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vendredi 14 mars 2008

Cyclothymie de fin semaine

Bloc-notes maniaco-dépressif : du pas très rigolo, du carrément triste, puis du gai.

Streetpiano Hum, pas très efficace, ce boycott du Salon du Livre. J'ai mis une plombe à me glisser dans le grand hall du parc des expositions de la porte de Versailles tellement la foule était dense, hier soir, pour l'inauguration officielle. Il y avait bien quelques manifestants exigeant d’Amos Oz et de David Grossman qu'ils autorisent le retour des réfugiés de 1948 et ferment les colonies cisjordaniennes, mais ils avaient du mal à se faire entendre, entre la pluie battante et la circulation des tramways sur les boulevards des Maréchaux.

Je suis tout de même allé tailler une bavette avec l’un des porteurs de bannière, lequel avait du mal à saisir que l’on puisse être, tout à la fois, solidaire de la cause palestinienne, attaché à l’existence d’Israël et convaincu de l’intérêt du passage d’écrivains et de penseurs israéliens par Paris.

Je reste d’ailleurs convaincu que ces appels au boycott procèdent d’un essentialisme dangereux : si un Israélien, qu’il écrive ou pas, n’est perçu que comme le représentant de l’armée de son pays ou de son gouvernement, autant affirmer que tous les Américains surveillent les cages de fer à Guantanamo, que tous les musulmans font sauter des bombes et que tous les Français profitent de la Politique Agricole Commune.

Les écrivains sont là pour faire avancer le schmilblick. Et particulièrement ceux-là.

*

Le visage de Chantal Sébire, déformé par une « tumeur évolutive des sinus », est déjà pénible à regarder. On imagine qu’il le soit bien plus à porter. Dans ce pays où le moindre fait divers provoque l’arrivée d’une nouvelle loi ou d’un décret, il est regrettable que la dictature de l’émotion sarkozyenne ne sache s’exercer à bon escient.

On nous dit qu’autoriser l’euthanasie et le droit des individus à mourir fait courir le risque d’une généralisation de ces méthodes de faire ses adieux à la scène. C’est possible. Et alors ?

Je n’ai aucune idée de ce que je penserais vraiment si j’étais moi-même dans la situation d’un Vincent Humbert ou d’une Chantal Sébire, mais je sais que je n’aimerais pas voir la gestion de ma vie ― et de ma mort ― soumise à l’appréciation d’un juge, d’un comité médical ou d’un président.

*

Sur une note plus gaie, Bertrand Delanoë, s’il veut convaincre le dernier carré de panafistes encore recensé de faire le bon choix ce dimanche, pourrait s’inspirer d’une étonnante initiative britannique d’animation urbaine. Une flottille de pianos en libre accès a en effet été installée dans les rues de Birmingham, les brummies musicalement compétents pouvant s’asseoir derrière un clavier en attendant leur bus.

Ces pianolib’, s’ils feraient se retourner Philippe Muray dans sa tombe, complèteraient avantageusement le dispositif festif de la capitale ― de Paris-Plage aux Nuits-Blanches. Il ne s’agit pas d’un sarcasme, même si je peux parfois suivre l’auteur de Festivus, festivus dans ses envolées cyniques : clairement, déambuler sur les quais de la Seine débarrassés de leurs autos est un vrai plaisir.

Mais street pianos ou pas, dimanche, on vote !

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Voici les sites qui parlent de Cyclothymie de fin semaine:

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Je ne voudrais pas donner l'impression d'être une personne abominablement insensible, ma réflexion est purement pratique.

Si pour des raisons qui ne regardent que moi j'estimais demain devoir me suicider, je ne pense pas que je solliciterais la bénédiction du président de la République et de vingt-cinq comités d'éthique: je trouverais un moyen d'y arriver tout seul... Ce n'est quand même pas si difficile de se faire prescrire des somnifères et de forcer la dose, sans parler du fait que les bouteilles de Butane sont en vente libre et qu'on peut toujours classiquement se jeter du haut d'un pont... Cette malheureuse femme a droit à toute ma compassion, évidemment, mais j'ai le sentiment qu'elle n'a pas choisi le moyen le plus simple d'arriver à ses fins.

Poil de lama,
Tu es effectivement une crapule insensible, mais je crois qu'elle souhaite peut-être ce débat. Elle l'a dit : elle aurait pu aller en Suisse comme d'autres, mais a décidé de rester ici, près de ses proches.

Se jeter du haut d'un pont, allumer le gaz, ce n'est pas nécessairement la manière dont on a envie de partir. Quant à prendre des cachets, on peut se louper, s'abîmer un peu plus, etc. L'idéal est donc de faire appel à un toubib connaissant les produits et les dosages, d'être bien à l'aise dans son lit. Enfin, j'imagine : je n'ai aucune idée réelle de ce qui se passe dans sa tête. En tout cas, avoir à demander la permission de l'Etat est clairement intenable. Et il semble que tout ce que les médecins lui proposent est de s'abrutir d'antalgiques dans un lit d'hôpital.

Sans parler des suicidés au gaz qui font exploser leur immeuble.

N'empêche, la question des lois émotionnelles ressort bien: Le gouvernement ne fait des lois basées sur les faits divers que quand il peut faire semblant de coller au plus près d'un consensus (personne n'aime les pédophiles -> loi sur la pédophilie et sur la surpopulation des prisons) et jouer aux gentils moralistes face aux méchants alliés objectif de la perversion humaine.

Là je vois mal Morano défendre une légalisation de l'euthanasie déclarer "ceux qui s'opposent à cette loi sont clairement du côté des médecins de familles vicieux et autres chirurgiens lubriques qui jouissent de manière évidente de l'agonie de leurs patients"

Je crois que le livre "Suicide mode d'emploi" est interdit à la vente en France. On doit cependant le trouver chez des bouquinistes.

Hughes, D'accord avec tout ce que vous dîtes cette fois çi !
Pour le boycott, Voltaire a toujours la mains: "Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire."
Pour ce qui est de Chantal Sébire, j'ai assité à l'évanouissement de quelqu'un dans les gazs d'échappements de moteur à essence: C'est parfaitement indolore et facile à mettre en oeuvre et avec un bon bouquin....

"si un Israélien, qu’il écrive ou pas, n’est perçu que comme le représentant de l’armée de son pays ou de son gouvernement, autant affirmer que tous les Américains surveillent les cages de fer à Guantanamo, que tous les musulmans font sauter des bombes et que tous les Français profitent de la Politique Agricole Commune."

Mouarf, merci, excellent. :-)

Voltaire a toujours la mains: "Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire."

BIIIIIIIIIIIIIIP

Danger: citation apocryphe, je rérète: citation apocryphe.

C'est fou le nombre de fois où je vois des gens essayer d'avoir l'air savants et futés avec cette vrai-fausse citation de Voltaire:

de 1, il ne l'a jamais dit, ni écrit

de 2, ça ne résume même pas sa pensée: il s'agit d'un raccourci abusif et faux: si on voulait vraiment résummer la pensée de Voltaire, il faudrait dire:

"Je te laisse dire ce que tu veux, mais profère une seule connerie qui parvienne à mes oreilles et je te garantis que tu n'as pas fini de mèntendre"

D'ailleurs, vous noterez qu'en fait, Hugues est tr`s Voltairien... et qu'il a bien raison.

En Suisse, l'euthanasie telle que vous l'entendez (active directe de la part du médecin) est illégale. Seules l'euthanasie active indirecte (soins palliatifs par sédatif à haute dose susceptibles de raccourcir la durée de vie du patient) et l'euthanasie passive (arrêt des soins visant à prolonger la vie du malade) ne sont pas illégales, sous réserve que certaines conditions soient respectées.
Ce que les associations de fin de vie proposent, c'est en fait un suicide assisté, mais dans tous les cas, c'est le patient qui devra consciemment réaliser le geste qui lui sera fatal (ouvrir un robinet de perfusion...).

Laurent Weppe,

Je ne sais pas si vous avez raison, et il n'entre pas dans mes habitudes de porter des jugements de valeurs sur mes camarades blogueurs.

Alors si cette phrase n'est pas de Voltaire, considérez qu'elle est de moi.
Du moins qu'elle correspond à ce que je crois être une attitude
adulte.

Il est vrai que pour espérer une altitude adulte dans un blog... je dois être un peu con !

Il est vrai que nous assistons plûtôt au retour en force de l'obscurantisme, du fanatisme religieux, du communautarisme et du sectarisme politique !

Donc pour le boycott, je confirme la phrase qui n'est (peut-être) pas de Voltaire :
"Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire."

cela fait quelques jopurs que je lis avec une attention partticulière ton blog, et je tenais à te dire que je le terouve vraiment très intéressnt ;)

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