Ségolène Royal devait se planter, disait-on. Elle devait faire la preuve de son manque d’épaisseur politique une fois confrontée aux big boys... Que les Cassandre mangent leur chapeau.
J’avais tout de même un peu d’appréhension, hier soir, en allumant la télé pour assister à ce fameux débat « à l’américaine ». Ebranlé par des semaines d’intox (« Cette bonne femme sans expérience et sans substance, pff... Elle s’effondrera à la première occasion ! »), enchanté du retour de DSK sur des positions plus franchement social-démocrates, j’envisageais presque de lâcher la belle du Poitou au profit de mon ancien champion.
Pour autant, je me réveille ce matin plus « ségoliste » que jamais, la première étape de cette course à l’investiture me confortant dans mon choix. Passons rapidement sur la prestation de Laurent Fabius, dont les propositions de création d’un Kombinat nucléo-électrico-gazier (« Areva, GDF, EDF, Suez, Total... ») et d’accélération de la smicardisation de la société française ne séduiront pas grand monde au-delà du dernier carré de nostalgiques du Programme commun de 72. Totalement ignorant (ou feignant de l’être) des enjeux énergétiques du moment, l’ancien Premier ministre suggérait ainsi d’imposer à EDF de racheter ses propres actions sur fonds propres ! Comme quoi, s’attacher les suffrages de quelques milliers de cégétistes vaut bien de sacrifier l’investissement productif à une manœuvre généralement considérée comme le paroxysme de la financiarisation de l’économie...
Passons aussi sur le lyrisme professoral de Strauss-Kahn, sa vision d’une société tournée vers l’innovation (« Les biotechnologies sont l’industrie automobile de demain ! Les universités françaises doivent tenir leur rang ! La croissance est le moteur de l’emploi ! ») le conduisant à enfiler les truismes comme d’autres enfilent les perles, alertant au passage le badaud sur ce monde complexe dont il serait le seul à comprendre les ressorts. Passons même sur l’erreur qui consiste, pour un homme aussi connoté « économie », de jouer la carte du spécialiste quand c’est d’un généraliste que l’Elysée à besoin. « Sarko-le-flic » contre « DSK-le-prof », est-ce vraiment le match qui réveillera les enthousiasmes d’électeurs de plus en plus désabusés ?
Ségolène, de son côté ― et en dépit de la pression qui pesait sur celle que tout le monde attendait au tournant, celle qui devait forcément trébucher, pauvre femelle à l’ambition démesurée, tout juste capable de gérer un ministère de second rang, une région de troisième ordre ―, égrenait les cas concrets, évoquait les initiatives prises loin de la capitale, parlait des vieux, des PME, de la formation professionnelle... De fait, la social-démocratie, celle dont DSK ne craint plus de se prévaloir, ne supporte qu’assez mal le lyrisme et la grandiloquence. A tout prendre, elle est même ennuyeuse. Loin des révolutions et des grands soirs, elle ne conduit qu’à la construction d’une société prospère et solidaire. Et si la France est enfin prête à développer sa propre version de l’expérience scandinave, l’approche pragmatique, terre-à-terre même, de Ségolène Royal me semble bien plus indiquée que le curieux réformisme messianique de l’ancien ministre de l’Economie.
Bien entendu, la France n’est ni la Suède ni le Danemark. Et ses ambitions vont légitimement au-delà d’une ikéisation placide de sa société. Mais rien de ce qu’elle représente, rien du message qu’elle souhaite porter hors de ses frontières, n’a de sens si elle ne parvient pas à remettre ses propres affaires en ordre. Ce qui est précisément l’objet de la candidature de Ségolène et la raison pour laquelle je préfère soutenir celle qui accepte de regarder la question des 35 heures en face, qui s’inquiète de la manière dont est traité un vieillard atteint de la maladie d’Alzheimer, ou qui affirme vouloir régler le problème de l’inéquation de la demande à l’offre sur le marché du travail...
Il reste encore quatre débats avant le vote d’investiture. C’est beaucoup ― trop même. Mais si l’expérience d’hier est l'indice de quoi que ce soit, je reste convaincu de sa capacité à l’emporter le 16 novembre. DSK, dès lors, ne sera pas de trop pour l’épauler à l'heure du vrai combat. Mais le prof sera-t-il au rendez-vous ?
© Commentaires & vaticinations
Plus lisible, Ségo, c'est vrai, semble avoir de meilleurs conseillers en communication. Elle a réussi à émettre moins de propositions concrètes que les deux autres, s'en tenant, assez prudemment, à aligner des constats évidents (que d'aucuns pourraient interpréter comme du pragmatisme, et c'en est plutôt, par rapport à ce à quoi nous ont habitué les socialistes). Une manière de discourir assez proche de celle de Sarko, celle qui consiste à intervenir en deux temps : les Français (ont vu que, estiment que...) deviennent acteurs de son discours, relayés par un Moi Je (prends l'engagement, prends le pari de...) final assez systématique. Un volontarisme essentiellement formel, qui se dilue dans des slogans pas chers ("l'excellence environnementale", pouf pouf) et des appels trop fréquents au "dialogue social".
Rédigé par: Richard G. | mercredi 18 octobre 2006 à 13:10
Bravo, comme d'habitude tes posts disent mieux que moi ce que je pense.
j'ajoute néanmoins, histoire de faire mon petit pipi dans mes endroits préférés :
Concernant le surdoué (Fabius)on sait qu'il sera toujours un grand bourgeois. Son hold-up sur la gauche est réalisé avec des pistolets en plastique et ne me fait même pas rire. Je ne suis pas sûr que je sois content de le voir figurer en bonne place dans le zoo de la dreamteam.
DSK, sans doute le meilleur premier ministre que le pays puisse espérer, n'a imposé aucun charisme et m'a semblé étrangement effacé.
C'est que les jeux étaient déjà faits.
Ségolène a gagné avant d'avoir ferraillé. Ce débat était destiné à démontrer la valeur de la gauche actuelle et non de départager les challengers. Les négociations en coulisse ont abouti: Fabius comme DSK ont su se positionner et obtenir des à-valoir sur le succès de Ségolène aux présidentielles. Leur intelligence aura été de comprendre que seule notre madone des sondages était capable de vaincre l'infâme Iznogoud. Il lui reste à confirmer sa valeur dans la confrontation directe et vous verrez, elle vous bluffera tous !
Rédigé par: Fabounet | mercredi 18 octobre 2006 à 14:26
Je signale en passant aux partisans du ticket "Ségo prési + DSK premier" que la principale raison du ralliement de certains à Ségolène, et notamment du plus voyant d'entre eux (Montebourg), c'est l'espoir (la promesse?) que ça permettrait de mettre sur la touche les éléphants en général et DSK en particulier. Bon, ça ne serait pas la première fois que le camarade Arnaud se ferait cocufier, et je vous concède que si c'était là le résultat qu'il voulait obtenir, il ne pourrait pas mieux s'y prendre. Mais si vous m'assurez que Ségo et les éléphants, c'est le même combat (et c'est en effet bien mon avis), et qu'en somme la seule différence entre Ségo et DSK c'est qu'elle n'a pas été compromise avec la Mnef ni n'a paumé par inadvertance la cassette Méry... eh bien ça me paraît une puissante raison de refuser de voter pour elle. Désolé.
Rédigé par: Poil de lama | mercredi 18 octobre 2006 à 14:36
"l’ancien Premier ministre suggérait ainsi d’imposer à EDF de racheter ses propres actions sur fonds propres !"
Ce n'est pas curieux, beaucoup d'entreprises qui dégagent de gros profits le font déjà. Alors pourquoi un rachat partiel d'EDF avec ses propres fonds, et le reste par l'Etat ?
Rédigé par: ulric | mercredi 18 octobre 2006 à 14:57
Ségolène ne m'a pas convaincu. Par exemple, quand elle affirme lutter contre les délocalisations en favorisant le dialogue social, je reste dubitatif.
Rédigé par: Laurent | mercredi 18 octobre 2006 à 15:02
Ulric,
Pourquoi ? Parce que le "trésor de guerre" d'EDF est d'à peine 1,5 milliard d'euro, que l'entreprise a besoin d'investir cet argent dans le développement de nouvelles capacités de production et que les actions en circulation représentent de toute façon dix fois cette somme !
http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0,50-823991,0.html
D'autre part, le rachat des ses propres actions par une entreprise est une manoeuvre d'ingénierie financière visant à manipuler les cours. C'est la raison pour laquelle il est ironique de voir Fabius, grand pourfendeur du capitalisme, proposer ce type d'opération "relutive" pour son programme au parfum d'un autre âge.
http://www.lexpansion.com/EMR/1451.34.57757.html
Rédigé par: Hugues | mercredi 18 octobre 2006 à 15:08
Il faudrait que Radical Chic et toi vous mettiez d'accord. Je propose d'organiser une primaire à Lieu-Commun pour savoir quel sera le porte parole officiel de l'électorat PS.
Références du billet de Rad'Chic :
http://www.radical-chic.com/?2006/10/18/533-claire-chazal-segolene-royal-meme-combat
Rédigé par: Eolas | mercredi 18 octobre 2006 à 16:38
Je peux arbitrer ?
Rédigé par: koz | mercredi 18 octobre 2006 à 16:44
Chers Eolas et Koz, vous noterez que comme au PS, Hugues et moi débattons dans la plus parfaite cordialité. Cependant je suis prêt à aller expliquer mon point de vue chez Emilie Aubry (non ce n'est pas une remarque sexiste).
Rédigé par: Guillermo | mercredi 18 octobre 2006 à 17:32
Bien sûr que ça se passe dans la cordialité. Nous, les ségo-blairistes (je trouve que ça sonne mieux que blairo-ségoliste finalement), sommes toujours extrêmement cordiaux. Mais, Guillermo, es-tu en train de suggérer que cette Emilie Aubry devrait faire de la politique compte tenu de son physique de journaliste télé ?
Rédigé par: Hugues | mercredi 18 octobre 2006 à 17:53
Non, Hugues, comme Ségolène l'a déclaré au Times, et tu n'as pas pu le manquer : she's "not blair, [she's] a real socialiste"...
(http://www.timesonline.co.uk/article/0,,13509-2401912.html)
Rédigé par: koz | mercredi 18 octobre 2006 à 18:07
enlever la ")" de fin dans l'url...
Rédigé par: koz | mercredi 18 octobre 2006 à 18:08
Hugues, mon cher Hugues, quelle déception de voir ton esprit critique s'arrêter au bas des talons de Ségolène.
Rédigé par: Bof | mercredi 18 octobre 2006 à 18:09
Bon, me strackbacks ne passant jamais chez toi...
http://koztoujours.free.fr/index.php/2006/10/18/femmes-je-vous-aime
Rédigé par: koz | mercredi 18 octobre 2006 à 18:09
Il faut avouer qu'elle a été meilleure que ce que l'on attendait...mise a part le faux pas arboricole déja servi à Vitrolles (de souche, de feuillage etc...une fois ça va)
Bon maintanant tout cela n'est-il pas un peu trop "premier ministrable"....a suivre
Rédigé par: Tlön | mercredi 18 octobre 2006 à 18:13
Peut-être Hugues s'est-il vu promettre quelque chose en cas de victoire ?
Rédigé par: Fin stratège | mercredi 18 octobre 2006 à 18:20
Hugues, tu fantasmes à mort là !
Elle n'a rien de blairiste ta Ségolène ! Comme le dit KOz, elle a pris soin de le préciser au Times ! Le journal que tout le Poitou Charente lit tous les matins !
C'est toi qui veux y voir une blairiste pour justifier le fait que tu vas voter pour une coquille vide... C'est ce qui s'appelle prendre ses rêves pour des réalités...
(je ne dis pas ça avec méchanceté, je précise, c'est de l'ordre du débat et du ton général de ce blog :-)
Rédigé par: Jules | mercredi 18 octobre 2006 à 20:32
Je ne sais pas si Emilie A. devrait faire de la politique, mais il me parait clair que son compère a déjà, si jeune, le physique de l'emploi.
Rédigé par: Guillermo | mercredi 18 octobre 2006 à 21:38
Live and learn, Jules, live and learn...
Rédigé par: Hugues | mercredi 18 octobre 2006 à 22:02
L'amour est aveugle
Rédigé par: Krysztoff | mercredi 18 octobre 2006 à 22:31
Une chose importante dans le post de Hugues que personne, étrangement, n'a relevé et qui pourtant en dit long: LA SOCIALE DEMOCRATIE C'EST ENNUYEUX ! c'est pas mouillant, c'est pas bandant, c'est chiant comme un dimanche sous la pluie en foret de Rambouillet, enjoué comme un mur de prison, tout ça quoi !
Rédigé par: Statler | mercredi 18 octobre 2006 à 22:44
Il est vrai que le ni-nisme n'est pas très érectile.
Rédigé par: Jules | mercredi 18 octobre 2006 à 23:00
J'aimerais quand même beaucoup voir Ségolène dans un vrai débat, avec des vrais contradicteurs, des vraies questions sur lesquelles ses conseillers en com' n'auront pas pu lui préparer des fiches... Un débat, quoi.
Rédigé par: Sasa | jeudi 19 octobre 2006 à 07:39
"L'ordre juste" ne passera pas par moi.
Je n' ai pas suivi tous le débat, vraiment trop ennuyeux. Pour le peu que j'en ai vu Lolo était égal a lui même (je peine à trouver un adjectif adéquat), DSK aux abonnés absents et Melle Royal s'essayait au "on rase pas gratis mais pas si loin".
Son argumentaire reste toujours le même, génétiquement démagogique et structurellement proche de la gauche réac (attac and so on...) : les petits problèmes ont les mêmes origines/causes/solutions que les gros. La parole ou le ressenti du français moyen (lequel ?) est ainsi sacralisé. Aujourd'hui, comme relevé plus haut, le dialogue social contre les délocalisations, hier les cantines scolaires du Poitou qui vont bénéficier de l'adoption du TCE.
Je regrette, et j'espère me tromper lourdement vu qu'elle a quelques -pas tant il me semble- chances d'être élue, mais j'ai beaucoup de mal à voir quelque chose de stimulant dans cette candidature.
Rédigé par: Eviv Bulgroz | jeudi 19 octobre 2006 à 09:18
Je me demande si elle se rend compte qu'elle peut devenir présidente. Franchement je me pose la question. Comme DSK d'ailleurs et Fabius aussi.
Leurs interventions (vues par extraits ce jour, je n'étais pas là le soir-même), me font penser à des récitations.
C'est soporiphique et ça pue la phraséologie de parti et les phrases creuses.
Est-ce qu'ils savent qu'ils sont candidats pour aller au charbon contre Nicolas Sarkozy? Est-ce qu'ils ne sont pas enkylosés par la pression basiste qui les oblige à cette phraséologie, qui les inhibe au maximum? Or Sarkozy a tous les défauts, sauf un : il n'use jamais de phraséologie molle, lui.
Là j'en ai très, très, très marre du discours de la tête du PS, qui fantasme un militant de base forcément con et cherche à draguer ce militant-là.
Rédigé par: coco | jeudi 19 octobre 2006 à 09:50
En fin de compte, cet unanimisme anti-Ségolène est plutôt de nature à me conforter dans ma position.
On me reproche, en m'accordant tout de même un niveau d'intelligence suffisant pour appréhender la situation, d'accorder du crédit à la candidate. Les gens « intelligents » devraient donc nécessairement lui préférer DSK, voire Sarko, ces derniers ayant de « vraies » positions sur ceci ou cela.
Il me semble justement avoir développé ici, ces derniers mois, un certain nombre d'arguments concrets sur ce soutien même si les Tout-Sauf-Ségolène de la blogosphère en restent au kit « Elle n’y connaît rien, n'a pas les épaules, ne sait pas quoi dire sur la Turquie, n'a pas été ministre des Finances, a une voix crispante, etc. ».
Que mon ami (je ne vais tout de même pas dire "camarade") Koz contribue à la démolition systématique de la seule candidate de gauche susceptible de l'emporter contre Sarko, c'est de bonne guerre. Que ceux qui envisagent d'autres perspectives que le communautaro-sécuritarisme conservateur pour les cinq ans à venir lui servent de supplétifs est plus étrange...
Je ne suis pas subjugué par Ségolène. Je pense simplement qu'elle s'est placée suffisamment hors du circuit traditionnel du PS pour faire bouger les choses (ce que ne fait pas DSK). Les nouveaux adhérents qui la soutiennent ne sont pas non plus inscrits dans cette espèce de vulgate sclérotique et je ne me formalise donc pas lorsqu'elle donne, de temps à autre, des gages aux "vieux militants".
Une fois l'investiture passée, le vrai débat pourra commencer. Et ce débat-là, j’en suis convaincu, ira bien au-delà des termes de ce projet crétin dont Fabius revendique d’ailleurs la paternité.
Rédigé par: Hugues | jeudi 19 octobre 2006 à 10:12
Bonjour,
Mon impression après ce débat est qu'il y avait deux camps mardi soir, marqués par deux visions différentes de l'action politique.
D'un côté, l'autoritarisme. Fabius façon début des années 80 : "augmentation immédiate du smic, renationalisation d'EDF".
Royal plus moderne, épousant le désir d'ordre de notre époque ; "J'ai convoqué dans ma région un chef d'entreprise qui voulait délocaliser... (je cite de mémoire)", comme un juge ou un commissaire de police.
De l'autre côté, le libéralisme, sans gros mots, représenté par DSK : de la négociation, de la négociation, et encore de la négociation.
Après les émeutes de banlieues et la crise du CPE, je crois que la France doit retrouver le chemin de la négociation, et DSK me paraît le seul à l'avoir compris.
Je voterai pour lui le 16 novembre.
Rédigé par: Rafideparis | jeudi 19 octobre 2006 à 10:46
Je suis le premier décu par DSK. Il a été incapable de "fendre l'armure", de comprendre l'attente des classes popu.
Melle Royal sait par contre mieux jouer de ce registre, dont acte. Elle a (contribué à) autorisé à penser sur des sujets tabous à gauche (délinquance, carte scolaire...). C'est très bien.
Mais est-ce suffisant, au delà du convenu tous sauf sarko ? Pour le reste on est dans le classique autoritarisme paternaliste à la française, notamment en matière économique (j'ai raté le passage où elle se vante de convoquer un chef d'entreprise (d'AXA peut être ?) qui délocalise...)
De partout on me dit que c'est volontairement flou, que, en fait, elle est sur la même longueur d'onde que nous, mais qu'il faut gagner la primaire d'abord, puis l'élection ensuite. Ah bon c'est un jeu de dupes cette élection? Mais qui sera le dupe, qui me force à croire que se sera bien Montebourg ? Il sera ministre, on en prend les paris...
On a déjà donné en Mitterandie, rapport aux discours à multiples fonds. Comment gouverner correctement si le message politique qui est à l'origine du mandat n'est pas clair... Les chefs d'entreprises ils vont cesser d'investir à l'étranger et le PIB va devenir un indicateur du bonheur solidaire partagé par tous avec Melle Royal aux commandes ? Ils vont être content les syndicats...
Pas de faux procès, je ne suis pas un opposant acharné, pour l'heure. Je suis simplement très très méfiant. Ne suis pas certain de qui sera le con dans cette affaire. Je voterais bien sûr pour elle (sauf gros dérapage) ... aux présidentielles. Là on en est aux primaires...
Rédigé par: Eviv Bulgroz | jeudi 19 octobre 2006 à 12:52
Hugues : tu as tort de penser que tout discours hostile à S.R. traduit soit la volonté d'adversaires politiques de nuire à une candidate dangereuse, soit de la part de sympathisants une critique intellectuelle et condescendante de celle qui n'a "pas d'avis". Les critiques peuvent aussi avoir un autre contenu.
Effectivement, fonder une candidature sur l'attitude et la personnalité, plutôt que sur un programme, est une qualité et un facteur de changement bienvenu par rapport à la ringardise du PS. Mais lorsqu'on présente sa personnalité comme principal élément de candidature, il est naturel que les questions et les critiques portent sur celle-ci. Et là, oui, le bilan de S.R, en région poitou-charentes, comme en tant que ministre, traduit un sectarisme (si l'on en croit les sondages, reconnu même par des gens qui ont l'intention de voter pour elle) qui n'est pas rassurant. Il est légitime de s'en inquiéter et de guetter des signes d'autre chose; et de déplorer qu'on ne le voit pas. Pourquoi ne pas reconnaître cette inquiétude, pourquoi refuses-tu d'admettre ne fût-ce que cette question?
Il est en même temps surprenant que personne ne prenne la peine de constater que Sarkozy fait exactement pareil : il joue uniquement sur l'attitude (celle du provocateur actif qui prône la "rupture") sans qu'il y ait là dessous le moindre contenu (où sont ses propositions, à lui, exactement?). Et on pourrait lui adresser la même critique : son bilan, en "attitude et personnalité", est franchement déplaisant.
Ces deux candidats - Royal et Sarkozy - ont en commun d'avoir compris qu'il ne faut rien annoncer de précis, mais envoyer des signaux vagues, afin que le plus de gens possible puissent s'imaginer qu'ils seront satisfaits. Et si l'on en croit ton discours, cela fonctionne : tu es persuadé que le programme de S.R. sera le blairo-Bockelisme que tu souhaites; tu devrais envisager cependant que le contenu réel du programme ne sera pas cela "avec quelques concessions mineures pour calmer les vieux militants", mais devra beaucoup de concessions à la vieille garde et à l'extrême-gauche. Pourquoi ne pas t'être interrogé, comme l'a fait Versac, sur un programme pour l'Europe franchement pathétique par exemple?
Rédigé par: alexandre delaigue | jeudi 19 octobre 2006 à 16:33
Hugues, je suis désolé de le dire, mais ton billet est à l'image du discours de Royal : on peine à y discerner un véritable contenu. Tu fais l'éloge de ta candidate, sans jamais nous présenter une défense solide et argumentée de ses idées et propositions.
Comment va-t-elle nous conduire à une "société prospère et solidaire"? Je serais vraiment curieux de le savoir. Pour le moment, je n'entends qu'une suite de slogans, et quelques propositions qui me semblent soit franchement discutables (la régionalisation), soit pas vraiment à la hauteur des enjeux (les pôles de compétitivité, énième resucée des technopôles...). Et je passe sur les propositions franchement incohérentes (la limitation des permis de construire pour répondre à la question de la pénurie de logements !!!…).
Et de ton côté, tu ne fais jusqu’à présent que reprendre les slogans royaliste.
STP, Hugues, fais-nous un de ces billets solides et argumentés comme tu sais les faire, qu’on puisse discuter du fond.
Cordialement,
EL
Rédigé par: EL | jeudi 19 octobre 2006 à 20:39
là je suis moins d'accord. Ce qui me détermine, ce sont les soutiens de Segolene :
Masseret
Collomb
Mauroy
pas des jeunes...Et souvent maçons...mais pas des vrais maçons...je connais le systeme Mauroy et on est loin de l'émancipation...
ou alors de l'émancipation immobiliere de quelques-uns...
Faites attention, observez les comportements et les valeurs, "qui se ressemble s'assemble", etc.
Pierre le Belge de Lille
Rédigé par: BelgoWarning | vendredi 20 octobre 2006 à 05:36
Non seulement je ne prendrai pas parti, mais contrairement à koz, je ne me proposerait pas pour l'arbitrage. Que the meyer gagne !
Rédigé par: FrédéricLN | vendredi 20 octobre 2006 à 18:42
Ségoléne a surtout proposé une mesure sur les logements (rachat du logement social par son occupant aprés des années de paiements sans probléme) qui amenerait mécaniquement à ce que les prix de l'immobilier explosent...Et en plus ce côté "les pauvres méritants pourront racheter leurs logements sociaux, les autres non" est trés 19e siécle avecl es pauvres mérittants et les autres.
D'autre part elle nous a parlé de démocratie participative mais ne nous a pas donné d'application concréte de cette mesure.Des mots,rien que des mots...
J'ai trouvé DSK plus concret et avançant de vraies propositions.Et je l'ai trouvé détendu et à l'aise.Pourquoi le vouloir en premier ministre si on peut l'avoir en président?Et comment croire que tous ces gens qui l'affrontent aujourd'hui pour le compte de Ségoléne le laisserons devenir deuxiéme personnage de l'état?C'est une technique marketing lancée par les amis de Ségoléne pour encourager les pros-dsk à voter Ségoléne en disant:Si vous votez Ségoléne, vous ovtez aussi pour dsk en premier ministre...Mais quelle garantie de ne pas avoir Montebourg à la place ou Frêche?
Par ailleurs Hugues je trouve que ton blog, qui était l'un des sites où la réflexion se mélait auparavant à l'humour et à la qualité de la plume, vire ces derniers temps au fan-club.Dommage.
Rédigé par: andré | samedi 21 octobre 2006 à 18:03
Une petite remarque, en passant : le vrai problème avec Cassandre, c'est qu'elle avait toujours raison.
Mais moi qui ne suis pas membre d'un quelconque fan-club, j'ai tout de même été atterré par les "jurys populaires" de SR.
Rédigé par: cdc | lundi 23 octobre 2006 à 14:28