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lundi 15 mai 2006

Commentaires

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"Incidemment, mais il s’agit sans doute de la référence qui tue, c’est en dotant les directeurs d’écoles publiques de prérogatives hiérarchiques sur leurs équipes pédagogiques que Tony Blair s’est débrouillé pour permettre à certains établissements en perdition de remonter la pente"

Une enquête internationale de 1993 (Rideout & Ural 1993) établit, à partir du décompte des différents leviers de décision concernant l'éducation, qu’en France, 59% du pouvoir est condensé au niveau du centre, 10% au niveau régional, 22% au niveau du « district », 10% au niveau des établissements (respectivement, pour le Royaume-Uni : 36% ; 7% ; 25% ; 32%). Or, la Grande-Bretagne, pays plus inégalitaire que la France en termes de revenus, le serait moins en terme scolaire.

Pour un tour d’horizon de la question de l’autonomie des établissements scolaires, voir ce rapport :
http://www.institutmontaigne.org/medias/IM_Rapport-Vers-des-etablissements-scolaires-autonomes.pdf
L’institut Montaigne, une autre référence qui tue…

Bien d'accord avec cette analyse. Et si on veut véritablement achever la réforme, pourquoi garder tous ces braves gens qui n'exercent aucune prérogative régalienne ou de puissance publique sous contrat de droit public.

L'éducation nationale aurait un autre visage si les enseignants étaient recrutés sous contrat de droit privé, par le chef d'établissement, qui aurait ainsi la possibilité de les licencier (avec les mêmes garanties qu'un salarié du privé). Je suis certain que certains hurleraient à la précarisation et à la destruction du "Service Public" qui comme chacun le sait, ne peut être exercé qu'en régie, par des fonctionnaires...

Aymeric,
Au sujet des références qui tuent, Tony Blair et l’Institut Montaigne ne tuent tout de même pas de la même façon... Mais merci pour ce lien très intéressant. En tout état de cause, demander plus d’autonomie pour les écoles n’a aucune raison d’être perçu comme une exigence « de droite » s’il s’agit du seul moyen de sortir d’un système scolaire « one size fits all », aussi inefficace et mortifère pour les élèves que pour les profs.


Authueil,
Attention, les contrats de droit public peuvent tout à fait être exercés de manière décentralisée.
Et l’on peut même imaginer que des fonctionnaires soient "responsabilisés" (nombre d'entre eux le sont, évidemment).

Ne souhaitant pas jeter le bébé avec l’eau du bain (http://hugues.blogs.com/commvat/2006/04/le_bb_et_leau_d.html), je ne confonds pas la nécessité (ou, du moins, ce que je décide de considérer comme une nécessité puisque les avis peuvent diverger) d’un service public de la santé et de l’éducation et les énormes organisations centralisées et sclérotiques qui prétendent être l’incarnation du service public.

Je veux vivre dans un pays où tout un chacun aura accès à un système de soins et des structures d’éducation de qualité. Mais je ne vois pas en quoi cette exigence est en contradiction avec celle d’une plus grande efficacité et d’une capacité à changer lorsque c’est nécessaire. Cette histoire de ministre nommant les médecins -- et de médecins inquiets à l’idée d’un éventuel changement même s'il est positif -- est caricaturale, mais c’est une assez bonne illustration du problème.

Hugues, je vais beaucoup plus loin que toi. J'estime qu'une vraie réforme de l'enseignement (monde que je connais un peu) ne doit pas se contenter de donner des pouvoirs théoriques aux chefs d'établissements, sans les moyens juridiques de les mettre en oeuvre. Laisser le statut de fonctionnaire, c'est permettre à certains (une minorité, mais malheureusement trop visible) de ne plus faire d'efforts une fois en poste. La gestion publique a fait la preuve en France de sa lourdeur et de son inéfficacité. Elle est d'abord préoccupée du bien être des agents, qui passe avant toute autre considération (merci les syndicats, et merci les politiques qui laissent faire).

"introduction d'un nouveau dispositif / grève / retrait du dispositif ou rappel de son absence d'impact concret"

Dans le cas dont tu parles, la réforme n'a peut-être aucun impact mais elle n'est pas retirée ! Par les temps qui courent, c'est un vrai succès du gouvernement. Mais c'est un échec pour les médecins qui se révèlent moins forts que les vendeurs de tabac.

Au moment où nous vivons sans doute, avec la triste fin de la Chiraquie et la décomposition ultime d'un système, les dernières heures de la Vème République, tu préfères lancer un énième billet anti-fonctionnaire. C'est un choix...

Poil-à-gratter,
D'abord ce n'est pas un billet anti-fonctionnaires. Ensuite, je n'ai pas pour habitude de faire des billets anti-fonctionnaires et d'ailleurs, c'est précisément si je me lançais dans un billet sur la décomposition de la Chiraquie que l'on pourrait m'accuser de ne pas être très original.

Ceci dit, je ne mets pas la Vème République sur le même plan que la Chiraquie. Et j'ose espérer que la seconde survivra à la première... Le retour à la IVème que l'on nous promet ne m'agrée guère.

Le poil à gratter n’est plus vraiment où on le croit, tant défendre les fonctionnaires à tout crin est devenu politiquement et socialement correct. Il y a longtemps que ça ne gratte plus personne. De toute évidence, ce qui gratte aujourd’hui, c’est poser les questions qui fâchent. Merci à Hugues de le faire régulièrement.
Poil à gratter, enfin ! si tu n’es pas pour les fonctionnaires à 100 %, tu es contre ? Tout cela est-il vraiment aussi simple ?

Hugues, vous devriez fournir un téléchargement gratuit d'Aspirine avec vos articles (je sais je sais, avec la DADVSI, télécharger n'est plus ce que c'était).

Je ne sais si c'est votre article ou la situation administrative de la Santé, de l'école (et, je le parierai, de l'Armée aussi)mais il semble que quelque chose ne tourne pas rond...
Allez, on va dire que ce n'est pas votre article!;-)

L'Angleterre a connu cette paralysie effroyable, elle semble en effet s'en sortir (un peu).
En France où, grâce à la fine manoeuvre de DdV (si vous ne savez pas qui c'est lisez les notes de Rondot), les syndicats retrouvent du poil de la bête, les absurdités réglementaire et comportementale que vous décrivez vont pouvoir persister jusqu'à l'arrivée des Martiens.
...Oui, vous trouvez que Libé est un peu amorphe?

Bof, je ne sais pas... Je me rends compte que je m'en fiche un peu à vrai dire car je me prépare à partir me balader une semaine en Bretagne et que j'ai bien besoin de vacances. Que les médecins hospitaliers soient nommés par le pape, si ça leur chante...

A mon retour, je parlerai des korrigans rencontrés sur le chemin des douaniers et de leur combat pour la préservation de leurs petit bonnets à clochette de fonction.

La Bretagne? Tiens, moi aussi.
Je me demande combien de blogueurs avec qui l'on correspond l'on rencontre sur ces chemins de bords de mer..ou combien de hauts fonctionnaires

Moi je vais marcher en boucle de Quimper à Quimper via la Pointe du Raz. Si je vois un fonctionnaire, je le pousse. Non, je rigole. Ma mère est fonctionnaire.

Okay.
Je marcherais à peu près sur la même côte.
Je serai avec une grande blonde: peut-être l'obligerai-je à porter une pancarte "Nous ne sommes pas fonctionnaires"(ce qui est vrai) par mesure de sécurité, des fois qu'un vaticineur masqué ne pète les plombs!

dans le meilleur des mondes

enfin c'est ce qu'on nous dit : le mammouth a fini congelé !

Hugues,
En finir avec la Ve République ne veut pas dire revenir à la IVe. Cela veut dire créer enfin les conditions d'une démocratie moderne. Cela veut dire en finir avec "l'absolutisme" dénoncé à juste titre par François Bayrou : l'appropriation des postes clés et de l'appareil d'Etat par un seul clan, la négation du pouvoir législatif et du rôle de contrôle du Parlement, les tentatives de contrôler le pouvoir judiciaire, la réduction de l'opposition à un rôle stérile, bref l'absence de contre-pouvoirs réels. Il faut aussi aller, raisonnablement, vers la démocratie participative. Il est devenu inconcevable qu'un pouvoir n'ait réellement à rendre des comptes devant les électeurs que tous les cinq ans. Car la constitution actuelle, si elle est en de "mauvaises mains", cela donne le triste spectacle auquel nous assistons depuis quatre ans et pour encore un an : Raffarin usé jusqu'à la corde, accumulant les défaites électorales, échec du référendum sur l'Europe, crise des banlieues, crise du CPE et maintenant détournement des moyens de renseignement de l'Etat au profit de combats personnels... Plus jamais ça !

Le chiffre qui tue (dernier sondage) : 69% des Français n'ont confiance "ni dans la gauche, ni dans la droite" pour gouverner le pays... Alors vos petites histoires de nominations de fonctionnaires... Je dirai une seule chose sur la question : quand des médecins sont soumis aux exigences de rentabilité qui caractérisent les entreprises privées, cela donne l'affaire du sang contaminé...

Poil à gratter, le raccourci me semble un peu fort. Utiliser des modes d'organisation décentralisés plus caractérisques du privé que du public ne signifie pas (en tout cas pas pour moi) raisonner uniquement en terme de rentabilité.
Il y a certes des dérives possibles à rattacher hiérarchiquement l'ensemble du personnel à un petit chef. Le clientélisme dont peut être capable un élu local en est une preuve et sur l'éducation nationale, j'ai développé un point de vue dans un billet (http://barrejadis.azeau.com/?itemid=30) mais je ne vois pas comment on peut justifier le maintien d'une prise de décisions hyper-centralisée à moins de considérer que le but ultime de la fonction publique est de traiter sur un pied d'égalité absolu tous les fonctionnaires sans se soucier de ce que des facultés d'initiative locales pourraient apporter aux bénéficiaires du service public.

Bonjour,

Je vous signale quelques erreurs de fait ou quelques approximations dans votre description du statut des enseignants :
1/ S’il est vrai que dans l’enseignement public le chef d’établissement ne recrute pas les profs, il est inexact qu’il n’y ait pas de relation hiérarchique ou de contrôle (l’emploi du temps d’un professeur et le choix des classes dépendent du chef d’établissement – ou de son adjoint –, par exemple).
2/ Il est partiellement inexact que le chef d’établissement n’ait aucun pouvoir de notation ou de sanction : en droit, il ne fait certes que « proposer » une note et une appréciation administratives concernant un professeur (ou il ne fait « signaler » une faute au recteur pour une sanction éventuelle), mais dans les faits, ce pouvoir de proposition est réellement important et suivi d’effets.
En revanche, l’appréciation de la qualité pédagogique de l’enseignant échappe aux chefs d’établissements : celle-ci dépend des inspecteurs. Les promotions dépendent ainsi de ces deux types d’évaluation (chef d’établissement et inspecteurs).
3/ S’il est exact que le chef d’établissement privé sous contrat d’association a plus de pouvoir pour le recrutement d’un professeur, il n’a cependant, en droit, que le pouvoir de refuser (avec motivation écrite) des professeurs (pour une part, ceci résulte de la demande même de l’enseignement privé qui veut bannir les rapports de droit privé entre établissements et profs !) ; et ces profs sont nommés, avec l’accord du chef d’établissement privé, par le recteur ou le ministre, après commission paritaire (consultative, comme dans l’enseignement public), suivant des critères qui privilégient assez largement l’ancienneté.
S’il y a donc des différences entre l’enseignement public et l’enseignement privé, celles-ci sont plus réduites, en droit, que ce que vous semblez penser.
Bien sûr, on peut contester ce système qui considère que les profs sont largement interchangeables, sauf exceptions (postes nécessitant une qualification particulière, comme les classes après bac).
4/ Le chef d’établissement n’est bien sûr jamais perçu comme un employeur, il est plutôt perçu comme une sorte de collègue, ayant bien sûr la charge de la direction d’un établissement. Mais le ressenti dépend des profs, des lieux, et des qualifications (un prof très qualifié, apprécié, ayant de l’ancienneté, n’aura pas le même ressenti qu’un débutant ; par ailleurs, suivant ses qualités et les circonstances, un directeur peut être très apprécié, ou un peu moins, ou pas du tout…).
5/ Par ailleurs, le fait d’être nommé par un recteur ou un ministre est largement symbolique, les « bureaux » faisant le travail. On le ressent de plus comme une garantie d’indépendance vis à vis des pouvoirs politiques locaux et comme la possibilité de bouger sur l’ensemble de la France au cour de la carrière.

Je ne dis pas cela pour dire qu’il ne faut rien changer (personnellement, je pense qu’il faudrait différencier mieux les compétences particulières suivant le type de postes : enseigner en ZEP, en collège, en lycée, etc.), mais parce qu’il faut partir d’une description la moins inexacte possible de ce qui existe.


Tom dit: "On le ressent de plus comme une garantie d’indépendance vis à vis des pouvoirs politiques locaux et comme la possibilité de bouger sur l’ensemble de la France au cour de la carrière."

C'est justement çà le problème.
1. Pourquoi devriez-vous être plus indépendent que toute autre profession? Je comprends pour les juges, mais les profs? Et de toutes façons, même dans un système décentralisé, le "pouvoir politique local" n'aurait aucun role à jouer dans ce domaine.
2. En quoi votre possibilité de mutation dans toute la France intéresse-t-elle les usagers du service public?

--> En quoi votre possibilité de mutation dans toute la France intéresse-t-elle les usagers du service public?

Diable, mais c'est vrai !

"En quoi votre possibilité de mutation dans toute la France intéresse-t-elle les usagers du service public?"

Ben si les usagers en question déménagent ça les intéresse un peu de savoir que l'état a la possibilité de redéployer les effectifs en fonction des mouvements de population.
Dans l'EdNat, ça s'appelle les MCS (mesures de carte scolaire) et c'est un outil qui fonctionne plutôt pas mal.

Pour ma part, je pense que ce principe est beaucoup plus favorable aux usagers qui sont à peu près certains de trouver une place dans un établissement scolaire proche de leur domicile qu'aux employés qui peuvent se retrouver dans l'obligation de muter (et de se retrouver à Tombouctou) sans avoir rien demandé...

OK. Argument reçu!

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