La Coupe du Monde de foot, c’est tous les quatre ans et il nous arrive parfois de ne pas la gagner. Qu’à cela ne tienne : théorie ricardienne des avantages comparatifs oblige, il existe au moins une discipline sur laquelle nous sommes imbattables, year in year out...
Je ne sais pas si Zidane et les autres seront en mesure de nous ramener la Coupe cette année encore (à l’heure où j’écris ces lignes, une terrible incertitude plane encore sur la capacité des Bleus à renvoyer le Brésil à la casa), mais je ne résiste pas au plaisir de rapporter que nous sommes d’ores et déjà champions du monde... des vacances !
Avec 39 jours de congés en moyenne, les salariés français sont en effet les mieux traités de la planète, loin, très loin devant les Américains et leurs ridicules 14 jours de vacances. Même nos cousins germains, réputés aussi cossards que nous, sont enfoncés : avec 27 jours par personne, la Mannschaft du camping-car et du village-club n’arrive manifestement pas à la cheville des adeptes du bob Ricard...
Mais ce statut de champions du monde a pour particularité de correspondre à un véritable effort collectif, tous les Français ― plutôt qu’un petit groupe d’athlètes affûtés et assez peu représentatifs de la population nationale type « méthode des quotas » ―, contribuant à maintenir le pays sur la plus haute marche du podium. Moi-même, j’ai la fierté de ne pas être pour rien dans cet exploit, avec mes six semaines de congés de base auxquelles s’ajoutent, merci Martine, 12 journées de RTT et 10 jours fériés (11 avant le passage de l’ami Raffarin par Matignon, sniff...).
De fait, mon capital jours de vacances est tel que j’ai parfois du mal à le dépenser totalement, étant tout de même censé accomplir certaines tâches pendant l’année utile... Il est vrai que je n'ai pas la chance de disposer, à l’instar de mon épouse, d’un « compte épargne temps » permettant, lecteurs étrangers tenez-vous bien, d’économiser des jours de congés et de recevoir des intérêts pour sa peine ! Enfin, on ne peut pas tout avoir et son organisation ― pingrerie ou simple oubli ? ― ne distribue même pas de « chèques vacances » à ses employés !
Mais que le volume exceptionnel de temps libre dont nous disposons ne vous induise pas en erreur : si nous travaillons moins que les autres, nous le faisons de manière beaucoup plus intensive, ce que démontre le très haut niveau de notre productivité horaire. En tout état de cause, nous sommes apparemment les seuls à faire tenir 12,5 mois de production dans cinq ou six mois effectivement travaillés... Si vous cherchiez le fameux modèle français, il est peut-être là.
D’ailleurs, soucieux de prendre ma part du fardeau cette année encore, je suis au regret de mettre ce site au repos pour les deux semaines qui viennent (même mon blog prend plus de vacances en juillet qu’un Américain sur toute une année...), ayant décidé d’aller farnienter dans les régions de Pampelune (Navarre), à l'occasion de la célébrissime feria de San Fermin, et de Seignosse (Landes). Comme d’hab en pareilles circonstances, les archives restent accessibles et les commentaires bienvenus. Aux Français : bonnes vacances ! Aux autres, hum, j’espère que vous avez la clim dans votre bureau : l’été sera chaud.
© Commentaires & vaticinations
Addendum : Mille excuses à DSK, dont je souhaitais commenter le meeting du gymnase Japy dans le cadre de mon voyage fantastique au sein du PS. Ce n’est que partie remise.
Bonnes vacances amigo !!!
Rédigé par: Vinvin | vendredi 30 juin 2006 à 14:07
il est temps de songer à rentrer...
Rédigé par: MariaPia | vendredi 30 juin 2006 à 15:02
That's anal, mais faute d'orthographe en première ligne.
Rédigé par: François/phnk | samedi 01 juillet 2006 à 03:12
Encore plus pointilleux que François : l'avantage comparatif ne dit pas que nous sommes forcément les meilleurs quelque part. Il part juste de l'hypothèse que nous ne pouvons pas être nuls au même degré partout.
(Au passage, Ricardo a aussi démontré que le Portugal disposait d'un avantage absolu sur l'Angleterre en football.)
Rédigé par: Kimon | samedi 01 juillet 2006 à 21:31
Sacré Hugues !
toujours partant pour une bonne provoc patronale...
Au fait, BONNES VACANCES !
(je ne sais pas quel goût a la soupe une fois qu'on a craché dedans, mais bon, ça vaut mieux que pas de soupe du tout comme aux Etats-Unis, comme vous nous le faites remarquer).
Rédigé par: manu | lundi 03 juillet 2006 à 11:23
C'est quoi ton boulot exactement ? Des piges pour Corse Matin ?
Rédigé par: all | lundi 03 juillet 2006 à 15:26
Vinvin,
Muchas gracias.
Maria-Pia,
Fais vite avant qu'on ferme...
François,
Merci. C'est corrigé.
Kimon,
Mais mon point de vue fondamental n'est pas ricardien : nous sommes potentiellement les meilleurs partout. Nous sommes simplement incapables de réaliser ce potentiel ce qui nous rend souvent médiocres.
Manu,
Provoc ? Quelle provoc ? Un bête énoncé factuel.
All,
La convention collective des journalistes est effectivement bonne fille. Ca n'a rien à voir avec les vacances mais j'avais déjà eu l'occasion d'aborder notre statut un peu hors normes :
http://hugues.blogs.com/commvat/2004/12/tartufferies_cl.html
http://hugues.blogs.com/commvat/2005/09/fiscalit_les_ch.html
Rédigé par: Hugues | lundi 03 juillet 2006 à 16:38
En fait, cela fait longtemps que je me demande si la productivité impressionnante de la population française n'était pas dûe, en fin de compte à la différence entre le temps réellement consacré au travail et la durée légale de celui-ci. Je m'explique : dans nombre d'entreprises où j'ai eu à intervenir, les salariés - particulièrement mais pas seulement, les cadres - dépassaient de beaucoup la durée légale du temps de travail ( cela peut aller très loin dans le cas des commerciaux ou chef de projet par exemple) , donc si l'on ramène la quantité de travail effectivement produite aux nombres d'heures légalement travaillées, cela donne l'impression de salariés très performants... Il conviendrait donc de savoir précisément de quel façon le calcul est effectué.
Les chiffres sont souvent difficiles à interpréter si l'on ne dispose pas de tous les éléments, et les moyennes en particulier sont souvent trompeuses.
D'autre part, je pense qu'une autre voie permettrait d'améliorer encore de beaucoup la productivité au travail, au moins dans le secteur tertiaire, en mettant l'accent sur l'organisation personnelle. Je suis prêt à parier que, sur cette question, nous ne sommes pas encore champions du monde...
Rédigé par: fenris | mardi 04 juillet 2006 à 20:08
S'il vous plait n'oubliez pas:
http://www.frangnol.over-blog.com/article-3223073.html
Rédigé par: Frangnol | vendredi 07 juillet 2006 à 12:15
hé, Hugues, parlez-nous de l'affaire d'Etat (j'entends : l'affaire du coup de boule), qu'on rigole un peu!
Rédigé par: coco | lundi 17 juillet 2006 à 12:09
Alors Hugues, toujours en vacances ? Moi, je bosse toujours malgré la canicule... Et je laisse en passant les résultats de cette étude sur le moral des cadres ( http://fr.biz.yahoo.com/18072006/155/spleen-chez-les-cadres.html ) à ta sagacité... Même s'ils n'ont qu'un partiel rapport avec la durée du travail et le nombre de jours de vacances... Intéressant tout de même.
Pauvres Américains... Cela me rappelle une discussion dans l'avion avec un jeune cadre américain me disant que le système de vacances là-bas était vraiment pourri et que les patrons étaient vraiment tous des "trous-du-cul" (traduction littérale). En effet. 14 jours, putain, même pas 3 semaines dans l'année !
Personnellement, je vais partir cinq semaines samedi prochain et je suis fier d'être Français, Monsieur. La France, ça se mérite. On l'aime (avec ses jours de vacances, ses plages, ses montagnes...) ou on la quitte !
Rédigé par: Le Bosseur | mercredi 19 juillet 2006 à 00:33
... Et chez nous, Monsieur, quand on insulte notre mère ou notre soeur, c'est le coup de boule direct. Après on s'excuse, mais on ne regrette pas. Cela voudrait dire que l'autre avait raison d'insulter notre mère ou notre soeur. Et non, il n'avait pas raison de dire cela...
Rédigé par: Zizou | mercredi 19 juillet 2006 à 00:41