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jeudi 13 septembre 2007

Commentaires

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Avant que je n'en fasse état chez moi, il y a peut-être un point sur lequel tu pourrais m'offrir une confirmation : si les agents de la RATP (entre autres) ont signé pour la retraite à 55 ans, si comme le dit Joffrin, "un contrat a été passé en début de carrière", quid de tous les salariés des régimes généraux ? Un "contrat" n'a-t-il pas aussi été signé en début de carrière ? N'ont-ils pas commencé à travailler dans la certitude d'une retraite à 60 ans ? Ils ont pourtant "accepté" de prendre leur part du fardeau...

Peut-être oubliez-vous qu'il fût un temps, pas si lointains, où les régimes de retraites, très différents selon les branches d'activités, avaient été négociés à l'intérieur des branches professionnelles.

C'est ensuite l'Etat, dans un grand consensus entre UMR et PS/radicaux qui a décidé d'unifier les différents régimes de retraite, notamment pour adosser des emprunts destinés à financer le déficit des finances publiques, en déguisant la chose en mesure sociale, alors qu'il s'agissait ni plus ni moins que d'une nationalisation, ou plutôt, une spoliation.

Si désormais, après avoir pu financer (sans résultats économiques, d'ailleurs) son endettement grâce au détournement des cotisations retraites des salariés, l'état se trouve toujours aussi dépourvu, c'est à la solidarité nationale, c'est à dire l'ensemble des français d'en assumer les conséquences : et pas seulement à quelques-uns.

Comptez sur les mois qui viendront pour remémorer ces belles histoires aux français. Et notamment, plaider pour un retour à la situation antérieure à la nationalisation des régimes de retraite.

D'accord, le PS ne doit pas s'arc-bouter sur les régimes spéciaux sous peine de passer encore un peu plus pour un parti rétrograde.

Mais alors, comment faire valoir la différence de la gauche sans se voir immédiatement phagocyté par la droite : "vous voyez, même le PS est d'accord pour dire que... etc." ?

La marge de manoeuvre est étroite pour le PS.

Vous proposez quoi, Hugues ?

Koz,
C'est ce que je dis dans ma note. Le "contrat' d'un salarié du privé auquel on demande d'accepter l'augmentation du nombre de trimestres de cotisations en cours de carrière n'est pas moralement moins valide que celui du gazier ou du cheminot.

Mais j'imagine que les syndicats répondront qu'ils sont également hostiles à l'augmentation des trimestres dans le privé et qu'ils exigent au contraire, dans leur immense générosité, l'alignement de tous sur le régime le plus favorable.

Bec et ongles,
Dans le contexte de la retraite par répartition, l'Etat ne prélève pas d'argent sur les cotisations pour le mettre dans sa poche. Et je vois mal d'ailleurs, de quelle poche il s'agit si vous parlez de financer un déficit généré par des dépenses publiques.

Aujourd'hui, les actifs paient pour les inactifs. C'est aussi bête que ça. Si le ratio actifs-inactifs est déséquilibré parce que les seconds vivent plus longtemps et démarrent plus tard dans la vie parce qu'ils font des études, l'effort qui est demandé aux actifs augmente. D'autant plus qu'ils doivent également financer les études longues des inactifs jeunes et les soins sophistiqués des inactifs âgés. Existe-t-il un moyen inédit et original de contourner ce problème au-delà de l'accroissement du nombre d'années de travail ? Et les cheminots et autres gaziers doivent-il rester à l'écart de ce mouvement ?

Yr,
Je propose, pour commencer, d’arrêter de prétendre qu’il n’y a pas de problème. Ce serait un bon début. Je propose d’arrêter de raconter que, si les charges salariales n’avaient pas été abaissées, il y aurait de l’argent dans les caisses quelles que soient les circonstances démographiques.

Tant que nous ne parvenons pas à expliquer qu’il n’est pas « de droite » de faire face au problème, on n’avance pas. Tant que l’on postule que ce qui fait la gauche, c’est la soumission au dogme et au corporatisme, on se moque du monde et l’on éloigne les chances de faire naître une vraie alternative.

Pour qu’une réponse soit donnée, il faut une question. Il ne suffit pas de nier la question pour donner le sentiment de se distinguer et poir s'opposer. En tout cas, les scrutins indiquent que ça ne marche pas.

Je ne le contestais pas, Hugues, je cherchais une validation de mon raisonnement auprès d'une autorité morale supérieure et idéologiquement moins suspecte de complaisance avec les intérêts de la classe financière dominante.

Koz,
L'autorité morale supérieure et non suspecte valide. Va en paix.

Une prévision : Joffrin, Hollande et tous les sociaux-démocrates honteux rejetteront finalement le texte du gouvernement en admettant que, certes, il fallait se préoccuper des régimes spéciaux, mais, quand même, pas comme ça, pas avec si peu de cas accordé à la négociation et au dialogue. Au final, ils concluront que le gouvernement a usé d'une "méthode brutale" et ça leur permettra d'afficher une opposition de façade. J'ai tout faux ?

Hughes: Il fut un temps où les régimes aujourd'hui déficitaires étaient largement excédentaires : grâce à la captation des excédents, l'état payait ses fins de mois ou plutôt, sa politique sociale, tout simplement, en arguant du fait que par décision du peuple, ces excédents revenaient au peuple : d'où l'accusation de spoliation qui ne manquera pas de sortir du bois étayé de nombreux arguments historiques d'autant plus aisés à trouver que certaines hommes politiques en activité au moment des faits sont toujours en scène.

@Bec et ongles : Quels régimes aujourd'hui déficitaires étaient largement excédentaire auparavant ? Mon grand-père qui avait pris sa retraite au début des années 80 m'hésitait pas à souligner que grâce la comptabilité dont il s'occupait dans les hopitaux il pouvait voir déjà à l'époque que les régimes des fonctionnaires était en déficit, et que c'était le régime général du privé qui le comblait.

Le PS risque surtout de se laisser entraîner par la tentation de casser du sucre sur le dos du gouvernement, alors qu'au fond je suis persuadé que personne n'y est véritablement favorable au maintien de tous les régimes spéciaux.

John Reed, tout comme le dit Francois X ( ainsi que vous ), pour le PS c'est un affichage de facade, histoire de dire "Vous voyez, nous au moins on s'y est opposé !!!"

Je me souviens avoir entendu Louis Gallois expliquer que la banalisation du régime de retraite de la sncf, pourquoi pas, mais qu'il fallait aussi tenir compte du fait que les salaires de la sncf sont en moyenne plus faibles qu'ailleurs.

Moi j'aime beaucoup la gauche moderne adepte du wi n/win (notre bling bling à nous), mais je ne vois pas pourquoi les bénéficiaires actuels de régimes spéciaux (dont je ne suis pas, pour les mauvais esprits) accepteraient du win/lose.

Que cette réforme ait moins l'air d'une recherche désespérée d'économies pour faire plaisir à Bruxelles, elle aura peut-être plus de chances de passer un jour.

@Edgar : "win/lose". lose je comprends mais qui "win" dans votre histoire. Si c'est tous les Français qui cotisent, c'est pas mal quand même.

Je pense que la gauche Française a besoin de se libérer de ses tabous un bon coup, cela enverrait un signal fort aux citoyens pour prendre la voie d'un socialisme du réel, un peu plus pragmatique, sans renoncer à la solidarité.

En l'occurence, il s'agit vraiment d'une situation où l'on voit que la solidarité exprimée par certains va à l'encontre d'un bien commun un peu plus large...

C'est très révélateur, et si à l'avenir, le conflit gauche-droite se déplaçait sur jeunes-vieux ?

Edgar, les salaires de la Sncf sont plus bas qu'ailleurs ? ah bon ? et plus bas qu'où au fait ?

@ François X : j'ai tendance à faire confiance à Louis Gallois, mais on peut douter de tout.

@fin stratège : on peut aussi décider de taxer les plombiers de 10€ pour le budget de l'état. est-ce juste pour autant ?

@Gemini : socialisme du réel c'est un joli slogan, creux, vide, dans lequel on met ce qu'on veut. en l'occurrence pas grand chose.

il faut réformer...certainement
mais l'important est dans le comment...
cf mon commentaire chez koz

http://www.koztoujours.fr/?p=464#comments

à propos des régimes "ex-excédentaires",j'ai souvenir du temps où le budget des PTT(et non le régime des fonctionnaires), en large excédent finançait par des prélèvements appellés "compensation" et "surcompensation" les régimes spéciaux déficitaires, comme les agriculteurs...

Mais pourquoi vouloir absolument éloigner l'âge de la retraite quand nous savons pertinement que les patrons qui le réclame à corps et à cri ne sont pas prêt à embaucher qui que ce soit s'il a plus de 40 ans ?

Un poil de littérature pour alimenter le débat, compensation et surcompensation qui paye pour qui : http://www.observatoire-retraites.org/observatoire/rubriques/dossiers/Compensation/compensation.htm

Il faut être conscient que certains régimes comme celui des fonctionnaires territoriaux ( CNRACL ) sont en train de basculer de l'autre côté de la barrière, les départs à la retraite massifs de la génération baby boom sont en cours et les effectifs des actifs ne suffisent plus à financer les pensions. La CNRACL qui a durant les 30 dernières années au moins aidé massivement à financer d'autres régimes va devenir déficitaire...

1) Des régimes spéciaux déficitaires, mais déficitaires pourquoi? Parce que les cotisations sont trop faibles, à cause de l'évolution démographique, ou bien parce qu'on a réduit les effectifs et la croissance des salaires et augmenté l'efficacité? (donc fait des économies, par ailleurs...)

2) Allonger de 11 ans la période de cotisation d'un fonctionnaire, et de 1 ans celle d' un salarié du privé, ce sont des "ruptures de contrat" qui n'ont pas tout à fait la même ampleur, si?

3) En théorie, il y a tout de même une différence entre des salariés du privé, pour qui les variations de salaire de marché réagissent aux variations des cotisations, et les agents publics pour qui le revenu n'est pas déterminé par un marché. La nature du "contrat" qui est rompu n'est pas la même.

4) L'étatisation et l'uniformisation de la politique des retraites n'est pas anodine. On peut avoir la nostalgie d'une gestion paritaire où les choix collectifs sont pris par secteur ou par profession. Et où les régimes peuvent être à la fois différents et solidaires entre eux.

5) En général, l'allongement de la durée de cotisation n'est pas la seule solution aux problèmes de financement. On peut aussi augmenter les cotisation, diminuer les pensions, réduire le chômage (en particulier des vieux...), inciter l'immigration, voire créer des retraites par capitalisation. Réduire systématiquement, automatiquement l'éventail des choix au nom "d'évidences" techniques ou économiques ne me semble pas très démocratique.

6) Et si, finalement, les cheminots étaient quand même un peu la "base avancée du socialisme" ? Et si, dans un pays désyndicalisé où les droits des salariés sont de plus en plus fragile, les "bastions" avaient une véritable importance stratégique ?

7) Le problème, cher Hugues, avec ces appels répétés au "réalisme", c'est qu'ils se désintéressent souvent de la réalité. Qui est compliquée, comme chacun sait.

Comme toujours la réference aux chiffres permet d'evacuer l'émotion de tous ces sujets. La Cour des Comptes nous rappelera que le régime général concerne 11 millions de personnes recevant 76 milliards de retraite alors que les régimes spéciaux concernent 3,5 millions de retraités recevant 62 milliards.

merlin,
je n'ai pas retrouvé ces chiffres qui m'étonnent beaucoup,dans les publications de la cour des comptes...
avez vous la référence?

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