Guerre froide, épisode II : chassez le naturel...
Poutine envisage de pointer des missiles nucléaires vers de « nouvelles cibles en Europe de l'Ouest ». L'Huma n'est pas choquée.
Je me demandais, comme ça, par pure et vaine curiosité, ce que pourrait être une lecture communiste « moderne » de la mini guerre froide qui est en train de se jouer du côté d’Heiligendamm. Non pas, bien entendu, qu’il puisse se trouver, place du Colonel-Fabien, quelque idéologue prenant si peu l’air qu’il soit passé à côté de dix-huit années d’histoire politique : on aurait entendu parler de lui sur les blogs et une vidéo secrète de l’animal circulerait déjà sur YouTube. Mais j’attendais tout de même avec impatience que L’Humanité traite enfin du sujet, amateur éclairé de bonne langue de bois que je suis... C’est aujourd'hui chose faite et je constate que l’on ne craint pas davantage, au PCF, les missiles de Poutine que ceux de Brejnev, d’Andropov ou de Tchernenko.
Aux jeunes lecteurs ne se souvenant qu’avec peine de la crise des missiles de 1983, rappelons brièvement que nos camarades soviétiques avaient déployé dans leur arrière-cour, et sans doute par esprit taquin, tout un tas de têtes nucléaires (les célèbres SS-20) susceptibles de transformer nos principales agglomérations en chantiers de démolition radioactifs. Les Américains avaient alors décidé, à la demande expresse des Européens et dans le cadre de l’OTAN, d’installer leurs propres fusées Pershing du côté gauche du rideau de fer au nom de la déesse dissuasion.
Que la réponse du berger à la bergère, lorsqu’il est question d’un conflit nucléaire, ne soit pas ce qui se fait de mieux pour assurer la survie de l’espèce humaine est une évidence. Il semblait toutefois raisonnable de ne pas assister sans réagir à la mise en place de 405 engins pointés sur Paris, Londres ou Bonn (le Berlin de l’époque). D’autant plus que les Américains n’étaient pas directement menacés par les missiles soviétiques et qu'ils auraient pu nous suggérer de nous démerder avec les bombinettes du plateau d’Albion.
Pour l’extrême-gauche, les choses n’étaient pourtant pas si tranchées, les engins américains étant nécessairement moins politiquement corrects que leurs homologues communistes. Des manifestations exigeant l’arrêt du plan yankee allaient donc être organisées un peu partout en France, en Allemagne, en Belgique, en Grande-Bretagne autour du slogan « Plutôt rouges que morts », conduisant un François Mitterrand désabusé à constater que, si « les pacifistes sont à l’Ouest, les missiles sont à l’Est ». Bon, les choses allaient tout de même fini par se tasser, l’ami Gorbatchev étant entré en scène in the nick of time.
Mais voici que Vladimir Poutine, passager clandestin du G8, relance l’intérêt du grand public pour une rencontre de chefs d’Etats n’amusant plus guère que les alters de toutes obédience en évoquant une « nouvelle guerre froide ». Agacé par un projet américain de « parapluie nucléaire », lequel risque de rendre son propre arsenal obsolète si les missiles anti-missiles rêvés par Ronald Reagan fonctionnent un jour, il promet même de s’offrir quelques cibles en Europe de l’Ouest. Oui, chez nous. Ici. Ou là. Que les Américains soient réputés, et pour longtemps encore, totalement incapables de concevoir un tel système ne semble pas gêner l’ancien KGBiste devenu président. Et que ce système, s’il était un jour élaboré, soit plus focalisé sur les menaces nord-coréenne ou iranienne ne change rien à l’affaire : les Russes avaient eu le sentiment, en jouant les rois du pétrole, d’avoir récupéré leur statut de grande puissance et voici que les crapules d’en-face leur rappellent à quel point ils sont largués technologiquement ou économiquement. Du coup, ils sont en colère. Et ils sont prêts à tout (ou presque).
Mais revenons à la réaction de L’Humanité, à la manière dont le journal du Parti communiste français aborde une question pareille en 2007, alors que la Russie n'est plus qu’un Far-East belliqueux bourré d’oligarques richissimes. Contre tout bon sens, c’est business as usual chez les analystes du cru : Bush est un « clown », « grand pourfendeur de missiles fantômes » et Poutine ne fait jamais que « hausser le ton ». D’ailleurs, même les Jeunes communistes tchèques sont venus protester contre Dubya et son projet de malheur à Heiligendamm, un seul Printemps ne semblant pas les avoir suffisamment éclairés ― ah, si jeunesse savait...
Bon, le journal est loin de féliciter le président russe pour cette promesse d’apocalypse, mais il constate que le brave homme est « rejoint par de nombreux experts militaires » pour estimer que « les bases antimissiles ne seraient d’aucune efficacité pour remplir leur mission officielle : contrer une menace venue du Moyen-Orient, et de l’Iran en particulier ». Il rapporte même à son lecteur de la petite couronne parisienne que « les Iraniens ne disposent pas de missiles de 5 000 à 8 000 kilomètres de portée et qu’il n’y a donc pas de justification au déploiement de ce système ».
Bref, toute la rhétorique traditionnelle de défense de l’URSS contre la menace US est de sortie, la disparition de la fameuse Union au bilan globalement positif n’étant plus qu’effleurée. Il n’y a pas de menace nucléaire irano-coréenne : Bush tente simplement de se remettre en selle politiquement et Poutine, pour tout son cynisme, ne fait que dire la vérité. La conclusion de cette brillante analyse vaut d'ailleurs son pesant de cacahouètes cubaines : « On ne peut que regretter avec lui [Poutine] l’impossible émergence d’une force capable de contrer l’hégémonie des États-Unis afin de promouvoir une alternative multilatérale et de paix sur la scène internationale ». Hum, terminer ainsi un papier dont le premier paragraphe indique que nous serons bientôt la cible d’un missile russe laisse songeur quant au travail de refondation qui reste à accomplir au PCF. Si le Dieu des catholiques orthodoxes lui prête vie, évidemment. Et à nous aussi, d’ailleurs.
© Commentaires & vaticinations
Il est bien évident que Bush et sa clique ayant fait preuve d'une très grande sagacité en matière de relations internationales, il est urgent de soutenir chacune de leurs initiatives.
Comme souvent, fort en style et léger en contenu.
Rédigé par: Edgar | mercredi 06 juin 2007 at 22:24
«Agacé par un projet américain de « parapluie nucléaire », lequel risque de rendre son propre arsenal obsolète si les missiles anti-missiles rêvés par Ronald Reagan fonctionnent un jour»
Ce rêve de Reagan coûte quand même 8 milliards au contribuable américain chaque année depuis un quart de siècle et s'est montré à peu près aussi efficace en terme stratégique que les marchés truqués du Stade de Foot niçois en terme de résultats sportifs. Très personnellement, ce n'est pas tant le "risque hégémonique" des USA sur l'Europe (malgré les authentiques fantasmes des conservateurs de là-bas qui se rêvent en nouvelle Rome) qui m'inquiète, mais l'idée qu'on puisse en arriver à vendre aux européens (notamment à l'est) une illusion de sécurité qui pourrait avoir de déplaisantes conséquences à terme (même nucléaire, une ligne Maginot reste un truc très cher qui provoque de très grosses désillusions quand les choses sérieuses commence)
Ceci dit, Bush est quand même un président dont les militants en 2004 continuaient d'affirmer pendant la campagne présidentielle qu'on avait trouver des missiles transcontinentaux chargés d'anthrax dans les égouts de Bagdad (nonobstant le président, des clowns qui courent après des missiles fantôme, le parti républicain en a bel et bien dans ses rangs). On peut certes trouver que la rhétorique de l'huma (le journal de Jaurès, quel misère) commence sérieusement à sentir le renfermé, mais le cas de Tartuffe Bush, la façon de faire du personnage et des siens (mélange d'arrogance d'aristocrates, d'incompétence et de corruption endémique) fait qu'il devient à l'heure actuelle très difficile de porter à l'administration US actuelle une attaque qui ne soit pas justifiée.
Rédigé par: Laurent Weppe | mercredi 06 juin 2007 at 23:06
Personnellement je n'ai rien contre le developement de technologie anti missile. Crie-t-on au loups quand on develope des gilet pareballe ? Non. De plus l'arsenal nucleaire russe depasse tout ce que pourrait contrer ce systeme anti missile. Ils commence deja a mirver leur icbm, avec leur arsenal actuel et la quantiter de materiel enrichi a 99% encore la bas. Je ne vois pas pourquoi il aurrait a s'inquieter de ne plus pouvoir transformer les grandes villes d'europe (ou les etats unis d'ailleurs) en bulle d'air chaud.
Rédigé par: Esurnir | jeudi 07 juin 2007 at 00:22
Cher Hugues, je crois qu'un membre du KGB, et sans doute encore un membre du FSB, se dit un tchékiste (rapport à la Vétchéka, ancêtre du NKVD, lui même ancêtre du KGB). Les sigles passent, les hommes restent ...
Rédigé par: spurinna | jeudi 07 juin 2007 at 02:03
N'avons-nous pas en France la chance de dispose d'un arsenal nucléaire tactique (les missiles Pluton et Hades) qui ne pourrait guère en pratique que bombarder le territoire européen ?
Heureusement que nos voisins, surtout allemands et anglais mais aussi polonais, ne s'en émeuvent guère.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Missile_Had%C3%A8s
Il y aurait aussi à dire sur la relance par la France de son programme de recherche sur le missile nucléaire M51. Pareillement aux précédents, celui-ci, tié depuis la France, ne pourrait guère vitrifier qu'une capitale européenne.
Il faut donc s'y habituer : la menace nucléaire de la guerre froide, c'est toujours d'actualité : en France du moins. Une nouvelle micro-exception française de la liste ?
Rédigé par: Passant | jeudi 07 juin 2007 at 07:15
Imaginez la Russie construire un système anti-missiles (offensif) sur la frontière Américaine: Bush pas content (normal)!
Ce système ABM est censé nous défendre des Iraniens: grosse blague (c'est la Chine et la Russie qui sont visés!)
Vous faites confiance à Bush et à Cheney? Hum,hum...
Kévin
Rédigé par: kévin | jeudi 07 juin 2007 at 08:23
Mais qui lit encore l'Humanité ?
Rédigé par: cdc | jeudi 07 juin 2007 at 09:38
Comment peut-on comprendre la situation d'aujourd'hui en restant figé sur les idées d'hier ?
Rédigé par: thot | jeudi 07 juin 2007 at 10:01
Le grand bluff de Reagan sur le parapluie nucléaire a fonctionné à merveille. Seul Edward Teller (encore un Judéo-hongrois, tiens, salaud) y croyait, mais il était réellement cinglé et profondément sénile à cette époque.
Avec Bush ça ne marche pas, il est trop maladroit. Ce n'est pas avec ses antennes paraboliques en Tchéquie et son joueur d'échec drivé par Sorros qu'il arrivera à affaiblir la Russie qui est en train de lui ravir le leadership dans beaucoup de régions du monde - enfin celles où l'on peut pomper, les autres il s'en tamponne.
J'ai toujours pensé que Bush était con, mais maintenant j'en suis convaincu. Ceci permettra toujours au lobby militaro-industriel de soutirer quelques $$$ au congrès, toujours bon à prendre.
Rédigé par: all | jeudi 07 juin 2007 at 10:03
Edgar,
Hum, j’ai au moins la moyenne, alors ?
Autrement, je ne crois pas m’être fait le soutien de l’initiative Bush dans cette note, même si je suppose qu’il n’est pas complètement insensé de se prémunir contre une menace dont on sait qu’elle existe. Et je ne parle pas des Russes, mais bien des Coréens et des Iraniens. Faut-il être un néocon pour accepter ce principe ? La force de dissuasion française est-elle une création néocon ?
Laurent Weppe,
Franchement, j’ai du mal à me préoccuper du coût des antimissiles sur le contribuable américain. Que le contribuable américain se débrouille avec son administration s’il pense que le jeu n’en vaut pas la chandelle et qu’il s’agit d’une ligne Maginot à la française. Ces derniers temps, je suis plus concerné par nos propres affaires fiscales que les leurs : http://hugues.blogs.com/commvat/2007/06/gagner_plus_pou.html
Esurnir,
Enfin, disons que les Russes ont raison, de leur point de vue, d’être mécontents si la technologie occidentale surpasse la leur, rendant leurs propres missiles obsolètes. Mais en tant que cible potentielle, je n’ai pas beaucoup de sympathie pour leur malheur.
Spurrina,
Absolument. Mais KGBiste (prononcé kaguébiste) sonne vraiment mieux.
Passant,
Je ne veux pas dire de bêtise au risque d’être démenti par le type de RMC, mais je crois que la France possède également quelques sous-marins capables de se déplacer...
Kévin,
Mais oui, 100% d’accord. Mais encore une fois, lorsque tu es une victime collatérale potentielle, tu ne comptes pas les points en jouant les Salomon. Si les Russes pointent des missiles sur Paris, c’est là qu’est mon problème : je ne suis pas qu’un spectateur et le problème se pose dans les mêmes termes qu’au moment de la crise des euromissiles.
Cdc,
Ben moi...
Thot,
Utiliser sa mémoire et son expérience n’est pas « rester figé ». Mais peut-être pourras tu développer une argumentation un poil plus complète...
All,
Il y a toujours la possibilité que ça finisse par marcher. La technologie, ça avance.
Rédigé par: Hugues | jeudi 07 juin 2007 at 10:35
@ Passant: la France a abandonné ses missiles tactiques nucléaires dans les années 1990. C'est écrit dans l'article dont vous nous donnez l'URL...
Aujourd'hui la force nucléaire française se résume a un sous-marin nucléaire lanceur d'engin en alerte permanente.
@Hugues.
Correctif sur la crise des SS-20 ou "euro-missiles"
Depuis longtemps, les russes disposaient d'armement capable de toucher les villes européennes: leurs fameux missiles balistique inter-continentaux, capables de toucher les États-Unis et à fortiori l'Europe (ce n'est pas pour rien que les russes ont été les pionniers de l'espace).
Cependant la précision de ces missiles restant approximative, seuls les grands centre de population étaient susceptibles d'être visés, et non les forces armées ennemis. C'était un équilibre de terreur.
Mais les SS-20 ont été une innovation technologique conséquente au niveau militaire: leur précision (de l'ordre du kilomètre) permettait de cibler des colonnes ennemis et donc d'utiliser les armes nucléaires sur les champs de bataille et non uniquement comme arme de dissuasion et d'annihilation totales.
Dans leur logique de réponse graduelle, les américains ont développé un missile équivalent (et plus précis): les Pershing et Tomahawk qui seront déployés en Europe avec le même objectif.
Ref: L'histoire n°210, pp14-16: "Euromissiles : la dernière bataille Est-Ouest"
Rédigé par: Bernouilly | jeudi 07 juin 2007 at 10:41
@Bernouilly : certes les SS-20 (appellation sinistre créée par l'OTAN, soit dit en passant)étaient des armes de théâtre comme les Pershing, mais un des grandes raisons des énormes manif du début '80 était la doctrine de frappe tactique préemptive, les USA ne voulant pas se priver de lancer des missiles nucléaires les premiers ; l'URSS s'y refusait et faisait donc le jeu des pacifistes, qui affirmaient croir en la parole du Kremlin.
Rédigé par: cdc | jeudi 07 juin 2007 at 10:57
quitte à être taxé d'antiaméricanisme, je n'aime pas trop que les USA continuent leur bluff aux armes de destruction massive,
en modifiant la dernière lettre de la cible de l'Irak à l'Iran,
je n'ai pas entendu que les russes allaient viser des villes en europe mais plutôt ne s'interdisaient pas de cibler les équipements militaires américains installés...
US ARMY GO HOME....
Rédigé par: francis | jeudi 07 juin 2007 at 13:00
Sans vouloir me prononcer sur le bien-fondé de l'installation ou non du système américain de défense anti-missile, je crains que ce soit aussi la façon (maladroite, il faut l'avouer) dont l'administration US a procédé qui a contribué à rafraîchir l'atmosphère entre Moscou et Washington. Et donné à Poutine un prétexte pour monter sur ses grands chevaux. En bonne pratique diplomatique, lorsqu'on est en paix avec un pays (comme les USA et la Russie...), on commence par ne pas lui faire des surprises du genre installer sans l'avertir un système anti-missile chez ses voisins. Et sans même passer par l'OTAN, qui est pourtant compétent en la matière. Et où les pays européens ont voix au chapitre...
Sans faire de l'anti-américanisme systématique, on ne peut pas ne pas constater que la diplomatie US procède souvent comme si l'avis des autres ne comptait pas. Maladresse ou arrogance ? Sans doute un peu des deux.
Rédigé par: Irène Delse | jeudi 07 juin 2007 at 13:49
Bonjour,
Je découvre ce blog par je ne sais quel lien (à la réflexion, c'est sûrement celui d'Eolas).
J'apprécie le style, le ton, l'humeur et tout ce qui va avec.
Je reviendrai donc.
Je mesure en quoi ce commentaire est peu interessant. Mais ca ne m'empêche naturellement pas de l'écrire (Netocratie oblige...).
Rédigé par: DB | jeudi 07 juin 2007 at 16:05
Je viens de lire "d'anti missile offensif", dans l'un des commentaires.
C'est quoi un anti missile offensif ? Une frappe preventive sur les silos d'en face avant qu'il tire ? Ca il n'ont plus besoin du tout de base en europe pour le faire. Les Trident sont reputer d'etre tres precis dans leur tir. En googlant rapidement une tete a une chance sur deux de tomber sur la cible dans les alentour de 26 pieds (wikipedia dit 90 metre mais sans source). Avec 8 tete par missile, 24 missile par sousmarin, a quoi cela servirait de placer d'autre missile nucleaire en europe ?
Les intercepteur evoquer sont des missile baser au sol d'interception lors de la phase intermediaire. Leur arme est un projectile sans explosif qui devrait "miraculeusement" reussir a distinguer la tete du reste des leures et la percuter pour la detruire.
Le coups des deux cow boy qui se tire dessus et voit leur balle s'anhiler entre elle en quelques sorte.
Je dirais tout de meme au sceptique qu'a force de mettre des milliards de dollards dans le projet, il en sortira bien quelquechose.
Rédigé par: Esurnir | jeudi 07 juin 2007 at 18:34
Pffff... US ARMY GO HOME, ça me rappelle le US GO HOME sur tous les murs de France dans les années '50 (mais, je le reconnais, avec une meilleure sémantique). Ca me fait toujours rigoler de voir ce genre de rhétorique (?!) chez ceux qui se réfugient derrière leur belle indépendance en honnissant ces salauds d'Amerloques, mais quand ils interviennent au Kosovo se rendent compte que les munitions des uns ne vont pas dans les armes des autres et qui crient au secours pour que lesdits Amerloques leur garantissent des armes payées par les bons rednecks méprisés ! Ah, la CED, c'était quéq'chose, mais si j'ai bon souvenir (et j'ai bon souvenir), c'est la France qui l'a rejetée, non ? Et il n'y avait pas - loin de là ! - que les cocos à s'y opposer !
Rédigé par: cdc | jeudi 07 juin 2007 at 22:57
Je suis peut-être un peu plus concerné par le contribuable américain vu que mon père en a été un à une époque, mais la question centrale n'est pas là: tant que le bouclier anti-missiles était un problème américano-étasunien, je trouvai cette histoire de bouclier anti-missiles plutôt rigolote, parce que dans le fond, j'aime bien rire aux dépends des cousins d'outre-atlantique. Le problème, c'est que là, la ligne Maginot made in america, elle ne se contente plus de faire semblant de protéger le territoire US, elle prétend faire semblant de protéger le territoire européen: là ce n'est plus le voisin qui se fait naïvement arnaqué, c'est moi, et ça me fait déjà moins rire. De plus, comment fera-t-on si, demain, en essayant de mettre en place une défense européenne, des gouvernements et députés européens viennent nous expliquer doctement que c'est inutile puisque l'Amérique veille? On se retrouvera sans défense européenne avec une "protection" qui ne servira à rien, de quoi se sentir rassuré enn cas de conflit.
Rédigé par: Laurent Weppe | vendredi 08 juin 2007 at 01:44
Le B-A-BA de la compétitivité économique nationale consiste aussi à bien comprendre que chaque fois que son voisin se lance dans de grands projets stratégico-militaires qui coutent très chers et ne font progresser la recherche que dans des directions inutiles, la compétitivité relative de sa propre économie par rapport à celle de son voisin est augmentée d'autant, contribuant à autant de perspectives d'emploi et de revenus du travail.
Ainsi, bien plus que les gesticulations de Sarko, Blair, ou d'autres guignols, ce sont les projets militaristes des USA, de la Russie et de la Chine qui contribuent objectivement le plus au maintien de l'emploi en France.
Si, effectivement comme le dit Laurent Weppe, de plus les dépenses américaines inutiles permettent par effet de mutualisation d'éviter des dépenses inutiles européennes, c'est double-bénéf (quoi que, l'expérience démontre que la tentation de Galileo a encore trop bonne presse pour qu'il soit prudent de se reposer sur le bon sens des penseurs diplomés).
Donc, Mr Bush, Mr Poutine, les citoyens français vous remercient : continuez. Et s'il vous plait, affirmez bien que grâce à vos somptuaires dépenses, les projets européens similaires deviendront, comme Galileo, d'inutiles gouffres financiers.
(Le G8 était-il un diner de cons ?)
Rédigé par: Passant | vendredi 08 juin 2007 at 07:56
Galileo, certes, mais Rafale, ça ne vous dit rien ? C'est plein sujet !
Rédigé par: cdc | vendredi 08 juin 2007 at 12:20
Ah la CED ! En effet, cdc, il n'y avait pas que les cocos pour s'y opposer, il y avait aussi Pierre Mendès-France. Vous savez, celui qui a désapprouvé le Traité de Rome...
Rédigé par: Edgar | samedi 09 juin 2007 at 23:45