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mercredi 14 février 2007

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Voici les sites qui parlent de Nonisme(s) :

Commentaires

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Tu vois quand tu veux...
La rééducation par le travail manuel dans les rizières de Camargue t'aura fait le plus grand bien.
On ne sent pas mieux débarrassé de ses vilains germes bourgeois, hein ?

J'avais des yeux, mais je ne voyais pas. Des oreilles, mais je n'entendais pas...

La gauche de la gauche existe, elle est dans son rôle en faisant de la surenchère. Et quand elle fait remarquer que pour les petites retraites (600 €), une augmentation de 5% représente 30 € par mois, soit environ un café par jour, elle dit, ma foi, la vérité. Pour l'instant, l'extrême gauche ne pèse pas lourd dans les sondages (même si les petits scores s'additionnent). Et ses électeurs se reporteront massivement sur Ségolène Royal au second tour. Alors ne nous trompons pas d'adversaire... ni de campagne. J'avoue que, personnellement, je préfèrerais nettement que tu exerces ton talent et ton ironie aux dépens de ce vrai adversaire.

@Michel B.

Tant que vous (pardonne moi si je te compte à tort comme un électeur de ladite extrème gauche) prendrez l'élection présidentielle comme un genre de sondage d'opinion pour mesurer le poids respectif des diverses tendances "anti-libérales", "alter-mondialistes" ou trotskistes face au PS ou au PC, le genre de rerpoche que vous faites à Hugues sera ridicule.

Demandez-vous, à vous-même ce que vous voulez : la chute des sociaux-traîtres ou celle de l'UMP, UDF, FN.

En tapant sur le PS pour satisfaire vos adhérents et sympathisants et votre soif de pureté dogmatique, vous donnez du grain à moudre aux partisans et sympathisans de N. Sarkozy principalement. Pourquoi pas. Et certains doivent encore se dire qu'une droite dure favorisera le ras-le bol donc la révolution (mouarf).

Mais assumez, alors.

PS : je m'en fous, je ne voterai ni l'une, ni l'autre.

Michel B.
L'augmentation des petites retraites, justement, c'est tout de même Ségolène qui le propose. Et s'il faut que ce soit davantage, pourquoi pas ?

Mais le vrai problème, c'est que pour que les surenchérisseurs du premier tour puissent voter à gauche au second, il faut que la gauche y soit.

Il faut peut-être reprendre ses esprits. Ce n'est pas "l'adversaire" dont tu parles qui va empêcher Ségolène d'aller en finale. Et si elle passe ce cap, ne t'inquiètes pas, ce blog sera au rendez-vous.

Le hic du moment, c'est le comportement des orthodoxes et je ne vois plus vraiment quelle concession il reste à leur faire pour les empêcher de tout fiche en l'air. C'est ça, l'objet de cette note.

Brontuzu,
Michel B. ne vote pas pour Laguiller (pour ce que j'en sais -- mais le secret de l'isoloir étant ce qu'il est...), mais tu n'as pas complètement tort sur ton premier point. Sur le second, soit l'attitude qui consiste à s'en foutre et à ne pas voter, je ne vois pas comment on peut s'en vanter.

J'ajouterai, par peur de n'avoir pas été clair :
aucun, je répète AUCUN des dirigeants de ces partis groupusculaire n'obtiendra la présidence de la république.

Or, c'est bien le rôle d'une élection à la présidentielle. On peut en biaiser le principe, mais alors ne s'étonner pas du résultat.

Voilà : je crois que tu as compris le problème : le PS et toute sa gauche sont minoritaires en France, et l'ont toujours été, et ce, depuis les années 50.

Le PS ne peut donc gagner la présidentielle que soit en se trahissant, soit par le cumul d'une stratégie habile, d'un bilan merdique de la droite, d'une division à l'intérieur de la droite, et d'un candidat réellement rassembleur.

Vous l'aurez noté, les deux dernières conditions ne sont pas remplies.

Donc, c'est boité. Et avec un peu de chance, cette fois, le PS est mort.

@ Brontuzu

Vous m'avez très mal compris. Je précise que j'ai voté Jospin au 1er tour en 2002 et que je ferai de même cette année avec Ségolène. Simplement, j'accepte l'existence de l'extrême-gauche et je veux la voir à la fois comme un aiguillon et un réservoir de voix pour la candidate PS.

Et c'est bien parce que je sais que le choix est en fait entre Royal et Sarkozy que je dis qu'il ne faut pas se tromper d'adversaire.

Enfin, compte tenu de ce qui s'est passé en 2002, de la bipolarisation de la campagne et de la personnalité des deux principaux candidats (qui séduisent tous les deux au-delà de leur camp), je pense que le risque est faible de ne pas voir Ségolène Royal au second tour (à moins d'un effondrement dont l'extrême-gauche ne pourrait être tenue pour responsable).

Youpi! > Très pertinent. Je suggère d'annuler les élections, de proclamer NS d'ores et déjà président(la plupart des médias l'a déjà pratiquement annoncé). Les économies réalisées permettront sûrement de financer une partie du programme dudit nouveau président.
(Pourquoi s'arrêter à 'depuis les années 50' alors que vous voulez dire 'depuis toujours et à jamais' ?)

A l'appui de ce que je disais, voici une analyse des derniers sondages :

"Selon Jérôme Sainte-Marie (BVA), le seul point positif pour l'instant est que la candidate PS "a réussi à consolider sa candidature pour le premier tour" notamment auprès de ses sympathisants. Mais cela se fait au détriment de l'extrême-gauche, qui réalise au total moins de 10%, et "sans réussir pour l'heure à ramener à elle les électeurs ayant quitté la gauche pour François Bayrou".

Pour le second tour, Mme Royal souffre de la consolidation d'un électorat Bayrou, qui semblerait vouloir se reporter davantage sur Nicolas Sarkozy qu'il y a quelques semaines.

Mais surtout elle pâtit de la faiblesse du total des voix de gauche au 1er tour, qui atteint au mieux 40%. Selon Jean-Daniel Lévy (CSA), il faut remonter aux législatives de 1993 ou à la présidentielle de 1969 pour retrouver une gauche à un étiage aussi faible".

mrk: le PS pourrait également envisager de réfléchir à faire émerger en son sein un candidat rassembleur. D'ici 2012, prochain bilan foireux de la droite, ça devrait être jouable.
Et mon conseil pour finir : que les militants PS s'entrainent à faire le bilan de l'actuel gouvernement, qui aura quand même battu par trois fois des records d'impopularité : ça ne servira à rien pour 2007, mais le savoir acquis pourra toujours servir en 2012. Et puis, vous verrez, étudier les dossiers, faire des bilans, réfléchir, c'est certes plus dur que faire de la comm', mais ça reste accessible, avec quelques efforts.

Petite remarque de protocole. Quand Bayrou essaie d'obtenir ma voix, il me dit "cher monsieur". Quand tu essayes de convaincre les non-ségolénistes qu'ils ont tort, ta formule de politesse préférée est plutôt du genre "cher trotskiste attardé". Eh bien, j'en suis navré, mais ce n'est pas un discours séduisant. On n'attire pas les mouches avec du vinaigre ni les électeurs avec du mépris.

J'ai sans doute tort de prendre ça pour moi, ça doit en viser d'autres qui te paraissent plus nuisibles... et plus nombreux. Mais que veux-tu, les électeurs sont ainsi faits qu'ils aiment bien que les candidats censés se disputer leurs suffrages se rendent compte qu'ils existent. Si Ségolène s'est rendu compte que des républicains et démocrates dans mon genre existent, elle ne m'en a pas informé. Bayrou, si.

Je constate avec une grande tristesse -- mais sans surprise aucune -- que le discours que je juge actuellement le moins hypocrite et le moins démago n'est pas celui de Ségolène, mais celui d'un démocrate-chrétien désuet, un peu creux, souvent ridicule, et qui ne m'enthousiasme pas du tout. C'est pas la joie, mais ça contient quand même, de ci de là, des accents républicains et démocrates qui me touchent et que je n'entends pas dans la bouche de l'ex-madone des sondages.

Par exemple, Bayrou a dit récemment sur la construction européenne à deux vitesses exactement ce que le noniste que je suis resté voulait entendre, et qu'aucun ouiste socialo n'a été foutu de formuler. Dommage pour vous!

Alors je voterai pour le démocrate-chrétien désuet plutôt que pour la madone des sondages. Et tant pis si ça défrise la gauche moderne.

D'un autre côté, le "cher monsieur" d'un candidat peut très bien cacher un "pauvre petite andouille" qu'il se gardera bien a chaud dans un coin de la tête. La politesse c'est bien, mais faudrait pas croire que ça suffit à la qualité d'un candidat, d'autant plus que le respect simulé est un grand classique de la politique.

Fin bon, Bayrou Bayrou, quand bien même il serait sincère, passé le 9 Mai que Sarkozy soit élu ou pas, le deal ça sera "tu es avec moi ou je te crève ton parti quitte à faire gagner le PS et j'en ai rien à foutre de savoir si c'est honnête ou pas".

Si on mettait un peu de proportionnelle dans les legislatives, ptet que les nonistes/extremes/moustachu-borgnes se la fermerait un peu... Bon, il faudrait vraiment que le Parlement français soit autre chose qu'une chambre d'enregistrement, mais ça vaut peut etre le coup d'essayer.
(C'est vraiment une idée qui m'est venu en lisant ta prose, Hughes, ça peut avoir été proposé par un ou plusieurs candidats, je n'en sais rien).

De toute façon les médias ne font qu'amplifier la tendance à la désespérance!

Voir Marianne qui titre Sarkozy l'emporterait...par 64% selon l'IFOP alors qu'il s'agit seulement d'un prnostic de victoire et non d'intentions de vote!
http://www.marianne2007.info/index.php?id_plugin=266&path=newsAFP/page2News.php&ftpUrl=070214201611.gm5sb5sd.txt&pos=3&action=plugin

Cher Monsieur,

Vous qui êtes un représentant de « la vraie gauche », vous devez pouvoir me donner des précisions sur un phénomène politique pour le moins étonnat.

Bref, ma question est la suivante : à ma grande perplexité, le premier secrétaire du PS s’évertue depuis quelques jours à appeler au vote le Pen en expliquant que c’est leu seul candidat « troisième homme » valable. Vous m’accorderez que c’est un peu surprenant.

Alors vous qui connaissez toutes ces choses de l’intérieur, pourriez-vous me dire si il s’agit d’une démonstration de cynisme et d’opportunisme électoralistes, contraire aux valeurs républicaines dont le PS se réclame, ou bien si il s’agit d’une manifestation sauvage de panique dans l’équipe de campagne de la candidate du PS ?

Merci pour votre réponse

@ tristram
François Hollande pense, comme de nombreux observateurs, que Le Pen est (comme d'habitude) sous-estimé dans les sondages. Mais il n'appelle évidemment pas à voter Le Pen. Comment pouvez-vous dire (penser ?) cela ?

La droite (UMP+UDF+FN) totalise 60% des voix dans presque tous les sondages. Est-ce que ça vous inquiète?

Youpi,
Le PS est mort, vive le PS ! Cette élection est en train de changer pas mal de chose à l'intérieur du parti mais je ne pense pas que ce soit dans le sens que tu dis. Enfin, l'histoire dira qui a tort ou raison. Quant à l'idée d'un candidat plus rassembleur que Ségolène, quel serait cet animal capable de faire exactement ce que je raconte dans la note ci-dessus, chute comprise ?

Poil de lama,
Pardon, "Môssieur Poil de lama, auriez-vous l'amabilité de voter à gauche s'il vous plait ? Ca serait sympa.

Matt,
Si on mettait de la proportionnelle dans tout ça, on aurait un parlement à l'israélienne dans lequel pourraient joyeusement se foutre sur la gueule les députés bovistes et leur collègues lepénistes. Sans moi s'il vous plait.

Tristram,
C'est une vraie question ou c'est juste pour animer la conversation ?

Eric,
60% ? Mais je croyais que la remontée de Bayrou passait par la séduction qu'il exerce sur la gauche intelligente, celle qui ne peut pas se résoudre à voter pour Ségolène parce qu'elle avait dit "bravitude".

Tout de même, vive la France ! C'est vrai, vous avez un fameux choix de rigolos à gauche, enfin, à votre fameuse "gauche de la gauche". J'ai pris bien soin de lire toutes les références d'Hugues et quel bon moment j'ai passé... On rira peut-être un peu moins en cas de pépin ; après tout, ça s'est déjà vu, non ?

Je vais vous dire ce que je pense: je pense que cette déclaration de Hollande est honteuse, mais elle a le mérite de faire tomber le masque des "stratèges" de Solférino qui nous en fait de bien bonnes par le passé.

Il semblerait que la direction du PS semble en panique car elle se rend compte que le « verrou mental » que représentait l’épouvantail le Pen est en train de sauter chez les électeurs de gauche.

Jusqu’à présent ils ont été sensibles au chantage du « traumatisme 21 avril », qui consiste à dire que tout un chacun qui ne vote pas pour le candidat PS dès le premier tour se rendra coupable de « sympathie fascistoide ».

De plus en plus, quand on discute avec des électeurs et sympathisants (voir militants) PS, on se rend compte qu’ils voient parfaitement que le Pen a perdu son potentiel de nuisance, non seulement parce que Bayrou le devance quasi systématiquement, mais surtout parce que le Pen lui-même commence à refluer, sans doute phagocyté par Sarkozy, mais aussi par Bayrou et Bové qui captent différentes strates du vote protestataire.

Ils se disent donc qu’ils ont le droit de voter pour qui bon leur semble au premier tour, et chacune des ailes, gauche et droite du parti, lorgne respectivement vers Bové (qui commence également à assécher les autres candidats d’extrême gauche) et vers Bayrou.

D’où ces déclarations pour le moins douteuses de Hollande qui fait un quasi aveu public sur l’instrumentalisation de le Pen par le PS. En version « politiquement correcte » c'est-à-dire pseudo antiraciste, on a Malek Boutih qui nous explique que la « lepénisation des esprits » est en marche et que tous ceux qui ne dénoncent pas « le bruit odieux des botes » sont de sales collabos.

Le slogan est bien assimilé par les organes de propagandes « jeunes et fun » du PS qui vous expliquent dans un premier temps que le vote Bayrou est un vote Sarkozy, puis quand on gratte un peu, ils vous expliquent que « tout autre vote que le vote Royal favorise le Pen… » (sic).

Peut-être un lointain souvenir de « l’habileté manoeuvrière » de Mitterrand qui manipula les mouvements antiraciste et dévoya le scrutin proportionnel pour se maintenir aux commandes?

L’important dans tout ceci est de dire aux citoyens qu’ils n’ont pas à se laisser intimider par qui que ce soit et voter selon leurs convictions. On est encore en Démocratie, n’en déplaise aux stratèges du PS ou de l’UMP (qui ne se prive pas non plus de sortir le diable le Pen de sa boite, pour plomber la montée de Bayrou).

Hugues, pour te montrer l'étendue de mon désarroi, sache que j'ai acheté le Nouvel Obs cette semaine (pour la première fois depuis une bonne dizaine d'années, me semble-t-il; ça ne fait rien, paie-toi ma tête quand même). Eh bien ça m'a permis de lire (en p. 80) un amusant papier de Claude Weill sur le vocabulaire de Ségolène dans son allocution du 11 février.

Très instructif. Par exemple, elle a employé le mot "gauche" une fois, le mot "socialisme" zéro fois, mais le mot "entreprise" 16 fois et le mot "je"... 203 fois. Son grand oral avait de toute évidence été chiadé avec des communicants, et on ne me fera pas gober que le choix de ce vocabulaire relève du pur hasard.

Cette observation pour te dire que si Ségolène nous invitait poliment -- comme tu viens d'accepter de le faire sous la torture -- à voter à gauche, cela apparaîtrait bel et bien comme un changement de positionnement... On en est là! Nous sommes des mécréants de plus en plus nombreux à douter qu'elle soit de gauche, mais le moins qu'on puisse dire est qu'elle ne fait pas beaucoup d'efforts pour ranimer notre foi vacillante.

Ca ne te rappelle rien? "Mon programme n'est pas socialiste", qu'il disait... On a vu l'efficacité de cette rhétorique il y a cinq ans. Eh bien, on est tout simplement en train de la revoir. Simplement, cette fois-ci, faudra pas compter sur moi pour pleurer: j'ai déjà donné.

Ben voilà. Un participant demandait l'autre jour si on pouvait lui expliquer ce que veut Poil de Lama. Il vient d'avoir aujourd'hui la réponse, de l'intéressé lui-même:Poil de Lama veut (presque)tout sauf Ségolène...

Tristam: Si y a un truc qui me gonfle, c'est le langage tout cuit de militant qui tente de s'enrober dans de l'analyse soit disant distanciée des événements.

Franchement, présenter une mise en garde contre un menteur fasciste qui a toujours réussi à se maintenir à coups de bobards comme une stratégie, c'est vraiment être à côté de la plaque: on parle d'un ennemi de la République dont les successeurs potentiels continueront leur quête d'anéantissement de celle-ci, alors se laisser aller à de l'onanisme intellectuel en se disant que le gars et ses sbires ne sont plus dangereux, et que tout va très bien que c'est bon, que c'est plié, c'est vraiment pas le signe d'une grande subtilité, bien au contraire.

Quant à ce qu'à lancé Poil de Lama, c'est symptomatique d'un comportement, qu'on retrouve très souvent dans le monde militant, qui est une volonté de ritualiser le discours. Là on voit une candidate qui a beau avoir fait de très nombreuses propositions très à gauche, elle continue à être proclamée de droite parce qu'elle n'a pas assez souvent dit "gauche". La bonne blague, comme si l'aspect incantatoire du discours n'avait pas déjà prouvé à quel point il peut être hypocrite: le FN est un parti composé et dirigé par des individus haïssant les français (et le genre humain par extension)? Pas grave, puisque son chef mais du "patrie" et du "patriote" à toutes les sauces. Le programme de Sarko c'est un programme qui a pour butte de faciliter la vie des rentiers quitte à faire monter davantage la dette? pas grave, puisqu'il met du "travail" dans son discours. L'extrême gauche a une conception élitiste du pouvoir qui la rend en fin de compte plus proche de l'UMP que du PS? Pas grave, il suffit de dire "Gauche" et ça y est, c'est bon, on a prouvé sa fidélité à la cause.

Eeh oui, il y a des militants qui aiment les rituels (c'est con, les militants). Seulement il y a aussi des *électeurs* qui aiment les mêmes rituels, et cons ou pas, c'est avec eux qu'on gagne ou qu'on perd une élection. On a le droit de mener une campagne électorale en négligeant ce facteur... mais vous voyez les brillants résultats que ça produit.

Quant aux "nombreuses propositions très à gauche", me faites pas marrer. Ces nombreuses propositions sont des promesses électorales de modèle banal: coûteuses, non financées, souvent irréalisables même dans l'improbable hypothèse de leur financement, et n'engageant que ceux qui les écoutent. Vous n'y croyez pas plus que moi -- et même souvent encore bien moins, en particulier sur ce blog.

Que voulez-vous, dans une présidentielle, la question fondamentale restera toujours "peut-on faire confiance à ce type?" et non "que nous promet ce type?" Il y a des candidats qui inspirent une confiance mitigée: on se dit "même s'il raconte des conneries, j'ai le sentiment qu'il pense un peu comme moi". Il y en a d'autres qui n'en inspirent aucune: on se dit "non seulement il ne raconte que des conneries, mais en plus il ne les croit même pas". Ben je suis navré: il y a cinq ans je rangeais Jospin dans la première catégorie, et maintenant, je n'arrive pas à y faire entrer Ségolène. J'y mets sans doute de la mauvaise volonté, mais j'ai quand même le sentiment qu'elle ne m'aide pas beaucoup...

C’est vrai que vous n’êtes certainement pas un militant de l’ordre juste du ségolisme, qui cherche à enrober sa propagande dans des analyses circonstanciées…Désolé de m’être trompé d’adresse !

Mais avant de partir, une dernière chose, quant à votre boite à diables :

Je veux bien que les « vraies enquêtes d’opinion » qu’on cache au bon peuple et qui constituent l’armature idéologique de Sarkozy et de Royal soient la vérité ultime en matière d’élections démocratiques.

Le Pen sera à…quoi ? 30%, 40%, porté par une France profonde qui en a marre qu’on se paye sa tête, et qui en même temps adore voter pour ceux qui lui mentent depuis bientôt 30 ans ?

C’est vrai que Boutin l’a dit, après que son nouveau copain Sarkozy lui a montré ces fameux sondages secrets (sans doute les pastiches pathétiques des RG qui se sont toujours trompés dans leurs prévisions électorales) : Bayrou est un gros con parce qu’il ose troubler les duopole UMP-PS garanti par la présence du FN.

En tant que nostalgique réactionnaire et passéiste de la République française, je continue de penser naïvement que seule une alternative républicaine et démocratique (et aux accents populo puisque c’est la mode en cette saison 2007) pourra faire refluer ce fameux « vote protestataire ».

Mais il semblerait que je sois dans l’erreur. Pour faire reculer le FN il faut que PS et UMP redoublent de démagogie et de fausses promesses pré électorale.

Voilà qui augure bien du joli mois de mai…

Plusieurs choses quand même:

D'abord, j'ai horreur du comportement type "copier-coller", et quand je donne un avis, c'est mon avis, pas une version réchauffée du discours d'un autre, aussi quand je vois le cas typique d'un militant nétient qui répète des théories foireuses qu'il n'a même pas le mérite d'avoir inventé lui-même, ça me gonfle, et c'est comme ça: l'idée d'un PS qui crève de trouille devant Bayrou assuré d'être à être au second tour, c'est du compte de fées pour motiver le colleur d'affiches (ou de commentaires).

Franchement, pour revenir à la question de départ: pourquoi Lepen va très probablement rester troisième cette année encore (et très franchement, je préférerais le voir retomber à ses 0,5% de 74)? D'abord parce qu'en terme de voix, Lepen a toujours obtenu, en 88, 95 et 2002 entre 11,5 et 12% des votes des inscrits. Sa "progression" s'expliquant exclusivement par la monté de l'abstention. Maintenant, étant donné que la plupart des gens qui votent Lepen votent pour dire merde, et que la situation de la France ne s'est pas améliorée pendant le règne de la majorité UMP (et UDF aussi, on aurait tendance à faire mine d'oublier que c'est un parti de la majorité qui vote plus souvent avec l'UMP qu'autre chose), la probabilité que Lepen n'obtienne pas une proportion de voix équivalante encore cette année là me paraît bien faible. C'est dégueulasse, mais c'est comme ça., et la stabilité du vote FN aux présidentielles depuis 20 ans me paraît au moins aussi fiable qu'une orgie de sondages.

Or, 11,5% du corps électoral, ça correspond grosso modo à 5 millions de personnes.

Et il a fait combien Bayrou en 2002? 1.950.000 voix
Et en 2004, aux Européennes? 2.050.000.

Autant dire que pour passer devant Lepen, il devrait multiplier par 2 et demi son nombre de voix de 2002 et 2004. Pour passer devant Ségolène, il devrait lui prendre entre 3 millions (hypothèse basse) et plus de 4 millions (hypothèse haute) de voix. Quelqu'un a une idée de ce que ça représente, 4 millions de voix, 4 millions de personnes? Outre que ça lui impose de tripler son électorat tel qu'il existait il y a 3 ans, cela représente un sacré paquet d'individus à convaincre, d'autant plus que ceux-ci sont beaucoup moins sensibles aux artifices de rhétorique qui font se pâmer une partie de l'audience archi-politisée qui lit les commentaires des blogs de lieu-commun.

Voilà pourquoi Lepen est toujours considéré comme étant le "troisième homme"; parce qu'il a de bonne chances d'obtenir beaucoup plus de voix que Bayrou.


Et tant qu'on y est, un autre truc qui me gonfle (à par le coup du militant qui récite une leçon apprise par cœur en croyant avoir l'air futé), c'est le coup de délire conspirationniste, avec sondages secrets, caste de pouvoir et touti-quanti.

De 1, quand bien même il existerait des "sondages secrets" j'en ai jamais vu la couleur, et quand bien même on me les mettrait sous le nez, j'aurai beaucoup de mal à les croire rigoureux. Les "sondages secrets" j'en ai surtout vu quand Lepen en 2002 se donnait 51% au second tour (contre 18%), puis 25% aux élections régionales (contre 15%) avec des pointes allant jusqu'à 40% en PACA au second tour (19%). Le sondage secret c'est essentiellement du fantasme, du da vinci code qui ne se traduit jamais dans la réalité.

De 2, ceux qui dirigent depuis 30 ans, Bayrou en fait partie: de 77 à 81 c'est un président UDF qui dirige la France, à chaque majorité de droite il y a eu des UDF pour en faire partie, Bayrou était député à l'époque où j'entrais en maternelle, il y a aujourd'hui encore des élus UDF qui font partie de majorités municipalles et départementales, en bref, Bayrou et son parti ont toujours fait partie de la classe dirigeante. Se proclamer extérieure à celle-ci le temps d'une élection, ça fait un discours de type vicompte: le vieux notable qui n'a pas réussi à monter aussi haut qu'il le souhaitait par des moyens classiques qui se la joue rebelle à 50 ans dépassés dont 20 entre l'assemblée et les ministères, ça fait quand même un peu limite comme speech.

De 3, le problème ce n'est pas que Bayrou est un con, c'est qu'il me prend MOI pour un con à partir du moment où il se prétend extérieur à la "duopole" coalition de droite/coalition de gauche alors qu'en fait il a toujours fait partie, aujourd'hui comme hier.

Ha, et de 4, le vote protestataire ne reflue jamais suite à une campagne électorale: qu'un élu qui fasse son boulot amène le FN a diminuer sur sa circonscription, c'est parfaitement possible, ça se produit ici et là, et il n'est pas inenvisageable que le vote FN diminue suite à une présidence de qualité. Mais le coups du super-orateur qui fait refluer le vote d'extrême droite par la seule force de ses discours de campagne, ce que Bayrou essaye de vendre en ce moment, c'est à nouveau un joli spécimen de foutage de gueule.

si je peux me permettre je vous conseil de lire "les loups le sarkozysme expliqué aux enfants" un conte qui fait jaser....
ca calme comme dirait l'autre d'un coup d'un seul...
le blog des auteurs est ici,
http://les-loups.hautetfort.com

Greg (75)

Aux Camardes qui doutent (ce qui les rend agressifs et injurieux) :

Cher Camarade,

Je t’invite à aller regarder ou lire l’extrait de l’émission France Europe express d’hier soir, pour te rendre compte que DSK a bien plus de chance de devenir Premier ministre avec Bayrou président, qu’avec Royal, qui ne surmontera jamais son égo pour lui proposer ce poste…

Au passage, je te signale, cher Camarade, que dans la même émission, une enquête nous dit que 55% des Français (dont 55% des sympathisants de la gauche) souhaitent que Bayrou soit au deuxième tour.

Après, il faut faire ses comptes et ses choix quant à savoir qui peut battre Sarkozy tout en gouvernant avec un premier ministre de gauche.

Plutôt que de s’accrocher aux branches (comme la branche pourrie de TF1), le temps est venu de devenir lucide et de se donner les moyens d’avoir une France unie (sans Sarkozy).

a bon entendeur

Bien que j'envisage moi-même très sérieusement de voter Bayrou, je trouve que l'hypothèse Bayrou prési + DSK Premier relève de la plus haute fantaisie... Le Premier ministre est toujours issu de la majorité à l'Assemblée -- faute de quoi il n'a pas la moindre chance de faire passer le moindre projet de loi. Or, dans l'hypothèse (très improbable) où Bayrou serait élu, l'hypothèse où la gauche remporterait en plus les élections dans la foulée relève non pas de l'improbable, mais de l'inconcevable.

J'ajoute d'ailleurs que si Bayrou a évoqué l'idée que DSK soit son Premier ministre, c'est l'argument qui me manquait pour que je retourne voter Ségolène! Rassurez-moi: il n'a pas dit ça, quand même? (Ah la la, je perds tous mes repères... PMF, reviens!)

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