A défaut d'être pavées d'or, les rues de la capitale sont couvertes de moquette. Et pour une micro-exception, c'est une sacrée micro-exception, Paris étant la seule ville au monde à développer cette surprenante pratique...
Je
me souviens encore de la première fois que j'ai remarqué ces rouleaux
de moquette traînant dans le caniveau. Je venais de débarquer à Paris
et j'habitais Maison-Alfort, une commune de la banlieue-est doublement
réputée pour l'excellence de son école vétérinaire et la puanteur
dégagée par l'usine de levure de bière qui la jouxte... Je les avais
d'abord pris pour une forme originale et micro-locale d'incivisme :
dépôts sauvages de vieux machins comparables à l'abandon sur le
trottoir d'une cuisinière déglinguée ou d'un matelas hors d'âge.
En quelques semaines, j'allais pourtant me rendre compte du caractère universel de ces affreux cylindres d'épais tissu retenus par deux morceaux de ficelle, baignant dans la rigole et s'imbibant goulûment de l'eau grisâtre y circulant. Car enfin, la présence à tous les coins de rue ou presque, à l'intérieur comme à l'extérieur du périphérique, de ces rouleaux dégoûtants ne pouvait procéder d'une simple coïncidence ! Non, quelqu'un, quelque part, les confectionnait avec habileté et détermination pour mieux les disperser à travers l'agglomération capitale !
Hum, pour lire la suite, ben c'est ici !
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