Les Anglais auraient pu s'épargner Thatcher avant d'en arriver à Blair. Devrons-nous subir dix années de sarkozysme pour qu'émerge un authentique parti social-démocrate ?
Il y a exactement vingt-cinq ans, rappelait récemment le Guardian dans une certaine indifférence, quatre éléphants britanniques tentaient de sortir le Labour de sa dérive gauchiste en lui offrant une alternative social-démocrate. Dans une déclaration restée célèbre, au moins outre-Manche, les membres de cette version anglo-saxonne de « la bande des quatre » affirmaient, en substance, qu’il n’était plus possible d’abandonner les choix du parti à une poignée de trotskistes, de rester insensible au déclin du pays ou de se désintéresser de la construction européenne...
Toutefois, incapables de rassembler les militants sur ces bases, les renégats décidèrent de créer le Parti Social-Démocrate (SPD) et, en alliance avec le petit parti Liberal, héritier des fameux Whigs, présentèrent leurs propres candidats aux législatives de 1983. Conspués par leurs comrades, ces social-traîtres revendiqués semblaient pourtant en phase avec l'électorat, leur performance égalant presque celle des travaillistes (25% contre 28%). Las, Thatcher et ses boys devaient l'emporter avec 44% des suffrages, la Dame de fer ayant plus d'un tour dans son célèbre sac à main. Quelques années plus tard, l’aventure allait d'ailleurs se terminer en eau de boudin, le SPD se décomposant progressivement au profit du parti Liberal Democrat, actuelle troisième force du jeu politique chez les Grands-Bretons.
La question qui se pose aujourd’hui est la suivante : l’initiative désespérée des quatre mousquetaires fut-elle responsable d’une division fratricide de la gauche, permettant à Thatcher de rester en place onze années de plus et de mener à bien son entreprise de destruction systématique des structures sociales du pays ? Ou ne s’agissait-il pas, tout au contraire, des prémices de la modernisation du Labour, laquelle impliquait nécessairement un tel coup de théâtre (en anglais dans le texte) ? L'éditorialiste du Guardian lui-même ne s’avisant pas de trancher, je me vois mal arbitrer en faveur de l’une ou l’autre de ces propositions. Mais, tentant de lire la situation politique française actuelle à la lumière du passé britannique, je me demande si l'Histoire ne s'apprête pas à repasser le plat de gigot à la menthe.
Les rares socialistes français capables d’apprécier la réussite blairiste pour ce qu’elle est vraiment aiment bien laisser entendre que, sans la tornade Thatcher, rien de tout ça n’aurait été possible, le New Labour n’ayant pu reconstruire que sur un champ de ruine. Pourquoi dans ces conditions, ne pas s’abandonner à l’ivresse d’une décennie de sarkozysme, le recul social en résultant permettant à une gauche revivifiée de revenir aux affaires les mains dans les poches, les mille bouleversements dont le pays a besoin ayant été, fort commodément, réalisés par l’affreux petit bonhomme des Hauts-de-Seine ? Hey, pas con ! Sarkozy resterait dans l’Histoire comme l’homme de la cruelle réforme des retraites, de la terrible révolution fiscale, de l’abominable mutation scolaire, de l'insupportable restructuration de la fonction publique, le premier secrétaire du PS du moment n’ayant plus qu’à se baisser pour ramasser la mise. Pourquoi pas ?
Pourquoi pas, indeed ? Mais que de temps perdu. Que de souffrances absurdes pour en arriver là quand les Strauss-Kahn d'ici et de maintenant, s’il leur venait seulement l’idée de rompre avec ce tropisme trotskiste pour évoquer clairement leurs options et leur buts, ont toutes les cartes en main pour nous épargner cette expérience dans le cadre d'une transition à la scandinave — une transition n'abandonnant personne sur le bord de la route.
A l'heure des choix, les appels du pied de Bayrou, en dépit de leur étrangeté, méritent peut-être d’être étudiés. A l'heure des choix, les offres de service d'un Bernard Kouchner, voire d'un Christian Blanc, valent peut-être la peine d'être examinées. En tout état cause, il serait ridicule de leur accorder moins d’importance qu'aux éructations d’un Mélenchon ou aux larmoiements d’une Buffet. A l'heure des choix, il faudra bien se situer.
© Commentaires & vaticinations
Oui, il fallait sans doute Thatcher pour que Blair ramasse la mise. Oui, il jouait sur du velours, car il lui était facile, sur la terre brûlée laissée par la délicieuse Margaret, de faire passer quelques mesures sociales-démocrates : investissements publics, création d'un Smic, etc.
Oui, le scénario que vous décrivez a de grandes chances de se réaliser : après 5 ans de sarkozysme (5 ans suffiront), il sera facile pour le PS d'amener un peu de solidarité dans un monde de brutes.
Par contre, je ne vois pas où est le problème dans le positionnement actuel du PS. La majorité du parti et cinq présidentiables sur six sont bien sur une ligne sociale-démocrate et ne réclament pas le grand soir : Hollande, DSK, Lang, Royal, Jospin. Et encore, pour le 6ème, Fabius, malgré son positionnement récent, il ne nous a pas habitué à céder au tropisme trotskiste.
Je sais que vous aimez vous faire peur, mais je vous rassure : Mélenchon et Buffet n'ont aucune chance de devenir président de la république ni même premier ministre.
La seule question qui vaille est : le candidat PS peut-il battre Sarko dans cette ambiance de résignation généralisée ? Je reconnais que la réponse n'est pas évidente
Salutations sociale-démocrates (vous remarquerez que j'évite d'employer le gros mot socialiste)
Rédigé par: Wonderful Tony | mardi 31 janvier 2006 à 19:24
Le congrès du Mans montre à l'évidence que les socialistes n'ont malheureusement pas compris les défis d'aujourd'hui ou pire refusent de les traiter
Quand la synthèse passe par la suppression de la loi Fillon alors que Jospin avait décidé avec les 15 de se donner comme objectif 50% d'actifs parmi les 55/64 ans en 2010, comment peut on croire que les socialistes au pouvoir traiteraient réellement les problèmes qui se posent à notre pays?
Le score obtenu par la motion de Gauche Moderne (0.6%) au Mans donne l'ampleur de la remise en cause à faire!
Rédigé par: verel | mardi 31 janvier 2006 à 22:00
Tu y crois ?
Rédigé par: Quoique | mardi 31 janvier 2006 à 22:03
Etrange cette méconnaissance abyssale de ce que fut le thatcherisme. Ce qui permet à l’auteur de ce blog sur-écrit de réduire péremptoirement la politique de la dame de fer à un cliché journalistique éculé : une « entreprise de destruction systématique des structures sociales du pays ».
En oubliant au passage de dire que les dépenses sociales n’ont pas diminué entre 1979 et 1990, mais ont été, au mieux, stabilisées autour de 22% du PIB, que l’Angleterre n’est plus l’homme malade de l’Europe qu’il état au milieu des années 70.
On peut reprocher beaucoup de choses à Thatcher : de ne pas avoir résorbé le chômage de masse, de ne pas avoir réduit les inégalités via l’échec de sa stratégie du trickle down mais expédier 11 ans de l’histoire britannique en une formule aussi creuse est vraiment pathétique. Comme disait Bertrand Russell : The trouble with the world is that the stupid are cocksure and the intelligent are full of doubt.
Rédigé par: c0071 | mercredi 01 février 2006 à 03:02
Wonderful Tony,
Mouais, sauf que je pense et que je dis exactement le contraire. Pour Blair, il n'est PAS nécessaire d'en passer par Thatcher. Et non, bien évidemment, je ne pense pas que Mélenchon ou Buffet puissent devenir président (encore que, sait-on jamais...). Mais je m'inquiète à juste titre de leur capacité de nuisance. Par ailleurs, si Blair n'avait amené qu'un peu de « délicatesse dans un monde de brutes », les Anglais s'étant retrouvés chocolats, je ne tiendrais pas de tels propos. Je pense que le New Labour a fait légèrement plus que ce bête travail cosmétique.
Verel,
Moi aussi, ces tissus synthétiques me donnent des boutons.
Quoique,
Je ne suis pas croyant, juste pratiquant. Mais tiens, je te suggère d'écouter la chronique d'Olivier Duhamel de ce matin sur France Culture pour alimenter la réflexion : « L'UDF n'est pas Kadima » http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture/emissions/matins/index.php
c0071,
D'abord, je suis heureux de constater que, quoi qu’il arrive, on est toujours le gauchiste de quelqu'un... Dans le cas présent, ce n'était pas si évident puisqu'il fallait tout de même aller jusqu’à dénicher une admiratrice de Thatcher pour dénoncer la dérive marxiste de mon blog.
Bon, tu regrettes le recours aux « clichés journalistiques » dans ma description des années Thatcher. Mais en rappelant dans le même temps qu’il a fallu se débarrasser de la fille de l’épicier pour commencer à résorber le chômage en GB, tu réduis toi-même considérablement la portée du soutien que tu souhaitais lui apporter.
Bah, il est vrai qu’à cette époque, le taux de chômage était considéré comme un critère gauchiste d’évaluation de la santé d’une société, les tories préférant se concentrer sur le nombre de milliardaires continentaux s’installant à Londres comme preuve de leur réussite. Quant à ce fameux trickle down consistant à créer une armée de domestiques pour les mansions des Mittal et des Al-Fayed, le fait qu’il n’ait pas fonctionné indique sans doute qu’il aurait fallu attirer encore plus de milliardaires pour obtenir un ratio riches/pauvres plus efficace...
Une fois démontrées ma bêtise et mon ignorance, tu lâches, l’air de ne pas y toucher, que ce blog est « sur-écrit », à l’instar d’une pièce trop chargée en mobilier d’époque ou d’une scène de Molière interprétée par Louis de Funès. Mais figure-toi que cette sur-écriture représente pour moi 50% du plaisir que j’éprouve à rédiger ces notes. Ton appel à plus de sobriété ne sera donc pas suivi d’effet. Désolé.
Enfin, et en ce qui concerne la référence à Bertrand Russell, et puisque tu ne me frappes pas comme particulièrement « full of doubt » toi-même, quelle leçon suis-je censé tirer de ta citation ?
Rédigé par: Hugues | mercredi 01 février 2006 à 10:33
Ce parti social-démocrate moderne et responsable (car réaliste et pas démago) vient de se créer. Tout est à y faire. Appel aux intelligence et aux volontés.
http://initiativeeuropeenneetsociale.over-blog.com/
Rédigé par: carolus | mercredi 01 février 2006 à 12:33
Bravo pour le plaisir que vous éprouvez à écrire vos notes.
Sur-écrit...encore un mot sur-désopilant ; après les "ultra" et les "hyper" il va encore falloir s'encombrer la mémoire provisoirement...
Rédigé par: mongka | mercredi 01 février 2006 à 13:23
Très interessant. Merci.
Rédigé par: documenteuse | mercredi 01 février 2006 à 17:17
Bof, tout est tellement évident dans votre message. Vous n’auriez vraiment pas fait long feu parmi les rhéteurs sophistes de la Grèce Antique.
1-On tente, subrepticement, de dévier le sujet en m’accusant ( en France c’est une insulte) d’être une admiratrice de Thatcher. Ce que je ne suis pas pas. D’abord parce que la décennie 80, je n’en ai vu que la moitié, ensuite parce je n’adhère pas à la vision sociétale de la Dame de Fer : une société plus ouverte et plus inégalitaire aussi.
Non, simplement, il y a une qualité que j’apprécie qui s’appelle la nuance et qui parfois est utile lorsqu’on veut s’extraire des abstractions manichéennes qui parsèment votre message.
2- Le coup du « je me suis disqualifié moi-même », moment où l’auteur pointe une contradiction supposée fatale. Encore faux.
Une fois encore vous réduisez 11 ans de pouvoir à une seule donnée. C’est blanc, c’est noir et si c’est gris je laisse tomber parce c’est trop compliqué…
Sous Thatcher, les classes moyennes ont vu leur niveau de vie augmenté tandis que les pauvres perdaient environ 10% de pouvoir d’achat. C’est indéniable mais cela ne masque pas les réussites de Thatcher : elle mit fin au monopole syndical d’embauche, interdit les grèves de solidarité, rendit les syndicats juridiquement responsables des dégâts occasionnés au cours des grèves, permit à un nombre record de ménages de devenir propriétaire etc.
On peut lui reprocher son opposition à une plus grande centralisation des pouvoirs au sein de la CEE, l’échec de « l’effet de percolation », son intransigeance parfois bornée mais ne la réduire qu’à cela est malhonnête.
Quant au style de ce blog, je ne vois pas pourquoi vous en changeriez si cela vous plaît. On a le droit de préférer l’onctuosité aux déclamations amphigouriques, l’écriture « blanche » aux débordements lyriques. Chacun son truc.
Rédigé par: c0071 | mercredi 01 février 2006 à 18:16
Wow, vous m'avez percé à jour. Vous êtes trop forte. J'arrête le blog.
Rédigé par: Hugues | mercredi 01 février 2006 à 18:26
Les réussites de Thatcher selon l'agent Claire 007, incarnation de la nuance : "elle mit fin au monopole syndical d’embauche, interdit les grèves de solidarité, rendit les syndicats juridiquement responsables des dégâts occasionnés au cours des grèves...". Ca, c'est un progrès, un grand progrès comme dirait Villepin à propos du CPE. Elle serait pas un tout petit peu à droite, la nuance ?
Rédigé par: Tony Nose | mercredi 01 février 2006 à 22:54
c007, soit tu es une sacrée rusée qui veut montrer à Hugues qu'on peut aussi l'attaquer sur sa doite, soit tu n'as vraiment pas fait attention où tu débarquais. Si c'est la deuxième hypothèse, alors lis un peu l'historique du Blog avant de l'attaquer si méchamment. Cocksure!
Rédigé par: wavrill | jeudi 02 février 2006 à 00:09
C'est tout sauf mon problème si vous n'avez aucun background historique.
Si vous trouver que payer pour les dégâts occasionnés lors d'une grève, que consulter la base par des scrutins à bulletin secret avant de déclencher une grève et de les rendre juridiquement responsable c'est être de droite, eh bien c'est que vous êtes à court d'arguments.
Ou juste les incarnations d'une monomanie française: raisonner avec un échiquier politique dans la tête en se souciant peu des idées, des "petits faits vrais".
Rédigé par: c0071 | jeudi 02 février 2006 à 00:30
Lorsqu’en 1981, David Owen fonda ce qui devint le social democratic party, il n’emmena pas grand monde chez les travaillistes. Ce qui donna du champ libre à Margaret Tatcher. Le véritable travail refondateur fut l’œuvre de plusieurs leaders travaillistes. Neil Kinnock jusqu’à sa seconde défaite en 1992, John Smith jusqu’à sa crise cardiaque en 1994 puis Tony Blair et Gordon Brown. C’est ce travail qui emmena le Labour a évolué dans son ensemble et à remporter les législatives de 1997 un mois avant les socialistes français. Pendant tout ce temps, David Owen devint lord et fut l’auteur des plans de paix Vance-Owen et Owen-Stoltenberg qui entretinrent la guerre en Bosnie-Herzégovine. Aussi peu efficace quand il était Ministre des affaires étrangères (1978-1979) que médiateur européen coupable de tolérance aiguë avec le génocide perpétré par les forces serbes. Piètre politique donc.
Rédigé par: strausskahnophile angélique | jeudi 02 février 2006 à 11:39
Ségolène rend hommage à Tony Blair. Ici : http://fr.news.yahoo.com/02022006/202/segolene-royal-rend-hommage-la-politique-de-tony-blair.html.
La voilà, ta candidate, Hugues, puisque tu te présentes désormais comme un déçu de DSK. En plus, elle se prononce pour la "flex-sécurité".
Rédigé par: François H. | jeudi 02 février 2006 à 12:59
Bon sang, je n'en crois ni mes yeux ni mes oreilles ! Je suis époustouflé, bouleversé, flabbergasted et dumbfounded. Il faut désormais que j'apprenne à mieux connaître cette Ségolène sur laquelle je n'avais franchement pas la moindre opinion... François H., tu viens d'éclairer mon après-midi.
Entre Bockel hier soir (http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0,50-736721,0.html ) et Ségolène aujourd'hui (http://news.ft.com/cms/s/40acf40a-9390-11da-a978-0000779e2340.html ), mes rêves les plus fous semblent se réaliser. Tiens, je me demande si je ne suis pas à l'origine de tout ça et si le reste du monde n'est pas qu'une fiction née de mon imagination délirante et solipsiste, comme dirait Winston...
Rédigé par: Hugues | jeudi 02 février 2006 à 14:52
A 17h30 le lien vers la déclaration de Ségolène est brisé...est-ce un mauvais présage ?
Rédigé par: mongka | jeudi 02 février 2006 à 17:22
Attention Hugues, ne t'enflamme pas trop vite sur la belle Ségolène. Contrairement à ton autre nouvel ami JM Bockel (et comme ton ancien ami DSK), elle est résolument contre le CPE. Et on la comprend ! Ca doit être son tropisme trotskiste qui le dispute à son penchant blairiste.
"C'est mauvais. Cela blesse les jeunes et leur adresse un mauvais message en dévaluant le travail", dit-elle.
Ici : http://fr.news.yahoo.com/02022006/5/segolene-royal-concede-des-penchants-blairistes.html
Pour ma part j'ai posé une question à l'autre Dominique (le play-boy) sur son chat de 1er ministre, formulée ainsi (en moins de 300 mots) :
"Selon le Céreq, 68% des 15-24 ans "accèdent immédiatement et durablement à l'emploi" après leurs études. Cette majorité n'a-t-elle pas beaucoup à perdre avec le CPE ? Et en quoi cette mesure va-t-elle aider les autres, qui souffrent avant tout d'un manque de qualification ?".
Je n'ai pas pu suivre le chat dans son intégralité mais je ne crois pas qu'il y ait répondu. A moins qu'il ait dit : "Merde, c'est vrai, vous avez raison, j'ai fait une grosse connerie, je retire immédiatement mon projet". Mais ça se saurait.
Non, il a préféré répéter sa fameuse tirade selon laquelle "aujourd'hui, il faut entre 8 et 11 ans à un jeune pour trouver un emploi stable" qui, manifestement, est démentie par les données Insee et Céreq. Quand on l'écoute, on a l'impression que le chômage des jeunes n'est pas de 22% mais de 100% (alors que, toutes qualifications confondues, 38% d'entre eux décrochent quand même un CDI dès leur premier emploi et que 71% ont un CDI au bout de 4 ans).
Il a aussi martelé que le CPE était un "vrai CDI". Littéralement il a raison, c'est même un contrat à durée complètement indéterminée qui peut durer 1 jour, 2 jours, 3 jours... ou 730 jours.
Rédigé par: François H. | jeudi 02 février 2006 à 22:47
Vu à la télé : un chef d'entreprise qui n'évoquait pas les avantages du CNE en termes d'emploi mais de "motivation".
"Souvent, quand il a fini sa période d'essai de 3 mois, le nouveau salarié décompresse, met la pédale douce et se montre moins performant, disait-il en substance. Avec le CNE, ce n'est pas le cas, il reste super-motivé au-delà des 3 premiers mois". Ah bon ? Tu m'étonnes ?
Avec le CNE, c'est cool, la pression dure vraiment plus longtemps.
Avec le CPE, c'est fun : chaque jour, tu remets ton titre en jeu.
Fais-toi plaisir et dis non à la routine : signe un CPE !
Rédigé par: L'observateur | jeudi 02 février 2006 à 23:00
Juste un petit bémol à la mode de l'idolâtrie blairiste : n'oublions quand même pas que notre ami Tony a menti au monde entier pour suivre son copain Georges en Irak. Un acte qui pourrait suffire à le disqualifier si nous avions un minimum d'exigence, un zeste de morale et peu de mémoire. Mais ce n'est pas le cas, alors vive Tony, tu es un exemple pour nous !
Question subsidiaire : quel journal, pour montrer qu'il peut exercer sa liberté d'expression, l'a caricaturé avec des missiles à la place des oreilles ?
Rédigé par: James | vendredi 03 février 2006 à 12:29
Et si on remplaçait 5 ans de Sarkozy par 2 ans de Le Pen, ça serait pas mieux ?
Après tout, s'il s'agit de faire table rase de l'existant, mieux vaut prendre l'original que la malléable copie.
Pour éviter cette épreuve, je propose que l'ensemble des salariés en poste soutenant le CNE démissionnent immédiatement de leur emploi et (tentent de) resigner un CNE : leur entreprise n'en serait que plus compétitive, leur opinion n'en serait que plus en accord avec leurs actes, et voilà un geste qui, revendiqué publiquement, aurait certainement un peu plus de poids que les conjectures et hypothèses.
Rédigé par: Con-Hype(tm) : conjectures et hypothèses | vendredi 03 février 2006 à 14:36
Bonne idée, en effet. Qui commence ? C'est pour la France, pour lutter contre le chômage. Il n'y a aucun risque : ça marche super-bien des les pays modernes. C'est le contraire de la précarité. C'est "un vrai CDI", on vous dit. "Un contrat de confiance", "un grand progrès"... Promis, juré, vous n'aurez aucun problème pour vous loger ou emprunter... Des volontaires ? Pardon ? J'entends plus rien ? Putain, quel pays de merde, où personne ne veut prendre des risques ! Je vous préviens : si personne ne se désigne, je pars m'installer à Londres.
Rédigé par: Glose et prédictions | vendredi 03 février 2006 à 15:36
On peut avouer son penchant blairiste et rester lucide (et de gauche si ce mot a encore un sens à l'heure où la doxa du pseudo-pragmatisme et du pseudo-modernisme voudrait nous devenions tous des centristes libéraux-sociaux). Ta nouvelle amie Ségolène en fait la démonstration : "On n'a pas le droit de dire aux jeunes qu'une société ne propose que de la précarité. Le gouvernement Villepin a agi par pure idéologie libérale. Il met en avant les valeurs financières avant les valeurs humaines".
Rédigé par: L'observateur | samedi 04 février 2006 à 01:04
Les gens commencent à comprendre... Selon un sondage à paraître lundi dans Libé, 52% des personnes interrogées (contre 40%) se disent "contre" le CPE, contrat réservé aux moins de 26 ans dans les entreprises de plus de 20 salariés et assorti d'une période d'essai de deux ans. Cette opposition est plus forte chez les 15-29 ans (56%). En outre, 61% des Français (contre 32%) jugent les manifestations de mardi "justifiées".
Rédigé par: L'observateur | dimanche 05 février 2006 à 23:45
Les gens commencent à comprendre (suite)... Une majorité de cadres estiment que le contrat première embauche (CPE) ne constitue pas une réponse efficace contre le chômage et va accentuer la précarité professionnelle des jeunes, selon un sondage Louis Harris-HEC-Le Figaro Entreprises-France Inter publié lundi.
A la question "pensez-vous que le CPE constitue une réponse efficace contre le chômage des jeunes ?", ils sont 63% (70% dans le public et 58% dans le privé) à répondre "non". 65% d'entre eux (73% public, 59% privé) estiment même que le CPE "va accentuer la précarité professionnelle des jeunes".
Rédigé par: L'observateur | lundi 06 février 2006 à 11:33
Vu sur le blog de Koz, posté par KND, intéressant tableau comparatif du magazine "Management" sur les différentes formes du CDI dans les principaux pays du monde :
http://management.journaldunet.com/dossiers/0509100cdi/comparatif.shtml
Bilan du magazine "Management" (pourtant peu suspect de tropisme trotskiste) : "Le CDI français est loin d'être un ovni parmi les contrats de travail à durée indéterminée. Et il avantage à la fois l'employé et l'employeur".
Mais il est sans doute plus facile, plutôt que de regarder les faits et les chiffres (tous les faits et tous les chiffres), de reprendre le refrain libéral à la mode sur la flexibilité. Ca fait moderne.
Rédigé par: L'observateur | lundi 06 février 2006 à 15:13
Bah : en 18 mois, les CPEtisés auront le temps de perdre leurs illusions et aller militer à la LCR entre deux jobs pourraves mais fort heureusement précaires qu'ils seront contraints de prendre pour ne pas être radiés des assedics.
L'espoir laisse une chance au militantisme : sachons harceler cette jeunesse si prompte à se laisser aller à l'inactivité et l'abstention.
Rédigé par: Con-Hype(tm) conjectures et hypothèses | mardi 07 février 2006 à 23:47
euh, moisaussi la phrase sur thatcher m'etonne.
Enfin j'ai l'habitude, car son simple nom fait pleurer les petits enfants, mais bon j'ai 33 ans, et je ne crois plus au pere noel alors la mere fouettarde ....
avant thatcher les français etaient 20 % plus riches que les anglais.
Depuis Thatcher et ses reformes, les anglais sont 20 % plus riches que les français.
alors coincidences , raccourcis ? peut etre mais la charge de la preuve pese sur ceux qui en doute.
moi apres avoir voté soit à gauche soit à droite, je pense qu'on a du se planter quelque part , et que Tatcher avait compris des trucs, elle .
donc essayons un peu de thatcherisme !
Rédigé par: matt | dimanche 28 janvier 2007 à 14:12