Professions réglementées
Il est temps de supprimer le numerus clausus des présidents. Manifestement, celui-ci ne va pas s'en sortir tout seul.
L'ultra-libéralisme de Nicolas Sarkozy ne saute pas vraiment aux yeux, ces jours-ci. Entre la décision de céder devant les taxis et la promesse d'un investissement public dans une unité d'Arcelor menacée de fermeture, on se croirait revenu sous Chirac... Pour les taxis, on imaginait pourtant un minimum de fermeté, un semblant de négociation, des pourparlers dont serait sorti un vague accord de modernisation de la profession : on revoit le numerus clausus à la hausse, mais on augmente le tarif de prise en charge, quelque chose dans le genre.
Mais non, rien. Quelques dizaines (littéralement, j'y étais) de Mercedes diesel jouent les escargots de Bourgogne aux abords de la Porte Maillot et, bing, la proposition 207 du rapport Attali est abandonnée. Ou du moins le paragraphe concernant les taxis : pour les autres professions réglementées (notaires, pharmaciens, huissiers), il faudra attendre qu'elles bloquent à leur tour le périphérique ― ce qui ne saurait tarder.
A Gandrange, c'est un peu différent. D'abord, il est difficile de mettre sur le même plan le propriétaire d'une licence de taxi parisien à 200 000 euros et l'ouvrier d'un site sidérurgique risquant le chômage dans une région sinistrée. Mais il est impensable de voir l'Etat verser son obole au groupe Mittal, modernisant l'usine à la place de son propriétaire. Si Gandrange est viable et qu'un repreneur se présente, formidable. Dans le cas contraire, les fonds publics seraient mieux employés à la reconversion des ouvriers dans une activité plus en phase avec la demande. Je suis cruel ? Pire que Sarkozy ? OK, mais à quelle fréquence faudra-t-il remettre au pot pour empêcher Mittal ou son éventuel successeur sidérurgiste de mettre la clé sous la porte ? La Moselle a besoin d'activité pérennes, pas d'une industrie sous perfusion à la merci permanente du fait d'un prince, fut-il maharadjah.
Mais en tout cas, pour le portrait de l'hyperprésident en Thatcher-bis, on repassera.
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L'histoire des taxis, pour autant, jette un fameux doute sur l'avenir du pack attalien tout entier. Sa nouvelle belle-famille a pourtant dû faire remarquer à l'époux de Carla Bruni que la même attitude avait coûté son siège à Romano Prodi... Bah, la France n'est pas l'Italie, doit-il se dire en écoutant en boucle les Quatre-Saisons sur le répondeur de la G7, en quête d'une voiture susceptible de l'emmener passer le week end à la Lanterne.
A moins que l'affaire du SMS à Cécilia, révélée par le Nouvel Observateur, ne lui crée de nouveaux problèmes conjugaux, faisant tomber sa fin de semaine en amoureux à la flotte. Je n'ai rien contre les coeurs d'artichaut, et je me fiche comme d'une guigne de ses affaires de couple, mais l'homme fait tout de même un peu girouette...
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Bon, je l'accuse d'être une girouette, comme ça, mais je ne suis peut-être pas le mieux placé pour ça. Après tout, je commençais moi-même à voir le bonhomme comme un mal nécessaire, une sorte de potion aussi horrible qu'indispensable à la guérison du malade. Cinq ans, dix ans peut-être, et nous aurions été fins prêts pour accueillir our very own Tony. Tu parles. La baisse de Nicolas Sarkozy dans les sondages ne marque pas seulement la fin de l'état de grâce à laquelle s'attendent tous les présidents fraîchement élus ; elle est plutôt l'indice d'une vraie lassitude de l'opinion à l'égard d'un ambitieux un peu vulgaire, finalement pas si différent de son prédécesseur.
Encore un peu, et on finira par regretter Giscard. C'est dire.
© Commentaires & vaticinations

Regretter Giscard, passe encore, mais le risque c'est de commencer à regretter Chirac.
Une lueur d'espoir, cependant, il semble n'avoir pas encore abandonné toute de vélléité taxo-réformiste :
http://www.lefigaro.fr/actualites/2008/02/07/01001-20080207ARTFIG00483-taxis-sarkozy-n-ecarte-pas-le-rapport-attali.php
Rédigé par: François X | le jeudi 07 février 2008 à 22:25
Nicolas Sarkozy a quand même un moyen élégant de s'en sortir : mettre en oeuvre certaines propositions de fort bon sens parfaitement laissées de côté par le rapport Attali.
Pour ensuite mieux dénigrer le travail de la commission toute entière, à supposer que toutes les horreurs qu'on a pu lire sur les sites d'économistes notamment ne suffisent pas à la tache.
Rédigé par: Passant | le jeudi 07 février 2008 à 22:30
Et un pti Delpla pour la route ?
http://www.lesechos.fr/info/analyses/4683663.htm
Pour lui, au moins, le problème est clair : Sarkozy n'a rien à voir à l'affaire : c'est juste l'état régulateur qui est en cause.
Rédigé par: Passant | le vendredi 08 février 2008 à 00:15
Si quelqu'un commence à regretter Chirac, c'est qu'il souffre d'une grave myopie et doit se faire prescrire d'urgence une opération !
Rédigé par: Monsieur Prudhomme | le vendredi 08 février 2008 à 07:22
Apparemment l'affaire du SMS fait Pschiiiit et le Nouvel Obs semble en mauvais posture. Quand la presse fait les poubelles, elle a les mains moins propres.
Sarkozy très haut dans les sondages, ça ne démontre rien, mais le passage du grain actuel, lui, sera vraiment significatif de l'épaisseur politique du personnage et de ses équipes. La fausse sortie de Lagarde de cette semaine est lourde de sens. Enfin une période intéressante.
Rédigé par: Charles' | le vendredi 08 février 2008 à 09:11
François X,
Oui enfin, tout ce que je comprends, c'est qu'ils ont obtenu une revalorisation de leurs tarifs en échange de rien. D'ici à ce que les buralistes soient exemptés de la loi sur le tabac dans les lieux publics et reçoivent une nouvelle subvention...
Passant,
Les taxis étaient théoriquement le maillon faible. Les mettre au pas, si j'ose dire à l'heure d'une opération escargot, ne devait pas être si complexe. On voit mal ce qui peut rester du rapport après cette lamentable affaire.
Delpla a raison sur toute la ligne (de métro).
Monsieur Prudhomme,
Moi, j'ai déjà été opéré. Donc je ne me sens pas concerné.
Charles',
Le SMS est peut-être bidon, mais l'inflexion générale que donne Sarkozy à sa présidence ces dernières semaines n'a pas besoin de ce genre d'anecdotes pour être désolante.
Rédigé par: Hugues | le vendredi 08 février 2008 à 11:46
"Les taxis étaient théoriquement le maillon faible."
à combien d'exceptions près ?
Rédigé par: Moo | le vendredi 08 février 2008 à 12:33
Par exemple les écoles maternelles ?
Suis-je invité à donner d'autres exemples ?
Rédigé par: Moo | le vendredi 08 février 2008 à 12:36
Merci à Passant pour le bon article de ce Monsieur Delpla que je ne connaissais pas.
Hugues, si l'hypoprésident pouvait nous autoriser à fumer un peu partout pour complaire aux buralistes, j'y verrais une bonne occasion de retrouver tout mon amour pour lui.
Et puis, il y a les municipales à passer. Après ça, retour aux fondamentaux du thatchérisme ?
Rédigé par: François X | le vendredi 08 février 2008 à 13:18
Le Parisien : "les 47000 taxis transportent 1 million de personnes par jour dans toute la France. Un relai d'opinion qu'il faut soigner".
ça et la nécessité de regagner le vote des ouvriers, on verra après les municipales.
Rédigé par: David | le vendredi 08 février 2008 à 16:02
Le Parisien toujours : "des fumoirs et une subvention, les buralistes n'en demandent pas plus". Leurs représentants étaient reçus hier à l'Elysée après ceux des chauffeurs de taxis.
la rupture, c'est la rupture. même en période électorale.
Rédigé par: David | le vendredi 08 février 2008 à 16:10
@Monsieur Prudhomme : je suis de gauche, je n'aime pas Chirac, mais ça fait déjà un moment que je le regrette au vu de son successeur...
Rédigé par: Sébastien G. | le vendredi 08 février 2008 à 19:25
J'ai fait un petit passage en Suisse où tout le monde se bidonnait de ce SMS, puis en Italie (autre pays à taxis grévistes) où l'affaire du SMS faisait s'épanouir nos voisins en attente de retrouver la version originale du dirigeant politique vulgaire, en l'occurence le Berlusconi.
Mais vu de l'autre côté de la frontière, tout le monde semble penser comme Hugues que l'ultralibéralisme de sarko ne tient pas au moindre souffle de vent..
D'après un SMS que je viens de recevoir de TB, Thatcher en avait plus dans la culotte
Rédigé par: leblase | le vendredi 08 février 2008 à 22:30
Petite précision sans aucun intérêt :
La musique d'attente des taxis G7 n'est pas les 4 saisons de Vivaldi mais le 1er mouvement du concerto pour violon n°1 de Mozart.
J'en profite pour vous remercier pour votre blog, j'aime beaucoup vous lire.
Rédigé par: David | le samedi 09 février 2008 à 16:38