants que les dégeulis verbaux de nos fachos nationaux (voir http://www.cbsnews.com/stories/2004/11/22/opinion/polls/main657083.shtml).
Bien cordialement,
Rédigé par: EL | mercredi 01 juin 2005 à 09:26
Passante récurrente,
Grand lévrier ou petit roquet, les effets de manche stériles risquent d'être assez fréquents d’ici à la fin de cet interminable quinquennat.
Philippe[s],
J’ai loupé le début de l’intervention de Chirac et j’imagine qu’il parlait d’un autre pays que la France. Je ne savais pas que notre modèle était particulièrement réputé pour son « dialogue social », sa « solidarité » et son « esprit d’initiative ». Ca doit correspondre à son programme pour les deux ans qui viennent, en plus de la division par deux du chômage.
Samuel,
Parlez à votre collègue de la déclaration universelle des Droits de l’Homme ( http://www.justice.gouv.fr/textfond/dudh1948.htm ) et demandez lui s’il aurait voté pour. Dans son article 16, elle précise que « la famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l'État ». Il me semble qu’il s’agit-là d’une clause éminemment abusive, imposant un modèle d’organisation sociale réactionnaire à des citoyens libres de leurs choix.
De son côté, l’article 17, qui prône le droit de propriété, est clairement de nature ultralibérale et bouscule tous les principes du socialisme proudhonien, selon lesquels « la propriété, c’est le vol » ( http://sami.is.free.fr/Oeuvres/proudhon_propriete.html )
All,
Ils nous le rendent bien ? Evidemment, puisqu’il s’agit d’une bêtise à caractère bilatéral…
El,
Ma foi, il ne semble pas plus absurde de considérer l’évolution comme une simple théorie que d’expliquer que le Gosplan, seule alternative connue à l’économie de marché, est susceptible de conduire à davantage de prospérité.
Quant à la diffusion des délires créationnistes, elle est effectivement préoccupante mais je ne crois pas qu’elle atteigne les 54,68% de la population américaine. Mais pour rester dans cette veine comparative, je vous conseille la lecture d'une excellente tribune de l'économiste Charles Wyplosz, "osant" le même parallèle sans plus de précautions mais avec certainement plus d'agacement ( http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3232,50-641869,0.html )
Rédigé par: Hugues | mercredi 01 juin 2005 à 16:22
"Ma foi, il ne semble pas plus absurde de considérer l’évolution comme une simple théorie que d’expliquer que le Gosplan, seule alternative connue à l’économie de marché, est susceptible de conduire à davantage de prospérité."
>1) L'évolution EST une simple théorie 2) L'économie de marché est une institution, ce que ne sont pas les être vivants 3) Je n'ai pas entendu Emmanuelli proposer un retour au Gosplan. Il s'agit plus prosaïquement de remettre la concurrence à sa place : celle d'un outil, non d'un principe. Mais c'est tellement plus simple de s'en prendre à des adversaires virtuels...
"Quant à la diffusion des délires créationnistes, elle est effectivement préoccupante mais je ne crois pas qu’elle atteigne les 54,68% de la population américaine."
> En effet, selon le sondage de CBS ("Creationism Trumps Evolution", en tête de liste sur google), ils sont... 55%! (qu'est ce qu'on se marre).
Quant à Wyplosz, je suis bien d'accord avec lui lorsqu'il écrit "que l'on peut très bien avoir une économie performante sans créer des inégalités socialement insupportables et sans brimer la vie culturelle. Il suffit de voir ce qui se passe dans les pays nordiques pour s'en rendre compte." Ce qui, je le rappelle, va de pair avec un taux de prélèvements obligatoires supérieur au nôtre.
Chiche?
PS : Une devinette pour finir. Pourquoi ce cher Wyplosz n'a-t-il pas pris ici l'exemple de l'angleterre, pourtant championne officielle chez nos amis libéraux (socio ou non) des pays-ayant-su-s'adapter-aux-réalités-du-marché? Vraiment, je ne vois pas...
Rédigé par: Anonyme | mercredi 01 juin 2005 à 20:18
Pour une réponse d'un biologiste justement à cet article de Charles Wyplosz, que je ne trouve bien évidemment pas excellent mais affligeant (faut pas s'étonner que le Non recrute après de telles prises de parole), suivre le lien: http://www.la-gauche.org/article.php3?id_article=182
Tu n'es bien sûr pas obligé de lire le reste du site, tu risquerais de tomber du côté obscur de la force.
Rédigé par: Krysztoff | mercredi 01 juin 2005 à 20:41
« la famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l'État »
EL : Ça c'est très bon, je le ressortirais
Rédigé par: all | jeudi 02 juin 2005 à 09:26
Anonyme,
Vous confortez plutôt mon point de vue avec cette précision censée me rappeler que, oui, l’évolutionnisme n’est « qu’une théorie »… Evidemment, qu’il ne s’agit « que » d’une théorie. Il s'agit bien d'une théorie au sens où, après avoir été formulée une première fois, elle s’est affinée au rythme de la progression de la connaissance et n’a pas été révélée toute crue et toute nue par quelque prophète…
Mais disons simplement qu’il s’agit d’une théorie largement fondée sur les apports concrets de la biologie et de la paléontologie et qu’elle résonne davantage à l’oreille des gens « raisonnables » que les aventures d’Adam et Eve. D’où mon sentiment qu’il est possible, dans l’état actuel des connaissances de l’humanité sur l’univers qui l’abrite, d’en parler comme d’un quasi fait plutôt que comme d’une théorie éventuellement remplaçable par une autre en fonction de la mode du moment (une souche extra-terrestre ? Dieu ? Chronos ?).
Quant à l’économie de marché, il me semble que la qualifier d’institution est un peu court, le terme de système convenant mieux. Mais là encore, et c’est pourquoi le parallèle entre les couples « économie de marché / économie planifiée » et « évolutionnisme / créationnisme » est justifié, les faits sont têtus. L’économie de marché au sens où les acteurs économiques sont libres de produire et d’échanger est infiniment plus efficace, en termes de création de richesse et de progrès socio-culturel, que l’économie planifiée. Ce n'est pas une vue de l'esprit mais une constatation formelle reposant sur la comparaison objective des pays ayant adopté l'un ou l'autre des deux systèmes.
Bon, bien entendu, Emmanuelli ne se réfère directement pas au Gosplan (même si un petit tour sur les sites de ses amis trotskistes permet de voir qu'ils sont moins regardants que lui dans leurs références), mais il se contente de condamner le système pour ce qu’il est, d’où le pataquès au sujet de la présence de la locution « économie sociale de marché » dans le texte du traité.
Car s’il ne fait qu'exiger un encadrement et une régulation de l’économie de marché par le politique et l’institutionnel, sauf à vivre dans une France ou dans une Europe différentes des siennes, il me semble que c’est déjà un peu le cas et je n’ai pas le sentiment d’être abandonné à la main invisible au moment de comparer les principes de redistribution qui structurent notre économie.
Enfin, en ce qui concerne votre devinette sur Wysplosz, je ne peux pas y répondre puisque je ne la comprends pas. Je subodore qu’il s’agit de rappeler que la Grande-Bretagne est un pays profondément inégalitaire et que le chômage n’y a été vaincu que par quelque artifice statistique, patati et patata. Mais ayant déjà dit ici ce que je pense du New Labour et de ses succès, je ne vois pas l’intérêt de revenir sur ce point (http://hugues.blogs.com/commvat/2005/03/lhorreur_conomi.html# ). Rappelons tout de même, pour la bonne bouche, que l’OCDE vient d’établir que le pourcentage de working poors était plus élevé en France qu’outre-Manche (8% contre 6%).
Krysztoff,
Ne t’inquiète pas : les Siths ne passeront pas par moi, c’est sûr. Mais je viens de lire le texte de ton biologiste et, honnêtement, s’il vaut mieux que je me tienne à l’écart des théories trop complexes pour un non scientifique, je n’ai pas été bouleversé par son analyse politique. Comme dit souvent mon ami Michel B., qui n’a pas toujours tort, n’importe quel texte peut être déconstruit et remis en cause de la manière dont l’article de Wyplosz est découpé en bribes sans queue ni-tête. Je recommande toutefois aux lecteurx d’aller le lire via le lien ci-dessus plutôt que de s’en tenir au sophisme de la démonstration vers laquelle tu pointes (en toute gentillesse).
Rédigé par: Hugues | jeudi 02 juin 2005 à 09:56
Et bien voilà, la discussion commence à prendre un tour moins caricatural! "raisonnable", c'est le mot clé (cf Hilary Putnam, pour les amateurs de philo analytique). Notre différend tient tout entier là dedans. Je considère que les analyses économiques hétérodoxes, qui ne se limitent pas au marxisme léninisme de pur obédience, sont moins déraisonnables que le créationnisme. De fait, il n'y a à ma connaissance aucun biologiste reconnu par ses pairs se réclamant de ce courant de pensée. Par contre, les économistes développant un discours très critique à l'endroit de ce que l'on appelle couramment (mais abusivement) le libéralisme économique (cette sorte de doxa obsédée par la concurrence et l'entrepreneuriat) ont toute leur place au sein du système académique. Leurs arguments sont entendus et discutés, dès lors qu'ils ne défendent un retour au modèle soviétique.
Ce qui m'amène à un second point : il n'est pas sain, dans un discussion, de polariser de façon excessive les points de vue. Vous n'êtes pas un libertarien à la sauce Salin, je ne suis pas fan d'Arlette. Il y a entre ces eux extrêmes tout un continuum d'idées qui ont eu leur place dans les débats sur la constitution. Ce sont chacune de ces idées qu'il convient de discuter, non leur caricature. Si l'on accepte une simplification excessive, Emmanuelli juge les régulations insuffisantes (et jugeait qu'il était temps de marquer son désaccord), tandis que vous les jugez tout a fait acceptables. Convenez que cela puisse se discuter (suffisantes, pas suffisantes, vraiment pas suffisantes...), et que nous sommes loin des aberrations pseudo-scientifiques évoquées plus haut.
A propos de ma remarque sur Wysplosz, je vous serai gré, à nouveau, de ne pas faire de procès d'intention (cessez donc de vous laisser emporter par votre agacement, un peu de recul, que diable!). Je voulais simplement noter, avec une touche d'ironie, que l'exemple choisi ne va pas dans le sens des discours faisant l'apologie du modèle britannique. Et je ne vois pas d'autres raisons qu'idéologiques pour expliquer le biais en faveur de la troisième voie Blairiste, alors que les modèles nordiques ne sont ni plus ni moins transposables en France, et qu'ils ont pour eux, semble-t-il, de combiner social et économique. C'est cette idéologie qui me répugne (je pèse mes mots).
PS : je suis très intéressé par vos données sur les working poors. Quelles sont les références? Les questions de pauvreté et d'inégalité sont extrêmement difficiles, et les données souvent contradictoires. J'ai quelque part dans mes docs un papier indiquant un taux de wp identique en France et en Angleterre (15%, crois-je me souvenir). Les données Eurostat donnent pour 2002 12% de pauvres en France, 18% au Royaume-Uni. Difficile de se faire une religion...
Rédigé par: EL | jeudi 02 juin 2005 à 13:28
Concernant le sujet "conservatisme et religion" aux US, un lien intéressant récupéré via pharyngula :
http://www.humaneventsonline.com/article.php?id=7591
où l'on voit que d'après un panel représentatif de 15 universitaires et hommes politiques conservateurs, la liste des livres les plus nocifs des 19ème et 20ème mêle joyeusement des hommes politiques (Hitler, Mao), des philosophes (Marx, Engels, Comte, Beauvoir, Foucault, Nietzsche, Gramsci) et des scientifiques (Keynes, Ehrlich, Kinsey, Darwin, Freud).
Les conservateurs américains jugent donc négativement l'évolution des mentalités sur des sujets aussi variés que la place de la religion dans la société, le rôle des femmes, le principe d'égalité, le rôle de la sexualité dans la construction de l'individu et des sociétés, la place de l'homme dans la nature...
Faut-il en conclure que la révolution industrielle constitue une sorte d'âge d'or de l'humanité aux yeux des conservateurs américains? En tout cas, ça donne à réfléchir, notamment sur les différences entre les conservateurs américains et les intégristes musulmans!
Peut-être ces derniers sont-ils en faveur d'un "welfare state", je ne sais, mais pour le reste, je suis bien sûr qu'ils ne renieraient pas cette liste!
Rédigé par: Damien | jeudi 02 juin 2005 à 15:24
J'avais tenté de répondre à notre ami le biologiste de gauche sur publius, mon commentaire est le dernier en bas
http://publiusleuropeen.typepad.com/publius/2005/04/wyplosz_se_lche.html
Le parallélisme entre Darwin et certaines "lois du marché" n'est pas totalement infondée, même si il faut toujours se méfier de ce genre de pratique intellectuelle. Krugman le tente également.
http://steven.coissard.free.fr/texte_theorie_economique_difficile_concept_ricardo.htm
Les marxisants genre Maris hurlent à la "naturalisation" de l'économie : "il n'y a pas de lois et c'est pas prédictifs d'abord donc, c'est une pseudo-science". C'est exactement le reproche que nous font les créationnistes, on ne regarde pas le monceau de preuves objectives mais on détourne le regard vers de prétendues faiblesses et vers le coté non absolu des théories développées.
On a des preuves de l'évolution partout mais aucune ne nous permet réellement d'expliquer ce qui s'est passé et comment. On peut juste donner un schéma général. Tous les détails de cette mécanique complexe ne sont pas connus. Je suis personnellement un chaud partisan de la Théorie Neutraliste de l'évolution.
http://www.fnac.com/1085664/rcwwwa/La-theorie-neutraliste-de-l-evolution-moleculaire-M-Kimura.html
Ce ne sont pas tant les mutations dans les protéines qui expliquent les changements (c'est pas très conservateur par nature la vie) mais plutôt au niveau les promoteurs des gènes qui jouent sur le profil d'expression. Enfin ce n'est pas mon domaine pro sensu stricto, faudrait que je vois où en est aujourd'hui. Ce qui qui était le dogme hier peut être faux aujourd'hui. Et ca permet évidemment aux usurpateurs créationnistes d'hurler à la supercherie. Ainsi un article dans Nature fait grand bruit : l'environnement permettrait dans certains cas des mutations correctrices.
Cependant nous disposons d'un cadre de travail qui borne le possible, mais ne nous permet à aucun moment de prédire ce qui va se passer. que sera l'espèce humaine bilogiquement dans 50 000 ans ?
Donc ça me semble assez proche par certains aspect de la démarche économique. Qui est capable d'expliquer a posteriori et de décrire certains mécanismes mais pas de se projeter dans l'avenir avec sûreté. Capable, néanmoins d'affirmer que le marxisme est autant une fadaise que le cou de la girafe s'allongeant sous l'effort. Et quand je lis quelques erreurs courantes du discours économique
http://econo.free.fr/scripts/faq2.php3?date=20021122134315,
Je constate que la démarche intellectuelle est proche de la notre, z'à nous biologistes. Certes "Dieu a construit le monde en 7 jours" ou "La plus-value Kapitaliste est la cause de l'exploitation du prolétaire" sont des notions plus simple à faire avaler au peuple. Dans un juste soucis de cohésion nationale je suppose.
Rédigé par: Eviv Bulgroz | jeudi 02 juin 2005 à 17:02
Greuh une virgule mal placée :-(
http://econo.free.fr/scripts/faq2.php3?date=20021122134315
Rédigé par: Eviv Bulgroz | jeudi 02 juin 2005 à 17:20
Deésolé pour ces multi-post mais ça m'avait échappé
"De fait, il n'y a à ma connaissance aucun biologiste reconnu par ses pairs se réclamant de ce courant de pensée. "
Si Watson ou Crick, je ne me souviens jamais du quel est persuadé que la vie sur terre, enfin au moins l'homme, est une invention extra-terrestre. Ca le fout bien pour un co-découvreur de l'hèlice DNA :-)
Au début la Théorie de l'évolution de Darwin, n'était qu'une théorie, certes. Ce fut critiqué, disséqué. Et c'est bien normal. Mais maintenant "there is no alternative". Ah c'est bon la provo. La thèorie de Darwin est (en gros) vérifiée par l'observation, des tonnes de données se sont accumulées, issues de méthodologies et de pratqies n'ayant aucun point commun. Ce n'est plus une thèorie, c'est un fait. Alors bien sûr on ne connait pas tout, il reste beaucoup à apprendre. Et alors ?
Evidemment on trouvera bien quelques scientifiques pour refuser cela, pour voir la main de dieu dans la fausse existence des fossilles (qui permettent simplement au mécréant d'espérer, la véritable foi devant être une adhèsion envers et contre tout). Dans certains pays plus que d'en d'autres. Il y a bien un pays où le dogme est que la terre est plate, non ? Où c'est du passé ?
Nous on a notre spécificité: le Monde Diplomatique et Attac. Un peu isolé également, mais combien actif, pour expliquer que le commerce appauvri financièrement et culturellement.
Je suis biologiste, j'aime bien la diversité. Mais...
Rédigé par: Eviv Bulgroz | jeudi 02 juin 2005 à 20:49
"Nous on a notre spécificité: le Monde Diplomatique et Attac. Un peu isolé également, mais combien actif, pour expliquer que le commerce appauvri financièrement et culturellement."
> Tu as raison, il n'y a que des imbéciles fanatiques pour douter des vertues culturelles du commerce. Je me couvre la tête de cendre. Dans un esprit de rédemption, je terminerai cet échange en dénonçant publiquement les propos grotesques d'un illuminé que quelques déviants ont la faiblesse de prendre pour un penseur : "There are some inconveniences, however, arising from a commercial spirit. The first we shall mention is that it confines the views of men. [...] Another inconvenience attending commerce is that education is greatly neglected. [...] These are the dissadvantages of a commercial spirit. The minds of men are contracted and rendered incapable of elevation, education is despised or at least neglected, and heroic spirit is almost utterly extinguished. To remedy these defects would be an object worthy of serious attention." (Adam Smith, 1766)
référence : Adam Smith, Lectures On Jurisprudence, ed. R. L. Meek, D. D. Raphael and P. G. Stein, vol. V of The Glasgow Edition of the Works and Correspondence of Adam Smith, Indianapolis: Liberty Fund, 1982, pp. 331-332
Rédigé par: EL | vendredi 03 juin 2005 à 00:38
Certains ne voient dans le commerce et les échanges divers qu'il induit uniquement l'uniformisation par le bas. Le rouleau compresseur américain qui dévaste tout sur son passage. Alors je ne nie pas une part de cela.
Cependant, force est de constater que non le monde n'est pas devenue uniforme. On ne vit, pense, baise pas pareil à Londres, Madrid ou Athènes. Des villes ouvertes et cosmo, hein. On lit, écoute certain trucs en commun, mais d'autres restent "identitaires".
Je crois vraiment que la culture née de la confrontation, de l'échange, de la diversité. Le feu a été découvert partout au même moment sur le globe. Pourquoi ? Vraisemblablement parce que les peuplades communiquaient entre elles via des embryons de micro-économie. Les celtes imitait parfois l'ornement grec, c'est bien qu'il y avait contact commercial. Les juifs, peuple non-national et carrément marchand c'est pas rien en "poids culturel" pour notre vieille Europe.
Sans commerce je ne suis pas certain du tout que les peuples communiquent comme ça, naturellement, pour le plaisir.
Rédigé par: Eviv Bulgroz | vendredi 03 juin 2005 à 09:52
La biolologie je connais un peu, alors cette fois je vais faire un post sérieux ; le théorie Darwinienne repose sur trois hypothèses :
* Si les êtres vivants varient et que ces variations conditionnent leur capacité à survivre;
* Si parmi les espèces qui survivent, certaines d’entre elles produisent plus de descendance;
* Si les survivants transmettent leurs caractéristiques aux générations suivantes,
Alors les caractéristiques qui les ont aidés à survivre deviendront de plus en plus communes au cours des générations.
Trois hypothèses à valider ou à réfuter par l'expérience .
En tant que théorie elles est appelée à subir le sort suivant : Être contredite ou être absorbée par un théorie plus grande.
Et sans tomber dans l'ineptie créationniste, il est légitime de proposer d'autres « façons de voir » telles que finalisme et néo -lamarckisme. Si je m'en tiens à l'épistémologie de Popper - il faut bien choisir une méthode - pour une théorie une seule réfutation a plus de valeur qu'une multitude de confirmations, et actuellement les épigénéticiens démontrent de façon scientifique que le vivant est aussi façonné par des partis non-codantes du génome .
"Depuis peu, on remarque que certains caractères sont hérités d'une génération à l'autre sans que l'ADN ne soit muté. Cette hérédité indépendante de la molécule phare s'est vu doté du qualificatif d'épigénétique"
"Les scientifiques ne sont pas encore disposé à remettre en cause les dogmes. Pourtant, des études publiées très récemment dans des revues prestigieuses montrent clairement que l'environnement agit sur le phénomènes épigénétiques"
"L'épigénétique semble réunir la théorie de LAMARCK, l'hérédité des caractères acquis, et celle de DARWIN, la sélection naturelle"
Andras Paldi,directeur de recherche au laboratoire de biologie moléculaire de l'institut Jacques Monod à Paris,In Science et Vi HS sur l'hérédité
"Andreas Paldi, reconnaît dans le développement d'un organisme une sorte de "hasard canalisé" qui perturbe l'ADN. Ainsi en ce qui concerne la thérapie génique, il explique "qu'on s'aperçoit qu'il ne suffit pas de remplacer le morceau défectueux dans le mécanisme parce qu'il manque la dimension du temps". De la même manière, "il est extrêmement prématuré de parler de clonage thérapeutique"
http://www.genethique.org/revues/revues/2002/juillet/16_07_02.htm
En france la théorie psychanalytique est présenté comme une vérité et enseignée comme telle en psycho. Or l'inconscient est une hypothèse et la psychanalyse une théorie, lire sa décontruction par Jacque Van Rillaer http://www.pseudo-sciences.org/benefices261.pdf
tout ça pour dire quoi déjà ? Ah on a beau jeu de se foutre de la gueule des étasuniens !
Ensuite le darwinisme, les théories sélectives, les théories économiques et sociales ce sont interpénétrées au nom du rationalisme pour le plus grand malheur de l'humanité :
* Galton, le cousin de Darwin, estimait que les tares (comme l'alcoolisme) apparues dans les populations urbaines de l'ère industrielle étaient dues à l'absence de sélection naturelle, diffusant ainsi l'eugénisme, idée reprise par Julian Huxley.
* L'eugénisme version Nietzshe qui a tracé un autoroute à Hitler:" Nous recherchons ceux dont l’existence nous est une joie et nous les encourageons, alors que nous fuyons les autres voilà la vraie moralité ! Faire disparaître les geignards les contrefaits les dégénérés, telle doit être la tendance ! Ne pas conserver à tout prix ! Quelle que soit la beauté des sentiments de clémence envers les gens indignes de nous, ou de l’aide apportée aux mauvais et aux faibles (...) Nous dégénérons nous-mêmes à la vue et au contact du laid : jetons les digues ! Abaissons-le au niveau de l’utilisable ! ou chose du même ordre."
* Malthus et sa loi des populations, qui a d'ailleurs inspiré Darwin; idées qui ont fait leur chemin et qu'on retrouve dans les propos de du commandant Cousteau (Captain Jack avec son bonnet rouge qui sentait la moule) je cite :
"To stabilize the world population we must eliminate 350,000 people per day. It is a horrible thing to say,but it's just as bad not to say it."
"Some snakes, mosquitoes, and other animal species pose threats or dangers for humankind. Can they be eliminated like viruses that cause certain diseases?,(...)Getting rid of viruses is an admirable idea, but it raises enormous problems"
Ouaip, c'est bien Cousteau qui a dit ça à l'UNESCO, pas Hitler.http://www.overpopulation.org/older.html
Les idées de Malthus ont les retrouve encore chez les néo-cons dans la crainte d'un tarissement des ressource pétrolières mondiales, le fameux Peak Oil, on en a parlé ICI. Ce malthusianisme de station service a donné le résultat que l'on sait http://www.truthout.org/docs_03/060503A.shtml
* La théorie du gène égoïste de Richard Dawkins, qui dit que nous ne serions qu'un véhicule pour l'ARN, juste une stratégie des protéines pour conquérir l'univers, ce qui est une négation de la vie.
* Le lyssenkisme, qui consistait simplement envers et contre tous à faire coller le marxisme scientifique à l'évolution
* Charles Murray et sa "Bell curve" prétendant prouver une inégalité génétique d'intelligence entre Noirs et Blancs (en défaveur des noirs ..) http://www.mediatransparency.org/people/charles_murray.htm
* Lorenz l'inventeur de l'éthologie, qui a travaillé avec les nazis http://www.psyeta.org/sa/sa5.1/sax.html
Alors oui ou non c'est simple comme choix pour un référendum mais en matière de sciences exactes ou sciences humaines le choix n'est pas bi-polaire, sauf pour les de Villiers ou Besancenot de la science.
Vous avez tout lu ? Mille merci, je déteste écrire ça me fait souffrir.
Rédigé par: all | vendredi 03 juin 2005 à 12:36
all est de son propre aveu un spécialiste en "biolologie"! Heureusement, j'ai cru un instant que je devais réapprendre de toute urgence le vocabulaire de base de la biologie à cause d'un bouleversement sémantique. Mais non, épigénétique dans son acception biolologique n'est rien d'autre que le célèbre gloubi-boulga de notre enfance; il suffit de brancher le transcodeur pour comprendre all!
Rédigé par: Damien | samedi 04 juin 2005 à 21:57
Heureusement que vous êtes là, cher Hugues, pour essayer de nous guider malgré nous, et malgré la stupidité du régime démocratique qui laisse des sous doués se méler des affaires du monde, affaires qu'ils ne comprennent évidemment pas, vers le bonheur commun.
Rédigé par: Simon | samedi 04 juin 2005 à 23:42
Damien, ô fada, où as tu lu que j'étais un spécialiste en biologie, science de la vie ?
Maintenant pour épigénétique DYOG, par exemple épigénétique+évolution.
Rédigé par: all | dimanche 05 juin 2005 à 08:15
Comme dirait l'autre, "j'aime bien ce que vous faites". Ou plus directement: ce n'est pas sans une certaine impatience que depuis "Vous avez aimé le 21 avril 2002 ? Vous allez adorer le 29 mai 2005 !", j'attends chaque fois le post suivant.
Evidemment, mon cas est un peu particulier, j'aime les Américains.
Bon allez, je retourne regarder "Looking for Richard", qui vient de sortir enfin en DVD.
Rédigé par: Alice | dimanche 05 juin 2005 à 19:06
C'est en voyant des billets comme le votre que je me dit que j'aimerai savoir écrire. :)
Rédigé par: Manu | mercredi 18 octobre 2006 à 19:04
Une analyse assez pertinente pour comprendre pourquoi le créationnisme trouve un plus grand écho chez les protestants et musulmans que chez les catholiques ou les juifs
http://www.historia-nostra.com/index.php?option=com_content&task=view&id=610&Itemid=60
Rédigé par: Arnodu | lundi 02 juillet 2007 à 20:09