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mardi 29 janvier 2008

Travaux forcés

Bagne Bon sang de bonsoir ! Un milliard de choses à commenter, une actu dense comme jamais, des banques qui sautent, des municipales qui s'approchent, des élections US qui s'emballent, des rapports qui boostent la croissance... Et pas une minute à moi ! C'est comme ça, c'est la vie : il va falloir attendre. Mais le jeu en vaut la chandelle. A plus tard !

vendredi 05 octobre 2007

A Media of One

Il y a trois ans, jour pour jour, naissait Commentaires & vaticinations.

ClavierJe n'avais pas vraiment réfléchi à ce que je ferais de ce site en validant ma toute première note, il y a trois ans. J'avais bien pris l'habitude de fréquenter quelques blogs, d'y commenter à l'occasion, mais l'idée de me doter moi-même d'un lieu public d'écriture et de réflexion à long terme ne m'avait pas encore traversé l’esprit. En fait, j'étais à peu près certain de mettre fin à l'expérience au bout de quelques semaines ― l’ennui venant.

Mais je me suis pris au jeu. Et les lecteurs sont venus, toujours plus nombreux. Et le désir de continuer à écrire autrement que dans le cadre professionnel s’est renforcé. Bref, je suis devenu une sorte de « columnist at-large », d’éditorialiste sans contraintes ni responsabilités et, franchement, je ne le regrette pas.

Il serait inimaginable, dans le contexte de la presse française, de se voir offrir un tel espace de liberté. Les journaux britanniques, en revanche, ont compris il y a longtemps à quel point la multiplication des chroniqueurs « hors usinage » était une bonne chose pour les ventes (ils fidélisent) ou pour le contenu (ils prennent plus de risques que les rédacteurs standards).

Ce blog, s’il ne me permet évidemment pas d’obtenir les revenus faramineux proposés aux chroniqueurs londoniens les plus en vue, m’offre une latitude d’expression parfaitement comparable à la leur ― sinon supérieure. Je choisis mes sujets, je les traite sous l’angle qui me convient et, mieux, je n’ai de compte à rendre personne. Le nombre de mes lecteurs est évidemment à des années-lumière de celui du Guardian ou de l’Observer (même s’il finira bien par talonner celui de Libération si nos courbes d’audience respectives continuent d’évoluer dans le même sens), mais qui a dit que la quantité primait sur la qualité ?

La troisième bougie soufflée aujourd’hui ne sera donc pas la dernière.

© Commentaires & vaticinations

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mercredi 11 avril 2007

L'heure du changement

Vicksburg_redJe n'étais plus intervenu sur la maquette de ce site depuis bien longtemps et, franchement, je commençais à en avoir ras la casquette, de ce « Vicksburg Red » prétentieux. A l'inverse de certains de mes collègues blogueurs amateurs de bidouillage, toutefois, ma marge de manœuvre est assez faible... Une vague sélection de couleurs, quelques « thèmes » préfabriqués : c’est à peu près toute la latitude que vous confère une contribution mensuelle d’un peu moins de cinq euros à la prospérité d’une poignée de bobos californiens...

Mais je ne m’en plains pas, en fait, ayant toujours privilégié le contenu sur le contenant. La nouvelle maquette, baptisée « Subtle Neutral » par ses concepteurs, me semble d’ailleurs plutôt adaptée à cette attitude. Un fond blanc, du texte noir, une titraille sobre... Que demande le peuple, après tout ?

Seul bémol à cette quasi félicité graphique, l’incapacité dans laquelle je suis d’empêcher les uns et les autres d’adopter un design identique. Mais de là à me lancer, Koz-style, dans l’écriture de mes propres lignes de code, hum, non merci ! Le contenu, on vous dit, le contenu !

dimanche 05 février 2006

Lieu-commun.org : un métablog pour les tyrosémiophiles !

Quelques-uns des plus brillants tyrosémiophiles de la blogosphère se regroupent pour créer un site collectif. Com-vat.com est de la partie. 

LcMa femme ne lit pas mon blog. Bon, à la vérité, elle avait bien daigné jeter un coup d’œil à mes toutes premières notes, histoire d’éviter qu’une éventuelle crise narcissique de ma part ne dégénère en conflit ouvert, conflit susceptible d’entraîner un divorce, la vente à perte de l’appartement, de graves traumatismes pour les enfants, voire un plongeon dans la drogue et l’alcoolisme pour l’ensemble de la famille… Mais ses efforts se sont arrêtés là, à la lecture symbolique et distraite de ces quelques posts liminaires.

Ma femme ne lit pas mon blog donc, mais j’ai fini par en prendre mon parti. Après tout, si elle préfère rester dans l’ignorance des grands problèmes de ce monde et de la façon de les résoudre, grand bien lui fasse. Tant pis pour elle, ouais ! Précisons seulement, à sa décharge, qu’il lui est assez difficile d’échapper à la version IRL de mes vaticinations et qu’une saturation légitime doit parfois la gagner.

Car il faut bien l’avouer, et c’est une découverte que je n’ai faite que très récemment, presque fortuitement, toutes ces histoires politico-économiques qui font l'ordinaire de ces pages n’intéressent pas vraiment les gens normaux. Enfin, oui, bien sûr, elles les intéressent suffisamment pour que le monde poursuive sa course, pour que des élections soient organisées, des unions européennes élargies, des OPA lancées... Mais au-delà de ces événements somme toute assez peu impliquants sur un plan personnel, les gens normaux ont tendance à se focaliser sur des trucs, heu, normaux, comme les programmes de cinéma ou la réservation d’un court de tennis pour le samedi suivant. Et ce blog étant précisément, à l’exception de considérations épisodiques sur la course à pied ou le vélo, presque exclusivement consacré à ces sujets pour le moins abscons, il était normal que ma femme se montre aussi peu concernée.

Mais ne croyez pas que ce constat soit teinté de la moindre amertume. Bien au contraire. Au final, et c’est justement la magie du Web et de l’hyper-thématisation des nouveaux médias électronique (le « many to many » remplaçant le « one to many », dirait un typologue de mes amis) qui permettent désormais aux vaticinateurs dans mon genre de trouver un public volontaire et d’échanger des concepts fumeux avec d’autres malades à coups de notes acerbes et de commentaires rageurs. Un peu comme un collectionneur d’étiquettes de boîtes de camembert découvrant, après des années de pratique solitaire et honteuse, qu’il n’est pas seul au monde et que le centre culturel et social de son quartier organise, chaque premier samedi du mois, une après-midi consacrée à la tyrosémiophilie — soit la pratique de ce type de collection fromagère...

Désormais membre du club (des blogueurs, pas des collectionneurs d'étiquettes — concentrez-vous un peu, merde !), je me suis rapidement fait de nouveaux amis, présentant pour chacun une variation surprenante de ce que je choisirais charitablement de qualifier de hobby plutôt que de pathologie. Focalisant parfois sur, tenez-vous bien, le droit administratif, les congrès de l’UDF ou le gnosticisme chez les pingouins, ces nouveaux amis ont rapidement imaginé de mettre nos « compétences » en réseau, nos lecteurs respectifs ne pouvant qu’être séduits par le caractère complémentaire de ces différents champs d'étude.

C’est ainsi qu’est né lieu-commun.org, le premier métablog vous permettant de découvrir, au même node de la blogosphère, l’intégralité de la production d’une quinzaine de sites (dont un Suisse, véritable curiosité dans le domaine très hexagonal de la tyrosémiophilie) tous plus obscurs dans leurs propos les uns que les autres, tous plus inintelligibles les uns que les autres, tous plus éloignés des centres d’intérêt de ma femme les uns que les autres. Mais à vous qui me rendez si souvent visite, ça ne devrait pas faire peur. Bonne chance lecture !

© Commentaires & vaticinations

jeudi 05 janvier 2006

Cherchez et vous trouverez

Quelques jours après son relookage, com-vat.com s'équipe d'un moteur de recherche. Mais jusqu'où ira-t-il ?

Aiguille_dans_une_botte_de_foin_2Décidément, Commentaires & vaticinations est en constante évolution. Il faut dire que depuis que Le Monde nous a appris qu’il était possible à un blogueur suffisamment populaire pour fédérer la bagatelle de 5 000 visiteurs/jour de générer jusqu’à 15 000 euros de CA mensuel, je ne refuse plus rien à ce site plein d’avenir...

Ainsi, quelques semaines après l’introduction d’une nouvelle maquette, c’est un moteur de recherche efficace et performant que j’inaugure en partenariat avec Google, une start-up californienne tablant sans doute sur mon succès pour booster son prochain tour de table.

Nonobstant cette aide précieuse, l’installation de la nouvelle fonctionnalité ne s’est pas faite sans difficulté, plusieurs heures ayant été nécessaires à l’indispensable fine tuning HTML que suppose ce genre d'initiative. Je remercie d’ailleurs Versac pour son aide involontaire, le code source du moteur de recherche de son blog ayant servi de base à l’écriture du mien.

Au final, ça fonctionne plutôt pas mal, même si je présente toutes mes excuses aux internautes préférant Firefox à Explorer. Pour une raison que j'ai renoncé à comprendre, la police et le corps des titres des articles sont affectés par le nouveau code sur le navigateur préféré des alternatifs branchés : ils restent lisible, mais c'est moins bien. Ceci dit, ayant promis à un certain Jean-Luc A. de me livrer un jour à une défense et illustration des immenses qualités humaines de Bill Gates, il est normal que j’assure ici la promotion des produits du célèbre philanthrope.

Quoi qu’il en soit, il vous est désormais possible, au-delà de la lecture par rubriques ou par mois de parution, de fouiller ce site par mots clés, voire d’accéder à la totalité d’Internet via mon petit bidouillage. Du coup, certains d’entre vous en arriveront peut-être à faire de com-vat.com leur page de démarrage, me plaçant en excellente position sur le chemin des 15 000 euros de CA. Ma reconnaissance leur est d'ores et déjà acquise.

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P.S. : On me signale que mon extraordinaire moteur de recherche pose d'autres problèmes que le seul affichage des titres sur Firefox et empêche les gens de déposer des commentaires sur le site. C'est tout à fait regrettable et je vais m'efforcer de remédier à cet état de fait. Avec toutes mes excuses...
Et si quelqu'un a la moindre idée de la manière dont je peux sortir de cette impasse, une seule adresse : comvatmail@yahoo.fr

P.P.S. : Google est bien le responsable. Si je vire le moteur, les commentaires remarchent. Quel dilemme.

P.P.P.S. : Bon, je crois que c'est bon, mais quelle galère ce truc...

lundi 05 décembre 2005

Com-vat.com : nouvelle formule enrichie

Un peu plus d’un an après son lancement, Commentaires & vaticinations se refait une beauté.

ComvatvertQuelque quatorze mois après ma toute première note, je commençais à me fatiguer de la maquette fadasse de mon blog, de ce bandeau vert tristounet, de cette police sans caractère... Il me fallait donc réagir. Ne disposant malheureusement pas des moyens consacrés par mes confrères du Monde au récent replâtrage du « quotidien de référence », j’ai dû me contenter, pour la refonte du futur blog de référence, des pauvres outils offert par TypePad en contrepartie de mes 4,95 $ mensuels.

Je ne suis pourtant pas mécontent du résultat, la V2 de Com-vat correspondant plus ou moins à ce que je voulais en faire. Cette dominante carmin, par exemple, n’est-elle pas la couleur la plus adaptée au social-libéralisme prôné sans vergogne dans ces pages ? Et cette police pertinemment baptisée Trébuchet par son metteur au point , n’est-elle pas le miroir graphique idéal de la recherche de nouveaux équilibres à laquelle je m'attache ?

Quoi qu’il en soit, cette expérience initiée sans projet spécifique semble devoir se poursuivre encore quelque temps. Il était normal, dans cette perspective, de passer d’une présentation brouillonne et montée à la va-vite à une maquette plus aboutie. Je profiterai d’ailleurs de cette évolution graphique pour remercier les lecteurs qui, par choix ou par hasard, m’ont accompagné au fil des mois, me permettant de franchir, il y a peu, le seuil symbolique des 100 000 pages vues.

A très bientôt pour de nouvelles vaticinations...

mercredi 31 août 2005

Rentrée des blogs

Ce coup-ci, pas de doute, l'été est vraiment terminé. Mes occupations estivales ― professionnelles ou ludiques ― définitivement derrière moi, je reprends le chemin du blog comme d'autres celui de l'école (il y a bien des gosses qui aiment l'école, non ?).

La_rochelleLes reproches qui me sont régulièrement adressés, en commentaires ou par mail, lorsque je m’autorise une escapade sur le terrain de la futilité ne me font, clairement, ni chaud ni froid. Ainsi, lorsque l’idée me vient de consacrer une note au port de la sandale quand mes lecteurs ― enfin, certains de mes lecteurs ― m’attendent sur le délicat sujet du Contrat Nouvelle Embauche, les réactions indignées se font rarement attendre.

Alors que les colons israéliens se retirent de Gaza, que flambent les squats sordides de l’est parisien, que s’exacerbent les querelles intestines du PS à La Rochelle, que se négocient les constitutions irakiennes, que se renchérissent les barils d’hydrocarbures, que mergiture la Louisiane, com-vat.com, lui, se préoccupe de déterminer si, oui ou non, se promener en galoches dominicaines est un moyen acceptable de lutter contre les conséquences du refus américain de ratifier le protocole de Kyoto ! Franchement, l’agacement des habitués des rubriques Europe ou Politique est plus que compréhensible.

Mais c’est ainsi, je n’y peux rien… L’inspiration étant ce qu’elle est, le développement d’une analyse originale et coruscante sur les moyens de mettre un terme aux malheurs du monde n’obéit chez moi à aucune règle, à aucun diktat. Et si c’est vers l’interdiction des cendriers sur les zincs parisiens ou celle des poignées dans le métro parisien que la muse m’entraîne, so be it. Si vous n’aimez pas, n’en dégoûtez pas les autres. Et si personne n’aime, où est le problème ? Le Web regorge de sites capables de répondre à d’aussi légitimes attentes.

En tout état de cause, je reviens au blog après une interruption estivale imposée par un étonnant cocktail de travail acharné et de micro-vacances, bien décidé à poursuivre le développement d’une expérience passionnante dont je fêterai bientôt le premier anniversaire. Les projets de notes, les idées d’articles, les concepts inédits d’exploitation de ce « merveilleux outil de communication », comme dirait Loïc le Meur dans le cadre d’une interview exclusive accordée à Micro-Hebdo, sont de toute façon si nombreux que les textes sérieux seront fatalement au rendez-vous. La seconde livraison de ma note sur les heurs et malheurs de la discrimination positive à l’embauche finira donc par être publiée, de même que mes considérations sur la nécessité d’un schisme au sein du socialisme français.

Mais surtout, je reviens au blog avec un niveau de décontraction que je ne m’étais pas autorisé jusqu’à présent, mon statut IRL de journaliste m’ayant souvent conduit à respecter un certain nombre de règles pourtant sans objet sur un blog. « Linker » ses chiffres et statistiques, adosser ses analyses aux meilleures sources… tout ça est bien fastidieux. Et lorsque vos détracteurs se fichent éperdument de la qualité de vos arguments et privilégient les confrontations de dogmes sur les débats politiques ou économiques, le recours aux histogrammes de l’INSEE ou de l’OCDE n’a plus vraiment lieu d’être. La mauvaise foi, à chaque fois qu’elle me permettra d’appuyer une démonstration, sera donc d’usage – éventuellement confortée par une source électronique censément crédible mais malheureusement inaccessible sans Carte Bleue.

Autre nouveauté sur com-vat.com, l’apparition d’un répertoire pointant vers quelques-uns des blogs que je consulte sur une base réellement régulière, l’idée étant que, à l’instar des recommandations croisées des grands libraires en ligne, certains d’entre vous puissent être intéressés par d’aussi disparates combinaisons. La Critique de la raison pure m’ayant un jour été suggérée par Amazon alors que je m’informais des tarifs d’un CD de Leonard Cohen, au motif que les lecteurs du premier apprécient parfois le second, les interrogations existentielles de Vinvin pourraient attirer les amateurs de données sur la « valeur travail des Français » selon Emmanuel (celui de Ceteris Paribus, pas celui de la Critique de la raison pure, qui n’est pas dans mon blogroll).

Mais avant de conclure cette note de rentrée, l’affaire des sandales étant définitivement derrière nous, permettez-moi de rassurer les beta-testeurs de « Commentaires & vaticinations : ze book », anxieux de savoir où en sont Albert et son canari. La prochaine livraison est quasi prête et leur sera adressée automatiquement. Les petits nouveaux souhaitant faire connaissance de ces étonnants personnages peuvent néanmoins recourir à la procédure déjà explicitée dans ces colonnes : ils seront livrés en même temps que leurs camarades plus expérimentés.

© Commentaires & vaticinations

vendredi 18 mars 2005

Master of my domain (ou presque)

Commentaires et vaticinations joue enfin dans la cour des grands et s’offre, excusez du peu, un « point.com ».

Dotcom Mon site venant de fêter son sixième mois d’existence, j’ai décidé de marquer le coup en lui offrant le must de tout blog moderne et ambitieux : un nom de domaine. Désormais, il vous suffira d’inscrire www.com-vat.com dans la zone d’adresse de votre navigateur pour vous retrouver sur mes terres virtuelles.

Malheureusement, mes compétences informatiques étant assez limitées, je ne suis pas encore en mesure d’obtenir l’affichage permanent de ma nouvelle adresse sur le site. Ce qui signifie que l’ancienne URL continue d’apparaître en haut de page après chargement (et reste d'ailleurs valide). Consulté, l’ami Versac n’a pas été en mesure de m’aider sur ce coup en dépit de son savoir universel dès qu’il est question de bidouille ; quant à l’ami Cyrille, ses conseils avisés ne m’ont pas non plus permis de m’en tirer... Toute information susceptible de conduire à la mise au rancart définitive de ma veille adresse est donc la bienvenue.

En tout cas, je suis enfin en mesure de fournir une adresse standard à mes lecteurs, n’ayant jamais, moi-même, été capable de retenir ce ridicule http://hugues.blogs.com/commvat/ et encore moins de le faire circuler oralement.

P.S. : Un nom de domaine en « .eu », respectant mes convictions fédéralistes européennes, aurait été préférable, mais ce domaine-là ne sera disponible qu’à la fin de l’année. Mon « .com » est donc temporaire.

© Commentaires & vaticinations

vendredi 26 novembre 2004

Qu’est ce que c’est que ce blog ? D’où vient-il ? Et où va-t-il ?

Un blog, c'est bien, mais pour quoi faire ? Interrogations existentielles d'un débutant à la recherche du sens de l'Histoire.

Question_mark_1En démarrant ce blog, je n’avais pas vraiment d’idée précise de ce que j’en ferais. Deux mois plus tard, je n’ai toujours pas pris de décision concrète, mais je pense comprendre un peu mieux les possibilités et contraintes de l’exercice. J’ai également pris conscience de l’existence d’une sorte de « milieu » des blogueurs, communauté structurée en petits groupes affinitaires dont chaque membre organise, par contamination capillaire, les passerelles avec d’autres groupes.

De ce point de vue, le blog permet, comme n’importe quelle autre activité sociale, de rencontrer du monde, de se faire des amis, de discuter de ceci ou de cela avec un tas de gens ― pour la plupart préalablement d’accord entre eux. Pas mal. Mais je crois que, même si, comme je l’ai dit, je n’ai pas réellement défini ce que je veux faire de mon blog, ce n’est pas ce que je recherche. Et puis ça prend du temps. Il ne faut pas oublier de visiter les sites des uns des autres, il faut composer un blogroll (soit la liste des sites recommandés par le blogueur) plus « stratégique » que sincère… Qui a le temps, d’ailleurs, de consulter régulièrement les dizaines de sites qui composent le blogroll standard ? Qui en a même le désir ? La dérive Otaku n’est sans doute pas loin…

Donc, que faire ? Plusieurs possibilités s’offrent à moi. La première serait de tenter, en poursuivant la publication régulière de prises de positions aussi originales que coruscantes, de fédérer, progressivement, un mouvement suffisamment vaste et puissant me permettant de prendre, le moment venu, le contrôle de la planète afin de la remodeler selon mes vues. Mais cette direction est trop aléatoire pour que je m’y engage. Il doit d’ailleurs exister des moyens plus conventionnels de prendre le contrôle de la planète et j’ai bien peur que ceux qui les auront choisis y parviennent avant moi. Et les conflits de maîtres du monde, souvent, se terminent mal.

Je pourrais également me contenter, par le même procédé, de me transformer en une sorte de gourou du Web. Eblouis par ma philosophie, des tas de gens, venus de tous les horizons, viendraient régulièrement consulter mon blog pour y apprendre à lire le monde selon mes propres canons. Ils pourraient alors se mettre à m’envoyer 10% de leur revenu mensuel par PayPal (sorte de cyber-denier du culte). Sans devenir aussi riche et puissant qu’un maître du monde homologué, je pourrais jouir d’un statut presque aussi enviable, celui de maître à penser.

Mais là encore, et malgré les opportunités nouvelles qui pourraient être offertes aux sectes en cas d’arrivée au pouvoir de Sarkozy en 2007, je n’ai pas de goût pour l’organisation cultuelle. L’odeur de l’encens m’incommode, je ne fantasme pas sur les petits enfants, je n’ai jamais travaillé au CNRS : je n’ai donc rien à faire à la tête d’une secte.

Bien sûr, je peux également m’intégrer, comme référence plutôt que comme leader d’opinion, à un mouvement de pensée majeur. Le prestige qui en découlerait, moins rémunérateur que les hypothèses précédentes, resterait satisfaisant en rapport de l’investissement consenti pour ce blog (4,5 dollars par mois ― les premiers 30 jours sont gratuits). Social-démocrate, partisan convaincu du Oui au référendum sur le Traité constitutionnel, j’ai même déjà débuté dans cette carrière en me mêlant d’aller « poster », comme on dit, sans doute en défense du service public à la française, chez DSK et chez Publius.

Mais bon, est-ce vraiment suffisant ? Cette utilisation d’une fraction infinitésimale des potentialités de l’outil de communication le plus incroyable qui soit depuis l’invention du stylo à quatre couleurs n’est-elle pas ridiculement ridicule ? A-t-on inventé le TGV pour aller Porte de Bagnolet ? Et la navette spatiale ? Non, si le destin a placé cet outil sur ma route, c’est que je suis censé en faire quelque chose de marquant. De fort.

Oh, je sais bien, il est aussi possible de gagner de l’argent avec un blog. Ainsi, avec Amazon, il me suffit d’inciter l’un de mes nombreux lecteurs à acheter un livre ou un disque via mon site pour obtenir le reversement de 7,5% de la somme dépensée. Vous avez-bien lu : 7,5% ! Ce qui signifie, si l’on fixe à 10 euros le prix d’un livre standard, qu’un simple flux de 10 000 achats par mois me permettrait d’obtenir un revenu moyen de 7 500 euros par mois ! Malheureusement, certains spécialistes de la diffusion de livres m’assurent qu’il est très difficile de parvenir à un tel ratio volume / fréquence dans des délais raisonnables. De plus, limiter ses ambitions à des gains monétaires a quelque chose de malsain. Je n’oserais sans doute plus regarder mon ami Tim Berners-Lee en face si je me lançais dans une démarche mercenaire aussi médiocre.

Alors quoi ? Hein ? Quoi ? Continuer comme par le passé, en mixant commentaires et vaticinations sans logique particulière, au risque de désorienter mes lecteurs les plus réguliers ? A ce stade de ma réflexion, je pense que c’est à peu près la seule option qui me reste. Et d’ailleurs, l’intitulé même de ce blog m’y oblige (un changement de nom, interface TypePad oblige, annihilerait d’ailleurs tout ce que j’ai écris depuis début ― ah, la technique…). Mais en fin de compte, ce nom choisi par hasard, en moins de trois secondes, correspond largement à ce que je fais, commentant et vaticinant sur tout et n’importe quoi (c’est à dire en m’exprimant dans une sorte de « délire passionné et mystique », pour reprendre la citation de cette crapule de Barrès dans le Robert, à l’entrée « Vaticiner »). Le risque existe pourtant de ne pas être compris, ou d’être compris de travers, ou d’être trop bien compris… C’est selon.

Plaisanter, par exemple, dans une sorte de tract à la gloire du Non fabiusien, sur une rupture des relations diplomatiques avec les Etats-Unis et une sortie de l’euro, c’est s’attirer la colère de ceux qui m’accuseront de vouloir faire le « socialisme dans un seul pays ». Mais parler très sérieusement de la Côte d’Ivoire le jour d’après, c’est s’exposer à être perçu comme trop ironique, cynique même.

Donc, disais-je, à ce stade, mais ma réflexion est loin d’être achevée, je reste calé sur le nom de mon blog comme credo et ligne directrice. Commentaires et Vaticinations, ce n’est définitivement pas Faits et Analyses. Ce n’est pas du journalisme (le journalisme, il y a des endroits pour ça et je ne suis pas certain que le blog soit l’un d’entre eux). Commentaires et Vaticinations, c’est l’endroit où je m’épanche par écrit, parfois au premier degré, souvent au second, mais sans jamais recourir aux petits symboles typographiques en usage sur le Web pour, apparemment, exprimer les nuances que de vrais mots ne sauraient contenir… Mais bon, qui sait si je ne vais pas changer d’avis demain ? I'll keep you posted.

© Commentaires & vaticinations

mercredi 06 octobre 2004

Anonymat, ha ha !

Petit PS au post précédent. Mon anonymat est évidemment déjà assuré par le fait que les visiteurs de ce blog risquent de ne pas être très nombreux... Mais bon, deux précautions valent mieux qu'une, alors, hein, pourquoi pas ?

© Commentaires & vaticinations

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Petit addendum à ce PS (22/03/06) : je ne suis plus anonyme du tout depuis la parution dans Le Monde de cette tribune. Je n'allais tout de même pas louper cette occasion de développer mon audience...

Le livre de l'année !

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