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mardi 21 juin 2005

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Voici les sites qui parlent de Plus ça change, plus c’est la même chose :

Commentaires

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Ce n'est pas du tout ca. Ayant fait le constat que le chomage chez les jeunes etait trop important, il a ete decide que trois mille morts de plus cela ferait toujours trois mille chomeurs de moins.

T'as le don pour m'énerver... Shit.

Tu es décidément très bon, même si plutôt déprimant.
Au cas où cela t'intéresserait : http://europa.eu.int/comm/transport/road/publications/doc/sunflower_final.pdf

Quelle est cette danse qui consiste d'abord à faire un pas en avant, puis deux pas en arrière : le chi chi chi ?

Je serais enchanté d'être au moins une fois en accord avec vous cher Hugues, et sur ce point précis, j'ai même failli, perdant totalement mon sans froid, souscrire à tout ce que vous écrivez.

Un seul petit truc me gêne. Toutes les revendications ne sont pas légitimes, OK. Mais toutes les réformes ne sont pas justes. Je suis d'accord avec la suppression des TPE (dont les syndicats qui prennent aujourd'hui sa défense condamnait la création 3 ans avant car il cassait l'égalité des chances).
Cela dit, cet argument (et la valorisation du comportement qu'il invoque : le courage politique) peut être utilisé pour tout : PARE, réforme des retraites ... et demain, si Breton exauce les souhait du MEDEF, du Rapport Camdessus et de Sarkozy, suppression du SMIC, du CDI, de l'inspection du travail, du code du travail ... Et face à des manifestations nombreuses qui protesteraient, il serait facile d'invoquer ce "courage" politique.

Ceci dit, cet article est une merveille.

Ceci dit (Bel-Abbes, on fut lecteur de San A), crois tu vraiment que la gauche dans l'état de déliquescence dans laquelle elle se trouve pourra faire autrement que de perpétuer l'immobilisme. J'en veux pour preuve l'amalgame qui fait ci-dessus entre "les souhaits du Medef" et "le rapport Camdessus".
Et puis, d'ailleurs, tout ça c'est la faute à Tony Blair!

C'est très shadokien votre titre: "En essayant continuellement, on augmente ses chances de réussir, donc plus ça rate, plus on a de chance que ça marche."
Est-ce la maxime que suit notre cher gouvernement?

Merci pour la pub, cher Hughes !

Et continue donc à nettoyer au Kärcher les écuries du monde politique...

La France a besoin de réformes. Et le clientélisme des politiques, leur manque de courage face aux corporatismes, entraîne l'immobilisme. Je crois que vous avez tout compris.

Même la droite n'a pas le courage de mener une politique économique moderne, celle que tous les pays qui réussissent adoptent, celle que même les socio-démocrates éclairés en Grande-Bretagne, au Danemark ou en Allemagne appliquent, celle que les ex-pays communistes ont accepté très rapidement...

Et tout ce conservatisme au nom du sacro-saint "modèle français" qui tend plutôt à devenir un repoussoir à fabriquer des chômeurs, au nom des prétendus "acquis sociaux" et de l'"anti-libéralisme" convenu. Il faudrait que l'on m'explique ce que ça veut dire "acquis sociaux" et "libéral". Dans un monde qui change très vite, où il faut s'adapter en permanence, qu'est-ce que ça veut dire un "acquis social" ? C'est la retraite à 60 ans alors qu'on vit de plus en plus longtemps et qu'on ne peut plus financer les retraites ? Et "libéral", cela veut dire quoi, que l'on privilégie la liberté, que l'on accepte l'économie de marché, que l'on ne veut pas devenir l'Albanie ?

Voilà maintenant qu'au nom de l'urgence et de l'action, du refus du "on a tout essayé contre le chômage", le gouvernement Villepin (une personne pour laquelle je n'ai pourtant aucune sympathie) lance une mesure originale, quoique inspirée du Danemark, une initiative de nature à lever les freins qui pèsent sur les embauches dans les petites entreprises et donc à dynamiser l'emploi. Et simplement par populisme, par posture d'opposition, les responsables socialistes condamnent en public cette expérience alors qu'ils l'approuvent volontiers, dit-on, en privé. Même la CFDT, le seul syndicat réellement réformiste et responsable, s'oppose au contrat "nouvelle embauche". Tout le monde s'arc-boute sur un Code du travail désuet qui n'est plus adapté au monde moderne.

Comme vous sans doute, je ne comprends vraiment pas pourquoi on ne tenterait pas ici ce qui marche ailleurs. Après tout vaut-il mieux être au chômage ou avoir un contrat "nouvelle embauche" ? Alors ? Et que vaut-il mieux, lorsqu'on se retrouve au chômage, avoir six mois d'indemnités ou zéro ? N'avoir rien mais être laissé en vie ou être éliminé si l'on ne retrouve pas de travail dans les trois mois ? Alors ? Faudrait pas trop me gonfler avec ces conneries de prestations sociales qui pèsent sur ceux qui créent de la richesse...

Ceux qui n'ont pas de boulot, ils n'ont qu'à se sortir un peu les doigts du cul (excusez-moi, mais moi, je parle comme le peuple). Y a plein d'entreprises qui cherchent à embaucher et qui ne trouvent personne et pendant ce temps-là, il y en a qui touchent les Assédics ou qui pointent au RMI. On croit rêver. Ce n'est pas de la faute des entreprises s'ils n'ont pas de boulot, ce n'est pas non plus la faute de l'Etat. Si on leur supprimait les allocs, ils retrouveraient plus vite du boulot... et donc leur dignité. CQFD.

Je sais ce que c'est les coups durs mais il faut savoir rebondir. Et surtout ne pas tomber dans l'assistanat. Moi aussi quand Cecilia s'est barrée, j'étais défait. J'ai même annulé une émission de télé et pourtant j'aime ça, la télé. Mais je me suis relevé, j'ai licencié Cécilia et je suis reparti du bon pied. Moi si j'étais viré, et dieu sait que c'est fréquent dans mon métier, je pourrais reprendre mon boulot d'avocat. Avec le carnet d'adresse que j'ai, je dois pouvoir vivre assez sereinement. Je me réinvestirai aussi un peu à la mairie de Neuilly... Je ne sais pas. Mais en tout cas, c'est sûr, je ne resterais pas sans rien faire à toucher le RMI et à fumer des joints devant les cages d'escaliers. Là, il se trouve que j'ai retrouvé un job dans un ministère où j'avais déjà travaillé... Et je vise une méga-promo dans moins de deux ans maintenant, exactement 21 mois, une semaine, deux heures, trente-cinq minutes et douze secondes... onze... dix... neuf...

Scope,
Qu'est-ce que c'est que ce cynisme ?
Remarque, ça tient debout. Et c'est cohérent avec l'idée de ne pas faire d'examens médicaux pour les conducteurs âgés, eux aussi en surnombre...

Vinvin,
Je fais exprès.

Alice,
Merci pour ce document. Edifiant.

Simon,
"Toutes les réformes ne sont pas justes". Evidemment. Et il est normal de ne pas accepter le changement pour le changement. Mais il n'est pas normal non plus de préférer l'immobilisme ou le retour en arrière (bien que ce second cas soit également une forme de changement...). Et lorsque tu balances en vrac le rapport Camdessus, la suppression du SMIC, la disparition du Code du Travail, etc., je ne peux pas vraiment te suivre en faisant semblant de considérer que toutes ces choses sont identiques.

Le rapport Camdessus n'avait rien d'un brûlot ultra-libéral même s'il a été dénoncé comme tel. Personne ne prône la suppression du SMIC, qui existe même au pays des cow boys. Ni le MEDEF, ni Sarkozy ne demandent la fin de l'inspection du travail...

Si le SMIC devait être supprimé au nom d'un prétendu "courage politique", il faudrait évidemment lutter contre ce genre de "changement". En revanche, s'il était question d'abaisser le coût du travail non qualifié en baissant les charges sans toucher (voire en augmentant) le salaire direct (net-net), ce serait assez différent -- toujours en termes de changement.

Tlön,
Mais c'est bien ce que je dis.

Pikipoki,
Si c'est shadokien, ça explique le coup de pompe de Chirac dont on nous rebat les oreilles...

"Et lorsque tu balances en vrac le rapport Camdessus, la suppression du SMIC, la disparition du Code du Travail, etc., je ne peux pas vraiment te suivre en faisant semblant de considérer que toutes ces choses sont identiques."

Excuse moi cher Hugues, mais le rapport Camdessus, je l'ai lu, alors ose m'affirmer que la suppression du SMIC n'est pas préconisée dans le rapport si tu veux, ça n'en reste pas moins la réalité. C'est vrai qu'il n'est pas question de supprimer le code du travail, juste "de le mettre à jour" mais on sait ce que cela signifie.

Le MEDEF ne veux pas la fin de l'inspection du travail ?? Non, il veut juste la vider de son sens. Et puis ses pouvoirs sont déjà tellement restreint ...

"On sait ce que ça veut dire"... Encore une fois, je ne crois pas à l'existence d'une sorte de consortium de méchants authentiques en chapeaux haut-de-forme dont l'unique projet dans la vie est de rendre les Français pauvres et malades, de délocaliser tout ce qui peut l'être et de facturer leur oxygène.

"On sait ce que ça veut dire", c'est le principe même du procès d'intention. Si tu lis dans le rapport Camdessus qu'il est question de mettre en place un système permettant à terme (sans le dire vraiment mais en le pensant très fort) de supprimer le SMIC, projette-toi au-delà de ce baratin et explique-moi où et comment. Rappelle-toi cependant que le vilain Blair a créé un SMIC désormais supérieur au notre, contre les protestations de la droite et dans un pays où des gens pouvaient être payés une livre de l'heure.

Dans une démocratie qui fonctionne, les gens doivent pouvoir développer émettre des idées qui seront jugées pour ce qu'elles sont plutôt qu'en fonction d'une grille de lecture prédéterminée et multi-usage. Tu peux amalgamer tout et n'importe quoi, Camdessus, le Medef, Blair, DSK, Madelin, Cohn-Bendit, l'école de Chicago et la CFDT au nom du respect d'un dogme, mais ça ne fait pas vraiment avancer les choses.

Le respect du dogme, par exemple, pourrait conduire à expliquer que la démonstration de Breton sur le danger que représente la dette de la France est nulle est non avenue. Ainsi, si le seul service de la dette est égal au produit de l'impôt sur le revenu, il suffit d'augmenter l'impôt pour résoudre le problème. Si le travail est un gateau à taille fixe, il suffit de passer à 20 heures par semaine pour résoudre la question du chômage. Et j'en ai d'autres...

Ce qu'il est écrit dans le dit rapport, c'est que le SMIC est une barrière à l'emploi non qualifié, qu'il faut le supprimer pour permettre aux personnes non qualifiées de vendre leur travail à son "prix réel" c'est à dire en deça du SMIC horaire. Je n'appelle pas ça metttre un dispositif permettant à termes la suppression du SMIC.

Excuse moi, mais quand on observe l'action politique d'un actant, on peut s'inquièter de ses action à venir.

"je ne crois pas à l'existence d'une sorte de consortium de méchants authentiques"
moi non plus. Mais je crois aux interet concordants.

Ce n'est pas le SMIC mais le coût global du SMIC qui est en question. Et je ne parle pas des "charges patronales", qui sont une fiction : il n'y a que des charges pesant sur le salarié puisqu'il lui revient de produire suffisamment pour se rémunérer (salaire direct), rémunérer son employeur (rentabilité) et financer les organismes sociaux (ensemble des charges assises sur la rémunération).

Si le coût global du poste salarial est supérieur à la valeur de ce qui est produit, ça ne marche pas. Mais rien n'empêche de réduire ce coût en préservant le salaire direct. C'est la logique de la plupart des pays développés, dont les coûts salariaux sont plus ou moins similaires mais dont les salaires directs varient. La France est atypique (pour changer) avec des coûts salariaux dans le haut de la fourchette et des salaires dans le bas. Elle est donc relativement (sur les emplois faiblement qualifiés) peu compétitive mais les salariés français n'en tirent aucun profit puisque leurs revenus disponibles sont inférieurs à ceux des salariés des pays voisins.

A propos de la baisse des charges, une étude de l'OCDE, citée récemment au Sénat, nous apprend des choses amusantes. Quand on augmente les charges salariales acquittées par les entreprises, le résultat n'est pas du tout le même selon les pays.

En Allemagne, cela se traduit par une augmentation du coût global du salaire égale à l'augmentation des charges. Logique. Mais aux Etats-Unis, l'augmentation des charges n'a strictement aucune incidence sur le coût global du salaire . Devinez pourquoi... Je précise qu'entre ces deux extrêmes, la situation de la France et du Royaume-Uni sont intermédiaires, la France étant plutôt sur le modèle allemand et le Royaume-Uni sur le modèle US.

Grâce à la FLEXIBILITE bien sûr !!! Traduction : malgré l'augmentation des charges, les entreprises US ne vont pas augmenter d'un dollar le coût global du salaire et vont facilement trouver des salariés acceptant de baisser leur salaire net en conséquence. C'est ça, le miracle de la flexibilité ! Et dire que nous, Français, nous continuons bêtement à refuser ce système qui fonctionne pourtant parfaitement ailleurs...

A propos de la phrase de Thierry Breton selon laquelle "les Français vivent au-dessus de leurs moyens", j'essaye d'abord d'imaginer comment le Smicard ou le RMIste peut recevoir la chose... Notre bon ministre-chef d'entreprise y a-t-il seulement pensé avant de prononcer cette phrase ? On peut en douter. Passons, même si c'est grave. Il veut simplement dire que la dette publique française est élevée et nous coûte cher. Ah bon, d'accord, il a raison. Il devrait alors d'urgence se pencher sur les allègements de charges des entreprises qui totalisent aujourd'hui en France près de 20 milliards d'euros pesant chaque année sur le budget de l'Etat... Avec les résultats que l'on sait sur l'emploi (quasi-nuls si l'on excepte les transferts d'emplois vers les bas salaires mieux exonérés, l'augmentation des smicards au détriment de salariés mieux rémunérés ne pouvant pas être considérée à mon avis comme un progrès).

A propos du contrat nouvelle embauche, en voilà une réforme ! Alors, bonne ou mauvaise réforme ?Si on regarde bien de quoi il s'agit sans dogme ni a priori (ni libéral ni anti-libéral), cela veut dire que dans les petites entreprises, on va pouvoir embaucher des salariés qui pourront être licenciés sans motif à n'importe quel moment durant deux ans (on appelle ça la période d'essai mais en fait ce n'en est pas vraiment une, nous dit-on...).

Conséquence : les "nouveaux embauchés" seront objectivement en situation de précarité durant deux ans. Qu'est-ce que j'entends par précarité ? La même chose qu'un banquier à qui le "nouvel embauché" viendra demander un prêt sur 15 ans pour acheter son logement. De plus, rien n'empêchera certaines entreprises de faire tourner quelques postes tous les deux ans avec le cheptel potentiel de "nouveaux embauchés", sachant qu'en cas de problème (de quelque nature que ce soit), on peut tous les virer sans problème et sans coût.

Si par hasard cette mesure donnait quelques résultats, nul doute qu'elle sera ensuite étendue aux entreprises de taille plus importante au nom de l'efficacité. Donc, nous aurons de fait complètement modifié le principe même du contrat de travail.

Honnêtement, Hugues, est-ce que tu trouves que c'est juste et équilibré comme contrat et comme relation ? Est-ce que tu crois que c'est un progrès, que ce sera mieux pour tes enfants ? Est-ce que tu seras fier d'avoir été de la génération qui a fait ce choix pour s'adapter au monde moderne ?

PS : L'idéologie, le dogme et le populisme ne sont pas toujours du côté que l'on croit, Sarkozy, notre futur président, le prouve chaque jour un peu plus...

Yo Michel B.,
Je viens de regarder l'étude à laquelle tu fais référence, qui ne parle pas du tout de baisses de rémunérations mais d'élasticité des salaires en fonction des évolutions du niveau des charges.

En gros, si les charges augmentent aux Etats-Unis, ce ne sont pas les salaires des actifs déjà occupés qui sont réduits, ces pauvres crétins d'américains acceptant tout et n'importe quoi... La preuve, c'est que tu vois bien que la France est, dans cette analyse, dans une position intermédiaire entre les pays ayant une élasticité forte (Etats-Unis) ou faible (Allemagne). Or on ne connait pas de cas où les salaires baissent lorsque les charges augmentent en France.

Le rapport explique seulement que les entreprises américaines compensent la hausse des charges par une baisse des niveaux de salaires proposés aux nouveaux embauchés. Ca n'est pas très sympa, mais ça ne correspond pas du tout la conclusion que tu en tires (http://www.senat.fr/rap/r97-118/r97-11813.html ). Clairement, il s'agit d'un pays où la réactivité à la conjoncture est très forte et l'amplitude de l'évolution salariale s'en ressent (y compris à la hausse, d'où des salaires généralement et nettement plus élevés qu'ici). Mais je ne crois pas que trouveras beaucoup de gens pour demander l'importation de ces pratiques en France, même si le Grand Satan est censé se planquer derrière n'importe quelle mesure non-homologuée par la LCR. Et la protection relative des Français dans ce genre de situation vient probablement des conventions collectives, qui assurent le respect de grilles de salaires mais ne couvrent pas toutes les activités.

En ce qui concerne la question de la dette, je vois que tu as effectivement choisi de régler le problème en utilisant un argument que je pensais assez absurde pour pouvoir être utilisé ironiquement dans l'un de mes commentaires précédents : si la dette est si élevée que les seuls intérêts annuels représentent l'équivalent de la totalité du produit de l'impôt sur le revenu, il suffit d'augmenter les impôts et le tour est joué. Si ça te semble logique, no problemo. Moi ça me rappelle plutôt l'histoire de Gribouille, qui se jette à l'eau pour ne pas laisser la pluie mouiller son beau costard.

D'ailleurs, je te rappelle que tu as déjà, lors de discussions précédentes, augmenté les impôts pour tenir compte du vieillissement de la population, de la hausse des dépenses de santé, de la massification de l'enseignement supérieur, des besoins en recherche, de la mise en place d'un revenu minimum de 1 500 euros pour tous, du logement social pour tous, etc. Je sais bien que les "riches" ont les poches profondes, mais il doit bien y avoir une limite à ce que peut rapporter l'impôt dans un pays où plus de 50% du PNB est déjà prélevé par l'Etat.

On est bien d'accord : la compensation de l'augmentation des charges qui se fait aux Etats-Unis par la baisse des salaires nets des salariés doit se faire sur un certain temps... Mais au final le résultat est le même. L'"élasticité" ou la "flexibilité" fait son office (quels jolis mots pour désigner une baisse des salaires).

Sur la dette, je ne propose pas, contrairement à ce que tu dis, d'augmenter les impôts, je propose de se pencher sur le 20 milliards d'euros annuels d'exonérations de charges qui ne donnent aucun résultat sur l'emploi. Nuance.

Enfin, tu ne réponds pas sur le contrat "nouvelle embauche". Alors, en bon journaliste, je repose la question :

Honnêtement, est-ce que tu trouves que c'est juste et équilibré comme contrat et comme relation ? Est-ce que tu crois que c'est un progrès, que ce sera mieux pour tes enfants ? Est-ce que tu seras fier d'avoir été de la génération qui a fait ce choix pour s'adapter au monde moderne ?

Hugues, tu dis que "(La France) est donc relativement (sur les emplois faiblement qualifiés) peu compétitive mais les salariés français n'en tirent aucun profit puisque leurs revenus disponibles sont inférieurs à ceux des salariés des pays voisins."
Je ne serais pas aussi catégorique que toi. J'ai personnellement vécu dans trois pays différents, France, USA et Suisse. Aux US et en Suisse, mon salaire était considérablement plus élevé (grosso modo un peu plus du double), mais mon niveau de vie était sensiblement le même qu'en France. La raison principale, c'est que les dépenses de santé, de garde d'enfants, de transport... sont très réduites en France, alors qu'elles sont beaucoup plus élevées dans les autres pays que j'ai testés.

"Il s'agit d'un véritable contrat, d'un contrat à durée indéterminée, d'une véritable rémunération, avec de vraies garanties", a expliqué Dominique de Villepin. "Nous ne parlons pas là de précarité", a-t-il souligné.

Si ça, ce n'est pas du foutage de gueule et prendre les gens pour des cons ! Un CDI que l'on peut rompre à tout moment sans motif durant deux ans est-il vraiment toujours un CDI ? Soyons sérieux... Non, bien sûr, nous ne parlons pas là de précarité, M. Dominique Galouzeau de Villepin, tout le monde l'aura compris... Loin de vous l'idée de...

C'est ce type de déclaration mensongère qui fait le lit du populisme.

Nous apprenons également que le gouvernement envisage d'élever le seuil d'application de cette mesure aux entreprises de 20 salariés. Pourquoi pas 50 ? Ou 100 ? Pourquoi un seuil au fait ? Mon ami Ernest A. se pose la question...

Le Comité des Forges aura fini par avoir la peau du Code du travail. En 2005. Une improbable marche-arrière en plein début du IIIème millénaire, réalisée au nom de l'emploi.

Car avec le contrat "nouvelle embauche", il s'agit bien de cela : un retour en arrière du droit du travail (rewind de chez rewind pour le coup). Et c'est comme cela que l'histoire des relations sociales en France analysera cette date... et sans doute celles qui suivront, dans le même sens.

L'emploi sera-t-il au rendez-vous ? Cela est une autre histoire...

Et le foutage de gueule continue :

Concernant le contrat "nouvelle embauche", Thierry Breton a expliqué qu'il s'agissait "d'une période intermédiaire" de deux ans "au cours de laquelle l'employé et l'employeur apprennent à vivre ensemble". Le but est de "permettre aux chefs de TPE et à ceux qui cherchent un emploi d'avoir un moment un peu privilégié où ils vont apprendre à se connaître", a-t-il précisé.

Mieux vaut en rire ?

Hugues,

sur la question de la dette, il est incroyable que les défenseurs autoproclamés de la solidarité se refusent à voir ces problèmes en face : à terme, ça conduit à écraser nos enfants et les générations futures sous la charge fiscale. Où va se nicher la "solidarité" décidément...perso, je trouve qu'il n'y a rien de plus égoïste que cette attitude de déni, que nos descendants auront toute légitimité à nous reprocher.

Mais l'argent pousse aux arbres, et les patrons ont largement de quoi financer tout ça sur des comptes planqués aux Bermudes, c'est bien connu.

L'opposition fait son boulot, c'est pas trop tôt !

Le Premier secrétaire du PS François Hollande a prévenu mardi que le contrat "nouvelle embauche" allait "être généralisé à toutes les entreprises".

"Le contrat "nouvelle embauche", cela veut dire que, pendant deux ans, l'employeur pourra congédier le salarié sans préavis et sans motif", a expliqué François Hollande sur France-2. "Il ne s'agit pas d'un progrès mais d'un recul, d'une remise en cause du droit du travail".

"Au début, on nous dit que cela va s'appliquer aux toutes petites entreprises (de moins de dix salariés), à celles qui ne savent pas embaucher, on va leur faciliter la tâche", a noté le N°1 du PS. "Maintenant, c'est aux (entreprises de) moins de vingt salariés".

"On sait très bien ce qui va se produire, ce qui va se décider là va être généralisé à toutes les entreprises", a assuré le député-maire de Tulle. "Ce n'est pas un progrès".

Le Premier secrétaire du PS a martelé que dans le cadre de ce contrat, "toute embauche se fera avec une période d'essai de deux ans qui permettra à l'employeur de remercier le salarié dans toutes circonstances".

"Des souplesses, il y en a beaucoup" dans la vie professionnelle, a souligné François Hollande, avec "70% des embauches (qui) se font avec un CDD et en intérim". "Maintenant on va ajouter au CDD ce contrat 'nouvelle embauche', c'est cela la précarité".

Moi j'aimerais avoir le détail de ce nouveau contrat.

NB : la charte des droits fondamentaux prévoyait, elle, le droit de contester son licenciement. Si ce contrat institue une période d'essai de deux ans (mais je demande à voir quand même), alors, il contrevient directement à ce droit...

Bonjour,

Rapport au contrat nouvelle embauche, je me pose 2 questions :
- Les cdd ne vont ils pas a terme disparaitre ? Car si mes souvenirs sont bons, un cdd c'est maximum deux ans, au-dela on est engagé d'office" en cdi (si on reviens travailler et que l'employeur ne vous dit rien, c'est arrivé plus d'une fois).
- Si cette reforme est mise en place, il y a fort a parier qu'il va effectivement y avoir un "boom" d'embauche, mais que dans les 2 années qui suivent, il y ait un boom similaire dans l'autre sens. Ca nous amens ou ca 2 ans ? Au dela de 2007 ? ah bon.
La vraie question est "n'est ce pas une basse manoeuvre electorale" ?

Meurtre sur ordonnance

Villepin peaufine son "Contrat Nouvelle Embauche" (ça sonne mieux que "Contrat Nouvelle Précarité" ou "Contrat au rabais", paraît-il).

La "période d'essai" (de deux ans, tu parles d'un essai !) disparaît au profit de la "période d'embauche" ou "temps de consolidation de l'emploi". Voilà pour les aménagements sémantiques qui témoignent du vrai sens du dialogue social du gouvernement.

Par contre, sur l'essentiel, rien ne change : durant ce sympathique "temps de consolidation de l'emploi", ces deux ans au cours desquels le salarié et l'entreprise auront largement l'occasion de mieux faire connaissance, l'employeur pourra mettre fin au contrat à n'importe quel moment sans motif. Ce qui constitue une véritable révolution régressive dans l'histoire du droit social français... Et devrait, en passant, largement contribuer à désengorger les prud'hommes.

Au bout de deux mois, le salarié acquerra le droit à un préavis de 15 jours. Génial. Même principe de droits progressifs pour l'indemnité de licenciement. Plus quelques attrape-couillons en matière d'Assédics et d'accompagnement. Et l'on s'affranchit ainsi du droit général et des conventions collectives...

Cet assassinat du Code du travail aura lieu juste au début de l'été, sur ordonnance (et sans vaseline), pour témoigner du consensus général que suscite cette mesure auprès de l'ensemble de la représentation nationale.

Y a-t-il une opposition en France ? Que font les syndicats ? Si cela ne vaut pas une bonne grève générale et une mobilisation massive des Français contre ce recul social, c'est que vraiment il n'y a plus rien à espérer. Tous les acquis sociaux vont être grignotés les uns après les autres... Et rien n'arrêtera la machine infernale, surtout quand cet excité de Sarko sera aux commandes.

En Australie aussi, le Code du travail vole en éclats et la régression sociale s'installe. C'est le rythme des canicules qui s'emballe (contrepèterie de saison)...

Info : Ouvriers australiens en grève contre une réforme du code du travail

Des milliers de salariés de l'industrie minière et du bâtiment ont entamé lundi une grève sauvage alors que les syndicats australiens organisent une semaine de mobilisation pour s'opposer à une réforme des lois du travail.

Le gouvernement conservateur souhaite étendre le recours aux contrats individuels sur le lieu de travail, abolir le code des relations sociales par Etat au profit d'un code national et mettre en place une nouvelle commission chargée de définir les salaires minimums.

Le mouvement de grève a été décidé lors d'un rassemblement de quelque 3.000 ouvriers dans la ville de Dampier, au nord-ouest du pays, qui ont unanimement stoppé le travail, a rapporté une radio nationale.

Lors du rassemblement, le porte-parole des syndicats, Dave Robinson, a indiqué que le projet du gouvernement mettait en péril leurs droits fondamentaux et constituait la plus grande menace aux droits des travailleurs depuis 150 ans. Des manifestations de rue sont prévues jeudi dans le pays.

Moi, je refuse d'être aussi catégorique sur le contrat nouvelle embauche. Je ne suis pas convaincu de son efficacité, mais je ne suis pas convaincu du contraire non plus. Autant essayer.

S'il se révèle efficace en termes d'augmentation du nombre de créations nettes d'emplois, s'il ne constitue pas un simple effet d'aubaine pour des employeurs décidant de remplacer les CDD par un CDI new style, on pourra juger de l'intérêt de l'expérience et la stopper si nécessaire.

Mais je refuse de condamner le concept a priori, sous prétexte qu'il représente un "recul" en termes de protection du salarié. Si le corollaire de l'abandon de cette expérience c'est pas d'emploi du tout, je dis qu'un contrat de ce type est préférable à rien du tout.
Affreux, non ? A regular little Sarko...

"Mais je refuse de condamner le concept a priori"
Il semble, cher Hugues, que vous souffriez du mal inverse au mien : je vois le mal partout et j'ai du mal à dire OUI a quelque chose (et encore après mure reflexion), vous ne voyez le mal nul part et ne refusez quasiment rien (à part le non du 29 mai, bien sur).

"i le corollaire de l'abandon de cette expérience c'est pas d'emploi du tout, je dis qu'un contrat de ce type est préférable à rien du tout"
Le problème, c'est que Galouzeau s'en tape que ça marche ou pas, c'est comme la loi Fillon qui cassait la hierarchie des normes et qui n'a rien apporté. C'est juste une entaille de plus dans le droit du travail et après ... Si le patron n'a pas confiance dans l'avenir, il va pas engager quelqu'un juste pour voir si c'est jouable et le virer si cela ne l'est pas. En terme de management, ce serait complètement débile.

Cher Hugues,

Vous "refusez de condamner le concept de Contrat Nouvelle Embauche a priori, sous prétexte qu'il représente un "recul" en termes de protection du salarié".

Les guillemets au mot "recul" ne manquent pas d'humour. L'autorisation de licencier sans motif, pourtant contraire au fondement même du Code du travail, est pour vous un "recul" entre guillemets. Sous-entendu : certains (avec leurs a priori gauchistes ?), appellent cela un "recul" mais les choses ne sont pas aussi simples pour les citoyens éclairés et informés de la marche du monde.

Désolé de vous le dire, mais il s'agit là objectivement d'un événement sans précédent dans l'histoire des relations sociales en France. Ce n'est pas un petit "recul", entre guillemets, c'est un changement de paradigme, une inversion du cours de l'histoire, une improbable contre-révolution, une véritable bombe qui va déséquilibrer profondément et durablement les relations entre les salariés et les entreprises.

Il suffit d'imaginer concrètement la situation : "Vous êtes viré ! Pourquoi ? Parce que je l'ai décidé, je n'ai pas à vous donner d'explication, et vous ne pourrez même pas contester la cause de ce licenciement puisque juridiquement il n'y en a pas, de cause".

Mais le plus hallucinant, c'est que l'évidence négative de ce changement n'a d'égal que la mollesse des protestations des syndicats et de la gauche. L'opposition "caoutchouc" dans toute sa splendeur faisant une haie d'honneur à notre petit homme providentiel qui rêve de nettoyer le modèle français au nettoyeur haute pression.

Je pense que les générations futures auront le droit d'être sévères avec tous ceux qui auront laissé faire ça...

Mais comment une loi peut-elle interdire le droit de contester un licenciement? Villepin est gentil, mais si c'est son objectif, alors, qu'il fasse le nécessaire en accompagnement social! = augmentation des allocations chômage, notamment!!
En tout état de cause, si ce projet de loi revient à interdire la contestation du licenciement (c'est qu'il se dit), alors, cette dernière sera rétablie...par la petite porte jurisprudentielle...Les juges trouveront un truc du genre "rupture abusive" avec versement corrélatif de dommages-intérêts, résultat = la contestation du licenciement restera possible, mais, avec une incertitude totale quant à son régime, les conditions de qualification, et à ses conséquences financières --> insécurité pour les salariés ET les employeurs...non?

@T5K

"Il suffit d'imaginer concrètement la situation : "Vous êtes viré ! Pourquoi ? Parce que je l'ai décidé, je n'ai pas à vous donner d'explication, et vous ne pourrez même pas contester la cause de ce licenciement puisque juridiquement il n'y en a pas, de cause"

Tiens c'est rigolo c'est ce qu'il m'est arrivé il y a une grosse année. Il n'y avait plus beaucoup de sous dans les caisses (ce n'était que partiellement attendue), j'avais épuisé les CDD, CDI quasi obligatoire (il y avait une astuce qui m' a été proposée puis reprise, pas tout compris). Mais non caisse vraiment trop vide pour tenter le CDI. Au revoir Eviv.

Donc bon hein les dogmes et les les discours "historiques".

Par contre je vous rejoins sur le bricolage de ce nouveau contrat. Il faudrait abolir la distinction CDI/CDD et pour cela réformer le code du travail sévère. Mon dieu c'est le diable allez vous me dire. Avant même de discuter de ce qu'on pourrait y mettre ou pas.

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