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mardi 12 décembre 2006

Iran : la bombe Ségolène

Le projet nucléaire de l'Iran est clairement militaire. Et la dimension « civile » du Traité de Non-Prolifération désormais sans objet. Pourquoi ne pas le dire ?

Iran_bombL'Iran vient d'inaugurer la toute première Conférence Internationale sur l'Holocauste, une manifestation à caractère scientifique visant ― avec l’assistance de personnalités académiques aussi respectables que Robert Faurisson, pape du révisionnisme, et David Duke, Imperial Wizard honoraire du Ku Klux Klan ― à faire la lumière sur ce qui demeure, pour le président Ahmadinejad, « un mythe inventé par les juifs eux-mêmes ».

Ce séminaire, prolongement d’un concours de dessins humoristiques à la thématique proche, a été diversement accueilli à l’étranger, les uns y voyant la preuve de l’antisémitisme virulent du régime iranien quand les autres privilégiaient la thèse d'une « rhétorique populiste à usage interne ». « Pas de lézard, assurent d’ailleurs ces derniers. Taper sur les juifs est, en Iran, un sport national. Il ne s’agit donc pas de prendre ces histoires d’oblitération d’Israël trop au sérieux... »

Dont acte. Les Iraniens apprécient l’antisémitisme de leurs dirigeants ; ils sont sensibles à l’organisation régulière d’événements réminiscents de l’exposition « Le juif et la France », montée par Darquier de Pellepoix en 1941 afin d’enseigner l’art d’identifier un métèque dans la rue aux petits Parisiens ; ils se réjouissent de l’ambiguïté entretenue par leur gouvernement sur l’usage qui sera fait de leurs installations d’enrichissement d’uranium... Mais de là à s’inquiéter de leurs menaces atomiques, il y a un fossé qui ne saurait être franchi sans flirter avec la paranoïa néoconservatrice.

Mettons-nous pourtant quelques instants à la place d’Israël, ce pays grand comme deux départements français, situé à portée de missile de Téhéran et forcé par l’histoire et la géographie à maintenir sa population en alerte permanente. Mettons nous à sa place, donc, et voyons si les menaces en question peuvent être interprétées de manière un peu moins psychologisantes.

Bon, à ce stade, et au bénéfice des lecteurs de passage qui ne connaîtraient pas encore les valeurs fondamentales de l’auteur de ces lignes et s’apprêteraient à dénoncer son sionisme exacerbé, rappelons qu’il est favorable à la coexistence de deux Etats distincts sur l’emprise de l’ex-Palestine mandataire, au retrait total des colons de Cisjordanie, à l’instauration d’un statut binational pour Jérusalem, à la paix sur la terre entre les hommes de bonne volonté, à la mise au point d’un traitement efficace contre le cancer, bla bla bla... Néanmoins, ma vision d'un avenir radieux pour le monde divergeant légèrement de celle du président d’un Etat agressivement théocratique comme l'Iran, je veux bien, moi, me mettre quelques minutes à la place d’Israël. Et même ― visionnaire que je suis ―, je veux bien ne pas bouger de mon confortable fauteuil parisien, conserver ma non-moins confortable position d’Occidental kantien, tout en prenant la mesure de ce que signifierait, pour moi, pour mon propre pays, pour Israël, pour la planète, la maîtrise de l’atome militaire par les barbus de Téhéran ! 

Evidemment, l’hypothèse d’un conflit nucléaire entre l’Iran et la France ― ou l’Iran et l’Occident, ou même l’Iran et les Etats-Unis du bourbier irakien ― reste abstraite. Et si les ayatollahs se risquent, de temps à autres, à déposer quelques bombes dans les lieux les plus fréquentés de notre capitale, c’est plus pour nous asticoter que pour nous faire vraiment mal. Une façon un peu cruelle de régler ses comptes, c’est sûr. Mais rien qui ne puisse dégénérer en échange de missiles atomiques. Du moins pour le moment. Enfin, dans le futur prévisible. Là, tout de suite, quoi...

Mais de fait, la position de Ségolène Royal sur la question du nucléaire civil, dénoncée par l’UMP comme une « bévue théorisée », est aujourd’hui la seule option raisonnable dans un contexte construit par les Iraniens eux-mêmes. Oui, le TNP leur donne le droit de développer une filière nucléaire non-militaire (on peut toujours se demander où est l’urgence d’une telle initiative pour un pays regorgeant de pétrole, mais bon, pourquoi pas...). Oui, le TNP impose aux puissances nucléaires « officielles » de fournir know how et équipements au régime de Téhéran pour ses besoins énergétiques... Mais, et c’est justement l’enjeu des négociations menées par la troïka franco-germano-britannique, l’enjeu de l'offre d’enrichissement par les Russes de l’uranium dont les Iraniens ont besoin pour faire tourner leurs centrales, voire l’enjeu de la position de l’AIEA sur le non-respect de la résolution 1696 distinguant le civil du militaire : Ahmadinejad mène le monde en bateau depuis des années.

Dans cette partie de poker-menteur dont chaque joueur connaîtrait les objectifs mais prétendrait, par commodité pusillanime pour les uns, par arrogance et calcul pour les autres, que le débat se situe encore sur le terrain d’un traité plus caduc que la charte de l’OLP, l'heure est pourtant venue de dire les choses. Bien entendu, les idiots utiles, toujours eux, émettront l’hypothèse qu’il s’agit surtout, dans le cadre de l'éternel complot américano-sioniste, de préserver le monopole occidental de production de l’énergie. D’autres viendront expliquer qu’à tout prendre, la sécurité moyen-orientale serait mieux assurée par l’équilibre de la terreur ― Cold War style ― que par l’absence d’un contrepoids islamique à la bombe israélienne... Les plus atteints, enfin, assureront doctement qu’une bombe iranienne serait une « bombe de progrès », propre à rendre à l’Oumma la fierté couillue que confère un tel potentiel de destruction...

Il est vrai qu’en balançant sa bombe verte sur Tel-Aviv, Ahmadinejad pourrait se vanter d’avoir définitivement réglé, outre le problème de « l'entité sioniste », la question palestinienne, la question libanaise, la question syrienne et, pour faire bonne mesure, une bonne partie de la question égyptienne, les retombées nucléaires n'ayant qu'assez peu de respect pour les lignes tracées sur des cartes (et c'est un Français post-Tchernobyl qui le dit !).

Mais la bombe iranienne n’est pas une bombe de progrès, symbole d'un tiers-mondisme triomphant, chiffon rouge agité fièrement sous le nez de l’impérialisme occidental... L’instabilité nouvelle qu’elle induit est un danger pour tous, à Tel-Aviv comme à Gaza, à Paris comme à New York, à Beyrouth comme à Téhéran. Et si le moyen d’empêcher ou, à tout le moins, de freiner son irruption passe par la volonté d’une Ségolène Royal devenue présidente d'appeler un chat un chat, je ne regrette vraiment pas mon choix du 16 novembre dernier.

©Commentaires & vaticinations

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Voici les sites qui parlent de Iran : la bombe Ségolène:

Commentaires

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Quand on pense que tu es rentré aux PS pour défendre la motion Bockel. Quelle honte...

Mouais.
Le TNP c'est pas forcément l'idéal, mais sur quelle base faire pression sur l'Iran (ou la Corée du Nord d'ailleurs) à part celui-ci? Que dire à tous les autres pays signataires qui ont renoncé à développer un armement nucléaire du fait de ce traité? L'existant n'est pas terrible, mais ou est l'alternative exactement?
Et en quoi dire "l'Iran ne doit pas accéder au nucléaire civil" fait-il progresser les choses dans le bon sens? Même en partageant tes prémisses, je ne comprends absolument pas ton raisonnement. Au passage d'ailleurs, qui exactement dans le monde considère avec une once d'intérêt ce que peut être la "position de la France" sur ce genre de sujet? ne serais-tu pas en train de te bercer d'illusions? Dans cette affaire, il n'y a pas 36 solutions, il y en a trois : soit l'Iran, finalement, renonce à la bombe dans le cadre de négociations; soit l'Iran obtient la bombe, et dans ce cas ce sera l'équilibre de la terreur, qu'on le veuille ou non; soit il faudra une opération militaire sur l'Iran, laquelle est loin, très loin d'être gagnée. Ou exactement se situe Marie-Ségolène et ses rodomontades dans cette alternative? est-elle prête à enfiler le bérêt de son papa pour sauter sur Natanz?

@ A. Delaigue
Mouais ! (comme tu dis si bien) L'équilibre de la terreur face au communisme athée, soit (ça a marché de 1945 à 1990... comme ça aurait pu ne pas marcher). Mais face à des gens qui ne craignent pas la fin du monde, voire l'appellent de leurs voeux, je préfèrerais d'autres moyens. Cherchons...

Hugues, permets-moi de te rappeler au bon vieux principe journalistique: "une idée à la fois". Le danger nucléaire iranien, c'est un sujet de papier; les idées de Ségo sur la prolifération nucléaire aussi; mais si tu dis les deux à la fois, tes malheureux lecteurs ne savent plus trop à quoi ils doivent répliquer (on peut détester Ahmadinejad *et* Ségolène... et peut-être même aimer les deux, allez savoir).

Pour moi, s'interroger sur la pertinence du TNP dans cette histoire (je parle du traité de non-prolifération, pas du théâtre de Jean Vilar), c'est ressembler à la poule qui a trouvé un remontoir de montre dans le fumier et qui ne sait qu'en faire. Pour une raison fort simple: un traité n'impose des obligations à toutes les parties signataires que dans la mesure où les susdites le respectent. Dans le cas qui nous occupe: les pays dominant la technologie nucléaire sont censées aider les pays voulant se doter d'une industrie nucléaire civile *si et seulement si* ces derniers n'ont aucune ambition nucléaire militaire (et se prêtent à des inspections pour le prouver). Dès lors que cette dernière condition n'est pas respectée (et dans le cas de l'Iran, elle ne l'est pas), le TNP ne s'applique pas, c'est tout. Il est donc suspendu ipso facto, et il le sera de la même façon, que Ségo s'en réjouisse ou que DSK le déplore. Fermez le ban.

Honte-et-dégoût,
Bockel est pour la bombe iranienne ? Je ne savais pas...
Incidemment, le back office de mon blog me permet de reconnaitre l'adresse IP d'un commentateur. Et je constate que tu viens, sous des pseudos différents, à intervalles réguliers et depuis au moins six mois, me dire à quel point je t'ai « déçu ». Clairement, tu devrais te faire une raison : je suis une cause perdue.

Alexandre,
Si le TNP est une fiction, disons-le. Au titre du TNP, nous sommes censés donner les moyens du nucléaire civil au Iraniens et nous savons que ces moyens seront utilisés à développer du nucléaire militaire. Sauf à accepter cette espèce de fatalité absurde, nous sortons de toute façon des termes du traité...
Je ne sais pas ce qu'il faut faire par ailleurs, mais il s'agit au moins de savoir ce que nous voulons. Bien sûr, les Iraniens peuvent développer leur bombe sans notre aide (et ils le feront sans doute), mais c'est la question de cette aide que Ségolène pose. Et elle n'a pas besoin de mettre un béret vert pour prendre la mesure de ce "Catch 22".

Melchior,
Cet équilibre de la terreur, effectivement, nous promet les plus grands déséquilibres qui soient pour la suite des événements.

Poil de lama,
Pas d'accord. Deux idées, oui, mais une seule conclusion. L'Iran est un Etat dangereux, hostile et antisémite, auquel nous sommes liés par un traité qu'il n’a jamais respecté. Et comme je le disais plus haut, c'est en respectant notre partie du contrat que nous l'aidons à ne pas respecter la sienne.
Laissons tomber la langue de bois. Avouons que nous sommes dans une impasse et que les ballets diplomatiques à la Daladier-Chamberlain n'ont plus aucun intérêt. Ce qui ne veut pas dire que nous allons rejouer la pièce américaine de ces dernières années, mais que l'heure n'est plus aux faux semblants. Ségolène, désolé de le rappeler, est la seule à adopter cette position.

Donner des moyens nucléaires civils n'entrainent pas l'apparition d'un nucléaire militaire.
La situation est plus complexe que tu le dis.
La bombe islamique existe : la Pakistan. C'est potentiel, mais quand on voit l'état du pakistan, on voit bien que cela va le devenir d'ici peu, la dictature militaire étant de + en + faible. En outre, les talibans sont wahhabite (Arabie Saoudite) , les ennemis des iraniens. L'Iran a infiniment + peur du Pakistan que d'Israel.

Il faut voir aussi que l'Iran a besoin d'energie. Ils ont peu de raffineries, donc ne peuvent pas exploiter leur brut.

Après, toutes les installations iraniennes sont sous contrôle de l'AIEA, priver l'Iran du nucléaire civil revient à les exclure du TPN, donc l'arrêt de la surveillance et la reprise des travaux militaires.

Privé l'Iran du nucléaire civil revient à leur donner la bombe, car ils n'auront plus rien à perdre, absolument tout à gagner.

(bug?) le lien "résolution 1696" nous améne à une page d'impression de la résolution..

Je ne suis pas sûr d'avoir bien compris.
Jusqu'ici je croyais que tout le monde était d'accord pour permettre aux Iraniens l'accès à l'usage du nucléaire civil, y compris en leur fournissant l'uranium enrichi nécessaire (solution "russe" approuvée par Ségo), mais que Ségo ne veut pas les laisser maîtriser les techniques d'enrichissement à but prétendûment civil mais qui permettent l'accès au militaire.
Est-ce que je me trompe ?

Ankou,
Non, le civil n'entraîne pas nécessairement le militaire et personne ne se pose la question du risque que représente une Finlande équipée de centrales... Mais l'Iran est dans une situation géopolitique un poil différente et entretient, faut-il encore le répéter, le doute constant sur la finalité de son programme. Si ce n'était pas le cas, la troïka ne serait pas en train de négocier et les Américains n'évalueraient pas la possibilité d'une intervention.
L'Iran est à la recherche d'un statut de puissance régionale et, surtout, de puissance shiite. Le fait que le Pakistan dispose également de la bombe appartient à un autre contexte géopolitique (la question indienne) et personne ne présente l'atome pakistanais comme une sorte de revanche de l'Islam sur l'Occident.

Manu,
Le lien est réparé.

Melchior,
Les Iraniens ont signé ce fameux traité les autorisant, sous contrôle international, à développer une filière nucléaire civile à la condition de ne pas toucher au nucléaire militaire. C'est le deal de base et il prévoit même une aide technique des puissances nucléaires pour accélérer ce développement.
Mais le problème est que les Iraniens ne respectent pas les conditions liées à l'inspection de leurs installations, laissent, à dessein, planer un doute sur leurs projets militaires et refusent, justement, la proposition d'enrichissement par les Russes de leur uranium afin de maîtriser directement les procédures permettant de passer du niveau d'enrichissement civil ou niveau d'enrichissement militaire... Ouf !

Une premiere remarque. Je suis tres liberal et cela me gene lorsque l on pose cette question, L iran peut elle avoir la bombe?
Tout le monde en Iran ne souhaite pas la bombe et les proprietaires in fine de celle ci ce ne sera pas les iranniens mais les tenants du regime. SI il est tenu par le petit fasciste barbu
La question revient donc a: doit il posseder la bombe?
Evidement non.
Peut on intervenir. Non pas directement, je pense qu il s'agit de parlottes. La Russie ne le permettera aucune intervention sans compter son impossibilite physique, alors les menaces ils s en moquent. Et s en servent meme tres bien. Pour eux il faut la paix interieure et nul doute que les propos actuels aient un public. Il n y a pas que la gang du barbu mais aussi les nationalistes qui veulent la bombe... (faut il rappeller qu il y a pas mal de bases de l armee US tout autour)

Nul doute que les propos nationalites, interventionistes et agressifs auraient egalement moins d'echo, si nous n agissions pas de la sorte.
Enfin, une bonne dose de libre echange ferait le plus grand bien. Et une reaffirmation, chez nous em premier lieu car il y en a besoin, de nos valeurs de liberte ne feraient pas, non plus, le plus grand mal.

En gros, votre idée, c'est que sous prétexte que le dirigeant d'un état est un poil con, on peut 1) se torcher le cul avec les conventions internationales qu'on a signé et 2) interdie à la population de l'état considéré d'accéder au progrès technique ?

Si on veut bien pousser le raisonnement jusqu'à interdire le nucléaire aux ricains et aux français sous prétexte que leurs chefs d'état respectifs sont indignes de leurs fonctions, je vous suis bien volontiers.

Un élément à considérer: l'Iran a signé le TNP du temps du Shah. Il est évident que les dirigeants actuels, tels qu'on les connaît, ne se sentent liés que comme Hitler pouvait se sentir lié par les traités signés par l'Allemagne avant 1933.

Hugues : le tnp n'est pas une fiction mais une dernière chance. Sans cela, exactement, sur quelles bases est-il possible de négocier avec l'Iran pour qu'ils renoncent à la bombe? Sur quelle base juridique leur imposer des sanctions s'ils cherchent à la faire? C'est bien gentil de vouloir tout casser, mais on fait quoi à la place?

"Donner des moyens nucléaires civils n'entrainent pas l'apparition d'un nucléaire militaire."

Elle est bien bonne: c'est la même technologie: si un pays est capable de maîtriser tout seul le nucléaire civil, il est capable de construire des bombes. Bien sûr, il y a une différence entre être capable et passer à l'acte, mais l'Iran passera à l'acte.

Par contre, je ne pense pas que l'Iran veuille détruire l'état d'Israël ou même envoyer les voisins avec lesquels il est en état de quasi-guerre froide sur orbite. L'équilibre de la terreur étant ce qu'il est, si une bombe nucléaire iranienne tombe dans la banlieue de Tel Aviv ou de Bagdad, les puissances occidentales, les USA au premier rang iront vitrifier tout ce qui se trouve dans un rayon de 300 kilomètres autour de la fontaine des martyrs. Alors certes, les mollahs n'ont que faire de la vie humaine tant que ce n'est pas la leur, mais qu'on arrête de faire semblant de croire que, parce qu'Amadinjad se lance dans les soliloques messianiques, l'ensemble du régime appelle la fin du monde de ses vœux: le régime Iranien est à la base une mafia de politiciens véreux déguisés en curés, et par conséquent, si les intérêts du peuple iranien les indifférent royalement, ils ne prendront pas le risque de se retrouver sans serviteurs, sans territoire sur lequel régner, et sans nul part où aller.

Le problème se situe à un autre niveau: une fois les mollahs en possession de la bombe, ils ne pourront certes pas jouer les agresseurs (ce serait suicidaire), mais ils pourront se maintenir par le chantage nucléaire. Il suffit de menacer d'employer la bombe à tort et à travers si leur régime est au pied du mur pour refroidir bien des ardeurs.

Techniquement, si l'équilibre de la terreur pourrait suffire à maintenir l'Iran calme vis à vis de ses voisins, la bombe pourra donner à ce régime atteint de démence sénile précoce quelques décennies d'existence supplémentaires ce qui est une raison suffisante pour bloquer l'accès de l'Iran à la technologie nucléaire tant que les mollahs conservent les rênes.

(Post Scriptum: si on pouvait m'expliquer encore une fois ces histoires d'agrégateur qui changent tout le texte en lien géant....)

Je trouve Laurent Weppe bien optimiste... Je sais bien que comparaison n'est pas raison, mais je crois qu'il faut (de façon critique certes...) pousser l'analogie avec le régime hitlérien. Les mollah ne sont pas des crapules corrompues de grand guignol, très dangereuses pour leur propre peuple mais quasi-innofensives pour le reste du monde, genre Idi Amin Dada ou Pinochet,mais des gens cohérents, résolus et agressifs.

inoffensives, bien sûr

Il y a quelque chose que je ne comprends pas : pourquoi continue-ton à négocier avec l'Iran pour l'aider à se doter d'un nuclaire civil alors qu'il ne respecte pas les clauses du TNP à ce sujet ? Comme le dit Poil de Lama (amusant comme pseudo ;-) ):
"les pays dominant la technologie nucléaire sont censées aider les pays voulant se doter d'une industrie nucléaire civile *si et seulement si* ces derniers n'ont aucune ambition nucléaire militaire (et se prêtent à des inspections pour le prouver). Dès lors que cette dernière condition n'est pas respectée (et dans le cas de l'Iran, elle ne l'est pas), le TNP ne s'applique pas, c'est tout."
Si en l'absence d'aide extérieure l'Iran parvient à se doter de nuclaire civil puis militaire, il faudra peut-être faire comme les israéliens avec les centrales de l'Irak à l'époque de Saddam Hussein, qu'ils avaient détruites par un raid aérien, si je me souviens bien.
Laisser cette dictature se doter de l'arme nuclaire relève de l'inconscience ; l'Iran des mollahs, comme le dit Melchior ce n'est pas le Chili de Pinochet et encore moins l'Inde.

Je veux bien que les chiites aient le désir de martyre chevillé à l'âme, mais combien de temps survivrait l'Iran à une frappe contre Israël, qui, à ma connaissance, n'est pas "à portée" d'un hypothétique missile iranien. Quant à détruire les cibles désignées en Iran comme en parle polluxe, bonne chance... Nous entrons dans un monde très dangereux et la prééminence de l'Occident f.. le camp, mon bon Monsieur...

@ Alexandre Delaigue :

Les choix que vous posez peuvent être indépendants de l'existence du TNP.

Le TNP, comme beaucoup de règles de droit, peut tomber en désuétude.

Comme la plupart des textes internationaux, ce traité ne fonctionne qu'à la condition d'un consensus (il n'y a pas d'institution chargée d'arrêter et de punir les Etats ne respectant pas le traité, comme la police et la justice en droit interne).

Ce consensus est manifestement en voie de disparition.

A partir de là que faire?

- on peut essayer de gagner du temps en tablant sur un changement de régime prochain en Iran, ou, à tout le moins, un changement de gouvernement (dans le sens : adoucissement de la position iranienne). C'est, me semble-t-il, ce que cherchent Ségolène ou d'autres : le TNP, appliqué à la lettre, risquerait d'accélerer le processus d'accession au nucléaire militaire pour l'Iran (et peut-être cette dernière hypothèse est-elle fausse? je n'en sais rien).

- on peut essayer de gagner du temps en optant pour une "négociation", mais il semble que cette option, qui est plus ou moins celle qui a été choisie ces derniers temps, ne porte pas ses fruits

Je ne vois pas vraiment d'autre solution.

Dans mon dernier message, il fallait comprendre, pour le dernier paragraphe, "négociations dans le cadre du TNP", bien entendu.

Comparer l'Iran à l'Allemagne nazie ...
Si vous pensez vraiment cela, autant aller jusqu'au bout de votre pensée : intervention militaire.
Sinon, arrêtez de dire n'importe quoi...
Il y a des juifs en Iran, et ils vivent à la lumière du jour.
Faut arrêter de fumer les gars...

Je me permets de donner mon avis sur un sujet qui échappe grandement à ma capacité de comprendre, aussi je me limiterai à deux remarques:
1) Au plan de l'image, Madame Royal joue la carte de celle qui aura peut être été la seule qui aura dit, à un moment donné...c'est de la vanité !
2) De quelles pressions économiques la France et l'UE disposent ?
Si quelqu'un a des données, merci.

Et pourquoi pas un petit tour sur ce site ?

http://www.iran-resist.org/

Je ne comprends pas qui donne le droit d'avoir ou pas, je ne comprends pas pourquoi certain pays aurai le droit et d'autres pas, la réponse est peut être dans l'inconscient des pays dit occidentaux avoir peur d'une vengeance iranienne sur l'occident satanique ne serais pas au fond a cause de la position injuste de cet occident aujourd'hui et hier et pour se prémunir d'un possible retour ont continue dans cette même ligne injuste. Seulement ajouter qu'un jour ou l'autre l'inévitable arriveras et nous regretterons de ne pas avoir mieux semé car nous récolterons le produit de notre injustice

La question n'est pas de savoir quel PAYS mérite la bombe (la logique serait de dire "aucun" mais c'est un peu tard pour ça), la question est de savoir quels RÉGIMES sont inoffensifs avec la bombe, et la mollacratie iranienne est très clairement tout sauf un régime inoffensif.

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