Défendre l'environnement, d'accord, mais en dehors des heures de boulot s'il vous plait.
Christine Lagarde se retrouve clouée au pilori pour avoir, l'impudente, suggéré aux Français d'intensifier leur usage du vélo et des transports en commun en cas d'inflation pétrolière. Se prendrait-elle pour Marie-Antoinette, autre pimbêche à perruque argentée, et ne surferait-elle pas sans vergogne sur le fameux (bien qu'apocryphe) « qu'ils mangent de la brioche ! » de l'Autrichienne ?
On pourrait le croire à la lecture des réactions ultra-tartuffiennes de tout ce que le pays compte d'opposants au gouvernement et de défenseurs inconditionnels de la bagnole, pour une fois réunis dans une périlleuse et hideuse étreinte. François Hollande exige ainsi le retour de la « TIPP flottante » fabiusienne, ce mécanisme permettant de moduler le niveau des taxes sur les carburants en fonction du prix du pétrole et éliminant tout impact des variations du cours du brut sur le consommateur. Bravo, ça c’est de la prise de conscience et du parler vrai ! Christian Gérondeau, le président de l’Automobile Club, explique lui que le trajet quotidien moyen d’une automobile est de 10 kilomètres et qu’il n’est évidemment pas envisageable de parcourir une telle distance à vélo... Ah ça, c’est sûr : si les Français devaient passer jusqu’à une demi-heure par jour sur un bicloune, n’assisterions-nous pas au retour des travaux forcés ?
Le prix des carburants à la pompe augmente parce que le pétrole est un produit dont la demande va croissant, dont l’épuisement des réserves à moyen terme est certain, dont les structures de raffinage sont insuffisantes et que ses producteurs utilisent comme une arme géopolitique. En subventionner l’usage n’aurait donc aucun sens, sauf à se préparer à l’invention d’une TIPP inversée d’ici quelques années, lorsque la valeur de l’essence hors taxe sera telle qu’il faudra que l’Etat en minore carrément le coût à la pompe. Mais ce renchérissement prendrait presque l’allure d’un bienfait lorsque l’on sait que les transports représentent, et de loin, la première source d’émissions de CO2 et que seuls des tarifs de détail élevés sont susceptibles de stimuler l'émergence d’alternatives au moteur à explosion.
Les Français utilisent de toute manière beaucoup moins les transports en commun que certains de leurs voisins (52% contre un peu moins des deux-tiers pour l’Allemagne et la Suède) et commencent seulement à (re)découvir les joies du vélo urbain. Connaissant moi-même un tas de Parisiens effectuant en auto, deux fois par jour, les trois ou quatre kilomètres qui séparent leur domicile de leur bureau, sans parler de ces Marseillais pour lesquels monter dans un bus est grosso modo comparable à une visite aux Restaurants du cœur en termes de déchéance sociale, je me range sans problème de conscience du côté de la ministre.
Que l’on donne un coup de pouce aux habitants des zones rurales pour lesquels la voiture est un outil de mobilité indispensable, pourquoi pas. Mais que l’on conseille à cette nana ― dont l’anonymat sera charitablement préservé ici ― qui trouve raisonnable de déplacer, chaque matin, sa tonne de métal entre Bastille et République, de s’acheter un vélo me semble tout à fait légitime. More brioche, anyone ?
*
Pour dire la vérité, la TIPP inversée évoquée plus haut existe déjà. Les marins-pêcheurs du Guilvinec qui font pleurer Margot depuis quelques jours, entre deux séances de brûlage de pneus (encore une aubaine pour l’atmosphère, ça), en savent quelque chose. Il faut rappeler, en effet, que nos amis loups de mer obtiennent déjà leur essence hors taxe et ne sauraient donc bénéficier d’une réduction d’icelle. Zut alors, comment faire pour les dédommager d’une hausse dont ils ne ressentent les effets rapides que parce qu’ils sont déjà avantagés ? Mais en subventionnant leur activité par une aide directe, pardi !
D’où leurs exigences de voir la TVA sur le poisson augmentée et le surplus versé à un fonds de compensation ad-hoc, sans préjudice d’une exonération des charges sociales et portuaires. Bon, les pêcheurs n’ont sans doute pas une vie facile et je suppose qu’il est à peu près aussi impopulaire de critiquer ces rudes fumeurs de pipe à casquette que de piquer le sac d’une vieille dame dans la rue. Mais n’est-il pas possible de signaler que, si le prix de l’essence continue d’augmenter et que le seul moyen qui leur reste de poursuivre leur activité est de ne plus payer d’impôts et de recevoir de l’argent public, ils sont dans une impasse ?
A l’heure actuelle, les Pouvoirs publics en seraient plutôt à indemniser les « sorties de flottes », soit le versement de primes de reconversion permettant à des pêcheurs devenus trop nombreux pour des poissons devenus trop rares de passer à autre chose. On peut trouver scandaleux que la pêche artisanale ou semi-industrielle ne soit plus qu’une activité marginale, regretter le bon vieux temps des pêcheurs d’Islande (qui se tuaient tout de même à la tâche à l’occasion), mais je ne crois pas que Super-Sarko lui-même puisse trouver une solution durable aux raréfactions concomitantes du pétrole et du poisson. Plus la morue se fait discrète à force d’être surpêchée, plus le pêcheur consomme de carburant à aller la taquiner au grand large. Plus le pêcheur consomme de carburant pour s’éloigner des côtes, plus la morue se fait rare. Mais qu’en disent donc nos amis Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet ?
© Commentaires & vaticinations
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PS de dernière minute : Super-Sarko et son fidèle compagnon Michel Barnier viennent d'offrir une « exonération totale des charges patronales et salariales durant six mois "reconductibles", le temps de mettre en place un mécanisme de compensation pérenne pour faire face aux hausses du prix du gazole, à l'origine de la crise ». Il s'agit d'une mesure « dont le coût a été évalué par le président à 21 millions d'euros par trimestre ».
On se souvient de la compréhension exprimée par le président de la République à l'égard de la violence des pêcheurs, lesquels ne fichent le feu au parlement de Bretagne que par désespoir quand les jeunes des banlieues ne font flamber les autos que par bêtise et méchanceté... Clairement, il vaut mieux être patron-pêcheur, avocat ou étudiant en médecine que cheminot, par les temps qui courent.
PPS : Il est amusant de constater que, si le prix du gazole marin est le même partout (et même moins cher en France puisqu'il y est intégralement détaxé), les pêcheurs français sont les seuls en Europe et dans le monde à menacer leur pays d'une mise à feu et à sang (et Nicolas Sarkozy le seul leader à leur avoir offert une exonération de charges sociales pour leur peine). Encore une exception française ?
Juste une petite question : Marie-Antoinette, euh pardon Christine Lagarde, va-t-elle donner l'exemple en effectuant désormais ses déplacements ministériels en vélo ou en transports en commun ?
Ceci étant dit, si l'augmentation du prix des carburants incite certains de nos concitoyens à moins utiliser leur voiture, cela sera évidemment une bonne chose. Mais l'attitude des uns et des autres dépendra sans doute avant tout de leur compte en banque... Et on pourrait aboutir de fait à une sorte de "droit de polluer" réservé aux riches... Vous me direz que si les pauvres ne polluent plus, c'est déjà ça de gagner pour l'environnement.
Quant aux marins pêcheurs, si j'ai bien compris, comme il n'y a plus de pétrole ni de poissons, ils n'ont plus qu'à changer de métier. On mettra ça sur le compte de "la nécessaire adaptation à un monde qui bouge". Cela devrait à coup sûr réconforter les individus concernés.
Rédigé par: Pisse-grain | mardi 06 novembre 2007 at 12:33
Pisse-grain,
Je ne sais pas si Lagarde arrivera au boulot à vélo, mais pourquoi pas. Un autre commentateur viendra alors expliquer qu'elle fait dans le démago mais je trouve que l'exemple serait bienvenu.
Cela dit, je vois mal en quoi expliquer aux gens qu'ils doivent prendre le métro est un cadeau fait aux riches. A l'inverse de Londres, qui introduit un péage urbain et réserve dans les faits le centre ville aux bagnoles de ceux qui peuvent payer, Delanoë rend la circulation complexe pour tous et stimule l'usage du métro et des Vélib. Ca me semble raisonnable.
Mais sur les pêcheurs, si j'ai moi même bien compris, il ne faut fonc pas s'adapter au monde qui bouge et ne pas changer de métier ? Oui le monde bouge, oui les choses changent, oui il faut s'adapter. La pêche est un excellent exemple d'une filière où les données écologiques, commerciales et environnementales n'ont plus rien à voir avec ce qu'elles étaient. Faut-il le déplorer ? Peut-être, mais faut-il prétendre qu'une espèce de volontarisme politique pourrait nous ramener en arrière ? Faut-il empêcher l'arrivée du DVD, si le fabricant artisanal de magnétoscopes en bois y perd son occupation traditionnelle et ancestrale ?
Rédigé par: Hugues | mardi 06 novembre 2007 at 12:50
Tout pareil qu'Hugues.
Noter que dans l'un et l'autre cas, le marché crée les bonnes incitations en termes économiques et écologiques.
Le pétrole monte, l'essence suit, ça incite les gens à prendre le métro, le vélo ou marcher, ce qui réduit les émissions de CO2.
Pareil pour les pêcheurs. La hausse du carburant et la raréfaction des stocks les étrangle financièrement. Ca devrait entraîner la faillite ou la reconversion d'un paquet d'entres eux. Ce qui réduira la pression sur les populations piscicoles, réduira les besoins de carburant et élèvera les prix du poisson.
A chaque fois, l'intervention publique (TIPP flottante ou subventions aux pêcheurs) aggrave le problème écologique sans résoudre le problème économique.
Rédigé par: Liberal | mardi 06 novembre 2007 at 12:54
"sans parler de ces Marseillais pour lesquels monter dans un bus est grosso modo comparable à une visite aux Restaurants du cœur en termes de déchéance sociale,"
Ce n'est pas moi qui le dit, cette fois-ci, hein....
Quand aux pêcheurs, je suis désolé, qu'ils crèvent : non seulement ils vident les océans du peu de poisson qu'il y reste mais en plus ils bouffent tellement de pétrole en passant que pour chaque poisson arrivant dans l'assiette du particulier il faut brûler trois litres de pétrole.... : double désastre.
Qu'ils restent dans leurs ports et changent de métier. Mieux vaut dès à présent leur racheter au prix fort leur outil de travail et désormais interdire la pratique de la profession et marre.
Rédigé par: Passant | mardi 06 novembre 2007 at 13:00
grenelle de l'environnement concernant la mer p14 de la synthèse
http://www.legrenelle-environnement.fr/grenelle-environnement/IMG/pdf/G2_Synthese_Rapport.pdf
La synthèse prévoit une loi d'orientation sur la mer mais si j'ai tout compris tout le monde n'est pas d'accord pour la faire dont l'état! Fichtre !
Rédigé par: Thaïs | mardi 06 novembre 2007 at 13:58
Lorsque la Bulgarie et la Roumanie sont entrées dans l'Union européenne, on a vu tout un tas de photos de champs locaux, avec des types labourant à l'ancienne, sans tracteur mais avec une vieille carne.
L'idée, je crois, était sans doute de nous faire peur en expliquant que ces arriérés allaient nous coûter cher à redresser, voire qu'ils vendraient leurs patates si peu cher qu'ils en couleraient nos propres agriculteurs. En réalité, si quelqu'un doit couler, c'est plutôt l'agriculteur de l'âge de bronze, dont la productivité est bien plus faible et donc les coûts unitaires bien plus élevés (demandez aux planteurs de coton africain ou de bananes).
Mais ce qui est encore plus intéressant, c'est que ceux que le vieux laboureur inquiètent souhaiteraient que la France fige son économie à un instant T et que plus rien ne bouge, puisque ce qui bouge et change est mauvais par définition.
Les problèmes de la pêche ne sont pas directement comparables au remplacement des ouvriers agricoles payés au lance-pierre par des tracteurs puisqu'il est difficile de voir la cherté du pétrole et la disparition du poisson comme un progrès. Mais ils posent la question de la capacité à sortir son parapluie lorsqu'il se met à pleuvoir au lieu de demander au gouvernement de stopper la pluie parce que c'est mieux avec le soleil.
Si la France avait refusé de s'industrialiser, si elle avait refusé de mécaniser son agriculture pour protéger les emplois de manœuvre et empêcher le développement de l'agro-alimentaire exportable et de l'industrie des moissonneuses-batteuses, elle serait la Roumanie. Si elle refuse aujourd'hui de changer avec ce qui change, alors que sa richesse lui permet justement d'atténuer les chocs que subissent ceux qui sont en première ligne, elle peut encore devenir la Roumanie.
J'ai bien compris que Pisse-grain là-haut me faisait remarquer que j'étais méchant, insensible, que je ne respectais pas la tradition des pêcheurs au visage buriné et que j'étais donc certainement un affreux type de droite. Le problème avec les Pisse-grain, c'est qu'on ne sait jamais s'ils sont vraiment convaincus, au sens de la conviction qui est l'aboutissement d'une réflexion argumentée, où s'ils habitent sur une autre planète. Une alter planète ?
Rédigé par: Hugues | mardi 06 novembre 2007 at 14:39
Oui! Beaucoup de marins-pêcheurs et beaucoup de Pisse-grains semblent effectivement habiter sur une autre planète, dans un autre temps.
Les discours des marins-pêcheurs se résument en général à une défense d’un « droit » à vivre de leur pêche. Eux font leur job : ils partent en mer avec leurs bateaux qui consomment plus de 1000 litres de gasoil par jour (c’est eux qui le disent) et attrapent des poissons là où ils en trouvent encore. Ensuite c’est à l’Etat de se débrouiller pour qu’ils en vivent : en subventionnant leur gasoil (ha bon, il y aurait une contradiction avec la protection de l’environnement?), en essayant de maintenir les cours du poisson (en retirant une partie de leur pêche de la vente pour la transformer en farine ou même la détruire), en défendant leurs quotas de pêche contre la plupart des autres pays européens (ha bon, il y aurait une contradiction avec le retrait du marché d’une partie des pêches?). Peut-être va-t-il aussi bientôt falloir relâcher dans la mer des poissons d’aquaculture pour garantir le « droit » des marins-pêcheurs à rentabiliser leurs bateaux?
Rédigé par: Robinson | mardi 06 novembre 2007 at 15:33
Bravo pour cette note.
Complètement d'accord avec l'idée qu'il faut laisser les prix dire la vérité sur la rareté des ressources (et même intervenir par la taxation quand certains coûts sociaux ne sont pas internalisés par le marché).
Pour le pétrole, en tendance et depuis quelques années, ils le font (pour le poisson c'est moins sûr...).
Mais la brutalité des fluctuations à la hausse comme à la baisse (je ne serais pas surpris d'une rechute temporaire mais marquée du cours du brut) autour de cette tendance est problématique.
On peut donc chercher à amortir les chocs quand ils ne laissent pas le temps de l'adaptation.
Mais évidemment les seuls chocs que nos concitoyens jugent nécessaire d'amortir sont les chocs négatifs...
Et les mécanismes qui amortisent sans anesthesier sont les plus difficiles à imaginer. La TIPP flottante n'est pas de ceux-là.
Rédigé par: Guillaume | mardi 06 novembre 2007 at 15:42
Il faut que les pêcheurs aillent pêcher en pédalo ou en galère romaine!
Rédigé par: Pepito | mardi 06 novembre 2007 at 15:52
On notera en particulier le titre à peine poujadiste d'un journal qui, en matière d'environnement, donne généralement des leçons à la terre entière et que, le pétrole cher c'est bien fait, et trier ses déchets c'est le bien, et que la bagnole c'est le mal. Mais quand c'est Lagarde qui utilise leur vocabulaire, ils le remballent pour exhiber une fois en passant le beauf qui se cache derrière le gauchiste (l'ironie permet tout):
http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/289041.FR.php
Rédigé par: François X | mardi 06 novembre 2007 at 16:24
François X,
Le papier qui suit ce titre de Libé est tout de même à peu près convenable. Mais les commentaires de lecteurs sont un véritable festival de beauferie. Il semble que ces derniers habitent en majorité à la campagne, généralement à 50 kilomètres de leur boulot (la moyenne INSEE est plutôt à 8), dans une zone où la température est particulièrement basse et sont invariablement à la limite du déclassement social. C'est étonnant compte tenu du lectorat essentiellement parisien de Libé mais bon...
En tout cas, l'idée de prendre le bus ou le vélo leur paraît totalement surréaliste.
Rédigé par: Hugues | mardi 06 novembre 2007 at 16:47
Ces temps-ci, vous dégénérez assurément en affreuse personne de droite Hugues, à responsabiliser autant le pauvre citoyen dans vos propos.
L'insensibilité dans laquelle vous êtes tombé devrait vous faire réfléchir à reprendre la carte d'un parti où l'on sacrifie sans hésitation tout pragmatisme à contorsion pseudo-humaniste.
Un plaisir de vous lire en tout cas, oh pas par connivance non, plutôt par pragmatisme. (je pense être sur la bonne planête oui).
Au fait, si on parle du coût en CO2 de la combustion de pneus, il faudra calculer le coût écologique d'une grève des transports, pour Libé (ou tout autre organe bien pensant qui annonce fréquemment la fin du monde cupide).
Rédigé par: Gemini | mardi 06 novembre 2007 at 17:09
J'ai une explication plus prosaïque ; Sarko qui s'attend a un gros conflit avec les fonctionnaires/SNCF, etc. préfère désamorcer les problèmes des corporations chiantes, internes, pêcheurs, avocats, au meilleur cout.
Rédigé par: all | mardi 06 novembre 2007 at 17:34
"Cela dit, je vois mal en quoi expliquer aux gens qu'ils doivent prendre le métro est un cadeau fait aux riches", dites-vous, Hugues, en référence à mon commentaire. Je n'ai absolument pas dit ça. Je disais simplement que le prix du carburant augmentant, seuls ceux dont le compte en banque ne souffrira pas trop de cette hausse pourront continuer à utiliser leur voiture. Je ne crois pas que cet enchaînement quasi-mathématique puisse être contesté, même si le phénomène va effectivement contribuer à améliorer la circulation et l'environnement, ce dont on ne peut que se réjouir.
Quant aux marins-pêcheurs, paix à leur âme donc. La main invisible et infaillible du marché reconnaîtra les siens. Amen.
Dans ces conditions, est-il possible d'envisager que l'Etat puisse aider à leur reconversion ou cela serait aussi considéré comme une intervention publique néfaste, freinant le progrès et enfreignant le dogme ?
Pour ce qui est du passage répondant à des insultes et à des insinuations ("insensible", "méchant", "de droite", etc.), absolument absentes de mon premier commentaire, je ne répondrai pas à ces réponses pour ne pas rajouter au surréalisme de ce procès d'intention.
Rédigé par: Pisse-Grain | mardi 06 novembre 2007 at 17:54
Remarquez c'est vrai. Pour sauver les pêcheurs, on pourrait imaginer de forcer les inactifs, hérémistes et autres assistés sociaux à accepter des emplois de galériens à bord des chalutiens pour remplacer la propulsion à gazoil par la propulsion par rangées de rameurs chomeurs organisés par 4 en ligne.
Pareil : puisque le bus ça fait prolo, les chômeurs seraient condamnés à porter des chaises à porteurs individuelles gratuites en libre service façon velib réservées aux cotisants (salariés non-exonérés de charges).
Les récalcitrants seraient bien évidemment recyclés et compostés sous cloche, de sorte à bien recueillir le méthane issu de leur fermentation.
Rédigé par: Passant | mardi 06 novembre 2007 at 18:04
Oui, Hugues, l'article que je cite est plus factuel que l'ordinaire libéen, mais le titre, oh le titre !
Rédigé par: François X | mardi 06 novembre 2007 at 18:12
Post d'encouragement : oui je suis d'accord avec tout ce qui se dit ici, fort justement - sauf avec Libéral (arf) qui voit dans le marché l'ami de l'écologie ; or c'est parce que le pétrole est rare qu'il est cher, pas parce qu'il intègre les dégats dont le marché se fout. Tiens, le charbon chinois est il cher ? Non ? Alors c'est qu'il ne pollue pas ?
Rédigé par: Guillermo | mardi 06 novembre 2007 at 18:59
Bravo, Hugues, pour ce merveilleux exemple d'enfoncement des portes ouvertes au nom de la lutte contre la bien-pensance. Oui, tu as raison, sauf que, o stupeur (excusez-moi pour les accents absents, je tape ce post avec un clavier... japonais dans un cyber-cafe bolivien), il y a sur terre, et en particulier parmi tes lecteurs, des gens qui ne t'avaient pas attendu il y a quinze ou vingt ans pour penser la meme chose. Que les tenors de ton parti soient loin de leur arriver a la cheville en termes de lucidite, c'est en effet le cas, mais ca ne change rien au fait que ce que tu nous presentes comme une question d'actualite est du domaine de l'evidence aveuglante depuis un bon paquet d'annees... ce qui n'empeche pas nos glorieux defenseurs du liberalisme d'en faire la decouverte aujourd'hui (avec certes une demi-seconde d'avance sur le Parti socialiste, mais quand meme, y a pas de quoi pavoiser). Mieux vaut tard que jamais, sauf que j'aimerais bien qu'on m'explique la coherence intellectuelle qu'il y a a faire soudainement l'eloge des transports en commun apres avoir passe des annees a dire que ces memes transports en commun etaient des gouffres financiers profondement nuisibles a l'economie. Chers amis liberaux, sur cette question precise, il se trouve que vous avez aujourd'hui raison meme si vous vous en apercevez avec facilement quinze ans de retard. Mais ca ne change rien au fait que ce n'est jamais la realite qui forme votre ideologie, mais bien au contraire votre ideologie qui vous permet (parfois, par hasard et par exception) de reperer un ou deux arguments que le bon sens aurait du vous faire identifier depuis longtemps. Certes, on en trouve d'encore plus durs a la comprenote que vous sur ces questions... mais comme justement ceux qui sont si durs de la comprenote passent eux aussi leur temps a se glorifier de leur conversion au liberalisme, vous me permettrez de douter que cette admirable doctrine ait un effet reel sur la lucidite.
Et si vous ajoutiez a ca une dose infinitesimale de respect humain pour des gens dont le tort principal est d'essayer de gagner honnetement leur vie avec leur travail, ca ne gacherait rien (Hugues, je ne dis pas ca pour toi, tu y as quand meme un peu pense, meme si ca meriterait peut-etre d'etre dit avec un peu moins ta langue dans ta joue, comme disent tes potes britanniques).
Rédigé par: Poil de lama | mardi 06 novembre 2007 at 19:13
@hugues
je connais une personne qui fait 60km aller retour à la campagne, en vélo; mais sinon la majorité des ruraux que je connais font ce trajet en voiture, multiplié par 2 personnes qui travaillent souvent à l'opposé, cela représente un coût énorme dans le budget familial, ce qui freîne la consommation de journeaux et de poissons; comme vous le laissez entendre.
Rédigé par: fleur de pissenlit | mardi 06 novembre 2007 at 19:13
Guillermo a raison à propos du charbon chinois. Il faudrait donc trouver le moyen d'intégrer dans son prix le cout de la dégradation de l'environnement causée par sa consommation. De même pour tous les autres combustibles.
Rédigé par: Monsieur Prudhomme | mardi 06 novembre 2007 at 22:15
> "Il faudrait donc trouver le moyen d'intégrer dans son prix le cout de la dégradation de l'environnement causée par sa consommation."
Oui, en économie cela s'appelle internaliser une externalité négative. Un outil simple pour cela est la taxe carbone. La TIPP est une forme de taxe carbone sur le pétrole. Sans TIPP nous consommerions beaucoup plus de pétrole, comme les Etatsuniens... ou comme les marins-pêcheurs!
Rédigé par: Robinson | mardi 06 novembre 2007 at 23:01
Hugues au sujet de la postface au billet
Les pecheurs ils font autant de bruit et de dégats que les cheminots ; en plus ils ont la sympathie pour eux (la bouffe c'est sacré). 21 milions pour avoir la paix.
Les internes aussi ont la sympathie (ils ont réussi à scander la vieille ancienne 'médecine à deux vitesses' et ça marche). Y miilions d'économies non faites et foutez nous la paix.
Les avocats ils n'ont pas leur pareil pour squatter les media et rallier à leurs causes-->allez couché, Z millions.
Mais 1 point d'augmentation des fonctionnaires, là ce sont des milliards en jeu, de même pour les retraites ça c'est du sérieux.
Rédigé par: all | mercredi 07 novembre 2007 at 09:28
A quand les routiers, les taxis, les ambulanciers...
Rédigé par: Thaïs | mercredi 07 novembre 2007 at 11:54
Merci pour la qualité de cette article.
Nous pourrions rajouter que comme d'habitude, nous allons faire supporter l'aide donnée aux pécheurs par les organismes d'assurances collective (cotisations sociales).
Au lieu de trouver des moyens d'inciter à la reconversion dans la pissiculture (pas de deplacement), dans des nouveaux moteurs de bateau (voir l'excellent reportage sur les moteurs de bateau au biocarburant).
On fait de la demagogie (on va integrer ce cout dans le prix comme si le gouvernement fixait les prix etc..).
Il est néammoins evident qu'il y a des professions qui dépende d'une energie carbone uniquement (routiers, pécheurs, avion, etc..) qui souffrirons tant qu'aucun autre moteur (conbustion) ne sera inventé. Il est donc sur que la solution à terme que de changer.
Et cela prend du temps.
Néammoins dans l'immédiat, il faut que ces marins vivent, paie leurs traites pour leur bateau, et continuent de pécher, à moins que l'on souhaite tous renoncer à manger du poisson de mer.
Et dire, qu'il suffit de prendre son velo revient à dire à une profession prisonniére d'une évolution technique (le moteur diesel) de revenir au pédalo ou à la marine à voile ou à la vapeur ...
Ceci dit pourquoi pas ? cela serait joli.
Rédigé par: prevalli | mercredi 07 novembre 2007 at 12:24
C'est marrant, mais quand j'ai entendu les propos de Mme Lagarde, j'ai moi aussi immédiatement pensé aux brioches de Marie-Antoinette...
Rédigé par: Vonric | mercredi 07 novembre 2007 at 14:57
Une remarque, non pas sur la crise des marins pêcheurs (et non des martins-pêcheurs comme l'écrit savoureusement Corinne Lepage sur son blog...) mais sur l'incitation à utiliser davantage la marche ou le vélo.
Nous avons un gouvernement qui veut faire de la France un pays de propriétaires...
Et pour la plupart des français, être propriétaire, cela veut dire avoir sa maison individuelle...Et comme le prix du foncier est trop élevé, la majorité de ces français qui veulent être propriétaires sont contraints de faire construire de plus en plus loin des villes (les distances couramment observées, pour les villes de 100 à 200 000 habitants est de 20 à 25 km). Et bien sûr, dans ces cas là, il devient de plus en plus difficile de ne pas utiliser sa voiture.
Sans parler de ces immenses zones pavillonnaires concentrationnaires, à la périphérie des villes et bourgades...Impossible dans ces zones d'établir un système de transports en commun rationnel (l'habitat est trop dispersé).
Ou comment une politique voulue par ce gouvernement empêche d'être plus rationnel dans son choix de transport, de se déplacer intelligemment
Rédigé par: Astre Noir | mercredi 07 novembre 2007 at 16:32
les transports ne représentent pas la première source d'émissions de co2 dans le monde, pour info c'est la production d'énergie (essentiellement les centrales thermiques) qui font 40%,les transports routiers et auto : 12%.
certes en france, du fait de la production énergétique qui ets en grande partie nucléaire, la part des transports est plus importante mais pas supérieure.
(l'avion : 2%)
Rédigé par: o o | mercredi 07 novembre 2007 at 20:28
tu soulignes un juste point Hugues même si Versac quand il signale ton billet est plus explicite:Lorsqu'un étudiant ou un type de la SNCF fait grêve c'est un dangereux-terroriste-avantages-acquis, lorsqu'il est gréviste, violent mais qu'il a le bon gout de ne pas être de gauche, c'est un courageux qui est victime de la bureaucratie et qui mérite l'argent public...
Rédigé par: romain/socdem/lyonnitgude(s) | jeudi 08 novembre 2007 at 12:01
Difficile, la vie des patrons-pêcheurs! Ouh-làlàlà!
Mais ça se monnaye: c'est quoi leur salaire moyen ? 5000-6000€ nets ?
Et les primes de leurs employés ? Pas mal...
Rédigé par: toto | jeudi 08 novembre 2007 at 18:10
Première faute politique de Sarko. Je suis atterré sa décision. La réponse courageuse et efficace eut été d'encourager les pêcheurs à se reconvertir. Là, on retombe dans la subventionnite à courte vue comme on la pratique depuis 30 ans.
En plus, ça va bien évidemment être abondamment utilisé (ça l'est déjà) pour justifier tous les autres conservatismes. Bien sur, renvoyer dos à dos un marin pêcheur et un employé de la SNCF n'a aucun sens. L'un vit dans la précarité maximale, l'autre est tranquille jusqu'à la retraite (et après). Il n'en reste pas moins que le chantage, d'où qu'il vienne, ne doit pas être toléré, et encore moins encouragé.
Rédigé par: Liberal | jeudi 08 novembre 2007 at 18:23
la situation aujourd'hui: nous sommes le vendredi 9 novembre 2007.
l'étalage de mon poissonnier était ce matin magnifique: explication, il faut toujours parler avec son petit commerçant!
" tous les petits pêcheurs sont sortis, il consomment moins, mais surtout ils ont besoin de vivre "
on ne parle plus de système de transport en commun rationnel en zone rurale, depuis longtemps le choix est fait, ces gens là sont abandonnés, vous allez me rétorquer qu'on ne peut pas mettre un bus toutes les heures; mais il devient de plus en plus difficile de se déplacer sur le territoire français!
c'était mon coup de gueule contre le vélib qui nous saoule...
Rédigé par: fleur de pissenlit | vendredi 09 novembre 2007 at 20:23
@ astre noir
2ème remarque:
le prix du foncier est 2 à 3 fois supérieur dans les zones rurales, donc les constructions de maisons comme vous le prétendez à l'extérieur n'est pas justifié pour une raison économique, la taxe foncière est moins chère en ville actuellement, renseignez vous;)
Rédigé par: fleur de pissenlit | vendredi 09 novembre 2007 at 20:31
>
Non, juste à un retour en arrière. Et tout le monde n'est pas sensible aux charmes de la petite reine, ni en mesure de pédaler sur de grandes distances. Quant aux transports en commun, que j'emprunte faute de mieux, ce n'est pas non plus le panard. Traitez les récalcitrants de "beaufs" autant que vous le voulez - c'est cohérent avec votre famille politique - mais on peut les comprendre de ne pas s'enthousiasmer pour ce qui est au fond une régression. Le vélo, le métro et le tramway c'était bien à l'époque de Papy, mais nous sommes en 2007 et il faudrait peut-être essayer de se pencher sur des alternatives MODERNES aux gaz d'échappement.
Et sinon OO a raison: les transports ne sont PAS la première source de gaz à effets de serre. Ce serait donc la moindre des choses que d'éditer votre message dans ce sens.
Rédigé par: Infâme Cancrelat | mardi 13 novembre 2007 at 12:59