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jeudi 17 janvier 2008

La nouvelle école péripatéticienne

En France, 40 000 étudiantes arpentent les trottoirs dans le cadre de leurs études. Aristote serait fier d'elles.

Pripatticiens On connaissait le risque, pour la moitié de la population française, de se retrouver sous les ponts, on avait entendu parler du scandale des lycéens forcés à travailler la nuit pour se nourrir, mais voici que débarquent les étudiantes qui se prostituent pour payer le loyer de leur chambre en cité U...

Les temps sont durs et l'on imagine assez bien ces cohortes de futures ingénieures, historiennes ou biologistes obligées de monnayer leurs charmes pour s'acheter des cartouches de stylos. Et encore, la fac est gratuite en France et l’on subodore que les étudiantes américaines, qui financent leurs études à coups de zillions de dollars, étaient déjà réduites à ce terrible esclavage sexuel depuis des lustres.

En tout cas, chez nous, il y a des statistiques et quelque 40 000 titulaires d’une carte d’étudiant se prostitueraient à l’occasion. Quarante mille ? Bigre, ça fait du monde ça... Mais comment en arrive-t-on à un chiffre pareil ? Existe-t-il une UV de péripatéticienne ? Augmente-t-on ses chances de décrocher une bourse Erasmus pour travaux pratiques en officialisant un tel hobby ?  Hum... Le chiffre qui circule trouverait en fait son origine chez SUD-Etudiant, la branche ado d’un syndicat connu pour son réalisme, et s’adosserait à un rapport de l’Observatoire de la Vie Etudiante sur les conditions de vie matérielles dans les facs.

Renseignements pris, un tel rapport existe bien, mais ferait plutôt état de 45 000 étudiants « en situation de grande pauvreté » et semble à peu près aussi concerné par la prostitution que mon concierge par le problème de cet ascenseur en dérangement chronique. Mieux : de ces 45 000 étudiants misérables, le rapport ne pipe mot, seuls certains de ses lecteurs se sentant autorisés à lui faire dire ce qu’il ne dit jamais explicitement pour servir leurs propres objectifs.

Bref, le phénomène de la prostitution estudiantine, s’il ne saurait être totalement balayé d’un revers de main, semble à peu près aussi documenté que celui du sadomasochisme chez les menuisiers de moins de cinquante ans ou du goût pour la confiture d’airelles chez les détenteurs d’un permis de pêche. Ca doit bien exister, mais en tirer une théorie générale quelconque est tout simplement stupide. Sauf, évidemment, si votre projet est d'exiger la naissance du salaire étudiant.

Mon confrère du Figaro Jean-Marc Philibert le sait bien, même s’il n’hésite pas à affirmer que « la prostitution gagne les bancs de la fac ». Il entretient d’ailleurs placidement la confusion entre les 40 000 filles perdues de SUD et les 45 000 crève-la-faim de l’OVE, exemples de ventes de petites culottes recueillis « sur Internet » ― carrefour bien connu de toutes les turpitudes ― à l’appui. Ma consœur de Libération Charlotte Rotman le sait bien, elle aussi, qui assure néanmoins la promotion du dernier opus de la maison Max Nilo, « éditeur proposant des ouvrages politiques, culturels ou sociétaux à caractère polémiques ». Centré sur les aventures de Laura, « étudiante à tout prix », l’édifiant récit d’une jeune fille sans histoire poussée à vendre son corps par l’incurie du CROUS devrait d’ailleurs faire pleurer dans de nombreuses chaumières, avec un tel plan média. Tiens, même France Inter en remettait une couche, ce matin...

Ce type de sujet, dans le temps, paraissait plus adapté aux amateurs des documentaires « de société » proposés par Charles Villeneuve en deuxième partie de soirée sur TF1. Intégrées au débat économico-éducatif, les petites culottes universitaires deviendront-elles le dernier symbole de la mondialisation ultra-libérale ? Il est trop tôt pour le dire, mais je suggère à nos étudiantes en philosophie, entre deux rendez-vous galants, de réfléchir à cette acception moderne de l’école péripatéticienne. Ca sera toujours ça de gagné pour les partiels.

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Commentaires

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Puis je oser un plus mauvais esprit encore ?

Le statut d'étudiant confère nombre d'avantages variés et divers, pour une inscription relativement modique.

Il ne parait pas inenvisageable que des jeunes femmes faisant profession de leur corps, si elles le peuvent cumulent anis une carte étudiante avec leur profession.

Je ne sais pas si il y a des études chiffrant les "faux" étudiants, quelque soit leur réel activité par ailleurs.

Sinon oui, ras la casquette de ce misérabilisme niais qui ne permet pas d'affronter les vraies pbs (et la pauvreté étudiant en est un).


Pour une fois que les étudiants en sociologie s'impliquent sérieusement dans une démarche d'immersion dans la société, il s'en trouvera toujours pour s'en plaindre.

Blague à part, c'est maintenant que vous découvrez à quel point les chiens de garde du pouvoir répugnent à s'intéresser aux questions d'inégalité ? La tactique de l'autruche, si populaire en ce qui concerne l'union européenne, laisse effectivement le champs ouvert aux journalistes en mal de sensationnel et de rédactionnel percutant.

Alors, plutôt que de s'en plaindre, cherchons de quoi se nourrit ce sensationnalisme.

Comme tu le dis de ces étudiantes "et ce rapport qui ne pipe mot"

Difficile d'aborder ce sujet, en effet, de manière chiffrée... Comment faire, alors? Car la prostitution estudiantine existe bel et bien. J'ai déjà pour ma part interviewé des jeunes étudiantes qui faisaient de temps à autre le tapin pour payer leur loyer. Faut-il le taire, sous prétexte que ça fait un peu TF1?
je ne crois pas. Disons qu'on peut sans doute éviter de balancer ds chiffres qui ne veulent rien dire.

Eviv Bulgroz,
Des "faux étudiants" ? Quelle drôle d'idée !

Passant,
Oui, tu vois, je progresse. Je comprends mieux la société lorsque tu me l'expliques.


All,
Oui, j'ai failli mettre l'expression en italiques mais finalement, c'était pas la peine.


Le chafouin,
Ah bon, tu en as interviewé ? C'est bien. Mais as-tu pensé aux deux autres catégories citées dans le texte, les pêcheurs à la ligne amateurs de confiture et les menuisiers SM ?

Evidemment, qu'il existe des situations de ce genre : il y a près de 2,5 millions d'étudiants dans le supérieur en France. Mais elles ne représentent évidemment pas une tendance ou même un phénomène spécifique.

Il y a, comme le rappelle Eviv Bulgroz, des situations sociales difficiles et on aurait intérêt à se pencher sérieusement sur le fait que nos facs misérables accueillent de la même manière le fils de cadre sup (qui ne serait pas, étrangement, parti faire une grande école) et le gosse de prolo dans les mêmes conditions.

Et si le premier payait un petit quelque chose en fonction de ses moyens pour améliorer le niveau de bourse du second ? Mais non, on ne peut pas, ce serait aller contre la gratuité et l'égalité, voyons ! Mais c'est un autre débat, sans doute moins émoustillant que les étudiantes et leurs histoires de culottes sur Internet.

eh oui, il y a une actualité éditoriale sur le sujet avec la parution du témoignage d'une étudiante et l'étude d'une autre étudiante en sociologie celle-ci. L'Express présentait les deux dans son édition de la semaine passée et a sans doute relancé l'intérêt de ses confrères. France 2 et M6 s'y intéressaient déjà l'an passé, à ce que j'ai pu voir.

mon trouble à moi, pour ce qui est des papiers de ces derniers jours, réside dans le fait que la presse s'intéresse au sujet au travers du prisme de publications (avec extraits et bonnes feuilles) et non pas de soi-même avec enquêtes et reportages. où l'on pourrait peut-être prendre conscience de l'ampleur du phénomène, avoir une idée des conditions de vie de ces étudiantes - et pourquoi pas sans doute de leurs camarades masculins, non ?... je regrette que l'approfondissement de tels sujets passe désormais dans les livres et non plus dans les journaux, ceux-ci se réduisant à faire l'article des dits livres...

Pour ce qui est des inscriptions sans aucune présence à la fac, elles sont estimées par les universités autour de 10%. Mais faut aussi dire que les universités ne feront rien contre : c'est une rentrée d'argent qui n'est pas contrebalancé par le fait que ces étudiants usent le matériel. Et il s'avère que les facs ont besoin d'argent ...

Cela me rappelle le cas d'"Anna, jeune slovaque" popularisé par Attac. Quand il s'agit de faire le Bien, certains ne reculent devant aucun procédé.

Avez-vous vous-même enquêté, Hugues, pour conclure que la prostitution étudiante n'existe pas ou n'est pas aussi importante que les chiffres annoncés ou qu'elle n'est pas en augmentation ou tout simplement pour émettre un avis sur le sujet ?
Si non, je ne vois pas l'intérêt de votre diatribe.

Monsieur Prudhomme,
Bien vu. Je l'avais oubliée, celle-là, mais il me semble que le rappel est pertinent.


Antoine Block,
Non, effectivement, je n'ai pas fait d'enquête de terrain au-delà de cette remontée de la piste des fameux "40 000" de SUD.

Mais c'est que j'étais trop occupé à enquêter sur la diffusion de la cocaïne en maternelle. D'après certaines sources, 1 élève de grande section sur 4 utiliserait ce genre de susbtance. Comment ça tu ne me crois pas ? Ben enquête, bon sang, enquête ?

Certainement pas 40'000 étudiantes se prostituant mensuellement pour "payer leur loyer". Mais chiffre crédible si on prend en compte la prostitution occasionnelle. On est surpris du nombre de jeunes femmes qui disent oui moyennant 500 euros (ou une journée de shopping).

Eh bien, merci Hugues de ce fantastique blogue. Je suis très content de voir que, sur un sujet aussi sérieux que la pauvreté estudiantine, la seule chose qui t'intéresse, c'est te foutre de la gueule de SUD-Etudiant, la branche "ado" de SUD. C'est sûr que toi, l'adolescence, ça risque pas de te toucher. T'étais déjà vieux et dans le sens du vent à la naissance, sans doute.

J'ai moi-même été fort étonné de la présentation faite de ce sujet sur France Inter et les diverses publications mentionnées (aucun travail journalistique, source, chiffrage etc). L'article de Libé tient le pompon, il consiste en de longues citations de l'ouvrage Laura. Il ne s'agit pas de minimiser le problème mais d'attendre de la presse, et plus encore dans le cas où le problème serait grave, une enquête sérieuse. On rappelera que d'après la police, on compte environ 15 000 prostituées professionelles en France.
On a la nette impression de se trouver devant un(e) attaché(e) de presse ayant fait très bien son boulot, et on attend avec impatience le prochain projet de loi destiné à lutter contre la prostitution estudiantine. Ce qui permettra aux-mêmes de critiquer une gouvernance basée sur l'émotion et le fait-divers. La boucle sera bouclée et le spectacle continuera.

Le vrai scandale (et Hughes contribue à l'omerta en noyant ainsi le poisson) est l'ignoble rupture de la parité qu'indiquent ces chiffres. On apprend que les jeunes femmes ont des moyens hétérodoxes de financer leurs études et personne ne songe à s'indigner que rien ne soit prévu pour les pauvres étudiants masculins.

Je ne suis pas surpris que les jeunes hommes, une fois installés dans la vie professionnelle, se vengent d'une telle injustice en sous-payant les femmes.

Clairement, une étude approfondie serait bienvenue pour mieux apprécier l'ampleur du phénomène, mais de tels livres me semblent avoir au moins l'intérêt de pouvoir motiver la réalisation d'une telle étude.
Soi dit en passant, la capacité des journalistes à mener des enquêtes exhaustives sur ces sujets me semble très limitée.
Concernant la prostitution étudiante, on dispose néammoins de chiffres dans d'autres pays.
En Australie, entre un cinquième et un tiers des prostituées travaillant en parloirs ou autres bordels sont des étudiantes, elles travaillent moins mais sont mieux rémunérées que les femmes dont c'est le métier.
Les étudiantes représentent près de la moitié des escorts ou travailleuses freelance sur Internet.
Au Japon, on estime que la prostitution touche environ un quart des étudiantes.
Le phénomène concerne même les lycéennes, trois études menées dans les lycées de Tokyo ont en effet montré que 5% des filles se prostituaient à l'occasion.
@Hughes, vous semblez rejeter d'emblée le chiffre de 40000 étudiantes comme outrageusement élevé!
Pourquoi, la vertu vous semble être une exception française?
Si vous prenez votre calculette, vous pouvez vérifier que 40000 étudiantes se prostituant à l'occasion, ce n'est après tout que 3% de la population féminine en études supérieures en France. Si ces chiffres sont exacts, ça veut dire que la prostitution est moins développée chez les étudiantes françaises qu'elle ne l'est chez les lycéennes japonaises... mais plus que dans la population US où seulement un peu moins de 2% des femmes de la population générale disent s'être prostituées.

@Hugues
Ne déforme pas mes propos, stp^, et ne fais pas de moi un adepte de l'info-petite culotte. Je dis que ce genre d'exemple peut faire prendre consicnece aux gens de la misère dans laquelle sont certains étudaints, et, pourquoi pas, de l'ineptie du système universitaire. N'est-ce pas le rôle des médias, d'informer pour que tous connaissent la réalité du monde, des choses?

Hugues a écrit :
"Non, effectivement, je n'ai pas fait d'enquête de terrain au-delà de cette remontée de la piste des fameux "40 000" de SUD.
Mais c'est que j'étais trop occupé à enquêter sur la diffusion de la cocaïne en maternelle. D'après certaines sources, 1 élève de grande section sur 4 utiliserait ce genre de susbtance. Comment ça tu ne me crois pas ? Ben enquête, bon sang, enquête ?"

En clair, vous reconnaissez ne pas avoir enquêté, ne rien savoir de plus (et plutôt moins) que les journalistes qui ont consacré un article à la question, mais cela ne vous empêche nullement de corriger les chiffres et les analyses.

Votre saillie — fort drôle — sur la cocaïne à la maternelle ne démontre que votre désinvolture et votre mépris pour les faits, l'enquête et les journalistes-dinosaures qui s'y livrent encore.

Et toute cette phraséologie sans objet, dans quel but ? Uniquement pour affirmer (ah, les vertus de la méthode Coué) que les études sont gratuites en France, que la misère étudiante n'existe que dans les discours idéologiques de la gauche, que les enfants d'ouvrier seraient mieux inspirés de ne pas faire d'études supérieures… ? Bref, tout et, surtout, n'importe quoi.

Vous avez pourtant manqué une belle occasion de justifier les réformes de votre Leader Minimo, sur l'air de :
"Pour mettre fin à la misère et la prostitution étudiante, vive l'autonomie des universités" !

Antoine Block,
Voyons, voyons, Antoine Block, tu es visiblement aveuglé par ton propre dogmatisme, à l'heure de critiquer le mien.

Tu m'accuses de ne pas avoir "enquêté". Je te réponds que non, effectivement, comme l'indique la note ci-dessus, je n'ai pas réalisé une enquête de fond basée sur la visite d'une dizaine d'universités représentatives des 85 établissements supérieurs que compte la France (sans parler des grandes écoles) pour interroger un échantillon d'étudiants sur la question de la prostitution.

Je ne ne suis pas non plus allé rencontrer les services de police ou de santé qui pourraient avoir des informations complémentaires sur le sujet. Tout ça, je te l'accorde. Mais je te rappelle simplement que nous sommes sur un blog dont la lecture est gratuite, dont le service rédaction ne compte qu'une personne et dont les frais généraux sont d'un niveau assez faible (4,5 dollars d'abonnement mensuel à TypePad).

Ce que je me suis contenté de faire, pour autant, c'est d'utiliser le sens critique qui est le mien, adossé à une connaissance de la société française suffisamment importante pour réagir immédiatement à l'énormité du chiffre avancé par SUD.

Ainsi, j'ai consulté le dernier rapport du Sénat sur le sujet, qui date de 2000 (mais je ne pense pas que les choses aient pu évoluer de manière frappante en huit ans) et pose comme hypothèse de travail l'existence de moins de 20 000 prostitués hommes et femmes (rues, bars, etc.) sur toute la France. On imagine mal que la prostitution, même occasionnelle, chez les seuls étudiants, puisse permettre de multiplier ce chiffre par trois.

http://www.senat.fr/rap/r00-209/r00-2096.html


J'ai ensuite recherché les endroits ou SUD était cité sur ces 40 000 et j'ai constaté, à chaque occurrence, que cette mention s'appuyait systématiquement sur le rapport de l'Observatoire de la Vie Etudiante que j'ai mis en lien dans la note, mais qui ne mentionne absolument pas cette question et se concentre sur la pauvreté chez les étudiants. Le revoici d'ailleurs :


http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/014000056/0000.pdf


C'est donc clairement le chiffre de SUD qui est faussement sourcé et les éléments qui y faisaient référence sur le site du syndicat ont d'ailleurs été supprimés. Il ne reste donc plus de visible, sur le Web, que les articles de presse se référant à cette pseudo-info de SUD :


http://www.lefigaro.fr/france/20061030.FIG000000152_la_prostitution_gagne_les_bancs_de_la_fac.html

http://www.lexpress.fr/info/societe/dossier/prostitution/dossier.asp?ida=463827


Il ne s'agit donc pas d'une enquête de terrain proprement dite mais, dans le genre armchair journalism, on a vu pire... D'ailleurs, comme je le dis, toujours dans la note, et compte tenu d'une population étudiante proche des 2,5 millions d'individus :

« le phénomène de la prostitution estudiantine, s’il ne saurait être totalement balayé d’un revers de main, semble à peu près aussi documenté que celui du sadomasochisme chez les menuisiers de moins de cinquante ans ou du goût pour la confiture d’airelles chez les détenteurs d’un permis de pêche. Ca doit bien exister, mais en tirer une théorie générale quelconque est tout simplement stupide ».


Ah, et tout ça ne me servirait en fait qu'à rappeler que les études sont gratuites en France, ironises-tu en te croyant malin (ou rigolo, on ne sait pas vraiment). Non, absolument pas. Je mentionne évidemment que c'est le cas, que la fac n'est pas payante, mais cette note me sert surtout à m'agacer d'un faux sujet (la prostitution estudiantine) polluant le débat sur un vrai sujet(la pauvreté étudiante) en mélangeant tout et n'importe quoi. Un peu comme lorsque l'on résume la question des SDF alcoolos à un problème de logement social, si tu veux.

D'où la référence à la cocaine à la maternelle, que tu décides de trouver risible parce qu'une telle énormité n'est pas pertinente dans ta lecture du monde, même si elle n'est pas plus intrinsèquement absurde que nos 40 000 étudiants prostitués...

Enfin, une fois ta démonstration bidon assénée, tu balances que je pense certainement que les enfants de prolos feraient mieux de ne pas faire d'études et que ça reflète bien la doctrine de mon leader minimo. Existe-t-il un argument concret pour me faire ce procès d'intention ultra-con à lecture de cette note ou de n'importe quelle autre note sur ce blog ? Un seul ?

Ce mythe de la prostitution étudiante (et c'est la raison pour laquelle il était intéressant de rappeler ici la campagne d'ATTAC avec son "Anna, jeune slovaque" que l'Europe allait mettre sur le trottoir) est totalement cohérent avec la dénonciation la plus conne de la société "ultralibérale" dans laquelle nous sommes censés vivre -- d'où ta conclusion radicalement hors sujet sur l'autonomie des facs (qui est le chemin le plus court, comme chacun sait, vers les vitrines du quartier chaud d'Amsterdam).

http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2006/02/intimidation.html

Donc, au final, non, pas d'enquête de terrain, mais bien quelques arguments authentiques. Reviens donc avec autre chose que des slogans à l'occasion !

Hugues, "armchair journalism" en bon français, ça donne : "prends-toi pour un journaliste sans bouger le cul de ta chaise" ?

Vous m'écrivez que "nous sommes sur un blog dont la lecture est gratuite, dont le service rédaction ne compte qu'une personne et dont les frais généraux sont d'un niveau assez faible".
Que faut-il en conclure ? Qu'un blog n'est pas un journal, qu'il n'en a ni les moyens financiers, ni les ressources humaines, ni les compétences, ni l'audience ? Sur ce point, nous sommes d'accord; vous ne détenez pas de carte de presse, vous n'êtes pas diplômé d'une école de journalisme et vous ne travaillez pas pour un organe de presse. Mais je m'étonne alors que vous donniez du "mon confrère" à Jean-Marc Philibert, du Figaro, et du "ma consœur" à Charlotte Rotman, de Libération. Si j'étais méchant, je dirais que cela ressemble fort à de la mythomanie, mais comme je ne le suis pas, disons que cela relève seulement de l'incohérence.

Sur le fond, je n'ai pas plus d'avis que vous ne devriez. Je renvoie simplement au commentaire de Damien, ci-dessus :
"trois études menées dans les lycées de Tokyo ont en effet montré que 5% des filles se prostituaient à l'occasion.
[…] Si vous prenez votre calculette, vous pouvez vérifier que 40000 étudiantes se prostituant à l'occasion, ce n'est après tout que 3% de la population féminine en études supérieures en France. Si ces chiffres sont exacts, ça veut dire que la prostitution est moins développée chez les étudiantes françaises qu'elle ne l'est chez les lycéennes japonaises... mais plus que dans la population US où seulement un peu moins de 2% des femmes de la population générale disent s'être prostituées".
Rien de délirant, donc, ni de comparable aux cocaïnomanes en maternelle que vous persistez à ne pas trouver "plus intrinsèquement absurde que nos 40 000 étudiants prostitués" !

Quant à ma prédilection supposée pour les slogans, je n'en vois pas l'ombre de la queue d'un dans mon commentaire… à moins qu'émettre des réserves quant à la pertinence de vos "analyses" ne suffise à faire de moi un dangereux sectateur ?

Et merci pour les "ultra-con" et autres "bidon" dont vous agrémentez votre prose et par lesquels votre argumentation dévoile simultanément sa profondeur, sa solidité et l'état d'esprit dans lequel vous la menez.

Comme je suis susceptible, je vais te répondre une dernière fois. Il se trouve que je suis effectivement journaliste, qu'il s'agit de la profession que j'exerce depuis une petite vingtaine d'année et que tu es à nouveau à côté de la plaque (même si j'ai bien conscience, en écrivant ça, de ce qu'il y a de puéril à se justifier devant un tel niveau de crétinerie).

En parlant des moyens limités de ce blog et d'armchair journalism, je fais bêtement référence à ce qui devrait être une évidence : j'écris sur ce blog à mes heures perdues et il ne s'agit pas d'une activité dans laquelle je peux investir du temps et des moyens à un niveau professionnel

Maintenant, si tu avais lu (ou compris) la note et mon commentaire précédent, tu aurais saisi la différence entre, non pas une "enquête", mais une opinion informée basée sur la recherche d'un certain nombre de faits et de données crédibles et l'émission d'un point de vue sans substance fondé sur des réflexes idéologiques.

Il n'est pas nécessaire de procéder à une enquête de terrain pour s'éloigner du café du commerce. Retourne donc prendre un café, même si j'ai l'impression que tu as déjà des problèmes d'insomnie.

Enfin, je constate que tu viens fréquemment sur ce blog, non pas pour apporter la contradiction, qui est la bienvenue, mais pour rappeler à quel point je suis forcément une crapule puisque je dis ceci ou cela et je trouve effectivement la démarche, comment dire, "ultra-conne" et "bidon".

"Il se trouve que je suis effectivement journaliste, qu'il s'agit de la profession que j'exerce depuis une petite vingtaine d'année".
Aïe, c'est donc plus grave que je ne le pensais !

Pour ce qui est de la question de l'idéologie, qui semble tourner chez vous à l'obsession si l'on en croit sa récurrence au fil de vos billets et réponses aux commentaires, elle est plus complexe que vous ne paraissez le croire. Peut-être aurons-nous l'occasion de l'aborder une autre fois.

Enfin, vous écrivez que "la contradiction, […] est la bienvenue" ? Effectivement, votre ouverture d'esprit, votre capacité à l'auto-critique et le respect que vous manifestez pour les opinions divergentes en sont une démonstration lumineuse.

Bravo Hugues pour cet excellent billet, qui n'avait nullement besoin des pages de justification que tu t'es foulé d'ajouter.

Les médias bidonnent avec leurs soi-disant 40000 étudiantes prostituées, en entendant ça je m'étais dit "encore du grand n'importe quoi", ça me fait plaisir que tu le prouves.

Et que certains jugent préférable l'esprit partisan à la vérification de l'information, c'est pas nouveau dans ce monde, et ce n'est vraiment pas la peine de leur répondre amha.

Journaliste ? Ah oui, si l'on veut… à l'Argus Automobile.
OK, je sors, mais je n'ai pas pu résister.

Bonjour, je ne suis pas là pour défendre HUgues, il n'a pas besoin de moi, mais j'ai eu l'occasion, en tant que journaliste, d'enquêter sur cette affaire des "40 000". J'ai eu au téléphone le rédacteur du rapport de l'Observatoire de la Vie Etudiante", dans lequel, selon Sud Etudiants,serait évoqué le cas de nos péripateticiennes en herbe. A aucun moment, dans ce rapport sur la pauvreté estudiantine, il n'est question d'une telle situation. J'ai également retrouvé la jeune fille citée dans le Figaro (début 2007). Elle a été contactée par mon confrère, qui l'avait trouvé sur un forum de discussion internet. Mais elle a refusé de lui répondre. Il a repris tous les posts qu'elle avait envoyé sur le forum, sans son autorisation. Sauf que cette jeune fille, étudiante et prostituée, m'a avoué que si elle le faisait c'était uniquement par choix et non par nécessité financière (la prostitution, bien sûr, pas les études). J'ai ensuite contacté des psychologues de fac, qui n'ont jamais eu de "patientes" évoquant de tels actes (certes, les psy de la fac n'auraient pas intérêt à le révéler mais bon). Enfin j'ai fais un appel général auprès de centaines d'adresses mails très ciblées (je ne suis pas des plus vieux, je connais du monde dans les facs) et personne ne m'a trouvé de copines de bancs devant vendre leur corps. Sur les 40 000, tout de même, je pense que j'aurais pu en trouver une facilement avec mes réseaux.
Ma conclusion : il faut lire entre les lignes, et est considéré comme prostitution, le simple fait de travailler pour les lignes roses téléphoniques. Ce qui est le cas, c'est vrai de pas mal d'étudiants. De là à dire qu'ils se prostituent... je revendrais juste sur l'origine du mot péripatéticienne, qui vient du grec et qui signifie "marcher", "se balader". Ben le gars du Figaro nous a bien fait marcher, on a plus qu'à aller se ballader... Putain!

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