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dimanche 11 mars 2007

Habillé pour l'hiver

La délicate question du respect des feux rouges ayant déjà été traitée, abordons celle du cycliste urbain comme « fashion victim » à l'occasion de cette deuxième livraison de « Mon vélo et moi ».

Cyclingrain_1Ma propension naturelle à m’habiller n’importe comment, de même que l'exercice d’une profession n'exigeant pas le port d’une panoplie de monsieur comme-il-faut, facilitent énormément mon existence de cycliste urbain. Pour autant, la pratique quotidienne du vélo implique une sérieuse réévaluation de ses habitudes vestimentaires : avoir trop chaud, ce n’est pas bon ; trop froid, ce n’est pas mieux ; n’être qu’insuffisamment protégé des intempéries est carrément dramatique...

Clairement, c’est à la belle saison que les choses sont les plus simples. Jeans et T-shirts sont alors totalement adaptés au pédalage parisien, même si l’absence de cache-chaîne sur mon destrier Décathlon m’impose d’enserrer, façon Bourvil, mes bas de pantalons dans de petites bandes de velcro fluorescent. Et au final, même si je transpire un peu, ce n’est pas le voisin de bureau émergeant en nage d’un métro torride et suintant qui me reprochera quoi que ce soit. L’été, le vélo est roi.

En fait, les difficultés cyclo-vestimentaires ne commencent vraiment qu’à l’automne, lorsqu’une veste ou un blouson deviennent nécessaires. Car comment se protéger du froid et du vent tout en tenant compte du réchauffement rapide que provoque immanquablement un trajet Ménilmontant-Opéra en 14 minutes chrono ? Le vélo est le seul moyen de transport permettant de crever de chaleur ou de se les geler par micro-phases intermittentes de quelques secondes, voire d’éprouver ces deux sensations simultanément. Il existe bien des vêtements dits « techniques » dont le but est de rendre cette contradiction thermique supportable, mais ils ont l’immense inconvénient, justement, d’avoir l’air de vêtements techniques... Je m’habille peut-être n’importe comment, mais pas avec n’importe quoi. Et l’idée de parcourir les rues et les avenues de la Ville-Lumière déguisé en Lance Armstrong me semble aussi saugrenue que celle d’enfiler un complet-veston en Tergal® avant de quitter la maison.

D’où l’inlassable recherche du vêtement ultime qui, tout à la fois, me protégera du froid, du vent, de la chaleur et de la pluie sans pour autant me forcer au sacrifice de mon look d’ancien baba converti au pragmatisme social-libéral ― look étudié s’il en est. Mon manteau de cuir marron, acheté au salon du cheval il y a quatre ans ? Trop long. Pas confortable. Mon blouson thermique jaune-vif, cadeau d’une attachée de presse en échange de je ne sais plus quelle entorse à la déontologie ? Trop jaune. Trop vif. Trop technique. Mon K-Way bleu-marine ? Même ma fille de dix ans refuse d’être vue en ma compagnie lorsque je le porte... Non, il faut bien l’avouer, je n’ai toujours pas trouvé le vêtement idéal et je me contente d’alterner entre les différents éléments qui composent ma misérable garde-robe ― éléments suffisamment inappropriés pour me faire regretter de ne pas être fan de Poulidor, merde, et que l’on en parle plus ! Mais je garde l’espoir : un jour, je trouverai.

Le froid, c’est une chose. La transpiration, on s’en accommode. Mais la pluie, c’est une toute autre affaire. Rouler mouillé est carrément insupportable et les chances d’attraper la crève sont trop nombreuses pour être ignorées. L’eau vous ruisselle sur le visage et remonte le long de vos manches par l’intérieur ; vos chaussures sont pleines de flotte ; votre pantalon a l’air de sortir de la machine à laver avant d’avoir été essoré... Bref, vous êtes trempé. De surcroît, votre bicloune n’est même pas équipé d’un garde-boue à l’arrière, d’où l'arrosage dorsal ininterrompu d’eau crade pendant tout le trajet...

Là encore, je n’ai pas encore de solution définitive. Je bricole. Je tente ceci ou cela. Et pour la tête les jours de tempête ? Parfois une casquette de baseball, un bonnet en laine... Ou tiens, ce blouson dont la capuche refuse obstinément de tourner en même temps que ma tête dans les moments ou jeter un coup d’œil de côté est susceptible de me sauver de l’écrasement entre un bus et un camion-poubelle... Après quatre ans de vélo à temps partiel, et plus d'un an à temps plein, je reste incapable de trouver les vêtements adéquats au seul mode de transport urbain pesant positivement sur mon empreinte écologique personnelle. Parti comme c'est, ça risque de durer. Mais ça ne m'empêchera pas de continuer à pédaler : la quête du Graal, ça maintient en forme.

©Commentaires & vaticinations

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Ma solution de cycliste vétéran, qui fait fréquemment du vélo en costume :
La veste bien pliée dans une sacoche, sauf les jours de grand froid. Par-dessus : un coupe vent noir, imperméable avec une doublure anti-transpiration (pour être exact, elle limite ladite exsudation). Sécurité avant tout, je mets par dessus, jour et nuit, un baudrier réfléchissant, 10€ chez Go Sport, qui a l'avantage sur le gilet de ne pas faire une nouvelle épaisseur : il est compatible avec le port du T Shirt aux beaux jours.

Pour la pluie : mon coupe vent protège le torse. Il est muni d'une capuche que je sors à cette occasion. C'est là que le casque révèle son utilité : il solidarise capuche et tête, et permet de regarder tout azimut sans problème. Pour les jambes : j'ai dans mes sacoches un pantalon de pluie avec des fermetures éclair sur les côtés, qui s'enfile en quelques secondes.

Pour les chaussures, je n'ai pas trouvé de solution idéale, mais mon vélo de ville les protège plutôt bien, ce n'est pas la nouvelle Orléans. Decathlon vend des guêtres imperméables, je n'ai pas testé.

Quant à l'absence de garde boue en ville, c'est une faute impardonnable. Il existe des modèles adaptés à tout type de vélo (tu as un VTT, je suppose ?), qui sont infiniment plus esthétiques que l'arrête de poisson dans le dos les jours de pluie.

Et quid de tes lumières ? Ne me dis pas que tu fais partie de cette race de cycliste ninja, tout de noir vétus qui foncent sur les chaussées et trottoirs quasi invisibles la nuit ?

Personnellement j'ai abandonné le port du casque depuis que mes enfants ont dit que je ressemblais à un playmobil.
Kway rouge ; lorsque je l'ôte après avoir transpiré j'ai l'impression qu'il à plu à l'intérieur. Pour le bas un pantalon cycliste coton lycra noir. Mitaines et chaussures Lapierre (comme le cycle tout-chemins).
Phare halogène à l'avant, lumière rouge clignotante à l'arrière et éléments réfléchissants à l'arrière du sac à dos.
Voila pour l'hiver, mais je suis du sud.

Quand à moi, j'utilise le vélo tous les jours pour me rendre à mon travail, que 5Km et à Grenoble (c'est plat). J'ai toujours dans mon sac la cape de pluie et les guêtre velcro qui permettent de protéger mollets et chaussures à 100%. Pour les cuisses, la cape fonctionne sauf si il y a trop de vent, la prise au vent devient pénible.

Eolas, all, epsilon,
Mais toutes ces solutions sont trop compliquées. Le problème, c'est qu'on a pas envie de mettre 15 minutes à se préparer pour un trajet à peine plus long. L'idée du vélo, pour moi, c'est de sauter dessus et de partir sans trop se poser de questions.

Autrement, bien sûr que j'ai des loupiotes : à l'avant et à l'arrière. Mais c'est chiant car je n'ai pas de dynamo et il faut sans cesse changer les piles ce qui diminue mon impact positif sur l'environnement. Ah, la vie est bien compliquée...

Rouler a vélo dans Paris traduit un esprit masochiste que j'avais déjà remarqué ici ou la.
Faites comme moi, marchez. Un bon coupe vent suffit.

Ménilmontant/Opéra c'est quand même pas la retraite de Russie.

Pour ma part je n'avais pas vraiment les mêmes soucis que toi lorsque je faisais du vélo par mauvais temps : veste et pantalon de k-way par dessus mon treilli et un haut en Windstopper/Goretex (et dans le sac à dos de quoi me changer en arrivant au bureau, j'aime po les costumes de toutes façons) :)

Pour la capuche, comme il a été dit : le casque par dessus et hop plus de soucis.

Par contre, je voudrais signaler un point de sécurité routière très important que personne n'a apparemment relevé : ne jamais faire comme le personnage sur l'illustration en haut de page => faire du vélo et tenir un parapluie en même temps, c'est casse gueule et très dangereux pour de multiples raisons !

Vive le vélo urbain !
Je partage ton avis, Hugues, selon lequel le vélo est surtout un moyen de liberté. Dès lors, toute solution trop complexe à mettre en oeuvre paraît peu adaptée.
Effectivement, les conséquences thermiques de l'effort induisent un véritable dilemne. Mais bon, on ne fait pas du vélo pour se laisser enquiquiner par des standards esthétiques d'un autre âge.
Je partage l'analyse relative aux vêtements techniques (gageons qu'un jour prochain de tels vêtements existeront tout en ayant perdu leur esthétique caractéristique), mais, par contre, j'avoue ne pas comprendre l'argument relatif au jugement esthétique de tes enfants.
Si le K-way est la solution la plus simple, pourquoi ne pas la pratiquer justement parce qu'elle est simple... Il s'agirait d'une bonne leçon de pragmatisme adressée à tes têtes blondes, qu'elles ne manqueront pas d'évaluer à sa juste valeur un jour prochain pas si lointain.

Pour ce qui est des lumières et du problème de pile... j'utilise personnellement le système i-flash : des leds alimentées par induction magnétique... pas de dynamo à proprement parler, pas de piles surtout et, bon, c'est vrai, pas d'agrément non plus ni de compatibilité avec la réglementation. Cela dit, si tu es prêt à griller les feux devant les pandores, je ne pense pas que ce détail te posera problème.

Bonne route

ah oui, comment on fait pour être cycliste urbain et diriger l'argus auto ?

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