Le nouvel opium du peuple
Et si la prohibition de l'usage du cannabis était le meilleur instrument de la rupture ?
200 000 personnes cultivent leur propre cannabis, estime l'Observatoire des drogues et des toxicomanies (cité par Le Figaro). On est tenté de dire : « quoi, 200 000 seulement ? » Compte tenu des quelque 12 millions de Français ayant, au cours de leur vie, testé l’herbe qui fait rigoler, des 4 millions d’utilisateurs « actuels » (une fois dans l’année) ou des 1,2 millions de fumeurs « réguliers » (10 consommations par an), un nombre aussi faible d’auto-producteurs a franchement de quoi surprendre...
Mais parce qu’il faut bien trouver une explication rationnelle à un phénomène aussi précisément quantifiable, en voici deux tirées directement de mon chapeau. D’abord, la France est essentiellement un pays de logements collectifs en location, à l’inverse de la Grande-Bretagne, par exemple. Du coup, on y manque de jardinets privatifs et l’idée de convertir un placard à vêtements en zone de culture hydroponique n’est pas toujours aisée à mettre en pratique. Seconde proposition : nous manquons cruellement d’esprit d’entreprise, d’où ces fréquents appels des fumeurs collectivistes à la mise en place d’une espèce de Seita du cannabis, laquelle serait chargée de la production et de la distribution d’une herbe aux qualités standardisées. Là, c’est plutôt notre différence avec la Hollande commerçante qui saute aux yeux.
Mais que l’on ne vienne pas me dire que c’est l’attitude rétrograde et hypocrite de leaders politiques refusant de mettre la loi en conformité avec une réalité sociologique qui est à mettre en cause ― bien au contraire. Parce que l’on fume du cannabis même chez Nicolas Sarkozy, ma conviction est faite : la poursuite de la prohibition est le meilleur moyen de pousser les Français à accomplir ce rêve d’une France de propriétaires de maisonnettes périurbaines, tout en les incitant à se prendre en main économiquement.
(Cliquez sur l'image pour voir la vidéo. Pour la voir une seconde fois, il peut être nécessaire de recharger la page)

je pense que sarko a encore sous la main un certain nombre de polemiques à la con pretes à servir.
celle-là en est une belle, et elle presente l'intéret d'offrir de bon titre pour les billets de blog:
le mien sera "écran de fumée"
Rédigé par: Martin P. | le jeudi 11 octobre 2007 à 11:26
Martin P.,
Ma fois, cette polémique-là, si polémique il y a, irait plutôt bien au-delà de Sarkozy pour s'étendre à l'ensemble de la classe politique. On fume du cannabis chez Sarkozy, mais on en fume aussi au PS ou chez les Verts. On en fume même chez Bayrou, dans la chaleur des universités d'été pleines de jeunes gens comme il faut. Il faut bien qu'ils soient quelque part, ces millions d'utilisateurs, non ?
(et puis il faut bien rigoler de temps en temps, zut alors !)
Rédigé par: Hugues | le jeudi 11 octobre 2007 à 12:07
Je serais curieux de connaître la position de Ségolène Royal là-dessus. Ainsi que sur les entreprenants "contrebandiers " de cigarettes, d'ailleurs. Ou les bars à chicha.
Parce que bon, casser des jeunes tentant de se sortir de leur condition par leurs propres moyens, c'est tellement tendance : entreprendre oui, mais uniquement pour monter des boîtes de service à la (vieille) personne (friquée, défiscalisée)
Rédigé par: Passant | le jeudi 11 octobre 2007 à 12:41
Autre tentative d'explication pour ce manque d'initiative marie-jeannesque : côté agriculture, la france ne sait plus faire petit. La faute à la FNSEA et un demi-siècle de productivisme. C'est comme ça, on ne peut pas s'empêcher de passer direct à l'échelle industrielle. Pour un coups, l'actu appuie mes dires : un entrepot entièrement équipé, avec 200 pieds de 2 mètres de haut, a été découvert hier. Voilà la solution pour régler le problème à la fois de la crise agricole, mais aussi du développement des DOM-TOM. Stop à la banane et son flot de pesticides, vive la beu, le chich, la weed... Enfin, moi je dis ça, c'est juste au niveau économique. Question santé, il faudra faire des gateaux. Plein. Partout.
Rédigé par: Purussaurus | le jeudi 11 octobre 2007 à 14:33
Il y a un fossé — un abime — entre la soirée en ville à la fin de laquelle ou on allume un pétard après le repas, et la consommation incoercible d'un cannabis de plus en plus chargé en THC* par des sujets qui sont la plupart du temps très jeune : d'un coté la convivialité de gens biens insérés, de l'autre une toxicomanie avérée.
Cette constatation faite je n'ai pas de solution législative ou sociétale particulière à proposer.
(*) merci à la Hollande, l'autre pays du fromage.
Rédigé par: all | le jeudi 11 octobre 2007 à 15:21
Passant,
Ségolène fait comme tout le monde. Elle trouve qu'il s'agit d'un terrible fléau : http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/politique/elysee_2007/20070320.OBS8002/segolene_royal_estcontre_la_depenalisation.html
Purussaurus,
Surtout qu'il faudra bien faire quelque chose de ces milliers hectares en jachère dont l'Europe suggère la réutilisation mais que les agriculteurs ne souhaitent plus exploiter : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-955557,0.html
All,
Evidemment, qu'il y a un fossé entre les adultes bien insérés qui fument un pétard en discutant de l'attitude de la BCE en matière de baisse des taux après un bon repas et les jeunes qui se défoncent à la Skunk avant d'aller au lycée.
Mais je crois savoir que le fossé est tout aussi large qu'entre les mêmes adultes qui dégustent un Saint-Estèphe sur une côte de boeuf et les ados qui s'enfilent bière sur bière dans une cave le samedi soir.
D'autres pays ont d'autres approches, moins "politique de l'autruche", et je ne crois pas que leur situation sanitaire soit si déplorable.
Rédigé par: Hugues | le jeudi 11 octobre 2007 à 16:13
Si vous pouvez lui suggérer, par exemple sur ces sujets, de tenter de les créer, ses chers jury^Wconseils citoyens, peut-être feriez-vous progresser sa pensée dans le sens d'une plus grande acceptabilité par les citoyens. Car après, même en se limitant aux pict-charentais, il doit y avoir matière à constituer un tel jury^Wconseil.
Mais au fait, n'est-il donc venu à l'esprit d'aucun des supporters de la belle qu'un jury citoyen aurait sans doute non seulement la légitimité, mais aussi, la liberté de parole requise pour contredire Sarkozy ?
Rédigé par: Passant | le jeudi 11 octobre 2007 à 17:04
Re Hugh, Hugues (faut que j'arrête les clowns au petit dej). L'article du Monde ne fait que confirmer la schyzophrénie européenne : supprimer les jachères, mais développer une agriculture plus repsectueuse de l'environnement... Et pourquoi pas organiser des rallyes automobiles pour lutter contre les émanations de co2 ?
Les jachères, ça permet à la terre de se reposer, donc de limiter les intrants à terme. De même, ça permet de "diluer" ces même intrants (insecticides et pesticides) utilisés dans les parcelles voisines sur de plus grandes surfaces. Plus de jachères = explosion de l'utilisation de produits chimiques. Cela dit au passage, cet article soulève le problème de la bouffe nécessaire pour nourrir la planète, sans évoquer la question des bio-carburants, en passe de se développer à tout crin pour remplir nos réservoirs et accroître encore le vide intersidéral des estomacs de nos voisins...
Rédigé par: Purussaurus | le jeudi 11 octobre 2007 à 18:16
En tout cas merci Hugues, tout ça m'a fait monté la moutarde transgénique au nez botoxé, et saisir d'une main leste mais vigoureuse mon clavier pour me fendre d'un article pourfendeur sur cette c... sans fond que sont les bio-carburants...
Rédigé par: Purussaurus | le jeudi 11 octobre 2007 à 20:16
Hugues vous en êtes certain ? C'est la prohibition la cause de la rupture ? Mais alors, si je légalise le cannabis, peut-être qu'elle reviendra ??? Merci pour votre suggestion. De toutes façons, je suis prêt à tout pour la retrouver. Je vais y réfléchir sérieusement. Ah, si vous n'étiez pas là, qu'est ce que je ferais ?
Rédigé par: Mon Elysée | le jeudi 11 octobre 2007 à 21:08
Personnellement, je ne suis jamais si véhément pour défendre Sarkozy que sous l'effet du THC. Mais ce que tu ne comprends pas Hugues, c'est que la rupture est une dialectique, quelque chose de baudelairien ; or, l'herbe développe les capacités dialogiques de l'individu, ce qui nous permet de retomber sur nos pieds. Je t'expliquerai ça mieux autour d'une pipe à eau. Bien à toi,
Rédigé par: François X | le jeudi 11 octobre 2007 à 21:17
Cette note a-t-elle été rédigée dans un état second ?
Rédigé par: Tri Sélectif | le vendredi 12 octobre 2007 à 10:19
Tri sélectif : impossible, c'est interdit !
Rédigé par: Fin stratège | le vendredi 12 octobre 2007 à 10:44