Seuls 683 nouveaux romans sont annoncés pour septembre. Pourquoi un tel malthusianisme ?
Les « marronniers », dans la presse, ce sont ces thèmes récurrents censés stimuler les ventes (les francs-maçons, le salaire des cadres, le prix de l’immobilier...) ou accompagner le lecteur dans l’évolution saisonnière de ses préoccupations existentielles (maigrir au printemps, s’empiffrer à l’approche des fêtes de fin d’année...). Mais il existe une troisième catégorie de marronnier (ok, ok, quatre avec les arbres du même nom, mais là n’est pas mon propos, restons concentrés cinq minutes s’il vous plaît) dont l’objet est plus difficile à cerner, plus subtil. Je veux parler de ces articles à vocation consensuelle et chargés, à leur façon, de nous conforter à intervalles réguliers dans nos croyances collectives et, ultimement, de nous permettre de rester unis en tant que population homogène au-delà de nos origines ethniques et confessionnelles (ou de nos préférences sexuelles, ça va sans dire).
Pour lire la suite, ben c'est ici !
Raaah, prem's (depuis que j'ai Netvives, j'aime être prem's).
Bon, ben tu me rassures mon Hugues (en fait, je sais que tu n'est pas mon Hugues, c'est une licence amicale que je me permets là). Peut être que je vais arrêter de faire ma timide et me lancer dans l'écriture de mon 1er roman ...
Sinon, comme je le disais là (http://www.laloute.net/index.php?2006/08/23/292-soif-de-lecture-vertige-de-l-ecriture) Télérama a fait un bon dossier sur les écrivains.
Rédigé par : sasa | mercredi 30 août 2006 à 17:44
Tu n'es (et pas tu n'est) pas mon Hughues, le lecteur aura rectifié de lui-même. Pas gagné l'écriture pour moi tout de même :-s
Rédigé par : sasa | mercredi 30 août 2006 à 17:46
Comment? Vous dîtes que 18,4% des internautes Français ont ouvert un blog, et que vous n'avez pas pu tous les lire?
Rédigé par : leblase | mercredi 30 août 2006 à 18:45
Je suis ravie de voir qu'il n'y a pas que moi qui trouve affligeant la pause estivale imposée. De plus ce n'est pas parce qu'on est en vacances qu'il faut obligatoirement y mettre aussi son cerveau.
Quant au grand nombre de publications, je trouve que c'est plutôt une bonne chose, chacun peut y trouver son bonheur.
Rédigé par : Christine | mercredi 30 août 2006 à 19:57
"L’édition étant une activité économique comme les autres"
Si c'est vrai, je me demande bien ce qui peut provoquer le bourgeonnement de tous ces marronniers ? Parce qu’en y réfléchissant bien, je n’ai pas lu beaucoup de papiers se lamentant de la mercantilisation du commerce des écrous et des boulons.
Rédigé par : EL | mercredi 30 août 2006 à 23:13
"ils n’ont pas choisi, comme nous, de placer leurs cerveaux sur pause le temps d’un séjour balnéaire à dates fixes."
Surprenant, et moi qui étais persuadé que c'est en été, lorsqu'ils sont en vacances, que les français lisent le plus, comme d'ailleurs les allemands, anglais et autres toltèques, toutes origines ethniques et confessionnelles (ou préférences sexuelles, ça va sans dire) confondues.
Rédigé par : Damien | jeudi 31 août 2006 à 03:21
Sasa,
Moi, j'en ai un en train mais je n'avance pas beaucoup et je vais rater la période fatidique à laquelle il devait être publié pour influencer la marche du monde.
http://hugues.blogs.com/commvat/2005/06/commentaires_va.html#
Leblase,
Je n'ai pas "voulu" les lire tous, nuance.
Christine,
Moi, mon cerveau n'est jamais en vacances. Il m'arrive d'avoir le regard vacant, mais c'est une ruse.
El,
Bof, je suis persuadé que, chez Attac, on trouverait le moyen de gueuler que les écrous et le boulons "ne sont pas des marchandises"...
Damien,
My point exactly : les gens n'ont pas envie que la vie s'arrête parce que c'est les vacances. Et ils ont le temps de lire, mais les livres ne sortent pas, les librairies ferment et les journaux se tranforment en tracts d'une dizaine de pages. Quel est ce mystère ?
Rédigé par : Hugues | jeudi 31 août 2006 à 09:40
Je vais acheter mes livres le 31 septembre ;) (à corriger dans ton texte, et supprimer ce commentaire inutile :) )
Sinon, bah, il y en qui ferme boutique en été, des journaux, des hebdos, car, quand la France est en vacances, le temps s'arrête ailleurs.
Ayoub
Rédigé par : ayoub | jeudi 31 août 2006 à 13:25
Merci pour cet article distrayant et instructif !
Rédigé par : Ordinairement, un chieur. | jeudi 31 août 2006 à 13:44
On peut aussi voir ça autrement : si les français lisent plus en vacances, il faut bien qu'ils refassent leur stock personnel en septembre :D
Enfin j'dis ça parce que, moi, j'ai toujours une pile de bouquins en attente de lecture :o
Rédigé par : Aiua | jeudi 31 août 2006 à 14:38
Ayoub,
La date est rectifiée, merci. Mais j'ai toujours eu un problème avec ces trucs... Il aurait fallu en rester au calendrier républicain, avec ses douze mois de trente jours.
Rédigé par : Hugues | jeudi 31 août 2006 à 14:40
Tout a fait d'acord avec cet article. Le nombre de romans publiés chaque année n'a rien d'extravaguant, après tout s'ils étaient bien répartis, cela n'en ferait qu'une quizaine par semaine. Le mystère c'est ce concept saugrenu de rentrée littéraire (qui tombe d'ailleure pile poil au moment ou la plupart des gens ont le moins de temps pour lire des romans) Imagine-t-on une rentrée cinématographique pendant laquelle tous les films de l'année sortiraient en même temps? (Avant un grand désert...) C'est incompréhensible. Et même l'explication de l'embouteillage par la proximité des prix littéraires de l'année ne tient pas (cf le cinéma qui a aussi ses "prix")
Rédigé par : Sindelaar | jeudi 31 août 2006 à 18:08
Le phénomène de la rentrée est en effet une spécificité typiquement française et s'explique en partie par le regroupement des prix littéraires les plus importants entre les mois d'octobre et de novembre. Il faut être dans la course. A noter que les romanciers les plus importants ou déja primés sortent plutôt au cours du premier trimestre.
Autre spécificité : Ce n'est pas tant le nombre de livre qui sort qui fait problème mais le fait que plus des trois-quarts de ces ouvrages ne se vendront pas et que les éditeurs le savent !!! So why ? Economie aberrante ? Pas tant que ça. En fait il s'agit tout simplement de l'institutionalisation d'un systeme de cavalerie. Par le système des offices (le libraire n'a pas le choix des livres qu'il vend, l'éditeur lui impose les titres et les quantités) le libraire fait l'avance de trésorerie à l'éditeur. Le libraire est forcé de payer avant de voir. Pour que le sytème fonctionne, compte tenu de la baisse du nombre des lecteurs, l'éditeur a tout intérêt à sortir un maximun de titres, et comme dans tout système de cavalerie de plus en plus de titres dans une sorte de fuite en avant. Il va de soit qu'un tel système finira un jour par exploser !
Rédigé par : Tlön | vendredi 01 septembre 2006 à 10:48
Ajout : Et si système n'a pas déja explosé, c'est en grande partie grâce au prix unique.
D'autre part le rapport de force éditeur- libraire dépend bien entendu de la taille de ce dernier. Les remises consenties à la Fnac sont sans commune mesure avec celles consenties à un libraire de quartier.
Rédigé par : Tlön | vendredi 01 septembre 2006 à 10:54
Excellente analyse qui permet d'aller à l'encontre de plusieurs idées reçues.
C'est vrai que l'idée selon laquelle la profusion serait l'ennemie de la qualité est assez répandue. Par contre, je n'aimerais pas être critique littéraire... même si je ne pense pas qu'ils se sentent obligés de tout lire eux aussi.
Rédigé par : Sammy | lundi 04 septembre 2006 à 18:11