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vendredi 02 septembre 2005

Commentaires

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Exerçant, moi aussi, le métier de plumitif, j'ai eu quelque scrupule à défendre mes "avantages acquis" en 1996. Je n'ai donc pas pris part à ce mouvement corporatiste (bon, d'accord, la vraie raison étais sans doute ailleurs: mes activités amoureuses prenant souvent le pas sur toute autre forme d'engagement, j'avais sans doute mieux à faire à cette époque... mais c'est une autre histoire).
Rétrospectivement, je me dis que ce combat n'était - peut-être - pas aussi illégitime qu'il paraît. Contrairement à ce qu'écrit Mister Vaticineur, les rémunérations des journalistes ne me semblent pas à la hauteur de leur niveau de formation, de leur charge de travail et de leur responsabilités. Pour quelques groupes (l'abominable Prisma par exemple) qui payent décemment leurs journalistes ou leur offrent des avantages sympathiques (entre les congés payés et les RTT, les salariés de la presse quotidienne ont du mal à prendre toutes leurs vacances), combien de journaux alignent leur grille de salaire sur les minima syndicaux... qui sn'ont pas grand-chose à envier à celles des ouvriers spécialisés albanais. Je suis surtout choquée de voir que la plupart des journalistes gagnent moins bien leur vie - et travaillent nettement plus! - que les ouvriers du livre.
Au lieu de défendre cet abattement fiscal plus ou moins légitime, la profession aurait sans doute gagné à clarifier ses relations avec les sphères politiques, syndicales et - plus encore aujourd'hui - économiques. L'état de délabrement de la presse française est désespérant. Les patrons de presse passent leur temps à faire jouer leurs relations (menaces ou chantage à l'appui) pour boucler leurs fins de mois. Au lieu d'écrire pour les puissants (politiquement ou économiquement), il feraient peut-être mieux d'écrire pour leurs lecteurs.

Sasa: je ne suis pas certain que l'impôt ait ici et maintenant vocation à corriger les conséquences d'un rapport de force défavorable entre salariés et employeurs :-)))

Comment c'est-y qu'on fait pour avoir une carte de presse?

la vraie question est : que fou cette photo de puppets en illustration ?!

T'es un Extra terrestre de la blogosphère.

Oui, c'est tout.

En effet, Gus, l'impôt n'a pas vocation à rééquilibrer les relations salariés-employeur. C'est avant tout l'expression d'une politique économique. Politique qui peut avoir pour objectif de soutenir des filières en difficultés: la sidérurgie, l'agriculture et, pourquoi pas, la presse. Il existe, en l'occurrence, (au moins) deux autres formes de soutien à la presse: des tarifs préférentiels pour l'acheminement du courrier et des abattements de charges sociales.
Après tout, dès lors qu'un gouvernement décide de soutenir une filière, je trouve assez logique qu'il en assume le coût, plutôt que de le faire porter à d'autres acteurs (la Poste ou la Sécu, par exemple). Ce qui me rappelle un autre débat: le statut d'intermittent du spectacle. Que l'Etat français souhaite encourager l'industrie culturelle est sans doute une excellente chose. Mais pourquoi fait-il porter le coût de cette politique à l'assurance-chômage (qui n'a franchement pas besoin de ça)?
Bon, et puis d'abord, j'ai reçu mon avis d'imposition hier, et tout à coup soudainement, je trouve mon avantage corporatiste parfaitement justifié, et même que si Monsieur Cadbury pouvait le faire encore un peu plus long, je serais prête à voter pour lui. Na.

Sasa, Gus,
Il me semble que, comme je le précisais, une fois les stars de la télé et les miséreux de la PHR évacués, les salaires des journalistes étaient très proches des pratiques d'autres secteurs. Mais les salaires directs des Français étant, d'une manière générale, assez faibles, on voit mal pourquoi ceux des journalistes détonneraient.
Par ailleurs, je persiste dans l'idée qu'il n'appartient pas à l'Etat de compenser par des abattements fiscaux d'éventuelles insatisfactions salariales sectorielles. Je crois savoir que les coiffeurs sont mal payés, que les chaînes de franchisés type Jean-Louis David sont très rentables, mais que Bercy n'est que rarement appelé à la rescousse par le syndicat des figaros (ce qui nous ramène à la presse, ha ! ha ! ha !).

Sharky,
POur avoir une carte de presse, il suffit d'être journaliste. C'est comme la carte Orange, accessible à quiconque prend le métro sur une base régulière.

Nico,
Il faut cliquer sur la photo pour l'agrandir. Il s'agit du célèbre Muppet Newsman, symbole du journalisme d'investigation, de l'objectivité et de la rigueur.

Vinvin,
La Guerre des mondes est commencée...

"Toutes les explications du monde ne justifieront pas que l'on ait pu livrer aux chiens l'honneur d'un homme" disait Mitterrand lors de ce discours célèbre. Si je comprends bien la phrase citée, 'on' y désigne ceux qui ont 'diffamé' Bérégovoy donc, entre autres, les journalistes. Personne n'est traité de 'chiens' ici pas plus que quiconque n'est traité d'orties dans l'expression 'jeté aux orties'.
Cela dit Mitterrand aimait beaucoup les chiens non ?

Je crois me souvenir que Beregovoy avait davantage de raisons d'en vouloir à Mitterrand qu'à tous le chiens et tous les journaleux de la terre. Mais c'est une autre histoire.

J'ai toujours pensé qu'avec un peu d'honneteté il devenait possible de défendre des points de vue dépassant les interets immédiats de sa propre "caste". Cet article en est une bonne illustration, c'est clair, précis et on y apprend des choses. pour tout dire, cela respire l'intelligence et me fait l'effet d'un bol d'oxygène.

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