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mercredi 26 janvier 2005

Commentaires

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Ce que j'aime bien c'est que tu ne choisis pas que des sujets faciles. Dire que je partage tes propos ne fera pas avancer le shmilblick mais aura au moins le mérite d'être dit. J'ai hâte de lire la suite...

Facile, pas facile... Tout est relatif. Je viens te lire, je me bidonne. Tu viens me lire, tu prends peur. C'est la magie du blog.

D'accord, bien entendu.

Ben j'espère bien...

rien a ajouter, bravo

Pas beaucoup de commentaires ....je suis un peu déçue, j'en attendais davantage à la suite d'un post aussi treaky !

C'est vrai. Mais je m'en doutais un peu.

"treaky" ???
pas trouve dans le dictionnaire d'anglais !!
kesske ca veut bien dire ???
.
pas de commentaires ??
pour ma part, je suis en accord avec cet article,
il est assez complet, je ne vois pas quoi ajouter
comme ca, a chaud !

TRICKY....ouououohhh lala ! je vois que j'avais bien raison de rester un simple lecteur admiratif !
Mais je confirme :
peu de commentaires et/ou d'arguties sur ce post à l'heure du sentiment propalestinien très en vogue en France aujourd'hui....

On peut être à 100 % d'accord avec ce post tout en ayant des sentiments propalestiniens ;o)
ça me semble pas incompatible
bravo

tricky = delicat (from le dico)
non ! ce texte n'est pas delicat, il n'y a pas de pincettes a prendre avec le renouveau de l'antisemitisme qui se cache derriere un certain antisionisme ! bien sur qu'on peut etre pro-palestinien et approuver ce texte, a condition de ne pas etre anti-israelien ou antisioniste (ce terme restant defini comme "oppose a l'existence de l'etat d'Israel").
la personne de bonne foi qui souhaite la presence d'un etat palestinien a cote d'Israel, et pas a sa place, sera d'accord avec le texte.
la personne qui louvoie autour de l'antisionisme le desapprouvera probablement.

Tricky = 60ème anniversaire cette semaine etc..., (selon myself)(et from le dico : difficile, délicat, embêtant, épineux)

Je n'ai pas envie de "choisir un camp" :
où trouver les éléments d'Histoire et d'informations suffisamment objectifs pour me forger un début d'opinion ?
Oui, en "femme de bonne volonté" je souhaite les voir "vivre en paix, ..., pour les siècles des siècles"
Je suis en revanche très réticente devant les extrémismes de tous bords et j'aimerais que les médias évoquent davantage de mains tendues entre ces deux "religions"

Face à ce concert de posts consensuels mais n’apportant aucun élément nouveau au débat que tu lances, je me risque à un commentaire un peu « tricky » (puisque c’est, semble-t-il, le mot à la mode cette semaine).

Pour commencer (et là je serai également consensuel), je veux dire ma profonde émotion à l’occasion de l’anniversaire de la libération des camps d’extermination nazis. N’ayant pas eu l'honneur d’être invité officiellement en Pologne, j’ai revu, dans ma modeste boîte à images, « Nuit et Brouillard » d’Alain Resnais et j’ai pleuré. Avec mon fils (13 ans), j’ai regardé « Shoah » de Claude Lanzmann (pas en entier) et j’ai pleuré. J’ai également écouté (pas plus tard que hier soir) Robert Badinter raconter comment l’une de ses camarades de collège à Lyon avait été déportée et gazée en 43, avec sa petite sœur de 1 an (!) et j’ai pleuré. A mon fils et à ma fille aînée (8 ans - la dernière est trop petite), j’ai essayé d’expliquer l’inexplicable, l’inimaginable, l’impensable (même avec 60 ans de recul). Comment un peuple hautement civilisé a-t-il pu porter au pouvoir un homme à l’esprit malade dont le projet clairement affiché était de commettre un génocide ? Comment ce même peuple a-t-il pu ensuite méthodiquement mettre en place cette incroyable industrie de la mort, dont les détails organisationnels ne peuvent que déclencher la nausée et le vertige ? Comment l’Europe a-t-elle pu laisser faire ça ? Dans ce domaine, les réponses ne peuvent être que partielles et ces questions nous renvoient dans un abîme, le fameux « trou noir d’Auschwitz » dont parle Primo Levi. Nous portons tous la culpabilité de cet incompréhensible « événement », même nous qui sommes nés 20 ans après la guerre. Deux messages émergent : « ne pas oublier » (le fameux devoir de mémoire) et « plus jamais ça » (mais comment peut-on en être sûr ?).

Une commémoration dont je trouve l’ampleur et la forme exemplaires, qu’il s’agisse de la mobilisation des politiques, des enseignants ou des médias. Même si ce ne peut être une garantie tous risques pour l’avenir, c’est quand même rassurant. Les quelques dizaines de « théoriciens » révisionnistes, les quelques centaines de skins néonazis et les quelques milliers de jeunes imbéciles qui ne savent pas ce qu’ils font ni de quoi ils parlent ne représentent en France qu’une toute petite minorité hétérogène, mêlant une faction de crapules (qui doivent être poursuivis et sanctionnés) et de petits bataillons d’incultes (qui doivent être éduqués). Et cet anniversaire représente assurément une bonne occasion.

Quant aux amateurs de blagues sur les Juifs, sans doute beaucoup plus nombreux et la plupart du temps pas très malins (je te l’accorde), ils racontent aussi des histoires sur les Arabes, les Belges ou les homosexuels et il serait à mon avis abusif de les considérer dans leur ensemble comme des antisémites. Tu dois d’ailleurs plutôt constater comme moi que l’on entend beaucoup moins d’histoires juives qu’il y a dix ou vingt ans du fait de la pression salutaire du « politiquement correct ». Il serait donc erroné de voir là une quelconque « libération de la parole antisémite », on enregistrerait plutôt dans ce domaine une libération de la parole antiblonde.

Plus sérieusement, « l’antisémitisme est-il soluble dans la création d’un Etat palestinien ? », te demandes-tu. Et si j’ai bien compris, tu réponds clairement non à la question. Si je te suis bien, il y aurait donc une sorte de fatalité, intemporelle et indépendante du contexte politique, à la persécution des Juifs à travers l’histoire. Il s’agirait alors d’analyser les causes profondes de l’antisémitisme pour mieux le combattre : un exercice dont je serais bien incapable (sans doute par manque de culture) et que tu évites soigneusement dans ton commentaire. Si l’on suit ton raisonnement, c’est pourtant la question centrale... Qu’en penses-tu ?

Au-delà de cette vaste question particulièrement « tricky » (doit-on se contenter de la version simpliste de Mel Gibson ?), qu’en est-il aujourd’hui en France ? Les faits (je cite tes sources) : « si la violence raciste et antisémite (194 actes et 711 menaces) a connu depuis le 1er janvier 2004 une progression sensible par rapport à la même période de l’année précédente (112 actes et 418 menaces), elle se révèle en légère baisse (-5%) au dernier trimestre de l’année 2004 par rapport à la même période de 2003. Par ailleurs, l'année en cours a été marquée par un nombre important de profanations et d’actes visant les lieux de culte chrétiens (92 faits), juifs (31 faits) et musulmans (28 faits), ainsi que par une hausse préoccupante des actes racistes et xénophobes en Corse (107 actes et menaces contre 15 en 2003) ».

Voilà de quoi on parle. Chacun de ces actes est de trop et doit être sanctionné sévèrement (c’est d’ailleurs la position de l’ensemble de la classe politique qui se dote progressivement de l’arsenal législatif nécessaire) mais on n’est quand même pas dans les années 30. Le problème le plus préoccupant (et c’est le sujet essentiel de ton post) est le risque d’exportation en France du conflit israélo-palestinien au sein d’une partie de la communauté d’origine arabe, sur fond de montée de l’islamisme radical dans le monde. Je suis d’accord avec toi : le problème ne doit pas être sous-estimé. La meilleure réponse est connue : l’affirmation des valeurs de la République, avec l’Ecole en première ligne (et surtout pas le non-sens du communautarisme que voudrait nous vendre Sarko, une vision qui devrait suffire à le disqualifier) et le cantonnement des religions à la sphère privée (en attendant leur érosion naturelle et souhaitable).

Ceci étant dit, je voudrais soumettre à ton esprit éclairé un paradoxe un peu « tricky ». « Désormais, pour évoquer – juste évoquer, pas même dénoncer – l’antisémitisme, il faut marcher sur des œufs », dis-tu. Ah bon ? Et auprès de qui ? C’est pourtant un sujet « évoqué » me semble-t-il très régulièrement dans les médias et dans les conversations. On pourrait retourner le problème et tout cela aurait autant de sens : « désormais, pour dénoncer la politique de Sharon, il faut marcher sur des œufs si l’on ne veut pas passer pour un antisémite ». Tout dépend en fait de qui parle à qui.

Autre exemple : dénoncer les nombreux effets pervers du capitalisme financier qui sévit actuellement sur la planète pourrait aussi être assimilé par certains à de l’antisémitisme, en référence au discours des ligues dans les années 30.

De même quand José Bové compare Jenine à Auschwitz, il dérape clairement et (je suis entièrement d’accord avec toi et c’est si joliment dit que je reprendrai en grande partie tes propos) « entre la barbarie organisée, théorisée et mise en œuvre par les nazis et les événements du Moyen-Orient, une différence de nature si gigantesque existe que ces comparaisons sont absurdes et obscènes » (j’enlève le mot « suspectes » car je ne reprends pas à mon compte le procès d’intention). Revenir de Jenine et affirmer « y avoir vu Auschwitz », comme l’a fait notre pittoresque défenseur du fromage au lait de brebis, cela revient à « dire qu’Auschwitz n’existe pas puisqu’il peut être réduit à une brutale opération de répression militaire totalement déséquilibrée (des chars contre des pierres et quelques lance-roquettes), plutôt que décrit comme l’étape majeure du processus d’extermination d’un peuple ». Mais cela ne fait pas pour autant de José Bové un antisémite.

On pourrait d’ailleurs, là encore, inverser le point de vue (oserais-je, oui j’ose) et dire par exemple que comparer la recrudescence des actes antisémites en France depuis un ou deux ans avec la montée du fascisme et du nazisme dans les années 30, cela revient quelque part à dire aussi qu’Auschwitz n’existe pas. Parce qu’entre les deux événements, on retrouve également « une différence de nature si gigantesque que ces comparaisons sont absurdes et obscènes » et que le processus qui a conduit à Auschwitz peut être réduit à une augmentation préoccupante d’actes antisémites perpétrés par quelques néonazis isolés et une petite minorité de jeunes imbéciles issus de l’immigration qui mélangent tout, plutôt que décrit comme la première étape vers le processus d’extermination d’un peuple.

Conclusion en forme de bon sens : il ne faut pas tout mélanger et se garder des procès d’intention. Il y a des mots qui pèsent lourd et qui renvoient à des périodes (heureusement) uniques de l’histoire : il ne faut pas les employer à tout bout de champ sous peine de les banaliser. Et cela est vrai dans les deux sens. L’assimilation du sionisme au nazisme (pas si répandu que ça selon moi) est aussi stupide et néfaste que l’accusation d’antisémitisme lancée aux critiques de la politique de Sharon (ou l’accusation d’antiaméricanisme portée contre ceux qui pensent que Bush est un homme dangereux).

Pour finir sur une note d’espoir, je pense à cette survivante des camps que j’ai vue à la télé, dont le sourire et les yeux pétillants suffiraient presque à me réconcilier avec l’humanité. Elle est allée dans les collèges et les lycées raconter l’irracontable. Et elle a lu sur le plateau de France 2 une lettre très émouvante que lui avait adressée en retour une jeune française musulmane de 17 ans et qui disait en substance : « je ne vous oublierai jamais, vous avez changé ma vie et ma façon de voir le monde, je porte désormais en moi votre témoignage et grâce à la force que vous m’avez donnée je me battrai pour que cela n’arrive plus jamais ». Et j'avais les larmes aux yeux.

J'ai lu avec interet ce blog et ses commentaires "tricky".

Je viens de finir un livre qui au dela de l'horreur de la Shoah, pose des questions troublantes et derangeantes sur nos civilisations qui ont abouti et permis une telle catastrophe.
Les causes du mal en quelque sorte.

Ce livre, je vous le conseille vivement:
"De la bible a Kafka" de Georges Steiner.

Bonne lecture.

Tricky,

Hum, voici un commentaire effectivement tricky, auquel je m’empresse de répondre en détail.

Je me félicite moi aussi de l’ampleur de ces commémorations, même si c’est à cette occasion que je découvre que ma date de naissance coïncide avec celle de la libération d’Auschwitz. Je n’y vois d’ailleurs aucun signe particulier mais je trouve surprenant de ne pas l’avoir remarqué plus tôt…

Je crois en tout cas qu’il est indispensable de continuer à parler du nazisme et des camps, même s’il y aurait beaucoup à dire sur la question du fardeau de la « responsabilité », 60 plus tard. La mienne n’est certainement pas engagée, puisque le choix ne m’aurait pas été donné de participer à l’horreur. On m’aurait tout juste permis de la subir. Quant à ta « propre » responsabilité, ou celle de ton fils, ou celle de tes filles, elles ne sont évidemment pas engagées non plus dans la mesure où ni toi ni eux ne sauriez être forcés d’endosser les crimes des générations précédentes. La mémoire, certainement. La culpabilité héréditaire, non. Définitivement non.

Mais c’est la mémoire, justement, et la capacité de se souvenir de ce dont est capable est un pays « hautement civilisé » qui conduit à s’inquiéter des signes qui apparaissent ici et là, de l’agression d’un rabbin ou d’un écolier à la profanation d’un cimetière. Les « toutes petites minorités hétérogènes » responsables de ces actes et leurs back up « intellectuel » , de Faurisson à Gollnisch, de Ben Laden à Ramadan, ne te semblent pas menaçantes ? D’accord, mais les premiers nazis n’étaient aussi qu’un ramassis de théoriciens marginaux assistés de gros bras à la recherche d’une explication simple de leur malaise. Ce qui ne veut pas dire que les situations soient comparables, mais que la vigilance est de mise.

Les amateurs de blagues sur les juifs sont également amateurs d’histoires belges ou arabes. C’est vrai. Mais je n’ai jamais entendu parler d’un génocide des Belges et le Français moyen, ultimement, n’est évidemment pas convaincu de la bêtise des Bruxellois. Les histoires antisémites, les imitations de ces commerçants juifs emblématiques (« Alooooooooors, il est pas fermééééé, ton magasin ? ») trouvent, elles, leurs racines dans la construction historique de préjugés qui, si l’on s’avise de tirer des lignes, conduisent potentiellement au pire. Juifs radins, juifs âpre au gain, juifs prêts à tout pour de l’argent, juifs dangereux, juifs sournois… Bien entendu, on ne passe pas fréquemment de la vanne « innocente » sur les juifs à Auschwitz, mais disons que les metteurs en scène d’Auschwitz sont mieux accueillis sur un terreau favorable.

Quant aux blagues sur les Arabes ou les homosexuels, elles sont évidemment dangereuses. Les homosexuels, rappelons-le, ont aussi fini dans les camps. Et les Arabes ou les noirs, en France, connaissent souvent l’ostracisme et le racisme. Il me semble donc que, sans sombrer dans le politiquement correct, ne pas accepter ces blagues soit tout à fait essentiel.

Mais passons à cette idée de la fameuse insolubilité de l’antisémitisme dans la création d’un Etat palestinien. Je ne crois pas qu’il existe des raisons autres qu’historiques à la permanence de l’antisémitisme. C’est d’ailleurs ce que j’ai écrit dans ma note : les juifs étaient minoritaires dans des régions du monde où dominaient des religions absolutistes issues du judaïsme. Cette forme d’hérésie étant particulièrement mal vue, ils en souffrent encore aujourd’hui. Il s’agit bien entendu d’une gigantesque simplification mais je ne vais pas écrire ici un essai sur l’origine de l’antisémitisme et ses prolongements historiques.

La question palestinienne, qui doit être réglée dans le cadre de sa logique intrinsèque, réveille par ailleurs un antisémitisme dont les arguments sont totalement interchangeables selon les époques : promotion du communisme, promotion du capitalisme, promotion de la psychanalyse et même, paradoxes immenses, promotion du christianisme et de l’athéisme...

Que les gens qui se battent contre les Israéliens se retrouvent aux côtés de ceux qui se battent contre les juifs n’est donc pas étonnant, même si les buts ultimes des uns et des autres divergent. Le problème, c’est que des gens sincèrement touchés par la question palestinienne sont parfois contaminés par leurs alliés ponctuels. Le cas de Bové, dont tu dis que sa rhétorique antisémite ne fait pas de lui un antisémite, est donc exemplaire de cette situation. Etendant le combat pour le roquefort à celui pour la Palestine, il veut défendre, dans le même élan généreux, les opprimés des alpages et ceux de Gaza contre les « méchants ». Et puisque tous les méchants se valent, Auschwitz = McDo = Israël… Caricatural ? Un petit tour dans les manifs anti-Busharon ou au FSE de Paris et de Londres prouvait que la caricature s’approchait fortement de la réalité…

De toute façon, à quoi serviraient la mémoire et les commémorations si nous n’étions pas capables, aujourd’hui, d’observer le monde à travers le prisme de l’expérience. Si la commémoration n’est plus qu’une comédie officielle vide de sens, autant ne plus rien commémorer.

En complément du commentaire de Pedro, on pourra lire dans l'oeuvre de Steiner des oeuvres plus anciennes:
- sur l'absence de rempart à la barbarie que devait constituer la culture "Dans le chateau de Barbe-Bleue"
- pour une analyse critique de l'Etat d'Israël datant de bien avant toute intifada " Le transport d'A.H"

Quant au "Pour leur malheur, les juifs n’ont perduré qu’au sein d’ensembles géographiques dominés par des dogmes absolutistes et dérivés de leur propre religion.", on pourra toujours espérer qu'il s'agit d'un petit dérapage incontrôlé et pas d'une analyse fouillée, (comme Hugues le rappelle dans sa réponse à Tricky).

Bernard,
Désolé, mais je ne comprends pas ce que tu veux dire avec cette histoire de "dérapage". Peux-tu préciser ?

Ce propos me semble un "dérapage" pour les raisons suivantes:

1/ Il est extrêmement violent de décrire le christianisme et l'islam comme des "dogmes absolutistes" (au sens propre un blasphème: parole qui outrage la Divinité, la religion)et des expressions de ce type ne me semble pas de nature à faire avancer un échange avec des membres de ces religions

2/ Cette violence est encore renforcée par la suite "dérivé de leur propre religion". Dérivé sous entend une déviation, ce qui ne sonne pas de façon très positive, loin s'en faut. Les liens entre judaïsme, christianisme et islam sont suffisament complexes pour ne pas les résumer dans ces termes si on veut le faire sans provocation.

3/ Avec cette remarque, tu fais de facto de ces deux religions une raison originelle, si ce n'est LA raison originelle de l'antisémitisme. Ce qui me parait à la fois réducteur et discutable.

Laissons à José Bové, Mel Gibson et consorts les raccourcis.

De là à dire que l'antisémitisme est soluble dans la création d'un Etat palestinien ET des précautions oratoires et scripturales sur les autres religions, je le regrette, mais j'ai bien peur que celà ne soit pas suffisant. L'extrême vigilence reste de mise.

A propos de José Bové, pouvez vous préciser vos sources pour la citation que vous lui attribuez ?

Hugues, je lis avec intérêt ton blog, mais je suis surpris de lire que tu veux refuser les blagues sur les juifs, arabes ou homosexuels (ou toute autre "minorité"). J'ai l'habitude de plaisanter sans tabous sur à peu près tous les sujets avec mes amis, et sincèrement je ne pense pas que nous soyons racistes, c'est tout simplement de l'humour et forcément se base sur une caricature, plus ou moins appuyée. Je précise quand même que je préfère les blagues si possible bon enfant, je goûte moyennement les blagues *vraiment* racistes. J'en reviens à la citation très juste de Desproges, « on peut rire de tout mais pas avec n'importe qui ». Le politiquement correct ne résoud rien, je pense même qu'il est néfaste. L'humour (même mauvais) est aussi une soupape.

Bernard,
Je n’utilisais certainement pas l’expression « dogme absolutiste » dans le contexte d’une analyse théologique à deux balles. Je disais juste que le christianisme a longtemps perçu le judaïsme comme un archaïsme et un anachronisme qu’il convenait de faire disparaître – pas nécessairement par l’élimination physique des pratiquants mais, plus fréquemment, par l’exigence d’une conversion : en 1492 les juifs espagnols avaient ainsi eu le choix entre l’expulsion et le baptême catholique. Mais ce n’est qu’un exemple et, encore une fois, il ne s’agissait pas de mon propos principal. Juste d’une illustration.

Je compléterais tout de même cette illustration en ajoutant que, dans le monde musulman, les juifs avaient été affublés du statut de « dhimmis », c'est-à-dire de résidents de deuxième ordre, soumis à l’arbitraire et à la précarité. Ils partageaient d’ailleurs ce triste privilège avec les chrétiens locaux, mais ces derniers n’étaient évidemment pas confinés à un tel statut sur l’ensemble de la planète.

En fait, dans le cas des juifs, il faudra attendre la révolution française pour qu’une reconnaissance de leurs droits comme citoyens à part entière soit inscrite dans la loi (sinon dans les faits) par la « grâce » de l'intervention du fameux abbé Grégoire. Mais si leur statut « spécifique » en Orient ou Occident (interdiction d’exercice de certaines professions, interdiction de résidence dans certains endroits, etc.) n’était pas d’origine religieuse, quelle était donc son origine réelle ?

Sur les liens entre les trois monothéismes. Ils sont complexes, dis-tu ? Oui. Et alors ? Jésus est un juif, un « aristocrate » juif, même, puisque présumé appartenir à la lignée des grands rois d’Israël. Il assure un beau matin être le détenteur exclusif d’un amendement à l’ancien testament, certains le croient, d’autres pas, et il est arrêté le jour du Seder de Pessah, repas de Pâques). Le pain azyme et le vin sont les éléments centraux de ce repas et il en modifie le sens symbolique à cette occasion. Ok. Mais la filiation est assez claire, même si, là encore, elle pourrait être précisée de manière plus détaillée dans un autre contexte que ce blog. Quant à l’Islam, les révélations faites à Mahomet prolongent la Bible qui en est le texte fondateur (la « lettre du 7 mai », comme dirait Michel B.).

Mais sur l’idée que la religion ne soit pas la raison originelle de l’antisémitisme, je ne vois pas quelle autre raison il faudrait invoquer. Bien entendu, l’Histoire et la politique sont venues étoffer les choses au fil des siècles, mais c’est le cas dans tous les troubles d’origine religieuse, non ?

D’une manière générale, j’essaie de ne pas trop verser dans la simplification. Mais je ne peux pas faire de chaque texte un document encyclopédique résumant à lui seul la totalité des concepts et des idées que j’aborde. J’essaie seulement d’être à peu près clair et d’éviter les ambiguïtés.


Gérard,
Je n’y ai pas passé des heures, mais j’ai déniché deux liens sur le Web au sujet des propos de Bové sur la question palestinienne. Dans un cas, c’est L’Express qui les déplore et dans l’autre c’est le Monde Diplo qui les relativise...

Mais malheureusement, les articles parus dans Libé et dans Le Monde lors du voyage à Gaza de Bové en juin 2003 ne sont plus en accès libre. (http://www.lexpress.fr/info/societe/dossier/camps/dossier.asp?ida=431260 et http://www.monde-diplomatique.fr/2002/11/HALIMI/17040?var_recherche=bov%C3%A9).


Olivier,
Moi aussi, je souscris à l’idée desprogienne que l’on puisse rire de tout avec un public choisi. Mais je pense que lorsque Michel Leeb ou Pierre Péchin (La cigale et la « formi ») imitent les noirs et les arabes à la télé dans un pays qui vote Le Pen à 20% on n’est pas exactement dans ce contexte.

Et le beauf moyen qui prend l’accent d’un commerçant du sentier pour faire rigoler au zinc ne se situe pas non plus dans la plus grande tradition du fameux comique.

Hugues: Je doute fort que Michel Leeb fasse rire les gens vraiment racistes, et ça m'étonnerait encore plus qu'il incite les gens à voter Le Pen, au contraire. S'il y a des gens assez stupides pour être renforcés dans leur racisme à cause d'un sketch, je crois qu'on ne peut rien pour eux. Je suis persuadé que certains "anti-racistes" se trompent souvent de cible.

L'humour c'était mieux aaavant, quand on pouvait plaisanter sur beaucoup de sujets sans ces tabous récents (dûs en partie au politiquement correct). Je pense même à certains sketches des Nuls sur des juifs, est-ce qu'ils pourraient refaire les mêmes actuellement, j'ai un doute. (d'ailleurs à l'époque je m'étais dit "ils sont culottés quand même", ne sachant pas qu'ils en étaient d'origine :-).

PS: J'arrêterai de plaisanter sur l'accent pied-noir (du Sentier, entre autres) le jour où Enrico Macias aura perdu le sien :-)

"S'il y a des gens assez stupides pour être renforcés dans leur racisme à cause d'un sketch, je crois qu'on ne peut rien pour eux."

... A part peut-etre ne pas leur montrer ce sketch ?

Par ex. le "fameux" sketch de Dieudonné qui a du renforcer pas mal de "convictions" plus ou moins latentes ...

Olivier, Le Chihuhua

Ce n'est pas le politiquement correct qui rend certains thèmes délicats chez les comiques. C'est la montée réelle de la parole raciste ou antisémite. Quand Le Pen s'exprime et qu'un comique semble dire la même chose que lui, même avec des rires enregistrés derrière, il y a un malaise.

Dieudonné, lui, n'est d'ailleurs plus dans le comique mais dans le politique pur et simple. En gros, il est devenu le porte-parole des opprimés, lesquels semblent être massivement opprimés par les juifs...

Mais, et ce n'est vraiment pas avec plaisir que je dis ça dans la mesure où je n'aime pas du tout ce type, je suis d'accord avec lui lorsqu'il dit qu'avoir grandi en entendant Michel Leeb jouer les benêts blacks n'était pas réjouissant pour un noir.

De même, je ne sais pas si vous vous souvenez de ce sketch de Pierre Péchin sur la cigale et la "formi", mais je suis convaincu que le beauf raciste n'était pas le dernier à rire. C'est la différence fondamentale avec les blagues belges, stupides mais sans conséquences, et les vannes racistes, qui confortent les cons dans leur connerie. Ce n'est pas une chose anodine.

Hum, il vaudrait peut-etre mieux passer un peu plus de temps sur le sujet José Bové; une petite recherche Google sur Bové + Auschwitz donne par exemple ce lien :
http://www.ladroitelibre.com/site/site.php?rubr=21&idposition=3
Comme ce site n'est pas particulièrement suspect de sympathie pour José Bové, il est notable qu'il attribue la citation concernée à un autre José, un certain Saramago.
En comparant les citations attribuées aux deux José, l'une se rapproche effectivement d'une attitude antisémite, l'autre est d'un gout douteux, mais antisémite ? Je pense que si vous ne souhaitez pas le savoir, je transmettrais l'adresse de votre page à José Bové lui-meme qui décidera de la suite à donner.


Je n'ai rien trouvé concernant une association Bové / Auschwitz sur les liens que vous avez donné, désolé.

Gérard,

Ma foi, si vous êtes en relation avec José Bové, pourquoi ne pas lui demander de vous donner son sentiment ? Nous en deviendrions tous plus intelligents...

Je n'ai effectivement pas retrouvé en faisant, tout comme vous, quelques bêtes recherches google, d'articles en libre accès évoquant directement son voyage à Gaza et à Ramallah. Mais je fais suffisamment confiance à ma mémoire en ce qui concerne cette affaire et je suis par ailleurs tout à fait capable de faire la différence entre « les deux José », Bové et Saramago. Ce dernier est de plus tout sauf un inconnu puisqu'il est l'un des plus grands écrivains portugais – de surcroît prix Nobel de littérature. Ce qui ne l'empêche pas de dire des conneries : http://www.tv5.fr/TV5Site/lf/actualite.php?rub=franceculture&idArticle=040524160433.u6yz5vmb.xml .

Mais je suis tombé, toujours comme vous, sur de nombreux sites qui évoquaient l'histoire Bové proprement dite et je constate que vous choisissez l'un des plus à droite du lot... A dessein ?

En tout état de cause, les deux liens que je proposais plus haut font une référence directe à un article paru dans Libération, le 3 avril 2002, sous la signature de Thomas Hofnung, si je me fie à ce site : http://www.denistouret.net/constit/Bove.html . Dans cet article, Bové est cité comme ayant évoqué « la purification ethnique » d'Israël à l'égard des Palestiniens. Il s'exprime ensuite, une fois rentré à Paris, sur les attentats antisémites commis en France dans ces termes : « Il faut se demander à qui profite le crime. Je dénonce tous les actes visant des lieux de culte. Mais je crois que le gouvernement israélien et ses services secrets ont intérêt à créer une certaine psychose, à faire croire qu'un climat antisémite s'est installé en France, pour mieux détourner les regards ».

Je trouve également un second texte(http://obs.monde.juif.free.fr/pdf/omj03.pdf page 33, deuxième colonne, quatrième ligne en partant du haut) où Bové est cité comme considérant que la campagne de Sharon « s'apparente aux actes commis par les nazis ».

Dans le Monde Diplo, Serge Halimi dédouane d'ailleurs Bové de ces propos en expliquant qu'il s'agissait de « déclarations maladroites publiquement regrettées » (http://obs.monde.juif.free.fr/pdf/omj03.pdf) .

Mais pour en venir au fait, en ce qui concerne votre commentaire, êtes-vous en train de me reprocher d’avoir attaqué injustement un homme honorable, sympathique et moustachu ? Etes-vous en train d'établir que mon post initial n’était qu'un tissu d'âneries visant à décrédibiliser le légitime combat de José Bové pour la cause palestinienne et le roquefort ? Si c'est le cas, mais je me trompe peut-être, c'est que vous n'avez pas compris grand chose à ce que souhaitais exprimer. En fait, vous êtes totalement à côté de la plaque. Et c'est bien désolant.

Pour finir notre discussion sur la très nette responsabilité du catholicisme dans l'antisémtisme, une bonne analyse d'Henri Tincq sur le sujet, parue dans le Monde du 29/01 et qui tombe à pic: http://www.lemonde.fr/web/recherche_articleweb/1,13-0,36-396095,0.html( désolé, je ne sais pas faire le lien dans ce commentaire)
Sur la filiation entre le judaïsme et le christianisme, le fait est désormais entendu et reconnu par tous (cf l'article).
Ce sont les mots choisis ("dogmes absolutistes" et "dérivés de", qui m'avaient fait réagir,
A bientôt,


La droite libre traite d'antisémites tous ses adversaires...Bové dit parfois des conneries (pas toujours) sur Israel mais n'a rien d'un type qui ne pourrait blairer les juifs parce qu'ils le sont.

Pour le reste autant avoir des sympathies pour la création d'un Etat palestinien vous classe dans certains milieux comme un dangereux antisémite, autant on est tout de suite transformé en impérialiste répugnant dés qu'on s'inquiéte de la banalisation de l'antisémitisme...

Mais (et je trouve ennuyeux de voir cette focalisation sur Bové dans cette histoire), la question n'est pas de dire que Bové est antisémite : je pense qu'il ne l'est pas. La question est de comprendre pourquoi les gens se laissent aussi facilement aller à se référer au nazisme à propos d'Israël. Comme si la critique de la violence d'Etat ne pouvait pas se faire sur des critères sans ambiguité.

Ceci dit, je viens d'entendre une chanson de Michel Buhler à la radio, où il fait un parallèle entre Guantanamo et nuits et brouillards... Mettre des gens derrière les barreaux sans procès, dans une zone de non-droit, même des crapules, ce n'est pas acceptable. Mais a-t-on besoin de se référer à autre chose qu'à la réalité pour s'en convaincre.

Autre chose dans le même genre : sur Radio Libertaire, des sans papiers qui s'étaient installés au siège du PS du Pré-Saint-Gervais ont expliqué qu'ils avaient été "gazés" par des militants socialistes qu'ils comparaient à des nazis pour les avoir délogés. A quoi riment ces comparaisons ? Tout n'est pas égal à tout.

Bon, je vois que je ne suis pas du tout compris.
Ce qui m'énerve, c'est votre attitude vis à vis de la vérité factuelle; vous déviez à propos de la nature politique du site que j'ai cité, en sous entendant que ça reflete mes opinions propres, et non une recherche aléatoire dans Google comme je vous l'ai dit. Vous citez ensuite d'autres remarques de Bové qui iraient dans le 'meme' sens, ce qui revient à dire 'si ce n'est pas vrai, du moins ça pourrait l'etre'.

Et dire qu'il y en a qui s'étonnent qu'il y aie du maljournalisme en France... C'est l'attitude des français en général vis à vis des faits qui pose problème.


Gérard,

A nouveau (mais je pense qu'il faudra en rester là sur ce thème sauf à tenter de battre le record du nombre de commentaires sur un post), il semble en effet que nous ne nous comprenions pas.

Je ne suggérais évidemment pas que vous étiez politiquement proche du site web vers lequel vous avez établi un lien. Bien au contraire, il me semblait que vous tentiez de disqualifier ce que j'avais dit en l'assimilant au contenu d'un site particulièrement droitier... C'était sans doute une interprétation abusive puisqu'elle provoque cette réaction.

Mais sur les remarques de Bové, je vous (re) confirme que je n'ai pas été en mesure de trouver sur le web, au moins en accès libre, la remarque exacte sur Auschwitz. Mais je n'ai certainement pas le sentiment de me raccrocher aux branches en vous fournissant un florilège de citations alternatives accessibles, datées et documentées. Je ne vois d'ailleurs pas ce qui justifie le conditionnel dans la phrase « qui iraient dans le même sens », comme si ces citations pouvaient être interprétées autrement que littéralement.

De fait, il m'est possible de faire exactement la même démonstration dans mon post initial en me référant à ces citations disponibles plutôt qu’à une intervention dont je me souviens mais que je ne retrouve pas via Google (qui n’est tout de même pas la source infaillible de toute connaissance).

Je ne vais pourtant pas modifier mon texte maintenant, sauf à rendre incompréhensible ce sympathique et tortueux échange. Ouf, j'arrête là.

Il est sur que la comparaison avec le nazisme sertà tout et n'importe quoi: aux anars pour qualifier tout et n'importe quoi, aux liberaux pour parler de la gauche... Tout cela améne à une banalisation du nazisme.

Hugues,

Je tombe par hasard sur votre blog (depuis "Langue Sauce Piquante", en suivant des fils!) et je le mets dans mes bookmarks tout de suite.

Et puis je tombe sur cette note, et ses commentaires. "Tricky" est un euphémisme...!

Les idées, les réponses se bousculent dans ma tête. J'ai envie d'y mettre de l'ordre, et j'ai envie de répondre sans ranger - danger! Mais bon, je me lance, advienne que pourra.


1) Les commémorations: je suis encore en train de regarder tout ce que j'ai enregistré durant la quinzaine autour du 27 janvier.

L'émotion, forte, le dégoût, la nausée. Tout ça s'est passé chez nous, quelques années avant ma naissance... Il y a des lustres que j'admire Simone Veil (je l'élirais volontiers à la présidence, même si je ne suis pas du même parti). J'ai aussi pleuré devant le même documentaire sur les témoins dans les écoles.

Je n'ai que deux regrets: pourquoi le 60e et pas le 50e? Et, pourquoi, même après 60 ans, minimise-t-on encore le rôle et la culpabilité de la France? (NB: je ne crois pas en la culpabilité collective, mais je crois au courage de regarder certaines choses en face.)


2) L'humour: je suis foncièrement desprogien. Oui, on peut - on doit! - rire de tout. Mais on ne peut pas le faire avec tout le monde.

Le "sketch" (je mets des guillemets, tellement ce serait insultant pour les vrais humoristes de ne pas le faire) de la cigale et la 'formi' n'est en fait pas drôle (à mon goût) et vous posez justement le problème de l'audience télé.

Je ne trouve pas Timsit drôle non plus, mais son bon mot sur les trisomiques et les crevettes est proprement hilarant. Or, il avait toujours choisi - et c'est un excellent choix - de ne jamais le faire à la télé, où l'audience est 'captive' et 'involontaire', mais de le réserver à ses spectacles, où les présents ont choisi de venir. Ce qui rend à mes yeux incompréhensibles les excuses qu'il avait présentées.

Un gag me fait rire - ou non. Point. Lors du repas du 40e anniversaire d'un ami (Juif) j'ai entendu des blagues qui m'ont fait pleurer de rire... et que je ne pourrai jamais répéter. Je le regrette, car j'aime faire rire, moi aussi.

Personnellement, je trouve regrettable que le politiquement correct fasse que seul Chabat puisse tourner la pub "Royal Rabbin", que seul Elie puisse se permettre un sketch sur un four de pompes funèbres, que seul Fellag puisse moquer les travers des Beurs.

Heureusement, il nous reste les fiottes - elles, tout un chacun peut s'en foutre publiquement, c'est "open game"! (Vite, profitons-en avant que ça soit aussi interdit à tous sauf Ruquier!)


3) Antisionisme / antisémitisme: pour moi, ce n'est pas du tout la même chose. Et, pourtant, comme le dit Tricky, quiconque questionne l'existence de l'Etat d'Israel est immédiatement taxé d'antisémitisme - cette 'bombe atomique' du dialogue. Pourquoi?

Si on se réfère aux 'valeurs chrétiennes' qui fondent semble-t-il notre civilisation, celui qui est coupable doit s'amender. Selon cette logique (à laquelle, par ailleurs, je souscris) et au vu de l'histoire (je ne vais pas non plus me lancer dans un résumé, vous connaissez sans doute mieux que moi) si - et c'est un 'si' que je discuterai pas ici - on se devait après 45 de créer un état Juif, il aurait dû l'être en Alsace, Bavière et Silésie. Les plus coupables ayant ainsi payé le plus lourd tribut. Mais en Palestine?

J'espère qu'il est clair que je donne dans le paradoxe et la provocation, là?

Israel existe, et il a droit à sécurité et protection. Mais de même, les Palestiniens ont droit aussi à leur Etat, et pas à un batoustan croupion (ce qui va se produire, ne serait-ce que parce la Jordanie elle-même ne veut pas de frontières communes avec la Palestine...!)

Je prierais (si j'étais equipé pour) pour la paix, forcément injuste (et pour les deux parties), mais définitive. Les Palestiniens doivent se convaincre, sincèrement, profondément et sans équivoque, qu'Israel est un fait, et qu'il ne disparaîtra pas - et en tirer les conclusions qui s'imposent. Parallèlement, les Irsaéliens doivent faire de même.

J'espère juste que Moshé Dayan avait tort, quand il disait "nous serons toujours en guerre avec les Palestiniens, car nous leur avons volé leur terre" (dans le portrait diffusé l'an dernier sur Arte).


4) Solubilité de l'antisémitisme: je crains fort que non. Même la naissance d'une Palestine indépendante n'y changera rien. Même dans les rêves les plus idiots des maximalistes Palestiniens (toute la Palestine) ça ne changera pas.

Pourquoi? Parce que, hélas, l'antisémitisme est un sentiment profondément européen. Comprenons-nous bien: je ne dis pas que tous les Européens soient antisémites, bien évidemment (et heureusement!), mais seulement que ses racines plongent au coeur de l'histoire chrétienne, et par extension, européenne.

Jésus s'est bâti contre Yahvé, pas Allah. La conséquence en est que n'importe quel prétexte fut bon à travers les siècles pour trouver aux Juifs tel ou tel défaut - surtout et y compris quand ils n'avaient pas le choix. Ainsi, ils seraient bons financiers? Mais qui, sinon la Croix, leur a laissé comme seul métier possible la banque et le prêt, interdits aux chrétiens? L'ironie - hélas mortelle - de ce paradoxe est que nous ('nous', au sens de chrétiens européens) avons reproché aux Juifs ce que nous leur laissions comme restes...


Voilà, c'est fini. Au plaisir de lire les autres notes (je me précipite de ce pas sur "Clara Gaymard expliquée aux enfants"), et de vous relire bientôt.

D'origine italienne, j'ai le privilège/la malchance? d'avoir un faciès "typiquement juif". On m'a fait la remarque quand j'avais dix ans et apparemment cela s'est accentué avec le temps. Quand je sors, j'entends souvent des remarques du type "Tu es une vraie princesse juive toi", "Les juives comme toi sont belles quand elles sont jeunes, plus tard elles deviennent de grosses patates", et parfois aussi "Sale juive, on va te faire la peau", etc. Pendant des années j'ai réagi en expliquant que je ne suis pas juive, mais personne ne me croyait. Alors j'ai cessé de réagir. Dernièrement j'ai commencé à faire une petite expérience: je dis à tout le monde que je suis juive. Et chaque fois qu'on me reproche "mes" crimes contre les Palestiniens, j'explique que tôt ou tard nous nous vengerons sur les Européens pour tout ce qu'ils nous ont fait au cours des siècles, et pour pouvoir nous venger nous avons besoin de nous exercer un peu. Les Palestiniens sont pour nous un exercice de préparation. Phénomène étonnant: il y a une différence entre la réaction des juifs et celle des Européens (Suisses ou Français). Les juifs se mettent à rire, ou sont choqués, ou disent aux autres personnes présentes: "Elle est folle". Depuis que je prononce ces phrases (je les ai déjà prononcées des dizaines de fois), je n'ai pas rencontré un juif qui m'ait pris au sérieux. Les Européens par contre me prennent tous très au sérieux. Et le plus étonnant est que seule une minorité des Européens me traitent de "barbare" ou de "nazie". La majorité réagit à ces paroles de barbare avec le plus grand respect! Cette expérience m'a fait comprendre que ce que les anti-sionistes détestent chez les Israéliens, ce n'est pas leur barbarie mais leur humanité. Ce que les antisémites détestent chez les juifs, ce ne sont pas les défauts des juifs mais leurs propres défauts, et le fait que les juifs n'ont pas ces défauts. Lorsqu'on veut projeter un film, on utilise de préférence un écran gris clair ou blanc, pas un écran foncé. Lorsqu'on veut projeter ses défauts sur un groupe, on utilise de préférence un groupe qui en a moins que nous.

Marie-France> Bravo! J'apprécie votre humour et votre mauvais esprit - je donnerais cher pour être présent la prochaine fois que vous expliquerez vos "exercices"! Qu'il doit être savoureux de confronter les imbéciles à leurs propres préjudices... Bravo aussi pour votre courage, soit dit en passant, parce qu'il faut les avoir bien accrochées pour oser cela!

Quand vous mentionnez que ce que détestent certains chez les Juifs c'est leur humanité, je ne peux m'empêcher de me souvenir de bien des critiques sur "La Chute", où le plus souvent on reprochait au film d' "humaniser" Hitler. En dehors du fait que quiconque ayant vu le film pourrait objectivement se demander quel film ces critiques avaient vus, je crois que c'est de fait ce qui dérange beaucoup: il est bien plus facile de démoniser Hitler que de faire face au fait qu'il était un être humain, et en cela avait des points communs avec nous tous. En faire le diable, ça nous exonère à bas prix de se regarder en face et de se demander si nous aussi ne serions jamais capables du pire...

Ludovic > "Lorsqu'on veut projeter un film, on utilise de préférence un écran gris clair ou blanc, pas un écran foncé." peut être, mais surtout il faut d'abord tourner le film, et Dieu sait combien il est difficile de filmer un sujet antisémite... L'église a aussi excommunié les gens de spectacle savez-vous, il n'y a pas que les banquiers qui font shabbat.
pouf pouf

"Lorsqu'on veut projeter ses défauts sur un groupe, on utilise de préférence un groupe qui en a moins que nous." Ajoutes-tu. Bien sur, il y'a des hommes plus purs, supérieurs à d'autres... ça rend jaloux...
Allons, il serait temps d'admettre que la nature humaine n'est pas des plus saine et que des pourris il y'en a de toute nationalité, de toute confession et de toute couleur.

Les gentils d'un côté et les méchants de l'autre ça n'existe que dans les contes et quelques westerns.

Il me semble aussi stupidement dangereux de penser que tous les juifs trempent dans la ségrégation par la violence des palestiniens, que de croire à l'inverse qu'on leur prette tous les maux du monde sans raison.

Dans les deux cas il y a une généralisation aveugle.
Non, tous les israeliens n'acceptent pas ce qu'il se passe de l'autre côté du mur (et n'approuvent pas ce dit mur) et non Israel n'est pas une nation pacifiste sans quoi elle ne serait pas dans le top ten des plus gros vendeurs d'armes au monde.

Ce qui m'attriste c'est que dès qu'on parle des uzis et des mines anti-personnel made in Israel on passe pour un anti-sionniste et donc un antisémite. Quand je vomis sur le fait que la France acceuille chaque année l'euro-satori pour refourguer ses famas, quand je crache sur la famille Dassaut et ses traffics d'influence, qui vient me traiter d'anti-français ?
A part des gars raz du front je ne vois personne.

Hugues > Merci pour cette belle expression de ton ressenti. Je suis d'accord avec tout ce que tu dis, juste je ne suis pas d'accord avec ce que tu ne dis pas.
Tu ne dis pas, par exemple, que la culture de la victimisation est un phénomène troublant.
Certes la négation des persécutions est une honte. Mais comment se ferait il que les juifs passent tous au travers de ce que les psys observent chez les victimes qui ressassent leurs malheurs ? Comment auraient ils dépassé ce phénomène masochiste sans que l'on en entende parler ?
Je penses notement aux Guadeloupéens qui sont bien nombreux à faire de l'esclavagisme leur cheval de bataille contre les métros (alors qu'ils n'osent pas lever le ton contre les béquets qui sont pourtant les descendants directs des esclavagistes et qui continuent à tenir l'économie de l'île, enfin bref...).
C'est un argument bien pratique, il aiguise un sentiment de culpabilité chez les arrières arrières arrières... petit fils des négriers.
Les juifs auraient ils franchi ce cap sans en avoir parlé ?
Voilà qui est plus "tricky"...

Un autre oubli: tu parles du nazisme, des persécutions, des camps... tu vois ce qui me choque aussi c'est que je n'ai que trop rarement entendu un juif dire que dans les camps il y avait aussi un nombre incroyable de gitans.
Je n'ai pas encore vu un seul représentant des organisations juives oeuvrant pour la mémoire de la shoah appuyer pour la reconnaissance des victimes gitanes.
On parle bien des homosexuels, plus rarement des handicapés mentaux, mais les roms, les tziganes, les manouches...
Leur problème c'est que leur culture les empêche d'accepter que quelques uns d'entre eux puissent tous les représenter. Il me semble que quand on a souffert au côté d'autres êtres humains on s'interresse à eux, pourquoi ne pas les aider ?
Parcequ'ils ne furent que 220 000 (au moins, rares sont ceux qui ont tenté de savoir combien ils furent exactement, aucun ne put trouver un chiffre exact, on estime que 25 à 50% de la population tzigane européenne fut décimée)?
Parceque c'est chacun sa merde ?

J'espère me tromper mais j'attend toujours la preuve d'une véritable main tendue vers les autres victimes des déportations.

Que personne n'oublie jamais l'horreur que furent les multiples souffrances que subirent les juifs au cours des âges.
Qu'aucun juif n'oublie que son peuple n'est pas l'unique bouc émissaire des haines inhumaines.

Pensées pour l'Afrique noire aussi.

Sorry Ludovic mon message s'adressait à Marie-France.

Sans rancune j'espère !

Née dans un milieu d'instits laïcs, et un des quelques disques qui a "bercé" mon enfance est "NUIT ET BROUILLARD", de Jean FERRAT.

Je suggère à tous de réécouter ce texte.
Et de le faire écouter aux enfants des écoles ... Que les gamins l'apprennent et le chantent pour mieux s'en imprégner. Comme un vaccin contre l'anti-sémitisme et la bêtise humaine.


Je pense que le problème de l’antisémitisme en France doit être décortiqué de manière à ne pas aboutir des positions intenables. Premièrement, l’antisémitisme racial n’est pas un problème d’actualité. Deuxièmement, la haine du juif chez les musulmans arabes est fréquente. Appeler cette haine « anti-sémitisme » pose un problème, car elle provient d’individus qui seraient considérés comme sémites. Néanmoins, cette haine du juif chez certains arabes musulmans a une caractéristique commune avec l’antisémitisme nazi : c’est la symbolique du bouc émissaire. Contrairement au racisme anti-noir ou colonialiste, basé sur les préjugés et/ou l’intérêt économique, l’antisémitisme n’attribue pas toujours aux juifs une infériorité, mais toujours une nuisance. La conséquence en est la traduction par une volonté d’extermination réalisée (l’holocauste) ou souhaitée (la destruction d’Israël) qui n’existe pas dans le racisme colonialiste ou esclavagiste. La symbolique du bouc émissaire permet d’attribuer tous les maux ressentis (manifestés par « l’humiliation ») aux juifs (ou aux israéliens). Dans cette situation, on ne peut pas s’étonner de la place que prend Israel en tant que menace sur le monde dans les media arabo-musulmans.
Là ou le problème se complique, c’est la raisons pour laquelle les médias européens (surtout français) reprennent la symbolique du bouc émissaire. Certes, en France le quai d’Orsay a joué un rôle, peut être par antisémitisme traditionnel, mais plus probablement parce que cette institution est incapable d’évoluer après avoir considéré il y a plus de trente ans que l’intérêt national consistait à se rapprocher des pays arabes. Mais plus généralement, la reprise du discours du bouc émissaire est le fait de la presse de gauche d’origine marxiste. Cette presse de gauche ne peut pas être accusée d’antisémitisme. Dans ces conditions, pourquoi reprend-elle à son compte le discours délirant du bouc émissaire ?
Après m’être longtemps posé la question, je pense avoir trouvé la solution : c’est parce qu’elle tient elle-même un discours délirant dont la cohérence nécessite un bouc émissaire. Réfléchissez un peu et remémorez-vous l’Histoire. Toutes les expériences communistes ont été catastrophiques, mais cela ne peut pas être la faute de l’idéologie, même lorsqu’un pays (le Cambodge) a dû trucider une grande partie de ses habitants pour les rendre conformes. Comme ce système de pensée ne peut pas être remis en question, il faut trouver un bouc émissaire : le voilà, c’est l’ennemi de toujours, les Etats-Unis, suppôt du capitalisme (maintenant appelé curieusement libéralisme).

L’utilisation des Etats-Unis comme bouc émissaire ne peut pas être niée : il n’y a pas un jour où la presse de gauche d’origine marxiste ne rende responsable l’Amérique ou plus particulièrement Bush, des malheurs qui nous arrivent. Les termes mêmes de la symbolique du bouc émissaire sont utilisés, et l’Amérique est elle-même « humiliée » aujourd’hui en Louisiane (juste retour des choses). La désignation d’un « axe du mal », bien qu’injustifiée et tactique, par Bush n’est pas comparable. Cet « axe du mal » n’est pas rendu responsable des tous les malheurs des Etats-Unis.

Un des aspects de la symbolique du bouc émissaire est l’anti-sionisme. Comment des gens qui ont manifesté leur horreur devant l’holocauste peuvent-ils soutenir des groupes dont le but est de détruire un pays et d’exterminer ses habitants? Le problème s’est posé, il y a quelques années, quand, Lionel Jospin ayant qualifié le Hezbollah d’organisation terroriste, et ayant reçu des pierres pour cette raison, a été également lapidé par la presse de gauche, exception faite du Canard Enchaîné. Mais peut-être, effectivement le terme de terroriste n’était-il pas adapté ? Les terroristes utilisent la terreur pour modifier une politique. Le gouvernement israélien n’a jamais cédé aux pressions terroristes. Le meurtre des civils israéliens n’a de sens que parce qu’il est en accord avec le but final et avoué du Hezbollah, l’élimination d’Israël (et des Israéliens). Par conséquent , traiter le Hezbollah d’organisation terroriste pourrait avoir autant de sens que désigner ainsi les Nazis. Fermons cette parenthèse et examinons la raison de cette complaisance délirante avec des criminels, ainsi, comme cela a été mentionné par d’autres, que celle du délire qu’a constitué la comparaison de Jénine avec l’Holocauste. Elle tient en une phrase : les ennemis de mon ennemi sont mes amis. Le soutien des Etats-Unis à Israël a suffi à faire apparaître une faiblesse des Etats-Unis face au monde arabo-musulman , faiblesse dont l’URSS et la France avaient profité en leur temps pour des raisons économiques et stratégiques. Le soutien des ex-marxistes au fanatisme arabo-musulman a la même signification que celui des communistes au régime nazi lors du pacte germano-soviétique. L’hostilité manifeste de la presse de gauche vis-à-vis d’Israël et son aveuglement face aux actes anti-juifs des musulmans de France ne relève pas de l’antisémitisme. Elle relève d’un autre type de fanatisme, presque aussi dangereux.

Le problème de l’utilisation d’Israël dans la symbolique du bouc émissaire par les médias français, même si elle contribue à mettre de l’huile sur le feu dans un conflit où tout n’est pas blanc ou noir, a finalement peu de conséquences. Elle a très peu de chances de dégénérer directement en antisémitisme avéré dans les prochaines années, et a peu d’influence sur la situation au Proche-Orient.
Beaucoup plus préoccupante est la symbolique du bouc émissaire américain. Certes on ne risque pas trop de voir des touristes américains lapidés, mais l’énorme risque est de voir le débat politique disparaître, les réformes impossibles. Si tout le mal vient d’ailleurs, alors pourquoi se remettre en question ? La symbolique du bouc émissaire est une façon idéale pour les dirigeants d’éviter d’avoir à répondre de leur propre faillite. Si l’opposition de gauche comme le gouvernement de droite s’accordent à dire que le mal vient d’ailleurs (d’où l’impression de pensée unique) aucune amélioration ne peut survenir. Il est temps de dire une bonne fois pour toute qu’aucun progrès social ne peut venir des penseurs marxistes, et que ce n’est pas pour autant qu’il faut être conservateur ou accepter l’injustice.

personnellement, j'aimerais aussi fortement que la paix reigne sur la terre mais je pense que d'ici ma mort la paix ne reignera toujours pas au moyen orient.

Sinon, en parlant des juifs, je ne pense pas à une paranoïa des juifs, car j'ai entendu en 20 ans 50 fois plus(sans exagerer) d'actes, de mences etc. antisemite que tout autre racisme.
J'ai un ami juif qui ne sortirait JAMAIS dehors avec sa kippa (la calotte des juifs) dans des endroit ou ya trop de monde, car dans notre coin (PACA)il y a beaucoup de magrebins et 90% (on le sais par notre vecu) de ce qu'on connait sont pire qu'hitler (en intensité de violence pas en nombre bien sur)
pourtant ce n'est pas sharon. Il n'est pas responsable de son malheur.
pouquoi un juif né en france serais responsable des actes d'un chef d'état étranger ?

Je ne vois pas de parnoia dans les juifs mais seulement de l'observation et dans une france avec 6milions de magrebins + quelques milions des autres antisemites français(constaté autour de soit)le juif a PEUR de se montrer en tant que tel.

j'accuse donc l'exportation du confli israelo palestinien en france coupable du sentiment de menace resenti par le juif français.

Je ne peux pas repondre à la question pricipale car pas assez de connaissance en diplomatie.

PS : je suis d'accord sur le fait que les blagues racisme ne refletent pas tout le temps en tout cas un réel racisme. (ex: je connait des blague sur les blondes qui me fond rire et pourtant, j'aime en tant que mec les blondes )

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