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vendredi 12 octobre 2007

Serment d'hypocrite ?

Les étudiants en médecine refusent d’être forcés à s'installer en zone sous-médicalisée.  Mais qu'on ne s'y trompe pas : c'est pour notre bien.

MdecineOn me reprochera sans doute de ne pas faire mon devoir d'opposant en ne sautant pas sur cette nouvelle occasion de taper sur l'hyperprésident... On m'accusera peut-être de m'en prendre plus souvent qu'à mon tour à la gent médicale... Qu'importe : la présence de 10 000 apprentis-médecins en colère dans les rues de Paris, hier jeudi, était bien le plus bel exemple d’hypocrisie corporatiste qui se puisse rêver.

Que cette armée de privilégiés (comment appelle-t-on un fils de bonne famille dont les études à plusieurs dizaines de milliers d’euros sont intégralement prises en charge par la collectivité ?) se présente comme le bras armé de la santé mono-vitesse au motif que l’Etat projette d’expédier quelques uns de ses membres là où l’on a besoin d’eux est en effet ahurissant. La France, répétons-le autant de fois que nécessaire, ne manque absolument pas de toubibs. Elle serait même très au-dessus de la moyenne de l’OCDE en termes de densité médicale et semble bien partie pour le rester. Mais la propension de nos carabins à privilégier, une fois diplômés, Paris, Lyon ou Nice sur le reste du territoire commence à faire désordre. Qu’une incitation à la découverte des joies de la vie au grand air soit enfin envisagée n’a donc rien de choquant et pourrait même être présentée comme un juste retour des choses : vous avez fait de longues études dans d’excellentes facultés publiques, vous vous préparez désormais à gagner votre vie plutôt confortablement dans le cadre d’un système de santé fondé sur la solidarité... Peut-être est-il temps de dire merci.

Oh, personne ne songe sérieusement à vous forcer à passer la totalité de votre carrière à Guéret ou à Romorantin : la vie y est si ennuyeuse et les dépassements d’honoraires si délicats à négocier. Mais que le conventionnement d’une poignée de nouveaux venus à la profession dépende d’une première installation en zone rurale permettra à ces derniers d’apprécier pour ce qu’il est leur retour subséquent à la civilisation. Et tiens, qui sait, quelques uns d’entre eux pourraient même lui trouver du charme, à ce séjour chez les péquenots.

Cela-dit, et si j’en crois les témoignages recueillis à la manif par Libération, nos médecins en herbe n’ont pas encore totalement harmonisé leurs arguments. Bon, pour les uns, vraisemblablement les moins roués aux subtilités de l’agit-prop, il s’agit clairement d’un combat de classes : « Quand même, on est une profession libérale. Je n’ai pas choisi d’être fonctionnaire ! Et puis ça ne correspond pas à ce que nous avait dit Nicolas Sarkozy... » Mais pour les autres, recyclant habilement le discours de leurs camarades de la SNCF, on est bel et bien dans la lutte systémique : « Ce qui nous choque, avec le déconventionnement qui nous menace [en cas d’installation urbaine non entérinée par la Sécu]. C’est l’évolution d’un système où les patients  ne seront remboursés que s’ils ont de bonnes complémentaires. Je ne veux pas soigner les riches ». Un petit malin convaincu de faire vibrer les bonnes cordes en s’adressant à un journaliste de la presse de progrès, évoquait même, toute honte bue, un « système à l’américaine », voire  une « émigration médicale non-choisie ».

Sécu à deux vitesse et dérive yankee d’un côté, quasi fonctionnarisation de la médecine libérale de l’autre... Les options restent donc à fixer de la tournure que prendra ce mouvement si le gouvernement campe sur ses positions. Dans l’intervalle, les médecins à diplôme étranger à 2 500 euros par mois, sans lesquels plus aucun hôpital de province ne fonctionnerait, continueront d’assurer l’intérim.


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Commentaires

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A ma profonde stupéfaction, j'ai l'impression d'être de ton avis... sauf évidemment en ce qui concerne la mention aussi crétine que hors sujet sur la SNCF, mais je sens bien que tu l'as mis tout exprès pour m'énerver.

Pardon, pas mis, mise... Quand on m'énerve, j'en oublie d'accorder les participes.

Histoire de ne pas rajouter un post pour rien, je te suggère de remplacer le jeu de mots archi-éculé de ton titre par "Hippocrate ou ploutocrate?" C'est un peu moins usé...

Les toubibs, c'est les profs de la droite, le gros bataillon de la clientèle électorale de l'UMP. A quel point l'hyper-président les énervera-t-il pour privilégier l'intérêt général ? L'avenir le dira méméz applaudissements, s'il est courageux, rejoindront les tiens et ceux de poil de lama.

Ce que j'espère aussi c'est qu'on arrête un jour de faire payer sans cesse davantage les malades et que soient remises en cause les augmentations régulières des honoraires...

Le libéralisme réel pourrait être une alternative :

- Liberté d'installation
- Liberté de tarification

Pourquoi ne pas interdire aux médecins de baisser leurs prix ?

NB: 2500 € par mois est un revenu supérieur à celui dont bénéficient 75% des actifs...

Hum... en tant qu'étudiant en médecine, cet article me fait bondir. Car il ne parle pas du véritable problème de fond.

"La France, répétons-le autant de fois que nécessaire, ne manque absolument pas de toubibs."
Dans dix ans, elle en manquera, et beaucoup (il n'y a d'ailleurs aucune donnée là-dessus dans l'article de La Croix). Et dans dix ans, ce sera nous qui nous installerons.

Et puis non, la côte d'Azur et Paris ne tentent pas tous les médecins, loin de là. C'est juste que travailler 60h/semaine, faire des déplacements à longueur de journées et être de garde tous les week-end car il n'y a personne d'autre, ça ne tente pas un jeune qui vient de s'installer. Surtout que quand on finit nos études, on est en âge d'avoir de jeunes enfants... Quid des écoles que l'état ferme dans ces déserts médicaux ? Quid de la poste, du train, de ces services abandonnés par l'état ?

Désolé, beaucoup d'entre nous sont passionnés et peuvent passer du temps, mais on a une vie aussi.
Je pense que cette mesure, non seulement ne résoudra rien, mais ne fera qu'aggraver le problème en croyant le résoudre, car les vraies mesures, les vrais chantiers, ne seront pas fait.

Bref, une mesure qui arrange bien les médecins installés, mais qui ne fait qu'enfoncer les étudiants de maintenant.

Pardon pour le double-post, mais : "comment appelle-t-on un fils de bonne famille dont les études à plusieurs dizaines de milliers d’euros sont intégralement prises en charge par la collectivité ?"
Parce qu'on serait tous des fils de bonne famille ???
Ah, aussi, c'est vrai qu'on adore être payé 20€ par garde de 24H pendant 3 ans, de recevoir 1500€/mois à bac+7 pendant l'internat... Et j'en passe.

Néwick, pour vivre "votre vie aussi" et passer tout plein de temps avec vos enfants, devenez donc surfeur ! Votre réaction est atrocement emblématique de l'attitude des étudiants (toutes branches confondues) qui espèrent la quille dès la fin de leurs études, c'est scandaleux et vous ne vous en rendez même pas compte.

François X, une (courte) majorité de médecins vote à gauche depuis 81.

Encore un bel article et des réactions éclairantes, merci

@Névrik : Hugues de mauvaise foi ? allons...

Selon toi, quelles pourraient-être les solutions ?

@dom : faites-vous exploiter, c'est vrai, c'est plus simple pour nous tous ! On nous reproche de vouloir une vie familiale, elle est bien bonne celle-là ! Je ne demande pas les 35H !
Je sais que je n'ai pas pris une filière facile, je suis prêt à passer du temps, beaucoup même, pour mon futur métier qui est aussi une passion. Mais il y a des limites. Et dans le cas des médecins dans les campagnes elle sont largement atteintes.
Et puis, pourquoi nous reprocherait-on de vouloir que le gouvernement négocie avec nous, étudiants, et non avec les médecins en place, pour voir quels sont les mesures à prendre ?

@âne : déjà, une meilleure information sur l'installation et les mesures positives, auprès des étudiants, serait plus que bienvenue (quand on est en fac à paris, l'info sur l'installation en campagne est totalement absente). D'autre part, la création de dispensaires de santé (mini-hôpitaux) permettant d'accueillir les malades H24, et partageant les gardes entre les médecins est une solution envisageable. Sauf qu'il faut que l'état paie... Et dès qu'on parle d'argent, il fuit.
Faut pas se leurrer, un jour, il faudra bien investir si on veut avoir un système de santé adéquat.

Bon, ils sont justes furieux de ne pas avoir les mêmes conditions que leurs ainés. A la campagne il faut travailler beaucoup plus pour avoir le même revenu que dans une secteur à forte densité de population.
Mais quand il leur faut payer un "droit de présentation" à un vieux toubib sur le départ, ça ne les dérange pas ? Là on ne par le plus de médecine et de patients, mais de clientèle et de chiffre d'affaire.

donc si on résume les projets de réformes :
réforme des régimes spéciaux, de la carte judiciaire, du mode d'implantation des médecins, des lois royer galland, les projets relatifs à la libéralisation de l'implantation des pharmacies, et des jeux de hasard (commission européenne), et en dernier lieu non-cumul des mandats (commission Baladur).

Même en étant exagérément optimiste combien de ces réformes structurelles verront le jour ?

@Néwick
Si les médecins dans les campagnes ont autant de boulot c'est sans doute qu'ils ne sont pas assez nombreux. Mettez plus de médecins dans les campagnes et chacun aura moins de travail, et plus de temps pour leurs enfants.

Poil de lama,
Reste stupéfait : la mention de la SNCF n'est pas du tout hors sujet. Mais je ne développerai pas ici et maintenant : conservons temporairement cette belle harmonie de pensée sur le dos des toubibs en gestation.

En passant, cliché pour cliché, je préfère le mien au tien. Mais j'avais aussi pensé titrer : « Le beurre, l'argent du beurre et le conventionnement de la sécu ».


François X,
Bof, je ne suis pas impressionné par cette performance sarkozyenne. Ségolène, en son temps, avait su énerver les profs – qui sont les médecins de la gauche.


Denis,
Ce n'est pas le propos. Mais tout à fait d'accord avec toi.


Li-be-ra-li-sons,
Ces deux libertés existent et personne ne les remet en question. Je parle ici des médecins qui devraient se sentir concernés par la santé publique et le fonctionnement d'un système solidaire. Si l'un de ces jeunes toubibs a envie d'ouvrir un énième cabinet à Paris hors conventionnement, grand bien lui fasse.

2 500 euros, ce n'est pas beaucoup d'argent pour ces médecins à diplôme étranger dont la compétence est reconnue (ils ont le droit d'exercer) mais méprisée (ils sont discriminés) et enchaînent les gardes pour atteindre ce (bas) salaire .


Néwick,
N'hésite pas à bondir, alors. Encore une fois, la France ne souffre effectivement d'aucune pénurie et son ratio de médecins par habitant est très élevé. Non, bien sûr, tous les jeunes ne s'installent pas à Paris et Nice. Et quand je dis que la situation ne va pas changer, c'est parce que je constate que le numerus clausus est remonté et le sera à nouveau pour tenir compte de la pyramide des âges et du renouvellement des générations.

Mais il existe de plus en plus de déserts médicaux et il arrive un moment où il faut arrêter de se payer de mots et agir. Tu donnes toi même les arguments qui justifient que l'on fasse un peu de volontarisme en matière d'installations : si les médecins des zones rurales ou des petites villes sous-médicalisées tirent la langue, c'est parce qu'ils ne sont pas assez nombreux. Donc, renforçons les effectifs. C'est aussi bête que ça.

Mais pas la peine d'en rajouter sur le désengagement des services publics par ailleurs. On ne va pas reprocher à l'Etat de ne pas en faire assez ici mais d'en faire trop ici. C'est parce que les écoles des petits villages ferment que les médecins ne doivent pas soigner dans les patelins, c'est bien ça ?

Et c'est quoi « les vraies mesures, les vrais chantiers » dont les zones qui manquent de généralistes ont besoin. Éclaire-nous donc.

Enfin, puisque tu t'offusques de l'idée que l'on parle de privilégiés pour les étudiants en médecine, regarde donc autour de toi et parle moi de l'origine sociale moyenne de ceux qui sont à tes côtés dans les amphis. Voyons voir, un coup d'oeil à gauche, un coup d'oeil à droite... Hum. On est d'accord.

Mais les études médicales sont parmi les plus coûteuses qui soient. Et quand je dis plusieurs dizaines de milliers d'euros, c'est par excès de modestie : on explose très largement la barre de la centaine de mille au final. Cette dépense collective ne peut se justifier que si les médecins se sentent impliqués dans le système et ne se foutent pas de sa survie. Dans le cas contraire, là, oui, il faut vraiment le faire à l'américaine et leur demander de payer pour des études qui ne sont plus qu'un investissement à long terme, soit le moyen de gagner pas mal de fric tout au long de sa carrière.

je n ai pas fait greve car je pense effectivement que le patient doit etre au centre du systeme de soins et pouvoir beneficier d aide où qu il soit.Néanmoins je suis extremement choquée par la façon dont vous percevez les etudiants en medecine dont je fais partie: j ai travaillé a mi-temps à coté d'etudes qui en elle meme necessitent 70H d'investissement hebdomadaire ( c'est à dire que je travaillais la nuit et allais en cours et en stage le jour). je suis boursiere. Des tas d etudiants en medecine (environ 25% ) sont boursiers et travaillent pour payer leurs etudes. De plus la difficulté du cursus n est pas une légende: pensez-vous qu il y ait beaucoup d études où on passe des examens en sortant de garde? où on va en cours après avoir bossé 24H d affilée quasiment gratuitement(et ce pendant les 6 à 8 ans que durent le deuxieme et le troisieme cycle des etudes medicales)? Detrompez-vous les etudiants en medecine coutent peut etre à la collectivité, mais bien moins que ce qu il lui font gagner en prenant en charge les milliers de patients qui se pressent à la porte des urgences chaque jour. Qui suture les plaies? panse? trie les papiers? examine les patients à leur arrivée? redige les demandes d examens complémentaires? vous acceuille la nuit? Des externes , des internes.Il y a en moyenne un medecin thésé par garde... qui dort et que l on ne reveille qu en cas de probleme majeur (et c est normal, on ne peut pas ne pas dormir une nuit sur trois toute sa vie). Je vous demande donc un peu de respect pour ces medecins en devenir qui donnent enormément de leur personne pour vous, patients. Ces medecins en devenir qui sont loin de voler leur salaire quand il terminent leurs etudes : après 6 à 8 ans de travail gratuit et en quantité notable pour la société, on a le droit de vivre bien. A l âge où nous terminons nos études, vous touchez un salaire depuis une petite dizaine d année...

petite précision: un interne est muté tous les six mois ailleurs (dans une meme region mais ça peut etre à 200km du poste précédent), ce qui ne simplifie pas sa vie de famille. Quand à la densité medicale, vous etes bien mal renseigné... La feminisation de la profession et le fait que les medecins ne soient plus près à depasser les 50H hebdomadaires font que malgré l augmentation du numerus clausus on attend une baisse ressntie bien plus importante que la baisse numerique du taux de medecins(on s attend à une baisse de 40% de l activité medicale dans les dix prochaines années). C est tout le problème...Et l on ne peut tout de meme pas repprocher à une femme de vouloir avoir des enfants.

erratum: nous ne travaillons pas completement gratuitement, mais gagnons 90 euros par moi pendant l externat. Quand au coût des etudes theoriques... Dans la plupart desvfacultés il n y a pas de cours au delà de la troisieme année: l etudiant travaille en autonomie dans des bouquins et passe des controles continus.

elodie O écrit :"Ces medecins en devenir qui sont loin de voler leur salaire quand il terminent leurs etudes : après 6 à 8 ans de travail gratuit et en quantité notable pour la société, on a le droit de vivre bien"

Oui elodie O c'est l'argument que j'entends toujours : je n'ai pas fait 7 ans d'études après le Bac pour gagner le smic.
Mais n'oubliez pas que vous faites médecin pour soigner les gens, ce que vous appelez travail gratuit je le nomme formation. Comme un apprenti qui gagne 20% du smic la première année d'apprentissage, vous devez être entrainés aux soins et prouver vos capacités. C'est le deal et vous le connaissez.
Vous parlez de "salaire", les médecins revendiquent plutôt le côté libéral (au sens 'entreprise individuelle') de leur métier, dans un système de soins qui est étatique. Il faut donc accepter les orientations données par les pouvoirs publics ou ne pas signer le contrat, l'avantage social de la profession est lié à des contraintes - de financement pour la plupart.

mais j accepte! je vous ai précisé ci-dessus que je n avais pas fait greve. Et je n ai pas fait mes etudes pour le salaire puisque je compte travailler dans le secteur hospitalier. je ne reagis pas quand à la greve ou je partage en certains points votre avis, mais quand à la façon dont vous considérez les etudiants et les medecins. quand aux apprentis ils gagnent 20% du smic comme vous l avez précisé et non 90 euros, ils n ont pas comme moi aujourd hui 24 ans et une vie de couple (et pour certains une vie de famille) et ne gerent pas seul le travail en cours. S'il n y a plus d etudiants, il n y a pus d hopitaux. Ceci est valable aussi pour les etudiants infirmiers et etudaintes Sage-femme.Celà-dit j ai fait ces etudes là pour soigner et non pour gagner, je me destine soit à un travail aux urgences soit à une installation en campagne ou en banlieue difficile. au cours de mes etudes j ai été engagée dans plusieurs associations (aide aux toxicomanes, prostitués, samu social)à titre gratuit bien sur... Le mot de la fin: notre profession est comme toutes les autres , c est à dire que certains ont du mal à accepter la vraie solidarité. Tous comme nos concotoyens qui refusent de lacher leurs regimes speciaux ou l instauration d un service minimum ou de travailler plus longtemps (alors que l on vit plus longtemps). Sur ce, bon dimanche.

désolée pour les fautes, j ai posté sans relire .

Elodie O,
Il faudrait peut-être éviter de tout mélanger pour éluder le problème principal, qui est bien celui des déserts médicaux (soit bel et bien l'absence de médecins libéraux, généralistes ou spécialistes, dans de nombreuses zones du territoire).

Mais reprenons tout de même vos arguments. D'abord, vous avez dû travailler pendant vos études. Et alors ? C'est bien la moindre des choses si vous avez dû gagner un peu d'argent sur la dizaine d'années post-bac que durent les études de médecine. Je sais bien qu'il est souvent de bon ton d'expliquer que les étudiants ne devraient jamais perdre leur temps avec ce genre de contraintes ridicules, mais la partie anglosaxonne de mon cerveau m'incite à penser qu'ils devraient au contraire être obligés de prendre des commandes dans des restaurants et de faire les vendanges pour avoir le droit d'aller à la fac.

En outre, l'argent que vous avez ainsi gagné ne servait pas à financer vos études, qui sont gratuites en dehors de frais d'inscription dérisoires (et d'une non-moins dérisoire affiliation au régime de sécu étudiant) mais à payer pour vos frais de logement et de nourriture. Faudrait-il que les étudiants en médecine soient également nourris et logés ?

Mais je ne reproche pas aux carabins ce qu'ils coûtent, tant qu'ils demeurent un investissement collectif, une sorte de démarche gagnant gagnant pour la société. On les forme, ils gagnent bien leur vie, ils nous soignent. Ca me paraît un assez bon deal all round. Mais s'ils se foutent de la santé publique au point de refuser que des conventionnements puissent être refusés là où l'on trouve 50 médecins au m2 et s'offusquent d'une incitation à s'installer quelques années à Trifouilli-sur-Aiguilette, le deal est rompu. Et il faut le dire.

Personne ne vous reproche de vivre bien après vos études, au contraire. Je trouve que les médecins hospitaliers sont mal payés et je ne parle même pas des étrangers. Je trouve même que les libéraux pourraient gagner plus sans que ce soit scandaleux s'ils acceptaient de jouer le jeu en matière de contrôle des dépenses. Personne ne conteste que les études soient difficiles (ben oui, ce sont des études de médecine, remember ? On ne vous avait pas prévenue ?) Personne, enfin, ne conteste que les gardes que l'on vous confie sont longues et mal payées : protestez-donc contre ces vrais problèmes. Mais ne ne venez pas les évoquer pour défendre ce qui n'est qu'un égoïsme corporatiste de plus : le droit de dire merde à la société lorsqu'elle demande un peu de réciprocité.

D'ailleurs, si vous pensez que tous les cours au-delà de la troisième année ne valent rien, il faut refuser de les suivre.

ça y est nous avons un embryon de points communs : il faut que tout le monde fasse un effort pour que ça fonctionne et repeupler les deserts medicaux en fait partie.Il faudrait néanmoins que les pouvoirs publics acceptent une concertation (qui a été refusée) pour decider des modalités de ce repeuplement.Nous serions tout à fait enclins à travailler en zone rurale meme dans le massif central si l etat acceptent d ouvrir des maisons medicales de gardes, de tout faire pour garder les petits hopitaux et les maternités de niveaux un ouvertes . Un medecin seul n est rien, il lui faut des collègues et la pssobilité de faire des examens complementaires pour etre efficace. Je pense qu il faut vraiment se battre pour que d une part les petites structures existant actuellement ne soient pas fermées comme c est entrain de se faire et d autre part pour que les medecins encore reticents acceptent qu ils ne pourront pas s'installer exactement où ils le veulent (chose qui n est possible pour aucun thesard dans aucune discipline, medecine où pas).
ps: le problème du travail à coté des etudes de medecine, c est que le temps manque puisque les etudiants ont stage aussi les w ends et n ont plus de vacances scolaires mais cinq semaines à prendre par an (pendant lesquelles ils ont cours ... Donc quand on prend des vacances on louppe necessairement des cours et des controles continus , sauf l été ou les cours s arretent)

Elodie O,
Je suis désolé, mais là encore, c'est de l'amalgame corporatiste. La fermeture de certains petits hôpitaux où les actes complexes ne sont pas assez nombreux pour assurer la sécurité des malades n'est pas la crapulerie que l'on dénonce par réflexe. Il faut parfois se demander si la nature de ces combats n'a pas plus à voir avec des questions d'aménagement du territoire et d'emploi qu'avec de la médecine bien comprise. Mais cette question n'a de toute façon absolument rien à voir avec la présence d'un généraliste ou d'un ophtalmo dans un patelin du massif central !

Oui, les maisons médicales et les regroupements de compétences sont une bonne idée, même à Paris, d'ailleurs. Mais, encore une fois, la présence de généralistes libéraux (et de spécialistes) en nombre suffisant sur tout le territoire est un objectif en soi, qui n'a rien à voir avec le baratin global sur la fermeture d'une ligne SNCF quasi désaffecté ou celle d'un bureu de poste ouvert deux heures par jour. D'autant plus que ce déserts médicaux ne sont pas nécessairement des zones rurales coupées de tout mais tout bêtement des villes de province petites ou moyennes parfaitement "civilisées".

Pour faire avancer un peu la réflexion, voici un lien vers le rapport du sénat sur la démographie médicale :
http://www.senat.fr/rap/r07-014/r07-0141.pdf

Ce qu'on y voit, c'est que la mesure coercitive proposée par le gouvernement est la dernière proposition de ce rapport, parmi tellement d'autres. Et il est également mentionné que c'est la pratique de la médecine rurale qui doit être repensée (télémédecine, infrastructures d'accueil, ...) On y parle même de "l'expérience convaincante des maisons de santé".
Instructif.

Néwick : bla bla bla

Les carabins, ils peuvent toujours penser au personnel des institutions pour handidicapés, ou des maisons de retraitres, qui ont eux aussi une famille outre à des contrats de travail précaires, qui peuvent très bien se trouver dans des déserts provinciaux également. ça les consolera des petits incionvénients de leur métier.

Et pourquoi pas salarier des généralistes dans les coins perdus, en testant avec eux le système de capitation (paiement par nombre de patients inscrits) que n'a pas osé instaurer la gauche ?

Pour les étudiants en médecine, ils ont des études ultra-dures, et on ne voit pas bien pourquoi ils accepteraient sans contrepartie d'être envoyés à droite ou à gauche comme des petits pois.

Sarko joue à Napoléon en voulant faire péter tous les corps intermédiaires de la nation, ça finira par lui exploser à la figure, et ce sera tant mieux.

Supprimmez les numerus clausus, autorisez les médecins à diplome étranger à exercer en libéral en France, acceptez les assurances maladies privées et vous verrez que d'ici dix ans, il n'y aura plus la moindre pénurie de médecins où que ce soit.

il y aura toujours une pénurie de médecins spécialistes comme les ophtalmo par exemple, vous ne pouvez contraindre un étudiant en médecine à se lancer dans une voie longue et sans intérêt pour lui

à ce sujet, ne pourrait-on confier l'immense majorité des consultations ophtalmologiques à de simples opticiens ?

@passant...
plus de numerus clausus,
plus de tarif sécu,
des assurances privées..
bon sang mais c'est bien sûr,
la solution c'est le modèle américain,
connu pour son efficacité et
son économie...

C'est vrai, j'ai un problème avec une certaine gauche : celle qui voudrait que le reste de la population travaille pour elle, jusqu'au fin fond du trou pourri dans lequel ils ont de leur plein gré acheté une maison il est vrai très peu chère (et pourquoi donc, on se demande....), mais pour des clopinettes, et surtout, bien sûr, sans leur laisser profiter des bas instincts de leurs clients.

Celle qui voudrait qu'on ait plus de taxis, mais sans leur permettre de fixer leurs tarifs pour gagner leur vie.

Celle qui voudrait que les pharmacies soient ouvertes la nuit mais ne rien payer pour cela.

Celle qui veut plus de médecins, mais sans permettre aux médecins de gagner leur vie ou même, de disposer des trente-cinq heures auxquels eux par contre s'attachent avec l'acharnement de le petite vérole sur le bas-clergé.

En un mot, cette gauche de citoyens qui n'attendent des autres que d'être servis par eux, et en vertu de quoi on se le demande...

@passant
je ne sais pas si vous avez un probléme avec la gauche , ou avec la notion de solidarité, les vieux, les démunis, les ruraux, les autres, quoi

Solidarité limitée au simple périmètre de la franco-france, vous soulez dire ?

Par ailleurs, il existe d'autres moyens d'être solidaires : par exemple, verser à ceux envers qui on veut être solidaires des pensions, compléments de pensions et crédits d'impôts, de sorte à ce qu'ils puissent se payer les services qu'ils désirent au prix qu'ils coûtent.

Selon Bastiat :
« Frères, cotisez-vous pour me fournir de l'ouvrage à votre prix. » C'est le Droit au travail, le Socialisme élémentaire ou de premier degré.

« Frères, cotisez-vous pour me fournir de l'ouvrage à mon prix. » C'est le Droit au profit, le Socialisme raffiné ou de second degré.

La Sécu est devenue la machine infernale du deuxième degré.

passant
renseignez vous sur la fiscalité locale dans les zones rurales, vous constaterez que c'est dans les endroits les plus "pourris" que les français trinquent le plus!
les services de garde marchent sur tous le territoire, des regroupements sont aménagés dans les campagnes, c'est ainsi qu'il faut faire une trentaine de kms les week-end pour se fournir en médicaments, des maisons médicalisées sont en place.
les personnels de santé sont bien présents dans ces zones difficiles.

Personne n'a jamais que je sache été contraint de s'installer là où les impôts locaux étaient élevés et les services publics inexistants.

Pourquoi donc exigerait-on des travailleurs d'aller travailler là où le travail est pour laisser les inactifs choisir librement leur résidence ?

Pour revenir à la SNCF et au-delà - sans vouloir provoquer PdL - pourrait-on m'expliquer pourquoi chaque grève des services publics se fait dans l'intérêt des usagers (ou clients, ou consommateurs, peu importe) ? Ici en Belgique, c'est la même chose, les arrêts de trains, de trams, de bus etc. c'est toujours pour défendre nos intérêts à nous, les usagers. Et nous aussi, on a des grèves d'étudiants en médecine - pareil, c'est pour le bien des malades, pour refuser une médecine à x vitesses (qui n'existe absolument pas à l'heure actuelle, oh que non !) ; et, comme chez vous mais un peu moins fort, tout de même, pour pas faire comme les Ricains ("Sicko", chef d'oeuvre de dessillement salutaire et rigoureux).
A propos, ne pas vouloir soigner les "riches" (ici on dit "nantis"), c'est très vilain, non ?

la fiscalité locale n'a rien à voir avec le prix de votre résidence, c'est un impôt d'une injustice totale, si la ville est pauvre et les entreprises peu présentes on aura recourt à l'imposition des particuliers pour couvrir les dépenses communales.
mais cela ne décourage pas les praticiens d'exercer, pour inciter nos jeunes et leur vanter les charmes de la province, on peut leur dire qu'ils seront bien accueillis, qu'un jour un patient leur demandera de soigner un ours qui s'est perdu dans leur jardin, enfin l'aventure;)

Qu'est ce qu'il ne faut pas entendre pour justifier l'interventionnisme d'état ?
À ce que je sache qu'on soit étudiant en médecine ou autre chose (à la fac j'entends), c'est l'état qui finance. Alors au nom de quoi les étudiants en médecine seraient obligés de se sacrifier pour aller bosser dans des patelins paumés. Parce que ceux sont des fils de CSP+ ? Parce qu'ils vont gagner plein de thunes ?
Les facs de médecine sont peut être remplis de connards/asses qui pètent plus haut que leur cul, qui cherchent un job bien payé (ou de femmes qui cherchent à épouser un futur médecin (si, si je l'ai entendu pas qu'une fois)), mais ces connards le payent déjà assez cher : commencer sa vie active à 30 balais, quasi impossibilité d'avoir une famille avant, tarifs non libres, travail, certes en formation, non rémunéré.
Alors quand on leur dit : « Ah non tu ne peux pas t'installer dans cette jolie ville où tu rêves de fonder une famille depuis dix ans » je comprends qu'ils commencent à gueuler un petit peu.

les étudiants en médecine n' étaient obligés , dans le projet de loi, à aucune implantation géographique. simplement la sécurité sociale pouvait ne pas rembouser les patients de ceux qui s'ajoutaient dans un lieu déjà surmédicalisé, ajoutant des coûts collectifs, sans bénéfice visible...
quand on veut être payé par la collectivité, il faut en respecter les règles du jeu...

J'ai vu des médecins se tuer à la tâche, littéralement : je ne crois pas qu'ils soient surnuméraires.
J'ai vu des amis excellents élèves devoir changer d'orientation après 5 ans de travail acharné, à cause du fonctionnement du concours d'internat, au moment où ceux qui avaient fait des écoles d'ingénieurs entraient dans la vie active avec un bon salaire et le respect de leur orientation.
J'ai appris que les femmes exerçant en libéral n'ont pas les mêmes droits que les salariées pour leur congé maternité et je me demande toujours si une participation comme juré donne lieu au même type d'inégalité.
Et j'en passe. Et il faudrait ajouter ce chantage du lieu de travail pour garantir la qualité des soins ? Et si on arrêtait plutôt de les prendre pour des cons de 18 à 80 ans, ainsi que les infirmières ?

Hey Joe,
Des médecins qui se tuent à la tâche, "littéralement". Ah bon. Et tu as donc assisté à leur trépas ? Et c'est une occurence particulièrement fréquente en France ?

Ce n'est pas en disant n'importe quoi que tu feras progresser ta cause. D'ailleurs, tu n'as rien à faire pour ça puisque vous venez d'obtenir satisfaction.

Mais sur tes autres points, j'aimerais bien savoir en quoi le fait que des étudiants en médecine changent d'orientation en 5ème année (ça n'arrive pas dans d'autres domaines ?) ou que les femmes exerçant en libéral n'aient pas les mêmes avantage sociaux que les salariés (ça ne concerne pas toutes les professions libérales ?) à quoi que ce soit à voir avec la démographie médicale.

Fais comme les cheminots modernes : assume ton combat corporatiste et que l'on en parle plus. D'autant plus que ça marche... Mais tant pis pour nous, évidemment.

Salut Hugues, comme c'est triste, MAUVAISE PIOCHE je ne suis pas corporatiste puisque je ne revendique pas avec les internes et puisque je défends aussi les gens de la poste, du supermarché, de TF1, de l'ANPE, les cheminots, les banquiers, les garagistes, les téléprospecteurs...
Je vois que pour toi si on défend quelqu'un c'est qu'on partage directement ses intérêts. Tu vas avoir du mal à deviner mon intérêt à moi dans cette affaire... Je me marre et je te laisse méditer avec un petit indice : humanisme.

Et pour ce qui est de dire n'importe quoi... tu dis "tant pis pour nous" parce que ces diables de corporatistes ne veulent pas s'installer près de chez toi pour te soigner ? Un peu contradictoire non ?

Bah ne te fatigue pas à me répondre, je pense bien que je t'énerve encore mais rassure toi, je libère ton blog et je te laisse grogner tranquille avec qui veut. bye

vous allez pas vous engueuler!
les travailleurs indépendants sont nombreux en france, qu'ils soient maçon, garagiste, docteur ou artisan!
qu'ils ne bénéficient pas des mêmes avantages sociaux que les salariés, c'est vrai, mais on ne choisit pas une profession rapport à ses avantages!
les système est pervers dans les 1ères années de son parcours, sûr que si tu tombes d'un échaffaudage et que tu n'as n'as pas une bonne assurance, c'est pas la joie!
c'est vrai que si tu tombes enceinte alors que tu es jeune toubib, tu sais que tu n'auras que 15 jours d'arrêt!
mais bon il y a plus malheureux que les docteresses*, sans doute les infirmières et tous les autres...
*profession libérale.

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